Revisionnages: La Cité de la peur (1994), La Traversée de Paris (1956)

La Cité de la Peur: Il était grand temps de revoir cette comédie culte, prenant le prétexte du slasher au festival de Cannes pour nous proposer des situations et dialogues parodiques (on sent d’ailleurs bien les liens avec le divin La Classe Américaine d’Hazanavicius par moments). Non pas que je sois un grand fan de l’humour des Nuls (le mien étant bien plus cinglant et cynique, ce qui me rend peu adepte des comédies en général) mais plutôt de me remémorer dans quel contexte toutes ces répliques cultes ont trouvé naissance. Et « des gimmicks, des phrases chocs », il y en a à la pelle ! Bien rythmé, doté de seconds rôles savoureux (Lemercier pour n’en citer qu’un), multipliants les clins d’oeils et les gags loufoques qui pour certains ont hélas quand même perdu de leurs superbe avec le temps, La Cité de la Peur reste définitivement un incontournable des comédies françaises!

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La Traversée de Paris: Je dois vous faire une confidence: j’adore les vieux films français des décennies 60 et 70, ceux des Bourvil, Gabin, Dewaere, Marielle, Blier, Ventura, Constantin, Lefebvre, Blanche, Delon, Dalban, Pousse et j’en passe! On y consacrera d’ailleurs certainement un cycle, tellement il m’en reste à voir! Mais revenons au sujet! La Traversée de Paris, adaptation de la nouvelle de Marcel Aymé, s’avère être une excellente comédie retraçant une partie du quotidien de Paris sous l’Occupation, mené par le divin duo Bourvil/Gabin. On en retient évidemment les dialogues, les personnages aux motivations ambivalentes (souvent viles), le Paris de l’époque, un Louis de Funès qui commence à se faire connaître mais également une fin moins tragique qu’il n’y paraît! On en redemande!

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Découvertes: Borgman (2013), Panic sur Florida Beach (1993)

Borgman: Que se passerait il si on mélangeait Parasite et Funny Games avec un poil de Cronenberg? Ce qui est bien avec un film comme Borgman, c’est qu’il laisse suffisamment de place aux zones d’ombres qu’il ouvre la porte aux métaphores et aux interprétations (notamment celles autour du déclassement social), sans proposer de fil conducteur trop incohérent qui nous ferait décrocher. Une curiosité hollandaise à voir dans tous les cas!

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Panic sur Florida Beach: Très sympathique film (méconnu) de Joe Dante et bien bel hommage aux films d’épouvante des années 50. Teen movie astucieux et matûre, reprenant à son compte les peurs de l’époque (Guerre Froide, tensions avec Cuba, menace atomique), avec un John Goodman en grande forme, Panic est un film qui fait du bien, tellement ça sent la nostalgie et le véritable amour pour les vieilles bobines! A noter que Mant!, le superbe métrage projeté dans le film est trouvable sur le Net…

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Découvertes express: Tetsuo (1989), La Forteresse noire (1983), Body Melt (1993), Teeth (2008), Taxidermie (2003)

Tetsuo: Pure claque esthétique, Tetsuo est surtout un métrage cyberpunk totalement possédé et déjanté, avec moultes expérimentations qu’il serait difficile de résumer ici. Même s’il est un poil trop long, le second degré, la musique (Chū Ishikawa) et les FX hallucinés tiennent en haleine. Je me suis demandé dans quelle mesure il n’aurait pas inspiré un certain Edward aux mains d’argent. Impressionnant et avant gardiste au vu du petit budget de ce premier film de Tsukamoto. Petite vidéo du Coin du Bis pour en savoir plus.

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La Forteresse noire: Nanar kitsch et summum de naiseries politiquement correctes (me rappellant le soporifique Le Labyrinthe de Pan), ce second film de Michael Mann ne vaut que pour son esthétique et sa réalisation. Alors oui, le tournage a visiblement été infernal, mais même la musique de Tangerine Dream est totalement utilisée hors de propos. Il faut le faire quand même! Enfin, ça vient surtout me confirmer que le fantastique, c’est clairement pas ma came.

