Découvertes express: Coherence (2013), Vampires en toute intimité (2014), Massacre à la tronçonneuse (2003)

Coherence: Sorte de Primer sans le côté too much, thriller intimiste et intelligent nappé d’une bonne dose de hard SF, Coherence réussit à insuffler une ambiance paranoïaque et anxiogène avec peu de moyens (budget de 50 000 dollars) mais un synopsis simple et percutant (un groupe d’amis de longue date se retrouve pour un repas alors qu’une comète passant dans le coin est potentiellement à l’origine d’une panne électrique générale). Introduisant la théorie du chat de Schrödinger et donc la présence d’univers parallèles/doubles comme son successeur plus connu, montrant peu de choses mais suggérant beaucoup (on est pas pris inutilement par la main comme dans Tenet donc), ce quasi huis clos dissèque également la question des relations sociales, des microcosmes face à un danger inconnu. Une bien belle découverte sur des sujets quantiques suggérée par Intercut (qui a bien grandi depuis et que je ne vous recommanderai jamais assez)!

https://www.imdb.com/title/tt2866360/?ref_=fn_al_tt_1

Vampires en toute intimité: Mockumentaire très drôle (je n’ai pas le souvenir d’avoir autant reniflé devant un film depuis un bon bout de temps) de/avec Taika Waititi sur un clan de vampires vivant en collocation, Vampires en toute intimité vaut assurément le coup d’oeil. Vraiment bien dosé, si les moments de malaise succulents de The Office, C’est arrivé près de chez vous ou d’un bon vieux Borat des familles, que les équipes de losers magnifiques vous parlent, jetez vous y dessus sans hésiter! A noter que la VF du film (visiblement controversée) est assurée par Astier, Salomone, Testot, Nicolas et Bruno et qu’il existe une série du même nom sur le même univers (dont Waititi est d’ailleurs producteur).

https://www.imdb.com/title/tt3416742/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse (remake/reboot): Remake que je voulais voir depuis longtemps au vu de sa réputation et qui se laisse agréablement regarder, ce cinquième opus de la saga maudite (une de plus!) prend évidemment des libertés avec le modèle originel tout en conservant son côté glauque et poisseux qui faisait tout son sel (même si on est ici dans une frontalité assez assumée façon Aja avec La Colline a des yeux). On évite donc une repompe génante et inutile de la scène du repas (exemple pris au hasard) puisque Marcus Nispel semble avoir compris l’essence même de TCM et prend bien son temps pour installer ses personnages, ses ambiances et surtout son visuel. Cela fait vraiment plaisir, tellement cet amour du détail et du travail bien fait sans tomber dans le fan service reste bien rare dans le cinéma de genre actuel! Leatherface (campé ici par Andrew Bryniarski, qu’on retrouvera dans l’opus suivant trois ans plus tard, préquelle du film ici chroniqué) est très réussi, les acteurs s’en sortent globalement bien et on retrouve avec plaisir quelques tronches plus ou moins connues: Biel, Leerhsen, Lee Ermey, Tucker, Vogel,… On se fera donc le remake de Vendredi 13 du même monsieur avec un certain intérêt maintenant (de toute façon il ne peut pas être plus nullissime que l’original)!

https://www.imdb.com/title/tt0324216/?ref_=nv_sr_srsg_5

Vous reprendrez bien un peu de sévices? (Saga Hellraiser 1-5)

Et si on se faisait un bout de saga culte (et…désastreuse, comme toutes les franchises horrifiques) pour fêter le retour des parutions sur ce blog, mmh?

Revisionnages:

Hellraiser, Le Pacte (1987): Vous connaissez sans doute l’histoire, inutile de revenir dessus: dans les 80’s, Clive Barker obtient l’opportunité de réaliser l’adaptation d’une de ses propres nouvelles: The Hellbound Heart, publiée un an plus tôt. Il faut dire aussi que Stephen King lui même avait l’écrivain anglais à la bonne! Et putain, c’est clairement une réussite sur tous les plans: visuel, inventivité, mise en scène…et même en terme de scénario. Ce qui marque lors du premier visionnage, c’est évidemment une vision totalement novatrice et moderne dans sa façon d’aborder l’horreur au cinéma, comment l’Enfer lui même peut s’immiscer dans notre quotidien. Abordant avec brio le duo si casse-gueule sexe/horreur, le métrage réussit le pari de rendre l’univers sado-masochiste et morbide des Cénobites si fascinant. Evidemment les effets spéciaux de Bob Keen y sont pour beaucoup mais pour une première réalisation, Barker s’en sort honorablement et propose un métrage qui va même plus loin que ses thématiques principales. Doug Bradley y campe un Pinhead glaçant, rôle qu’il reprendra dans les sept prochains films de la saga (où son personnage deviendra un prétexte à des suites de plus en plus improbables). Après ce revisionnage, il est clair que le métrage a bien vieilli, reste toujours aussi corrosif, malsain et dérangeant. Non dénué d’humour, il nous propose un quasi huis clos qui prend le temps de développer ses personnages, notamment féminins (mention spéciale à Clare Higgins qui se démarque clairement du lot), ce qui lui permet de gommer sans mal ses quelques incohérences. Un classique incontournable auquel on a déjà consacré un podcast, rappelez vous!

