Rétro James Bond (3/5): Vivre et laisser mourir (1973), L’Homme au pistolet d’or (1974), L’Espion qui m’aimait (1977), Moonraker (1979), Rien que pour vos yeux (1981), Octopussy (1983)

S’il est évident que la période Roger Moore est la plus longue et surtout la plus aléatoire en terme de bons films de la saga James Bond (au point d’en confondre les scénarios et les personnages peu de temps après le visionnage), il serait aussi intéressant de se pencher sur les scénaristes de ces opus parce qu’à mon avis, Roger n’est qu’une des équations du naufrage! En effet, dès L’Espion qui m’aimait, la saga commence une période « sans filet » car les romans principaux de Ian Fleming ont tous été déjà adaptés pour le grand écran. D’où la longue transition douloureuse des 70/80’s…

Vivre et laisser mourir (8/25): Avant dernier film de Guy Hamilton (qui réalisera en tout quatre films de la franchise, les autres concurrents sur le podium étant Terrence Young et Lewis Gilbert avec trois opus chacun, le record étant bien évidemment détenu par John Glen, avec cinq films de la saga) et premier pour Roger Moore, aperçu jusqu’alors dans les séries Le Saint et Amicalement Vôtre qui y incarne un James plus âgé (45 ans au moment du film, contre respectivement 31, 29, 40, 41, 37 pour Connery, Lazenby, Dalton, Brosnan et Craig au moment de leur premier film de la saga), plus léger, flegmatique et porté sur l’humour mais aussi bien moins crédible et attachant à mon goût… Le méchant Kananga est assez anecdotique, rivalisant mal avec ses bras droits Tee Hee et Baron Samedi. On a également droit à une bonne James Bond Girl en la personne de la toute jeune Jane Seymour (la voyante Solitaire). Dépaysant à souhait (Harlem, Louisiane, Jamaïque…on peut y voir un clin d’oeil au Dr.No), abordant la thématique du vaudou sous fond de trafic de dope et surfant donc sur la mode de la blaxploitation, le véritable point faible de ce film est qu’il perd salement en puissance et crédibilité au fil de sa durée. Il n’en reste donc pas grand chose à l’arrivée malgré ses rebondissements, son générique/theme song culte (Paul McCartney bordel!) et on a même droit à des séquences qui paraissent assez grotesques aujourd’hui: la scène d’introduction, la poursuite interminable en hors-bord (où apparait le shérif Pepper), celles avec les alligators,… A noter que Q n’apparaît pas dans le film, que Bond y fume des cigares (contrat avec Montecristo oblige), qu’il s’agit du seul opus où l’on voit le domicile londonien de Bond et que Gloria Hendry y incarne la toute première James Bond Girl noire!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt0070328/?ref_=nv_sr_srsg_0

L’Homme au pistolet d’or (9/25): Moins dépaysant et prenant que Live & let die (l’action se passe majoritairement en Thaïlande), celui ci possède par contre trois gros atouts: le duo de méchants incarnés par Christopher Lee et Hervé Villechaize (mais si, Tattoo dans L’Île Fantastique!) en grande forme (qui portent TOTALEMENT le film sur leurs épaules), ainsi que l’île de Scaramanga et ses décors inspirés. Les James Bond Girls sont assez anecdotiques (on reverra cependant Maud Adams dans un personnage plus intéressant dans Octopussy puis furtivement dans Dangereusement Vôtre), hormis le côté gaffeur de Bonne-Nuit (Britt Ekland) mais qui est mal dosé, comme chez la plupart des personnages féminins de la saga. Enfin question lourdeur absolue, le retour du shérif J.W. Pepper (Clifton James) remporte la palme, sans que ça n’apporte quelque chose au scénario (un caméo aurait mieux valu)! Autrement le générique* et le theme song (Lulu) sont vraiment sympas, la patte 70’s reste appréciable et malgré un scénario beaucoup trop classique/flemmard pour le coup (après la blaxploitation, c’est la bruceploitation à l’honneur ici), on n’en passe pas un si mauvais (de moment)!

*: Petit encart sur le sujet, c’est Maurice Binder qui sera responsable des fameux génériques sur les quatorze premiers films jusqu’à Permis de tuer (sauf Bons baisers de Russie et Goldfinger sur lesquels Robert Brownjohn travailla), Daniel Kleinman fera les suivants (à l’exception de Quantum of Solace réalisé par la société MK12).