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Body Melt: Premier (et dernier ?) film de Philip Brophy, rappellant forcément pèle mèle Bad Taste, Society ou Street Trash, ce film bis est clairement une pépite à conseiller à tous les amateurs de body-horror! Inventif et fougueux, doté de personnages hauts en couleurs, ce Body Melt est une belle surprise, visiblement encore méconnue, même s’il n’est pas épargné par les défauts reprochés au genre!

https://www.imdb.com/title/tt0106450/?ref_=fn_al_tt_1

Teeth: Film que je voulais voir depuis longtemps (il faut dire que le concept envoie du bois), ne sachant pas trop à quoi m’attendre, ce Teeth s’avère être une correcte comédie noire (et non pas un pur teen movie, comme on aurait pu le croire, ouf), se permettant même un final doublement glauque. Bon équilibre entre gore et fable adolescente (au féminisme subtil qui ferait passer Under the skin pour un nanar en puissance), Teeth est aussi une allégorie sur l’hypocrisie de la société américaine et surtout une révélation: Jess Weixler, qui porte totalement le film.

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Taxidermie: Film hongrois revenant pas mal chez les amateurs de genre, Taxidermie est une bonne surprise, à la fois par son esthétique (assez proche d’un Jeunet) et son côté cru/dérangeant (mais rien d’insoutenable non plus). Seulement, je trouve personnellement qu’à part le dernier segment, il est un peu frileux à exploiter pleinement ses thématiques…

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Découvertes express: La Jetée (1962), Les Documents interdits (1989)

De temps à autres, je vous présenterai une forme express des habituelles chroniques, parce que ma foi, c’est pas forcément nécessaire de faire des pavés alors qu’on peut faire court…ou qu’on a la flemme! Aujourd’hui place à des films français, Monsieur!

La Jetée: Ce film est la preuve qu’avec trois bouts de ficelle, une bonne histoire et de la détermination, on peut arriver à quelque chose! Moyen métrage sous la forme d’un roman photo, mettant en scène un scénario de science fiction dystopique original et efficace, que j’imagine volontiers novateur pour l’époque, ce film est une jolie claque esthétique! La Jetée est aussi connu pour avoir inspiré L’Armée des douze singes de Terry Gilliam (que je n’aime pas spécialement, au passage), la poésie en moins.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=4788.html

Les Documents interdits: Joli petit documentaire compilant treize courts métrages, présentés (et montés) comme documents amateurs véritables sur des phénomènes surnaturels. Le tout était diffusé à la télévision à la fin des années 1980, pour démontrer le pouvoir des images sur l’inconscient collectif. Car évidemment, rien de tout cela n’est vrai! Alors, si on ne frissonne pas des masses devant ces Documents Interdits (certains courts étant clairement en trop), certains se révèlent très intéressants dans leur mise en scène ou leur concepts! Je retiendrai pour ma part essentiellement Le Cas Ferguson, et surtout L’Examen (digne d’un épisode de Black Mirror). Comme quoi X-Files, Gussdx, les creepy pastas et les found footages n’ont finalement rien inventé! Une curiosité sympathique!

https://www.imdb.com/title/tt0258528/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Society (1989), Ebola Syndrome (1996)

Society: Premier et très certainement un des rares films « potables » de Brian Yuzna, Society porte en définitive le sinistre bilan de Re-Animator 2 des années à l’avance, à savoir des FX réussis (signés Joji Tani alias « Screaming Mad George », qu’on retrouvera dans une bonne poignée de films de genre par la suite…dont Re-Animator 2), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario qui ne semble pas trop où aller, voire n’ose pas aller assez loin (comme cette fin, bâclée à bien des égards). Pourtant entre paranoïa floue (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) voire plus précisement métaphore sur la lutte des classes et passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense à Carpenter période Invasion Los Angeles, Lynch période Twin Peaks/Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste, voire même Polanski avec Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant de rester lui aussi dans les mémoires. Alors on suit péniblement, jusqu’à l’explosion finale, grotesque orgie de chair (« parce que merde, je me suis pas tapé 95 minutes pour que dalle! »), malgré la réalisation « téléfilm », une progression lente et un acting moyen digne de teen movie… Quel gâchis!