On rappelle aussi que le grand Alt236 y a consacré une vidéo entière!

https://www.imdb.com/title/tt0093177/?ref_=nv_sr_srsg_0

Hellraiser 2 , Hellbound (1988): Suite direct du premier film, dans lequel on retrouve avec joie Ashley « Kirsty » Laurence, Clare « Julia » Higgins, Sean » Frank » Chapman (dans un rôle mineur) et bien sûr Doug « Pinhead » Bradley, Hellbound est surtout connue pour être l’opus le plus acceptable de la floppée…de navets que va générer le succès du Pacte… « Les Ecorchés » a en effet le mérite de nous proposer une vision originale et réussie du monde des Cénobites (très inspirée des travaux de M.C. Escher)…ainsi que de leur dieu Léviathan! L’action dans un hôpital psychiatrique où personne ne prend Kirsty au sérieux fera immédiatement penser à Dream Warriors, le troisième opus des Griffes de la Nuit (et accessoirement l’un des plus solides), la transformation de Channard suinte les influences body horror de Cronenberg! Un métrage dans la continuité pure du premier, qui vient étoffer la mythologie cauchemardo-religieuse de la saga donc mais qui essaye aussi par moments de prendre une direction différente. Mais…et c’est là où le bât blesse, une suite assez décevante après revisionnage, au vu de sa conclusion expédiée, de sa structure narrative plus classique (et assez incohérente par moments) qui sent pas mal la repompe paresseuse à divers égards (le « retour » de Julia, les différents flashbacks lourdingues,…)! Pour preuve, je n’avais quasi aucun souvenir de ce film et il est certain que le niveau de kitsch est bien plus présent que chez son aîné… Vous êtes avertis!

https://www.imdb.com/title/tt0095294/?ref_=nv_sr_srsg_5

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Découvertes

Hellraiser 3, Hell on Earth (1992): Troisième opus et….c’est déjà le début de la fin. On a à faire ici à un métrage d’horreur tombant dans tous les travers des 80/90’s: personnages clichés et mal joués (autant dire inintéressants), cénobites plus ridicules que malsains, Pinhead trouve le moyen de parvenir dans notre monde et se prend pour Freddy Krueger (parce que…pourquoi pas?)…faisant du même coup basculer le métrage dans le slasher de bas étage,… On sauvera bien volontiers l’aspect inventif et décomplexé, une certaine continuité avec le deuxième film, la volonté de donner un background à Pinhead mais c’est hélas bien peu pour pouvoir vous recommander ce film, qui semble totalement abandonné au bon vouloir des producteurs, détruisant du même coup toute la subtilité de l’univers (pas vraiment manichéen) créé par Barker…

https://www.imdb.com/title/tt0104409/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 4, Bloodline (1996): On continue sans perdre de temps avec cette suite construite sur trois échelles de temps différentes…mais qui n’aura finalement d’intérêt que pour sa première partie (les origines du premier cube créé au XVIIIe siècle) et le personnage d’Angélique (Valentina Vargas). Autrement ça reste un joli foutoir (voire un plagiat pour la partie dans l’espace, coucou Terminator, Alien, Event Horizon, Jason X,…) assez ennuyant à regarder. Vu le contexte de réalisation du film, c’était prévisible mais bon… Notez que c’est le dernier opus a être sorti en salles et a faire l’effort de continuer tant bien que mal la mythologie entamée dès le premier opus (Barker ne s’impliquera d’ailleurs plus dans les prochaines suites, préférant se consacrer aux comics du même univers).