Note: 1,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0071807/?ref_=nv_sr_srsg_0

L’Espion qui m’aimait (10/25): Souvent considéré comme le seul opus mémorable avec Roger Moore, L’Espion qui m’aimait mérite bien sa réputation. Ses seuls points faibles sont une impression de déjà vu, (certaines séquences et lignes du scénario ressemblant à un mélange entre Au service secret de sa Majesté, Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre)… ainsi qu’un méchant impitoyable mais hélas trop fade et finalement peu présent (Karl Stromberg joué par Curd Jürgens). Autrement c’est tout à fait correct, dépaysant (Egypte, Sardaigne), bien rythmé, inventif, avec une mise en scène au poil (c’est Lewis Gilbert qui revient derrière la caméra), et de beaux décors (la bataille rangée dans le Liparus). Attardons nous un instant sur les personnages: dans cet opus apparaît Jaws, incarné par Richard Kiel, l’un des méchants les plus emblématiques de la saga, tueur géant (mais muet) doté de machoires en acier ainsi que d’une force et résistance surhumaine mais qui aura droit à des touches humoristiques bienvenues; l’agent russe Triple X/Anya Amasova (incarnée par Barbara Bach) s’en sort bien également et a même droit à son propre background (même si maladroitement exploité par la suite). Sans ces deux là, ce film n’aurait certainement pas traversé le temps! Rappelons au passage qu’avec la disparition de Blofeld dans Au Service secret de sa Majesté, le SMERSH (qui a historiquement existé un court temps pendant la Seconde Guerre Mondiale) prend la place de SPECTRE (plutôt présent dans les premiers Connery et le reboot avec Daniel Craig). On aura donc souvent droit à des méchants travaillant de près ou de loin pour les Soviétiques durant les opus des 70/80’s. Pour les mêmes raisons, Walter Gotell incarnera dans ces différents opus le Général Gogol, chef du KGB. Mais revenons en au film! Pour une fois et grâce aux éléments cités plus haut, la magie opère enfin (il était temps), Moore y atteint un certain équilibre dans le jeu et cet opus parvient à se hisser au niveau des premiers Connery! A noter que Caroline Munro (une habituée du genre horrifique) y fait une apparition!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0076752/?ref_=ttls_li_tt

Moonraker (11/25): Au delà du final dans l’espace (seul lieu encore inexploré par Bond) et ses FX bien moches que tout le monde connaît (l’épisode 4 de Star Wars sort deux avant avant…), Moonraker bénéficie surtout d’une jolie palette de personnages: l’excellent méchant flegmatique et machiavélique Hugo Drax (Michael Lonsdale), Jaws qui fait son retour (même si bien moins intéressant que dans l’opus précédent et souvent réduit à un rôle plus comique que menaçant), l’agent infiltré Lois « Holly Goodhead » Chiles (mais putain qui choisit des noms aussi débiles bordel de merde?). Evidemment, le scénario décomplexé peut poser problème et influera directement sur votre appréciation de cet opus. Si la démesure d’une poursuite en gondoles amphibies/motorisées, en hors-bords armés jusqu’aux dents (avec deltaplane intégré), les gadgets à foison et les combats bordéliques « à pied » dans l’espace intersidéral à base de pistolets laser ne vous rebutent pas trop, ça peut passer ! Nous ne sommes pas dans le côté involontairement nanardesque et auto-parodique d’un Octopussy ou d’un Diamonds are forever mais on reconnait que l’exercice et périlleux et que l’on marche parfois sur un fil! C’est toujours Lewis Gilbert à la réal donc la mise en scène est tout à fait correcte (comme dans cette scène de centrifugeuse où on ressent, pour une fois, de la douleur pour l’agent du MI6), c’est globalement beau, dépaysant (Rio, Venise, château de Vaux-le-Vicomte et espace of course) mais la fin manque quand même salement de rebondissements (hormis le dilemne de Jaws). Et comme c’est une coproduction française, on se retrouve avec un cast bien de chez nous: Michael Lonsdale bien sûr mais aussi Corinne Cléry, Blanche Ravalec (la fiancée de Jaws) mais aussi Jean-Pierre Castaldi et Georges Beller!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt0079574/?ref_=ttls_li_tt

