Découvertes: C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule (1975), Buffet froid (1979)

Parce que je sens que mes « bisseries » risquent d’en lasser plus d’un (on ne se refait pas), je vous propose quelques vieux films français trucculents! Hé oui, ici, il y en a pour (presque) tous les goûts!

C’est pas parce qu’on a rien à dire…: Si vous n’aviez jamais osé imaginer Bertrand Blier, Jean Lefebvre et Michel Serrault dans une multitude des costumes hilarants, avec une Tsilla Chelton au top ailleurs que dans Tatie Danielle, c’est le film qu’il vous fait! Alors oui, on pourra reprocher un scénario minimaliste (c’est le cas pour 80% de ce genre de films, en même temps), un humour parfois trop visuel (façon De Funès) mais le jeu d’acteurs, le rythme et les dialogues viennent amplement contrebalancer le tout! Avec des caméos de la troupe du Splendid en prime (l’idée du script vient de ces zigotos)! Encore!

https://www.imdb.com/title/tt0155581/?ref_=nv_sr_srsg_0

Buffet froid: C’est une surprise pour personne, j’aime les bizarreries de situations et des personnages du cinéma de Quentin Dupieux. Alors quand mon acolyte de bobines (Régis, si tu me lis…) m’a vendu Buffet Froid en me disant que c’était un des films de chevet de notre barbu national, j’ai foncé! Grand bien m’en a pris puisque ce film est effectivement un puissant hommage à l’humour noir et absurde, aux ambiances surréalistes, porté par une galerie d’acteurs impressionnants (Depardieu, Blier père, Carmet, Serrault, Bouquet), Buffet Froid tape toujours là on ne l’attend pas, et ça on adore chez « Genre »!

https://www.imdb.com/title/tt0078913/?ref_=nv_sr_srsg_0

Alors que le podcast #7 fait son apparition!

Petit bonus de printemps aujourd’hui, en attendant le retour des thématiques plus approfondies: on repart dans quelques souvenirs de vidéoclub, entre rembobinages de VHS, dédales qui nous faisaient rêver étant gosses et choix approximatifs « à la jaquette » avant de terminer avec un petit top 10 des thrillers des années 1970!

Films cités dans l’émission: Braindead (1992), Ticks (1993), Amsterdamned (1988), Waxwork (1988), Halloween (1978), Les Griffes de la Nuit (1984), Scream (1996), Alien (1979), Blood on Satan’s Claw (1971), Frightmare (1974), Ça (1990), Seven (1995), L’Antre de la folie (1994), Klute (1971), Capricorn One (1977), Duel (1971), The Wicker Man (1973), Delivrance (1972), Taxi Driver (1976), Assaut (1976), Phantom of the Paradise (1974), Papillon (1973), Le Parrain (1972)

Reportages divers sur les vidéoclubs et leur sombre avenir: 1234 et 5

Zoom sur le ciné-club (désormé fermé) tenu par Matthieu du Coin du Bis, chaîne que je vous recommande vivement!

On en parle peu mais les supports DVD et Blu-Ray vont mal

Shadowz, une bien belle initiative française de plateforme streaming légale axée 100% horreur/épouvante!

Réflexions sur l’avenir du cinéma (c’est autre chose que les mélanchono-nombrilistes qui se dénudent aux César): 12 et 3

Un petit top 100 sur les thrillers 70’s pour finir ?

Comme « Klute » et « Capricorn One », retrouvez tous les articles et analyses sur https://genrepodcast.fr
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Fond sonore: « Relaxing Birds » (Tigabeatz)

Genre #8: Rétrospective films du mois (octobre 2020 – mars 2021) Genre!