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Ebola Syndrome: Première incursion dans le territoire de la catégorie III (je vois conseille sur le sujet la dernière vidéo signée Le Coin du bis, très bonne chaîne par ailleurs et le PIFFcast pour découvrir la chose en détails). Film culte d’Herman Yau, sorti à la fin de l’âge d’or de la cat III, Ebola Syndrome est juste totalement fou, immoralement gratuit et inventif! C’est bien simple, à chaque fois qu’on passe avoir atteint un stade dans la dégueulasserie, le métrage va plus loin, comme dans un Takashi Miike. L’histoire: un meurtrier part se mettre au vert en Afrique du Sud. Travaillant comme boniche dans un restaurant, il contracte Ebola et décide de se venger du monde entier parce que le monsieur a une vision de la justice toute personnelle! On a rarement vu une ordure aussi pure à l’écran! On pourrait évidemment parler d’Anthony Wong, acteur phare des cat III et d’autres têtes connues du cinéma local (Shing Fui-On, Vincent Wan Yeung-ming), de la vision sinistre des femmes (celle de l’humanité, ici, n’est pas plus belle), de l’intelligence d’avoir su saisir l’actualité avec cette histoire de virus (même si on était en mesure d’attendre une fin plus grandiose), du côté très exploit’ de la cat III (surjeu, personnages caricaturaux, effets fauchés quoique peu gores dans celui ci, mise en scène à la ramasse, musique qui s’emballe pour rien,…) qui fait que je ne conseillerai pas ce genre de films à tout le monde, du pitch qui fera forcément penser à The Untold story (du même réal), du rythme dingue, de cette touche d’humour omniprésente qu’on peut retrouver dans le cinéma coréen moderne et qui aide bien pour faire passer cette pillule anar à l’extrême. Ou terminer sur le besoin d’extérioriser des peurs et frustrations qu’on imagine nombreuses chez les réal honk kongais de l’époque (rétrocession chinoise de 1997) pour oser sortir des films aussi barrés et subversifs! Hong Kong n’est défintivement pas que le cinéma de John Woo ou Tsui Hark, les amis…et il se pourrait qu’un cycle catégorie III voit le jour!

https://www.imdb.com/title/tt0116163/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Le Fugitif (1993), Snake Eyes (1998)

Le Fugitif: Alors, ma foi, pas grand chose à dire sur ce film mêlant assez habilement thriller et action, adapté d’une série des sixties (dont le concept sera repris dans les 2000 puis 2020), hormis la performance de ses deux acteurs principaux Harrison Ford/Tommy Lee Jones et un rythme général assez bien mené le long de ses deux heures dans un Chicago bien gris, tant la tension n’a pas fonctionné sur moi. Est ce le scénario cliché (un médecin accusé scandaleusement à tort du meutre de sa femme faute de preuves…et donc condamné à mort pour homicide, un marshal zèlé qui mène ses troupes à la baguette entre deux donuts arrosés de café, SPOILER un ami qui se révèle être un traître, la découverte d’un complot de grande ampleur aux 2/3 du film et j’en passe SPOILER), les marshals constamment à la traîne sur un fugitif décidemment trop malin pour eux que ça en devient un gimmick ridicule, le film même qui a mal vieilli, la mise en scène finalement peu mémorable, le côté parfois poussif du scénario qui pousse même le vice à clôre le film sur une fin ultra convenue, le film qui se casse la gueule question crédibilité passée la première heure ou…tout ça à la fois? Je ne saurais trop dire. Et là, c’est à ce moment de votre chronique que vous vous demandez « mékeskilafédotr cet Andrew Davis au fait? » « …ah ouais des films de seconde zone avec Norris, Seagall et Schwarzy… » « je peux publier ma critique la conscience tranquille du coup ». Au moins, on passe pas trop un sale moment (toujours conclure sur du positif).