Rien que pour vos yeux (12/25): Retour à un film plus sérieux et moins extravagant avec ce douzième film, hélas miné par un méchant fadasse as fuck (le final est d’ailleurs des plus anecdotiques), un côté too much typiquement 80’s qui commence à pointer son nez (et que dire du générique/theme song immondes?) et un scénario planplan malgré une mise en scène/des scènes d’action efficaces (mais qui traînent souvent en longueur). Il faut dire qu’on est déjà au douzième film de la saga (le premier de John Glen) et que tout ou presque a déjà été exploité…et ça commence à salement se sentir! On a quelques clins d’oeil appréciables à l’opus de Lazenby comme le retour de Blofeld le temps d’une séquence d’introduction, une combi de ski d’un bleu sensiblement identique à celle déjà portée par Lazenby himself… Carole Bouquet, véritable beauté froide, n’est pas la meilleure James Bond Girl mais se démarque des autres potiches de cet opus par son désir de vengeance et le fait qu’elle ne cède à Bond que dans les dernières minutes de métrage. Côté décors, on a droit à la Grèce, l’Albanie, l’Espagne et l’Italie alpine, bref des récifs, des montagnes et de la neige. Pour autant le dépaysement n’est pas forcément au rendez-vous, les couleurs restant globalement assez ternes. A noter que Bernard Lee (M) n’apparaît pas dans ce film car il décèdera peu de temps après le début du tournage, c’est Robert Brown qui prendra sa suite dans les quatre prochains films.

Note: 1/4

https://www.imdb.com/title/tt0082398/?ref_=ttls_li_tt

Octopussy (13/25): Alors avec celui ci, on commence vraiment à arriver dans une période sans inspiration car le film est oublié aussi vite qu’il est vu. Du générique au scénario en passant par les personnages et les lieux de l’action, tout sent le recyclage, l’excès et la paresse intellectuelle. Quelques exemples au hasard? 007 se déguise en clown, vogue dans un canoë « alligator », mène des poursuites en voiture sur…des rails, le méchant (Louis Jourdan) réussit à être aussi fade que le Dr No, trempe dans des affaires de contrebande…d’oeufs de Fabergé, les combats sont plats à en crever et la fin où un perroquet interragit avec Tatcher au téléphone nous convainc que Richard Maibaum (scénariste principal de la saga du premier opus jusqu’à Permis de tuer) est clairement en bout du rouleau… L’intrigue malgré ses enjeux se suit péniblement et on a vraiment le sentiment de regarder une série B de mauvaise qualité. On sauvera tout juste Maud Adams dans le rôle-titre qui sort un peu des sempiternelles James Bond Girls…mais clairement, pour des non fans de la saga, ce film est sans intérêt. C’est dommage, le métrage abordait par moments des sujets intéressants (comme le désarmement de l’Ouest face à l’URSS). Jamais plus jamais (remake non officiel d’Opération Tonnerre) sortait cette année là avec Connery dans le rôle de Bond et c’est un miracle que les fans aient finalement préféré Octopussy au box-office…

Note: 0,5/4 (parce que, malgré tout, rien ne peut être aussi douloureux que Spectre)

https://www.imdb.com/title/tt0086034/?ref_=ttls_li_tt

Pour aller plus loin, une vidéo très complète signée Versus: https://www.youtube.com/watch?v=h-F6hr6JmoQ

Rétro James Bond (2/5): Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (1965), On ne vit que deux fois (1967), Au service secret de sa Majesté (1969), Les Diamants sont éternels (1971), Skyfall (2012)

Goldfinger (3/25): Clairement un des meilleurs opus de la saga, bien rythmé, avec un scénario solide et une palette de personnages mémorables/bien écrits, un theme song enfin mémorable (Shirley Bassey!) et j’en passe. Chronique plus complète dans un prochain podcast dédié aux meilleurs films de la saga!

Note: 4/4

https://www.imdb.com/title/tt0058150/?ref_=nv_sr_srsg_0

Opération Tonnerre (4/25): A l’instar de son prédecesseur, Thunderball est marquant à plus d’un titre: un méchant (Adolfo Celi) et des James Bond Girls mémorables (Claudine Auger, Molly Peters,…), de bons rebondissements, des séquences aquatiques d’anthologie, clairement un des opus les plus prenants de la saga, moins connu que son aîné mais tout aussi excellent. Là encore, chronique plus complète dans un prochain podcast dédié aux meilleurs films de la saga!