Nouveau format court aujourd'hui avec le "film du mois", notre futur rendez-vous mensuel (voire bimensuel si des bonnes surprises sont au menu)! Retour donc sur six mois de podcasts, de chroniques et de visionnages de films, à raison d'un film marquant par mois. Et ce coup ci, il y en a pour tous les goûts, vous verrez! Films évoqués (je vous mets directement les filmographies pour éviter de noyer la description): Drunk (2020) de Thomas Vinterberg, Ebola Syndrome (1996) d'Herman Yau, Mondwest (1973) de Michael Crichton, Alice (1988) de Jan Svankmajer, Torso (1973) de Sergio Martino, Buffet Froid (1979) de Bertrand Blier Quelques liens sympas que je vous ai déniché: En savoir plus sur le Dogme95 La vidéo du Coin du Bis (chaîne que je vous recommande pour la énième fois car lui aussi déterre des pépites totalement méconnues) sur la catégorie III Petite analyse de Mondwest Présentation plus complète de Jan Svankmajer Critique de Torso par les non moins excellents Psychovision En attendant de vous avouer mon étrange fascination pour Rubber, écoutons plutôt Quentin Dupieux nous parler de ses films français favoris Retrouvez tous les articles et analyses sur https://genrepodcast.frRetrouvez moi aussi sur Twitter et Captain WatchPour me soutenir: https://utip.io/genrepodcastCe podcast est diffusé sur iTunes, Spotify et Deezer… mais aussi Podbean, Google Podcasts et beaucoup d'autres!Fond sonore: "Wonder" par Lakey Inspiredhttps://soundcloud.com/lakeyinspired
  1. Genre #8: Rétrospective films du mois (octobre 2020 – mars 2021)
  2. Genre #7: Souvenirs de vidéoclub & Top 70's Thrillers (bonus de printemps)
  3. Genre #6: Comment rythmer un thriller ?
  4. Genre #5: Slasher, un cliché malgré lui ?
  5. Genre #4: Top 10 Sixties (bonus de fêtes)

Découvertes cultes: Alice, Sweet Alice (1976), Sleepaway Camp (1983)

Alice, Sweet Alice/Communion sanglante: Lorgnant au final plus vers le drame horrifique que le simple film d’horreur aux ingrédients slashers avant l’heure (masque et tenue distinctive, vue subjective), Alice explore les thématiques des traumas familiaux sur fond religieux (et du jusqu’au boutisme parental), à l’instar d’un Carrie (l’ambiance y est d’ailleurs très « De Palmesque » et Polanski n’est pas très loin), où le spectateur se prendra d’empathie pour le personnage principal. Le film souffre cependant d’un rythme aléatoire et le twist (pourtant bien trouvé) intervient beaucoup trop tôt dans le scénario. Dommage, Paula E. Sheppard (Alice), Alphonso DeNoble (Mr Alphonso, déjà vu dans Bloodsucking Freaks) et Mildred Clinton (Mme Tredoni, vu auparavant dans Serpico) s’en sortaient pourtant très bien. Original dans tous les cas!

https://www.imdb.com/title/tt0076150/?ref_=fn_al_tt_1

Sleepaway Camp/Massacre au camp d’été: Slasher à priori banal et classique (bien qu’il lorgne salement du côté du whodunit et du giallo) surfant sur la mode de la saga Vendredi 13, mais qui une fois lancé se révèle une petite pépite d’originalité (meurtres eux même, hors champs, très peu de sexualisation des personnages féminins), traitant de thèmes graves et matures à commencer par la pédocriminalité, le harcèlement et ses conséquences. Quand à la fin, elle figure parmi les meilleurs twists des slashers… Dommage que le jeu d’acteurs soit globalement assez décevant. A noter que l’excellente Felissa Rose (Angela) et Jonathan Tiersten (Ricky) reviendront incarner leurs personnages dans le quatrième et cinquième épisode de la saga. Et que les effets spéciaux sont signés Ed French (Amityville II, CHUD, Creepshow 2, Terminator 2, et j’en passe).

https://www.imdb.com/title/tt0086320/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Torso (1973), Abattoir 5 (1972), Irrémédiable (2020)

Torso: Si Black Christmas est le premier slasher, alors Torso est un de ses plus beaux précurseurs. Tueur cagoulé, gros plans sur l’arme du crime (et sur le gant du tueur, giallo oblige), filles réfugiés dans un endroit isolé, passage sur le trauma du tueur, personnes les plus sexués qui meurent en premier, grosse louche d’érotisme et de voyeurisme, vue subjective, meurtres gores, « final girl », le contrat est rempli! Avec en prime une superbe mise en scène (à moins que ça ne soit les décors) et un twist final pas daubé du tout (la fin est de toute façon un grand moment de torture psychologique)! C’est pas beau la vie?