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Snake Eyes: Sympathique thriller de Brian de Palma que j’avais oublié dans sa filmo, Snake Eyes est campé par deux acteurs solides, Nicolas Cage et Gary Sinise (qui a tout de même signé dans de bons films avant d’être un acteur de série). L’histoire tourne autour d’une enquête par deux vieilles connaissances après l’asssassinat d’un secrétaire d’état en plein match de boxe. Ce huit-clos propose pas mal de jolies choses: l’opposition entre le flic local et le colonel carrièriste, de jolis plans ingénieux (plan séquence d’intro, puis façon point de vue ou encore en contre plongée), un plot twist au milieu du film qui permet à la fois de dérouler l’intrigue et de l’expliquer sans trop de lourdeurs via quelques flashbacks bien sentis. C’est plutôt bien rythmé et les thématiques phares du réal sont bien là! Son plus gros défaut est qu’il n’évite pas les écueils du genre: ses personnages principaux en font trop (surtout Sinise…il faut dire que Cage, c’est un peu sa marque de fabrique et on l’aime pour ça ah ah), la fin est clichée à souhait et le côté verbeux/humoristique peut lasser au bout d’un moment. Sans ça et avec un budget plus conséquent, le film aurait pu être un vrai petit bijou!

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Découverte: La saga Re-Animator (1/2)

Je l’avoue ma connaissance de la filmo du tandem lovecraftien en diable Stuart Gordon/Brian Yuzna n’est clairement pas brillante: un ptit Retour des morts-vivants 3 il y a un bail, une VHS louée du Dentiste encore plus lointaine, un Castle Freak et un Fortress honnêtes et surtout From Beyond qui reste MON préféré de Stuart Gordon (qui nous a quitté cette année, oui, je viens juste de voir l’info…). Mais je confesse avoir déjà commencé à regarder il y a plusieurs années Dolls, Dagon et Re-Animator mais sans pousser jusqu’au bout, vu que je n’étais pas dans les meilleurs conditions. Il est temps de réparer la chose, surtout en tant que bon adepte des écrits de Lovecraft!

Re-Animator (1985): Alors honnêtement, après ce premier visonnage complet, je comprends mieux pourquoi le statut de ce film a traversé les années. Mélange de gore outrancier et de comédie décomplexée avec ce qu’il faut de sexe, références à Lovecraft, ambiance film à sketches (peu de scènes extérieures, l’essentiel du film alternant entre la maison de Dan Cain et la morgue), zombies alternant entre folie végétative et ultraviolence, ce premier volet a vraiment de quoi rassasier tout amateur de films de genre. Le film n’a d’ailleurs pas tant vieilli que ça, malgré quelques FX parfois dégueulasses (mais globalement réussis). Principaux points forts, Jeffrey Combs et David Gale sont complètement habités par leurs personnages et on sent que tout ce petit monde a pris beaucoup de plaisir à tourner ce film. L’escalade dans la folie des deux protagonistes ne permettant plus de retour en arrière m’a beaucoup fait penser à une sorte de Simetierre dégénéré, mais également par une atmosphère morbide à souhait et omniprésente (qui contrebalance bien les multiples aspects bis du film). Intéressant aussi le sort réservé au personnage de Dan Cain: moins obsédé par la mort que son compère, gardant un minimum de morale, il finit par devenir tout aussi jusqu’au boutiste qu’Herbert West (sorte de Docteur Frankenstein moderne), à force de le côtoyer, notamment dans une fin lovecraftienne à souhait! Tout cela est bien servi par la BO « hitchcockienne » de Richard Band (un habitué des films du duo, frère du fameux Charles Band qui financera une partie du film) et un rythme parfait. Principale faiblesse pour moi: on sent que l’étalage des scènes chocs a été largment plus important que le développement des personnages, en résulte un côté caricatural (frôlant de près le nanardesque) qui justement m’avait tenu loin du film jusqu’à présent… Ceci dit, il faut bien reconnaître que Re-Animator est une petite merveille d’inventivité, de gore et de fun typiquement 80’s! Pour le premier film de Stuart Gordon, avec un budget réduit (1 million de dollars), c’est amplement respectable!

