Découvertes: Les Yeux sans visage (1960), La Proie d’une ombre (2020), Ne vous retournez pas (1973)

Les Yeux sans visage: Classique incontournable de l’épouvante/fantastique vintage, le métrage de Franju a passablement vieilli, malgré sa sobriété et son esthétisme certains. Mais s’il reste empreint d’un certain classicisme pour nos yeux modernes et blasés, ce métrage aura eu une influence avérée (Halloween pour n’en citer qu’un ou encore l’excellent La Piel que habito comme hommage le plus évident) sur le cinéma de genre au point de motiver certains remakes plus ou moins opportunistes (Jess Franco nous entends tu?) et a dû terrifier un bon nombre de spectateurs à l’époque (les scènes sanglantes ne nous sont pas épargnées et sont relativement efficaces/réalistes, en poussant un peu, on peut même y voir les prémisses du body-horror), notamment avec cette relation père-fille malsaine à souhait (et que dire de sa secrétaire?) et une fin assez inattendue, d’une poésie rare! Le Monstre a décidement bien des visages!

https://www.imdb.com/title/tt0053459/?ref_=fn_al_tt_1

La Proie d’une ombre: Et dire que j’ai failli voir celui ci en salles… Thriller fantastique/psychologique terriblement vendeur de par sa bande-annonce énigmatique (qui annonçait carrément de l’épouvante/horreur…qui ne sera qu’un prétexte à une histoire dramatique) mais qui se révèle un vrai supplice à regarder: verbeux, lent, volontairement flou au point d’en devenir imbuvable, semblant hésiter entre les genres cinématographiques et tellement ennuyeux que même les rares révélations tombent systématiquement à plat. C’est simple, j’ai cru à plusieurs reprises me retrouver devant une série B Netflix! J’imagine que l’auteur de ce méfait (David Bruckner, pourtant réalisateur de The Signal, V/H/S, Le Rituel) a beaucoup trop regardé A Ghost Story (pas encore vu de mon côté) vu la proximité des thématiques (deuil, isolement, etc.) mais malgré ses prétentions livre au final un film où il ne se passe littérament rien d’impactant pour l’héroïne (Rebecca Hall, qui s’en sort bien mais dont le personnage génère juste un désintérêt poli) pendant près de deux heures (un comble pour un thriller)… Il aurait finalement mieux valu traiter la chose de manière plus classique!

https://www.imdb.com/title/tt9731534/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ne vous retournez pas: Puisqu’on parle de film sur le deuil, voyant revenir plusieurs fois ce drame (teinté de thriller et de fantastique) dans diverses listes et tops, la curiosité a été plus forte que tout! Au final, l’incompréhension est grande car le métrage accuse clairement le poids des nombreuses décennies, en plus de souffrir d’un gros souci de rythme. Narrant l’histoire d’un couple passablement fragilisé par la mort accidentelle de leur fille (opposant une femme assez crédule à un homme plutôt sceptique mais assailli de prémonitions) et mené par de redoutables acteurs (Julie Christie et Donald Sutherland), il se révèle finalement assez prévisible dans l’ensemble (seule la fin relève un peu le niveau) même si le suspense est admirablement entretenu. On aura en revanche rarement vu une Venise aussi glauque, autant par la descente aux enfers de ce couple que par la présence d’un tueur qui rôde dans les alentours. Le véritable tour de force de Ne vous retournez pas réside surtout dans cette impression croissante de superpositions de réalité et de fantasmes, de visions et de doutes, rendant le quotidien de ce John Baxter aussi parano que le spectateur lui même! Pas très loin d’un De Palma ou d’un Polanski tout compte fait!

https://www.imdb.com/title/tt0069995/?ref_=nv_sr_srsg_0

Alors que le podcast #7 fait son apparition!

Petit bonus de printemps aujourd’hui, en attendant le retour des thématiques plus approfondies: on repart dans quelques souvenirs de vidéoclub, entre rembobinages de VHS, dédales qui nous faisaient rêver étant gosses et choix approximatifs « à la jaquette » avant de terminer avec un petit top 10 des thrillers des années 1970!

Films cités dans l’émission: Braindead (1992), Ticks (1993), Amsterdamned (1988), Waxwork (1988), Halloween (1978), Les Griffes de la Nuit (1984), Scream (1996), Alien (1979), Blood on Satan’s Claw (1971), Frightmare (1974), Ça (1990), Seven (1995), L’Antre de la folie (1994), Klute (1971), Capricorn One (1977), Duel (1971), The Wicker Man (1973), Delivrance (1972), Taxi Driver (1976), Assaut (1976), Phantom of the Paradise (1974), Papillon (1973), Le Parrain (1972)

Reportages divers sur les vidéoclubs et leur sombre avenir: 1234 et 5

Zoom sur le ciné-club (désormé fermé) tenu par Matthieu du Coin du Bis, chaîne que je vous recommande vivement!

On en parle peu mais les supports DVD et Blu-Ray vont mal

Shadowz, une bien belle initiative française de plateforme streaming légale axée 100% horreur/épouvante!

Réflexions sur l’avenir du cinéma (c’est autre chose que les mélanchono-nombrilistes qui se dénudent aux César): 12 et 3

Un petit top 100 sur les thrillers 70’s pour finir ?

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Fond sonore: « Relaxing Birds » (Tigabeatz)

Le podcast #6 est sorti!

Thématique méta pour cette sixième émission, à savoir comment donner du rythme à un thriller! Nous analysons également les différents types d’intrigue et l’évolution des thrillers au cours des cinquante dernières années!