https://www.imdb.com/title/tt0069920/?ref_=nv_sr_srsg_0

Abattoir 5: Adapté du roman de Kurt Vonnegut (lui même rescapé de Dresde), Abattoir 5 est un film dont la narration déconstruite raconte la vie de Billy Pilgrim, soldat américain rescapé de la Seconde Guerre Mondiale et plus particulièrement des bombardements de Dresde…qui a le pouvoir de voyager dans le temps (dans le passé comme dans l’avenir). Gros point noir, le (trop) bon fond du personnage principal (et l’aspect comique de certaines scènes) est vraiment un frein à la crédibilité de ce film, finalement assez vide et dont le seul véritable intérêt est de développer sur un aspect méconnu de la dernière guerre… Dommage!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27065.html

Irrémédiable: Achevant une trilogie entamée avec Open 24H, El Practicante est l’exemple type du thriller psychologique où tout est cousu de fil blanc et vaut surtout sur la performance de son acteur principal, Mario Casa, plutôt convaincant! La fin, tombant comme un cheveu sur la soupe, finisant d’achever l’impression de gâchis et d’incohérence. Signalons quand même la présence de Déborah François, actrice prometteuse mais clairement pas ici en grande forme…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=278142.html

Courte chronologie des slashers: influences/précurseurs, âge d’or, néo-slashers

Complément au podcast #5 dédié aux slashers (pour rappel, période dite « classique »: 1974–1993, « auto-centrée »: 1994–2000 et néo-slashers: 2000–2013)

Remontons aux origines…

Influences premières: « Whodunits » adaptés de Sherlock Holmes et Agatha Christie

« Horror thrillers » 60’s:  Psychose (60), Peeping Tom (60), Homicidal (61), Dementia 13 (63)…qui poseront également les bases des thrillers modernes

« Krimi » 60’s, adaptés des nouvelles d’Edgar Wallace

Citons également The Haunted house of horror (69), The House that screamed (69)

Giallos 70’s dont La Baie sanglante (71), Torso (73), Profondo Rosso (75)

Films d’exploitation 70’s (Grindhouse) et ses plus gros succès comme  L’Exorciste (73), Massacre à la tronçonneuse (74), La Colline a des yeux (77)

Splatters 60’s (Herschell Gordon Lewis): Blood Feast (63), 2000 Maniacs (64), The Wizard of gore (70)

Suivront And Soon the Darkness (70), Fright (71), Tower of Evil (72), Home for the Holidays (72), Silent Night, Bloody Night (72), Frightmare (74) mais surtout Black Christmas (74), premier slasher historique

Citons également Alice, Sweet Alice (76), The Town that dreaded sundown (76), The Redeemer: Son of Satan (78)

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L’âge d’or: 1978-1984 (non exhaustif)

1978: Are You in the House AloneEyes of Laura MarsThe Toolbox murdersMeurtres au 43e étage, Halloween 

1979: When a stranger calls , Tourist trap , Driller Killer 

1980: Vendredi 13Prom NightTerror TrainSilent ScreamDon’t Answer the phoneDon’t Go in the houseManiac 

1981: SurvivanceMy Bloody ValentineThe FunhouseThe BurningHappy Birthday to meHell NightThe Prowler sans oublier les premières suites d’Halloween et de Vendredi 13

1982:  The Slumber Party MassacrePiecesAlone in the darkMadmanVisiting HoursNight Warning

1983: The House on sorority rowSleepaway CampThe Final Terror mais également la première suite de Psychose

1984: Les Griffes de la NuitSilent Night, Deadly NightSatan’s Blade

Le déclin

Dès 1985, c’est la crise, l’engouement du public n’est plus là, les producteurs ne suivent plus et la censure sévit toujours autant… Il faut dire que la ficelle a été utilisée jusqu’à la rupture.