Note: 4/4

https://www.imdb.com/title/tt0059800/?ref_=nv_sr_srsg_0

On ne vit que deux fois (5/25): Pour le dire vite, On ne vit que deux fois souffre surtout de l’apparition trop tardive (la première!) de Blofeld, interprété ici par le divin Donald Pleasance, autrement c’est du quasi tout bon: séquences mémorables comme le duel d’hélicoptères, les poursuites en voiture avec Aki au volant ou la fausse mort de Bond en introduction. Les cadres choisis sont dépaysants (Japon…et on fait l’effort de nous présenter quelques unes de ses traditions, vols spatiaux, base du SPECTRE tapie dans un volcan), avec des plans aériens magnifiques à la clé, le contexte de la Guerre Froide refait son apparition, le scénario est plutôt bon et prenant,… Bref un opus qui loupe le podium de peu!

Note: 3,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0062512/?ref_=nv_sr_srsg_0

Au service secret de sa Majesté (6/25): Commencons avec le point le plus litigieux du film: Georges Lazenby dans le rôle principal. Personnellement, je trouve qu’il s’en sort bien dans ce sixième opus, plus athlétique (quel combat d’intro, mes amis), tout aussi mordant…mais passer après Sean Connery, dont la carrière est indissociable de la saga James Bond était un suicide assuré! D’autant plus que l’acteur australien ne signera qu’un film de cette même saga… On notera surtout (et enfin) l’évolution du personnage qui semble s’assagir, devenir plus humain et finit par tomber amoureux puis se marier à la fin de cet opus (fait unique dans la saga). Cet opus est donc clairement à part pour toutes ces raisons (pas de theme song mais un joli hommage à Connery dans le générique d’ailleurs)! Suivant cette tendance, on a un métrage plutôt tranquille dans sa première partie et qui monte en puissance vers un twist final cynique à souhait. Diana Rigg est réellement pétillante (n’étant pas objectif car j’ai longtemps regardé Chapeau Melon et Bottes de cuir parmi d’autres vieilleries) et éclipse clairement les autres James Bond Girls de cet opus. Telly Savalas fait, lui, un parfait Blofeld! Les décors suisses et les premières tensions entre Bond et M apportent un peu de vent frais! Le scénario solide et une bonne bande-son (John Barry signe peut être là une de ses meilleures compo) faisant le reste! Et puis, un film avec un duel final en bobsleigh ne peut pas être un mauvais film! Un opus clairement correct donc!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0064757/?ref_=nv_sr_srsg_0

Les Diamants sont éternels (7/25): Il va m’être difficile de parler de cet opus sans y accoller le terme nanar, tellement on sent ici que la saga commence à tourner en rond (au point de se parodier, sciemment ou pas) et que les éléments problématiques sont légion. Pourtant tout était réuni pour faire un film honnête, y compris le retour de Connery (Lazenby ne souhaitant pas renouveler l’expérience) et d’Hamilton derrière la caméra, ainsi que du personnage d’Ernst Stavro Blofeld… Le gros point noir, c’est avant tout un scénario peu passionnant et même difficile à suivre pour pas grand chose. Les gadgets (les effets spéciaux étant moches à souhait, au passage), péripéties et James Bond Girls (Jill St John, Lana Wood) ne venant rééquilibrer en rien ce manque. Pire, Sean Connery a l’air de se contenter du minimum syndical! Et je ne parle pas du comique troupier lourd et vite insupportable du binôme Wint/Kidd qui interroge pas mal sur la direction réelle que voulait prendre le film… Paradoxalement, c’est ce même aspect comique (involontaire?) et quelques éléménts (séquence pré-générique, générique et theme song de Shirley Bassey, Charles Gray en Blofeld…déjà vu dans On ne vit que deux fois) qui le sauvent du zéro pointé de justesse!