Films cités dans l’émission: The Perfection (2019), Le Prestige (2006), Shutter Island (2010), Game of Thrones (2011),Millenium (2012), Seven (1996), Lost (2004), Under the silver lake (2018), Pulp Fiction (1994), Memento (2000), Irréversible (2002), Jason et les Argonautes (1963), la saga Die HardMr Nobody (2010), Lost in translation (2004), Once upon a time in Hollywood (2019), The Lodger (1927), Prisoners (2013), Sicario (2015), Zodiac (2007), 3 Billboards (2018)

La vidéo de Mei, écriture et scénario

Anatomie du scénario par John Truby

Deux articles sur l’évolution des thrillers: 1 2

Le mémoire de Yann Chabrol sur le thriller

Comment c’est raconté, assurement le podcast méta le plus intéressant de ces dernières années qui dissèque les scénarios de films

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Fond sonore: « Noir Rouge 1 » (NiGiD)
Musique d’outro: « Commencement » (GosT)

Découvertes: November (2017), Creep (2014), The Perfection (2018)

November: D’une photographie N&B à couper le souffle (Bergman es tu là?), November est un bon petit film estonien dans la lignée de The Witch et The Lighthouse, à savoir de l’épouvante à l’ancienne, véritablement plus orienté fantastique que horrifique et qui fait la part belle aux contes et folklore locaux. Le seul bémol est sa longueur, qui aurait méritée d’être (pas mal) raccourcie. On me dit dans l’oreillette qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman (Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk).

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=255826.html

Creep: Found footage sans prétention, avec de bonnes idées ci et là. Si le rythme laisse à penser que l’explosion finale n’aura pas lieu (coucou Blair Witch), la fin est justement plutôt réussie à mon sens! Hélas le scénario un peu trop convenu plombe le tout et fera de ce Creep un métrage qu’on oubliera bien vite!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238418.html

The Perfection: Autre film vu sur Netflix (Lucy, si tu nous regardes…), The Perfection est un modèle de thriller imprévisible, avec des actrices prometteuses (Allison Williams, Logan Browning) où chaque piste envisagée est ingénieusement brouillée (Knives Out était également une vraie claque pour ça), sans donner dans les explications invraisemblables non plus! Il se trouve que c’est une des raisons pour laquelle je regarde des thrillers aujourd’hui et pourquoi certains « monuments » du genre (Le Prestige, Shutter Island) sont des fiascos intégraux pour moi! On pourra déplorer que la psychologie des personnages est bâclée pour mettre l’action en avant, que le budget faiblard se ressent par moments, mais bon, ne boudons pas notre plaisir!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=258920.html

Découvertes: Le Fugitif (1993), Snake Eyes (1998)

Le Fugitif: Alors, ma foi, pas grand chose à dire sur ce film mêlant assez habilement thriller et action, adapté d’une série des sixties (dont le concept sera repris dans les 2000 puis 2020), hormis la performance de ses deux acteurs principaux Harrison Ford/Tommy Lee Jones et un rythme général assez bien mené le long de ses deux heures dans un Chicago bien gris, tant la tension n’a pas fonctionné sur moi. Est ce le scénario cliché (un médecin accusé scandaleusement à tort du meutre de sa femme faute de preuves…et donc condamné à mort pour homicide, un marshal zèlé qui mène ses troupes à la baguette entre deux donuts arrosés de café, SPOILER un ami qui se révèle être un traître, la découverte d’un complot de grande ampleur aux 2/3 du film et j’en passe SPOILER), les marshals constamment à la traîne sur un fugitif décidemment trop malin pour eux que ça en devient un gimmick ridicule, le film même qui a mal vieilli, la mise en scène finalement peu mémorable, le côté parfois poussif du scénario qui pousse même le vice à clôre le film sur une fin ultra convenue, le film qui se casse la gueule question crédibilité passée la première heure ou…tout ça à la fois? Je ne saurais trop dire. Et là, c’est à ce moment de votre chronique que vous vous demandez « mékeskilafédotr cet Andrew Davis au fait? » « …ah ouais des films de seconde zone avec Norris, Seagall et Schwarzy… » « je peux publier ma critique la conscience tranquille du coup ». Au moins, on passe pas trop un sale moment (toujours conclure sur du positif).

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8257.html

Snake Eyes: Sympathique thriller de Brian de Palma que j’avais oublié dans sa filmo, Snake Eyes est campé par deux acteurs solides, Nicolas Cage et Gary Sinise (qui a tout de même signé dans de bons films avant d’être un acteur de série). L’histoire tourne autour d’une enquête par deux vieilles connaissances après l’asssassinat d’un secrétaire d’état en plein match de boxe. Ce huit-clos propose pas mal de jolies choses: l’opposition entre le flic local et le colonel carrièriste, de jolis plans ingénieux (plan séquence d’intro, puis façon point de vue ou encore en contre plongée), un plot twist au milieu du film qui permet à la fois de dérouler l’intrigue et de l’expliquer sans trop de lourdeurs via quelques flashbacks bien sentis. C’est plutôt bien rythmé et les thématiques phares du réal sont bien là! Son plus gros défaut est qu’il n’évite pas les écueils du genre: ses personnages principaux en font trop (surtout Sinise…il faut dire que Cage, c’est un peu sa marque de fabrique et on l’aime pour ça ah ah), la fin est clichée à souhait et le côté verbeux/humoristique peut lasser au bout d’un moment. Sans ça et avec un budget plus conséquent, le film aurait pu être un vrai petit bijou!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=19439.html