Citons néanmoins April Fool’s day (86) Bloody Bird (87), The Stepfather (87), Maniac Cop (1988), Evil Dead Trap (88), Candyman (1992)

Le revival

Il est évidemment incarné par Scream (96) qui engendrera une vague de slashers partout dans le monde. Il présente un slasher plus « mature », de par son scénario, ses thématiques et ses personnages.

Citons aussi Souviens-toi l’été dernier (97), Urban Legend (98), Camp Blood (99), Destination Finale (2000),

Les néo slashers

Ces slashers « modernes » jouent et détournent les codes des slashers…et les mélangent à ceux d’autres genres, alors que le slasher tombera peu à peu dans l’oubli, au profit d’autres tendances horrifiques…

Citons en vrac: Jeepers Creepers (2001), Détour mortel (2003, tirant quand même sévèrement vers le survival), Haute Tension (2003), La Maison des 1000 Morts (2003), Hatchet (2006), Cold Prey (2006), Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon (2006), All the boys love Mandy Lane (2006), A l’intérieur (2007), Martyrs (2008), The Strangers (2008), You’re next (2011), La Cabane dans les bois (2011), Detention (2011), Scream Girl (2016), Happy Birthdead (2017)

Remakes/séries

Période de remakes des grands classiques des 70-80’s dès le Psychose de Gus Van Sant (98), suivront Black Christmas (2006, 2019), April Fool’s day (2008), When a stranger calls (2006), Prom Night (2008) Halloween (2007), My Bloody Valentine (2009), Vendredi 13 (2009), Sorority Row (2009), The Stepfather (2009), Les Griffes de la nuit (2010), Mother’s Day (2010), Silent Night 2012), Silent Night, Bloody Night: The Homecoming (2013)

Je n’ai pas évoqué les séries basées sur l’univers des slashers comme Bates Motel (2013) Scream (2015), Scream Queens (2015), Slasher (2016) (merci Lucy pour la remarque)

N’oublions pas non plus les satiriques La Cité de la peur (1994), Scary Movie (2000)

Découvertes: Capricorn One (1977), Klute (1971)

Capricorn One: Thriller au scénario ingénieux, porté par une brochette d’acteurs plus ou moins habitués à des seconds rôles mais qu’on connaît forcément (James Brolin, Telly Savalas et même…O.J. Simpson), Capricorn One est situé à la croisée du scandale du Watergate et des théories sur l’alunissage qui aurait été filmé en studio. Trois astronautes sont ainsi forcés de mettre en scène le succès d’une mission spatiale vers Mars, pour le profit de la NASA et la crédibilité du Président des USA, leurs familles étant prises en otage. Seulement un technicien de la NASA, puis son ami journaliste vont commencer à avoir eux aussi des doutes sur la véracité du projet spatial. Bien rythmé, diversifié côté décors, parsemé de second degré, le film mèle intelligemment les deux « histoires » (le sort des astronautes et l’enquête du journaliste) jusqu’à un survival plus « classique » en guise d’apothéose finale (un peu grossier, ce survival d’ailleurs). Assez osé pour l’époque vu les sujets abordés (pouvoir des images, intérêts politiques,…)! Une bonne surprise!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=36610.html

Klute: Enquêtant sur la disparition d’un homme à la supposée double vie, le détective privé John Klute (Donald Sutherland) n’a d’autre choix que de repartir à zéro et interroger Bree Daniels, une call-girl new yorkaise (Jane Fonda dans un rôle aussi inhabituel que détonnant) que le disparu aurait fréquenté. Voilà le pitch de départ pour ce formidable thriller qui vous entraînera dans les bas fonds de la Grande Pomme! La complémentarité entre ce Klute froid et incorruptible et Daniels alternant entre indépendance et vulnérabilité me rappelle les rapports complexes mais fascinants entre Blomkvist et Saladner dans la saga Millenium. La BO de Michael Small (qui collaborera maintes fois avec le réal) est mémorable. Et que dire de ce final glaçant en diable? En tout ça si vous n’êtes pas allergique aux thrillers au rythme lancinant, à la menace suggérée (plutôt que montrée), tenant magistralement le suspense sur la durée et n’ayant pas peur de développer ses personnages (finalement aussi voire plus importants que l’enquête elle même), avec une image classe et une ambiance paranoïaque à la De Palma (Pakula ayant commencé sa carrière en même temps que l’ami Brian), Klute est fait pour vous! Foncez!