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Re-Animator 2, La Fiancée de Re-Animator (1990): Pour ce deuxième volet, c’est Brian Yuzna qui prend les manettes de la réal et s’entoure une fois de plus du trio Combs/Habbot/Gale (exit donc Barbara Crampton au profit de Fabiana Udenio, trop fade à mon goût). West et Cain ont donc survécu, obtenu leur diplôme de médecine et continuent leurs expériences sur les limites de la mort (en récupérant des cadavres dans le même hôpital que le premier volet par contre… plus c’est gros, plus ça passe, n’est ce pas?)… seulement voilà, le Docteur Hill (ou plutôt ce qu’il en reste) attend sagement sa vengeance car oui, le sérum possède également un pouvoir de conservation des corps! Si le film fait amplement référence à La Fiancée de Frankenstein, Herbert West se prenant littéralement pour Dieu dans celui ci, ce deuxième volet ne vaut que pour son design de créatures (plus réussies que les précédentes…mais aussi moins gores). Le reste est franchement peu mémorable: une fin expéditive, un scénario trop convenu et mal rythmé (placer West et Cain au coeur d’une réelle enquête policière qui les contraindrait à devoir revoir leurs plans en fonction des évènements aurait été bien meilleur, par exemple), à moins que ça ne soit la mise en scène de Yuzna, moins ambitieuse et folle que celle de Gordon… Pour être clair, disons que Re-Animator 2, sans être horrible à regarder, n’apporte pas grand chose à l’original et manque même cruellement de personnalité. Autrement, la musique est toujours signée Richard Band, l’humour noir du premier est bien présent et certains gimmicks refont surface (le massage cardiaque râté entre autres) mais l’impression de gâchis et d’opportunisme surnage, d’autant plus que l’effet de surprise est retombé! A ne voir qu’enchaîné au premier donc, sous peine d’être très déçu!

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On continue dans quelques temps avec le troisième volet de la saga…et la nouvelle originelle (non lue jusqu’à présent), tant qu’à faire!

Revisionnage: Lost Highway (1997)

David Lynch faisant partie du cercle (très) fermé des réalisateurs qui m’ont inspiré, n’ayant quasi aucun souvenir de ce film vu à l’époque sur une VHS défectueuse, il était grand temps de se replonger dans Lost Highway…

Alors, aucun souvenir, le mot est quand même faible, disons que j’avais encore en tête une atmosphère bien poisseuse hérité des films noirs (ce qu’est Lost Highway, avec son visuel moderne et vintage à la fois, son scénario « cliché » à base d’amour impossible, de femme fatale, avec une touche Twin Peaks en plus, forcément), une BO aux petits oignons (entre autres Billy Corgan, David Bowie, Marilyn Manson, Brian Eno, Rammstein, Lou Reed, This Mortal Coil, excusez du peu), et un film assez accessible dans la filmographie de Lynch (tout en conservant certaines de ses thématiques fétiches). Mais alors, honnêtement, vu ce que j’ai découvert avec ce second visionnage, je peux dire que j’étais juste passé à côté du scénario. Bon il faut dire aussi que j’ai eu la sale manie de découvrir la filmo de Lynch dans le désordre, ça n’aide pas des masses pour se faire une idée d’un réal… Sale jeune que j’étais!

Alors pour faire simple et parce que je n’ai pas trop envie de trop vous spoiler le film, Lost Highway commence comme une histoire d’homicide étrange qui va en croiser une autre…jusqu’à la révélation finale, qui achèvera la boucle narrative. Il est bien évidemment ici question de désir, de jalousie mais aussi et surtout de doubles, de troubles d’identité, de narration alternative tout en restant relativement compréhensible, ce qui n’est pas le cas de tous les films de Lynch (ce qui, à mon avis, lui a pas mal desservi). Disons que l’étrangeté y est bien dosée et les clins d’oeil entre les deux histoires suffisament nombreux, ce qui fait de Lost Highway une bonne porte d’entrée vers l’univers lynchéen avant le chef d’oeuvre qu’est Mulholland Drive (avec lequel ce film partage beaucoup de points communs). C’est à mon sens le véritable tour de force de ce film! Autrement, les rôles principaux sont bien campés (Pullman, Blake, Loggia, putain, quelle classe!), il y a une floppée d’acteurs connus dans les seconds, Patricia Arquette, elle, crève littéralement l’écran. Le film est bien rythmé, bien filmé et tient en haleine le spectateur sur plus de 2 heures. Que demander de plus?

J’ai pris beaucoup de plaisir à revoir ce classique, en tout cas…et j’espère que cela sera aussi le cas pour vous!