Note: 0,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0066995/?ref_=nv_sr_srsg_0

Skyfall (23/25): Soit disant l’un des meilleurs opus de la saga, je lui trouve pour ma part plusieurs défauts majeurs qui lui font louper le podium: le lore sur les origines de Bond est superflu et inintéressant, le scénario n’est pas fluide du tout (ce qui rend l’histoire compliquée à suivre), le pathos final est clairement inutile, les scènes de séduction sont de plus en plus improbables (c’est un vieux gimmick de la saga, ok, mais il faudrait un peu évoluer) et je ne parle même pas de celles « troubles » avec Moneypenny qui prouvent qu’à tout vouloir réinventer… il y a plus à perdre qu’à gagner. On préfèrera retenir de Skyfall Javier Bardem en méchant cynique à souhait (à l’instar de certaines décisions du MI6), de belles séquences d’action, les superbes paysages écossais, un Bond vieillissant, un rythme bien dosé, la photographie au poil, le talentueux Ralph Fiennes en nouveau M et bien évidemment le theme song d’Adele… Un opus en demie teinte qui doit pas mal sa réputation grâce à la mise en scène de Sam Mendes, au final!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt1074638/?ref_=nv_sr_srsg_0

Rétro James Bond (1/5): James Bond 007 contre Dr. No (1962), Bons baisers de Russie (1963), 007 Spectre (2015), Mourir peut attendre (2021)

Comme dit sur Twitter, étant un amateur de la saga James Bond depuis un bail et à l’occasion de la sortie du dernier volet (et la fin de lère Daniel Craig), je me suis dit qu’une rétrospective de la saga entière ici serait de bon ton! Un podcast sera d’ailleurs certainement au menu pour parler des meilleurs opus! L’occasion pour moi de découvrir avec vous durant cet automne/hiver les films avec Timoty Dalton que je ne connais pas du tout! Pour l’occasion, un barême sur quatre sera appliqué à chaque opus! (0: à éviter, 1: décevant, 2: moyen, 3: bon 4: mémorable)

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A titre d’info, trois films ne sont pas comptés dans la saga officielle (25 films à ce jour): Casino Royale (1954), Casino Royale (parodie, 1967), Jamais plus jamais (1983, remake d’Opération Tonnerre)

Romans d’Ian Flemming ayant été adaptés au cinéma (soir l’extrême majorité): Casino Royale, Vivre et laisser mourir, Moonraker, Les Diamants sont éternels, Bons baisers de Russie, James Bond contre Dr. No, Goldfinger, Opération Tonnerre, Au Service secret de sa Majesté, On ne vit que deux fois, L’Homme au pistolet d’or

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James Bond 007 contre Dr. No (1/25): Difficile de parler de ce premier opus sans parler de la perfection de Sean Connery dans le rôle du plus célèbre agent secret! Classe, charisme, séduction (aspect peu développé dans celui ci), flegme, macho, débrouillard, malin, redoutable quand il s’agit d’éliminer un ennemi, qui aurait pu mieux incarner James Bond à l’époque? Ursula Andress est elle parfaite en première James Bond Girl, jolie, sobre, fragile mais pas trop (même s’il est vrai que son personnage ne sert pas l’intrigue). Les codes sont déjà là: thème musical, costard impeccable, MI6 et Miss Moneypenny, l’organisation SPECTRE, complots, traquenards, assassinats, poursuites en voiture (l’Aston Martin n’arrivera que dans Goldfinger), punchlines, paysages exotiques… tout est déjà là ou presque (les vrais gadgets n’arriveront eux que plus tard, ce qui confère à l’opus un réalisme appréciable). C’est Terrence Young qui est à la réalisation et signera deux autres opus dans les sixties. Le film, même s’il a forcément vieilli et qu’on sent par moments que ça se cherche pas mal entre action, aventures et espionnage, se révèle diablement efficace et montre suffisamment de plans extérieurs de la Jamaïque pour être dépaysant en prime. Ses rares défauts restent finalement un méchant totalement anecdotique (qui arrive très tard dans le film, comme Honey Rider) et ses quelques longueurs. Certains pourraient le trouver cheap mais le budget n’est « que » d’un million de dollars (contre 34 millions pour Moonraker ou 250 millions pour Mourir peut attendre…). Quoiqu’il en soit un mythe est né!