Superbe critique du film

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=45028.html

Découvertes express: Alice (1988), Le Survivant (1971)

Bon, c’est décidé, hors films cultes et cycles thématiques, les découvertes se feront majoritairement en mode « express ». C’est largement plus pratique.

Alice: Très bonne surprise que ce « Alice » tchèque, à l’univers tout aussi fascinant, créatif que subtilement macabre. Mélange de prises de vues classiques et d’animation (marionnettes en stop motion), le rendu est fluide et l’univers totalement surréaliste, procurant au film une originalité certaine! Je ne vous spoilerai pas plus cette énième adaptation du roman de Lewis Carroll mais je ne conseille pas ce genre de métrage à des enfants en bas âge (à moins que vous ne vouliez les traumatiser durablement -j’ai encore des souvenirs du Vietnam quand je pense à Téléchat alors que j’ai découvert ça à 20 ans passés, donc – mais aussi parce que sans musique et avec peu de dialogues, pas sûr que cela soit très accrocheur pour eux). Une jolie pépite d’onirisme, de second degré et de folie visuelle dans tous les cas! Notez que Jan Švankmajer, le réal, a passablement influencé Tim Burton et Terry Gilliam. Oui, rien que ça! On tentera Faust, Les Conspirateurs du plaisir, Otesánek ou d’autres réalisations du monsieur avec grand plaisir en tout cas!

https://www.imdb.com/title/tt0095715/?ref_=nv_sr_srsg_0

Le Survivant/The Omega man: Je l’avais évoqué dans le dernier podcast, Le Survivant est donc la seconde adaptation du Richard Matheson, plus proche de celle de 2007 par de multiples aspects (métropole vide, personnage principal ayant une formation scientifique,…) que du huit clos « psychologique » avec Vincent Price. Malheureusement bâclé et plombé d’invraisemblances/de trop grosses ficelles, on est aussi plus proche de la série Z que de la dystopie/post apo inventif. Le choix de donner pas mal d’humanité aux membres de la Famille est intéressant mais bien mal utilisé également. Une déception, clairement, loin du monument Soleil Vert où on retrouvera Charlton Heston deux ans plus tard.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10519.html

Découvertes: Le Mort-vivant (1974), Vaudou (1943)

Le Mort-vivant: Je vous en ai parlé lors du troisième podcast consacré à I, Zombie, alors il était temps de voir enfin la bête! Sorti la même année que Black Christmas du même réal (connu pour faire partie des tout premiers slashers), Le Mort-vivant (Dead of night ou Deathdream outre Atlantique) est un drame fantastique/horrifique solide comme les 70’s en proposaient (au pif Dead Zone, Carrie,…). Anticipant complètement la vague de films sur les traumas du Vietnam en faisant revenir à la vie un soldat, ce film s’avère être une jolie variation sur la thématique zombie, au final plus sociale que réellement horrifique. En quête perpétuelle de sang pour pallier à sa dégradation physique, Andy va se retrouver au coeur d’une enquête policière et fera au passage exploser les tensions familiales latentes. Richard Backus est parfait dans le rôle du revenant (il ne fera qu’un seul film derrière) mais, contrairement à Mark (de I, Zombie), aucune empathie n’est réellement possible envers son personnage, marqué par la guerre jusque dans sa psyché mais au comportement dépourvu de toute trace d’humanité (certains y verront une revanche du soldat mort au combat envers une Amérique peu soucieuse du sort des ses enfants). Quelques ombres au tableau: un rythme globalement assez lent, Lynn Carlin dans un rôle irritant (voire incompréhensible par moments) et une thématique post Vietnam malheureusement pas assez fouillée malgré son potentiel. Fun fact: il s’agit du premier film sur lequel a officié Tom Savini comme maquilleur (et on peut dire que c’est déjà très bon).