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Découvertes: Les Raisins de la mort (1978), Le Retour des morts-vivants (1985), La Nuit des morts-vivants (1990)

Les Raisins de la mort: Premier film de Jean Rollin pour votre hôte (hé oui!…d’ailleurs vous le sentez le cycle à venir?) et si je ne me trompe pas c’est aussi la première apparition de notre Brigitte Lahaie nationale dans la filmographie de Rollin (et son premier rôle dans le cinéma traditionnel tout court). Hé bien… pour une première c’est mi figue mi raisin, mes amis! Le scénario trop classique (même si le postulat de départ et le cadre rural sont bien appréciables), le rythme bancal et surtout le mauvais jeu d’acteurs (à ce niveau là c’est même un cas d’école tellement tout le monde joue mal) plombent clairement le métrage (un des premiers films français sur cette thématique). Et ni le gore et l’érotisme gratuits, ni les superbes paysages (Larzac), ni l’ambiance particulière (à mi chemin entre la désolation de ses villages en pierre abandonnés et un certain surréalisme que ne renierait pas un certain cinéma bis italien), ni le côté nanardesque dû aux maquillages fauchés ne viendra faire rebasculer la balance. C’est même avec impatience que j’ai regardé ma montre avant cette fin pour le moins surprenante… Rollin souhaitait visiblement proposer quelque chose de novateur avec ce film (n’appréciant ni le gore ni les films de zombies), c’est un faux départ, hélas!

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Le Retour des morts-vivants: De la série lancée par Dan O’Bannon (cinq films à ce jour), je n’avais vu que le troisième réalisé par Brian Yuzna en 1993. Hormis le minois de Melinda Clarke, j’ai un souvenir d’un film bis plutôt fun et plaisant à regarder! Il était donc temps de voir ce premier film de 1985! Honnêtement, j’ai passé un très bon moment, entre les très bonnes idées du scénario, la bande originale aux petits oignons (entre autres les Cramps, Roky Erickson, les Damned,…), des personnages 80’s hauts en couleurs comme l’embaumeur Ernie Kaltenbrunner (la bande de punks aurait mérité cependant un meilleur traitement, malgré Linnea Quigley qui donne tout ah ah), une fin cynique à souhait…bref du très bon bis comme on l’aime, qui a bien traversé les décennies et qui ne franchit pas la ligne du nanar !

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La Nuit des morts-vivants: Le saviez vous? « À la suite d’une erreur d’enregistrement de droit d’auteur, le film original de 1968 est entré dans le domaine public. L’équipe du tournage n’ayant pas gagné d’argent, Romero décida de tourner un remake pour combler ce manque à gagner, en essayant de garder la même équipe. »

En plus d’être un film référentiel, le premier film de Romero a tout pour me plaire: huit-clos, personnages un minimum fouillés, une sacrée ambiance en grande partie dûe au format utilisé, un bon twist de fin,… Autant dire que le remake de Tom Savini, cet homme à tout faire et collaborateur proche de tonton Georges, relève un sacré défi, même avec tonton himself au scénar! Et ma foi, ils s’en tirent bien, les cons! Car au delà de tout le respect et l’amour pour son aîné qui se ressentent à chaque seconde (même si à mon avis, ce genre de choses tient surtout à la compréhension de l’oeuvre), Savini se permet dans ce remake colorisé des variations bien senties sur des ressorts secondaires du scénario (en les modernisant parfois) et le caractère des personnages (incarnés par une jolie brochette de gueules connues du genre: Todd, Towles, Moseley): on a donc droit à un Ben moins sûr de lui et un Barbara beaucoup plus badass…même si pour le coup, on pouvait difficilement faire pire que l’original (Harry Cooper, lui, est toujours aussi détestable, rassurez vous). Les acteurs se débrouillent bien, l’ambiance est aussi austère que dans le film de 1968 et les maquillages sont au poil (notons une quasi absence de gore)! Je reste cependant sur ma faim concernant la tension peu présente au long des scènes (le remake se penchant plus sur la confrontation Ben/Harry que celle entre le groupe et les créatures) et le dénouement, cynique à souhait (tout droit sortie du Zombie de Romero) mais sans doute dispensable! Une très belle surprise en tout cas, que je n’aurais sans doute jamais vu sans ce cycle!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32995.html