Note: 3,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0055928/?ref_=nv_sr_srsg_1

Bons baisers de Russie (2/25): Toujours réalisé par Young, ce second métrage assoit définitivement les codes de la saga, avec un côté espionnage plus affirmé (pour preuve le clin d’oeil sympa à La Mort aux trousses). Plus de gadgets improbables conçus par Q, plus de fausses morts en intro, plus de punchlines, une meilleure image/mise en scène, des décors plus fastes (Turquie, Italie), plus de présence féminine, plus de MI6 et de SPECTRE à l’écran avec cette fois ci un méchant plus charismatique (Robert Shaw), un générique post-gun barrel digne d’intérêt (il faudra attendre le prochain pour le « theme song »), des clins d’oeil à l’opus précédent (Eunice Gayson revenant pour l’occasion)… Bref, on n’a pas tellement le temps de s’ennuyer! Quelques regrets sur ce film cependant: une James Bond Girl pas vraiment mémorable dans son rôle d’amoureuse transie parce que…bah par facilité scénaristique, tiens (Daniela Bianchi) et un scénario moins passionnant à mon goût (peut être parce qu’il reste très marqué par la Guerre Froide donc fatalement daté). Mais ça reste solide pour un James Bond!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0057076/?ref_=nv_sr_srsg_0

007 Spectre (24/25): J’ai vu celui ci après Mourir peut attendre, histoire de rattraper les films avec Daniel Craig que j’avais loupé (soit les trois derniers, quand même) et de mieux comprendre la romance entre Bond et Swann. Mais cette fois ci le naufrage est complet: la réalisation est plate passée les premières vingt minutes plutôt efficaces (Sam Mendes nous a habitué à tellement mieux), les personnages et les rebondissements semblent être pilotés par un stagiaire schizophrène tellement ça empeste le réchauffé, l’hésitation voire même le je m’en foutisme (à l’instar de ce Bond soit disant mature mais qui semble crever d’envie de faire du Connery), la romance entre les deux personnages principaux sort de nulle part (la facilité avec laquelle Bellucci cède aux avances de Bond est tout aussi ridicule, rassurez vous) et j’en passe. Bref, rien ne va malgré l’énorme enjeu qui se trame (le MI6 mis plus ou moins en coupe règlée), même pas les décors qui semblent totalement ternes. Quand on pense au pognon lâché pour ce genre de production en comparaison avec le produit final, ça énerve un peu, m’voyez? Reste quelques fulgurances: Christopher Waltz en chef du SPECTRE vicieux à souhait qui ne démérite pas, Léa Seydoux en personnage à fort potentiel…gâché. Sur 2h30, ça ne pèse pas bien lourd! Spectre, exemple typique de jolie coquille vide!

Note: 0/4

https://www.imdb.com/title/tt2379713/?ref_=nv_sr_srsg_0

Mourir peut attendre (25/25): Le visionnage de ce dernier James Bond m’a laissé mitigé. Déjà parce que j’ai été assez débile pour me spoil la fin comme un porc et puis…parce que le scénario ne sert vraiment pas le propos! La liaison entre Swann et Bond est clairement l’aspect le plus intéressant de ce 25e film et mis à côté d’histoires de virus volé et de conflits entre organisations secrètes vues et revues, on aurait clairement aimé voir plus le tandem à l’écran (mais bon on comprend, les gens sont là pour voir un James Bond). Beaucoup de personnages ne sont là que pour la figuration ou un rôle de faire-valoir, par manque de charisme ou lacune d’écriture (les fadasses Safin et Nomi en tête sans oublier l’insupportable Obruchev) alors que certains auraient mérité plus de temps de présence (Blofeld, Paloma, Leiter). Le trio Craig/Seydoux (très touchante ici)/Fiennes porte clairement le film sur leurs épaules ici. Donc voilà, si on met de côté les défauts « hérités » de Spectre (scénario fouillis, rebondissements et fin faciles, personnages inutiles), la relecture « moderne »…pour ne pas dire progressiste du mythe qui semble toucher tous les films actuels (finalité qui tombe à l’eau d’ailleurs et c’est tant mieux) et qu’on se concentre sur les superbes paysages (Norvège, Jamaïque, Italie), les scènes d’action efficaces et la romance tragique du film, Mourir peut attendre se laisse regarder (mais peut être aussi parce que c’était la première fois que je revenais dans mon petit cinéma local préféré depuis 2020). A voir qui succèdera à Craig dans la peau de l’agent 007 (pas trop de pathos dans ce final nul d’ailleurs, ce qui est toujours appréciable). Je ne vous cache pas que l’aspect plus ténébreux et humain incarné par le britannique avait quand même ma préférence (même si Connery est intouchable), d’autant plus que son évolution en cinq films était notable, notamment dans cet opus. Ah oui c’est Zimmer à la BO mais perso, je n’y ai même pas porté attention! Il faut dire qu’il est littéralement partout le Hans!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt2382320/?ref_=nv_sr_srsg_0