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=96196.html

Vaudou/I Walked with a zombie: Il m’aura fallu entamer ce cycle zombie pour voir enfin mon premier film de Jacques Tourneur. Et clairement, j’aurais pu m’en passer aisément, tellement Vaudou est un film qui tient plus de la curiosité vintage que du classique, la faute à un scénario banal (une jeune infirmière est envoyée sur une île proche d’Haïti soigner une femme atteinte d’un mal étrange…rajoutez à cela de grosses ficelles, comme l’amour impossible et la rivalité fraternelle qui tombent comme des cheveux sur la soupe), des personnages trop archétypaux et surtout l’absence d’élements fantastiques/épouvante ou même de tensions qui annihilent la révélation finale. Alors, oui, le visuel magnifique (esthétique N&B, décors, gros travail sur les lumières, mise en scène soignée) sauve un peu les meubles mais le mal est fait. Heureusement, le métrage est court et ne se transforme donc pas en supplice interminable. Il est aussi et surtout un des premiers films d’épouvante (aheum!) des années 1930/1940 à revenir aux sources du zombie: la culture vaudou (ce que fera aussi plus tard Lucio Fulci avec son Zombi 2 ou Wes Craven avec L’Emprise des ténèbres) qui permettrait de redonner la vie à des personnes décédées afin de prendre le contrôle de leur esprit…ici traitée de manière fort inintéressante, tout comme l’histoire coloniale bien évacuée du récit (et qui aurait pu mettre un peu d’enjeu dans le merdier). La suggestion a décidement ses limites…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=943.html

Découvertes: Underwater (2020), Mondwest (1973)

Underwater: Une overdose de bons sentiments et de déjà vu noyant un scénario qui aurait pu être prometteur, voilà comment résumer ce film, à mi chemin entre Abyss et Alien. Pourtant, ce n’est pas le premier « Alien like » à voir le jour, Life s’en était bien sorti en 2017 dans cette veine là. Oui, il faut bien reconnaître que Kristen Stewart se démène pour sauver ce naufrage en règle mais le film est bien trop frileux et brouillon, les personnages fades/niais/clichés, les FX décevants pour espérer trouver quelque chose de mémorable dans ce survival aquatique. Heureusement, le film est court et ne laisse donc pas trop cogiter. On sauvera éventuellement la photo et les lumières, qui sont plutôt belles quand les FX ne viennent pas tout dégueulasser…il y aurait même eu de quoi faire monter carrément la sauce en utilisant au mieux l’angoisse générée par l’obscurité des fonds marins mais bon… Aucune idée de comment ce film a pu atterrir dans ma liste de hard SF d’ailleurs, évidemment, cela n’en est pas. On reparlera de toute façon de son réal à l’occasion de The Signal (2014), en espérant que celui ci soit correct…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=254155.html

Mondwest: Je l’ai sous-entendu dans mon article « bilan 2020 », j’aime beaucoup la série Westworld, inspirée justement de ce Mondwest qui n’a pas à pâlir devant sa descendance. En effet, ce film pousse la réflexion technologique et le réalisme si loin que je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un des meilleurs films de SF que j’ai vu jusqu’à présent. A tel point que je me suis demandé si ce n’était pas une adaptation de roman. J’ai appris du même coup que le réal, Michael Crichton était justement écrivain de formation (il signera plus tard le roman Jurassic Park dont les similitudes avec Mondwest ne manquent pas). Mondwest est son premier film! Le postulat de la série est déjà posé ici: un parc d’attractions propose trois époques révolues aux « touristes »: l’époque romaine, l’époque médiévale ou celle de la conquète de l’Ouest (le seul conservé dans la série), dans lesquelles des robots à apparence humaine permettent de donner libre cours à toutes leurs envies. Je vous le donne en mille, les vacances de nos protagonistes (ici James Brollin et Richard Benjamin) ne vont pas se passer comme prévues, avec une rébellion des robots à la clé, menée par un Yul Brynner impeccable (ces noms ne vous disent peut être rien mais si je vous dis Amityville et Les Sept Mercenaires, vous devriez remettre). Bien sûr la réflexion philosophique (analyse des rapports de force homme/machine, qu’est ce qu’être humain ?, les robots peuvent ils avoir une conscience ?)…qui d’ailleurs s’avère être paradoxalement la faiblesse de la série (lui conférant un aspect verbeux assez vomitif par moments) n’est pas développée ici mais les prémisses sont là, en germe. Mondwest s’oriente donc plus vers le thriller technologique option action/western (même si on verra quand même les deux autres « mondes »), au début bercé d’un second degré appréciable…mais qui basculera vite dans une noirceur inédite pour l’époque. On voit également toute la partie logistique du parc et encore une fois l’aspect réaliste est franchement poussé (jusqu’aux vues pixelisées du robot Yul Brynner…Terminator avant l’heure). Le tout étant bien rythmé, porté par de bons acteurs et doté d’un scénario solide! A noter qu’il existe une suite: Les Rescapés du futur (1976) dans lequel on retrouvera Brynner puis une série Beyond Westworld (1980). Un film ambitieux, intelligent, avant gardiste…à voir d’urgence…et qui inspira bon nombres de films de SF après lui!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=56130.html

Découverte: The Dunwich Horror (1970)

Bon, autant vous teaser direct, et d’ailleurs vous l’aurez peut être deviné en voyant les articles sur le saga Re-Animator sur ce blog, un cycle « Lovecraft au cinéma » est prévu pour l’an prochain. Déjà parce que j’aime beaucoup les livres et l’univers du Monsieur mais aussi parce que ça va me permettre de parler de pas mal de films et de réalisateurs qui me tiennent foncièrement à coeur…

Rare adaptation « directe » de H.P. Lovecraft au cinéma donc (de la nouvelle du même nom), cette vieillerie 70’s fait aussi partie des premiers films de genre qui vont s’inspirer de Lovecraft tout court, après des décennies axées sur Edgar Allan Poe et autres. Le réalisateur, Daniel Haller, ayant aussi sorti Le Messager du Diable/Die, Monster, Die! (adaptation de The Color out of space) en 1965. Seulement voilà, en plus de tordre la nouvelle pour en faire un truc moderne mais banal et kitsch au possible (il n’a jamais été question de Wilbur usant de charmes pour parvenir à ses fins, de sacrifice de vierge naïve, d’invocations de Grands Anciens ou quoi que ce soit du genre dans l’écrit de Lovecraft), ce film est d’un ennui assez terrible, faute de rythme (on sent que l’histoire a été étirée au maximum pour réussir à en sortir un film…bah oui, la nouvelle fait moins de cent pages) et scénario cliché au possible (un sorcier qui cache d’obscurs secrets dans son manoir et kidnappe une blondasse inintéressante pour faire revenir une entité maléfique, son amie et un vieux professeur qui vont tout faire pour l’arrêter, je vous fais un dessin?) et la musique cucul répétitive au possible n’arrange rien (à l’image de la pseudo romance entre Wilbur et Nancy). Oui, les décors sont beaux, suivre l’antagoniste (Dean Stockwell, connu en France pour sa participation dans Code Quantum) comme si c’était le héros principal est osé, les effets spéciaux « psyché » façon Hammer fauchée (c’est Corman qui produit) sont pas si mal chiadés et le final, malgré une résolution ridiculeusement facile, reste bien dans l’esprit de l’écrivain de Providence (le potentiel d’effroi des entités sur les humains, leur côté incontrôlable) mais globalement ce sont les baillements qui gagnent car honnêtement on se fout complètement de savoir ce qui peut arriver à notre héroïne passive et autres personnages tout aussi fades… Ayant vu le film en VO, j’ai dû relire un résumé de l’oeuvre pour voir que la trame principale a été plus ou moins respectée (Dunwich, Arkham, le Necronomicon, la jumélité, le nom des personnages, Yog-Sothoth…) tellement le cadre de l’action est à côté de la plaque, je trouve que ça synthétise bien mon ressenti!

En tout cas, si vous voulez vous faire une adaptation moderne correcte du gazier (en l’occurence L’Affaire Charles Dexter Ward), foncez sur The Resurrected de Dan O’Bannon (1991) et oubliez vite cette…chose!

https://www.imdb.com/title/tt0065669/?ref_=nv_sr_srsg_0