https://www.imdb.com/title/tt0116514/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 5, Inferno (2000): Enfin une suite qui a quelque chose d’original à proposer! Bon, d’accord, c’est extrêmement maladroit (à l’image d’une certaine scène WTF avec des cowboys karatékas), l’acteur principal (Craig Sheffer) est à la ramasse comme jamais et la mise en scène reste plutôt standard. Mais merde, on est vraiment proche du sublime L’Echelle de Jacob (le talent d’écriture en moins puisque Peter Atkins, scénariste sur la saga depuis Hellbound a choisi de claquer la porte) question horreur psychologique et univers poisseux, les Cénobites se rapprochent enfin des originels, après deux films plus que moyens, c’est pas rien tout ça! Hélas la trame principale de cette enquête demeure trop éloignée de la mythologie originelle pour valider définitivement l’ensemble, comme Pinhead qui apparait finalement bien peu à l’écran!

https://www.imdb.com/title/tt0229440/?ref_=tt_sims_tt_i_3

Alors inutile de dire qu’il vaut mieux grandement éviter les films suivants vu la qualité des scénarios et du jeu d’acteurs de derniers films chroniqués plus haut, même si le dixième épisode (Judgement, sorti en 2018) a visiblement son lot de défenseurs… Les meilleurs franchises d’horreur sont définitivement les plus courtes!

En vous recommandant les précieuses vidéos de Ratelrock sur le sujet (qui a aussi fait un excellent travail sur Massacre à la tronçonneuse): https://www.youtube.com/watch?v=QyzaRNRUVeg&list=PL7MHX26OItb9sOg6Z3adgjMtNoAe7Gxo5

Films de l’été 2021: Freddy sort de la nuit (1994), The French Connection (1971), Top Secret! (1984), Deranged (1974)

Parce que c’est décidemment une manie ici d’être en retard sur tout et qu’on va privilégier les cycles thématiques pour les prochains podcasts, les films de l’été 2021 se feront sous la forme texte! Le tout sans trop spoiler s’il vous plaît!

Film du mois de juin: Freddy sort de la nuit

Dernier opus de la saga Les Griffes de la nuit (on oubliera le remake passable de 2010), Freddy sort de la nuit/Wes Craven’s New Nightmare est un sympathique métrage méta sur le slasher, son boggeyman, le rapport entre le créateur et son oeuvre,… Niveau frissons c’est franchement radin c’est sûr mais le retour d’une partie du casting de l’oeuvre originale (Englund, Langekamp, Saxon) et des acteurs majeurs de la saga chez New Line (Craven, Shaye, Risher) jouant leur propre rôle (les films dans les films/casser le quatrième mur étant un peu le dada de Craven à l’époque, comme avec Scream 3) apportent à ce film une fraîcheur inédite! Même si l’on peut regretter que ce côté méta ne soit pas suffisamment exploité jusqu’au bout! Autres défauts: Miko Hughes (Dylan) est juste insupportable et le rythme ne laisse pas vraiment le spectateur respirer! Jouant avec les strates de réalité (un bon moyen de rendre le spectateur parano), inventif et visuellement réussi, cet opus, même s’il est bancal sur plusieurs points, conclue honorablement la saga dix ans après le premier film (et un paquet de navets) en nous faisant une vraie proposition cette fois ci! On en attendait pas moins de Craven…qui signera Scream dans la foulée ! Comme quoi, quoi qu’on pense de cet opus, il aura eu une certaine utilité!

https://www.imdb.com/title/tt0111686/?ref_=nv_sr_srsg_0

Une petite critique par Tortillapolis!

Film du mois de juillet: The French Connexion

N’ayant finalement vu que L’Exorciste (que je ne porte pas dans mon coeur) de Mr Friedkin, il était grand temps de voir le mythique French Connection! Mise en scène ingénieuse et nerveuse héritée du documentaire (particulièrement efficace dans les scènes de poursuites), ambiances new-yorkaises crades à souhait (dope à tous les coins de rue, flics en roue libre totale, bâtiments désaffectés,…), policiers désabusés magistralement interprétés par Gene Hackman et Roy Scheider, enquête aux allures de descente aux enfers…on comprend facilement pourquoi le film a fait date! Le tout évidemment inspiré du réseau du même nom mais aussi du roman de Robin Moore! Sachant que je porte un culte à Taxi Driver pour un univers tout aussi poisseux, quelle claque j’ai pris! Alors, allez voir ou revoir ce chef d’oeuvre nom de Dieu!

https://www.imdb.com/title/tt0067116/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin, making of du film & interviewes!

Film d’août: Top Secret!

Autant je peux être exigeant en humour ricain, autant dès qu’il y a de l’absurde, je suis carrément client. Mais pour autant, peu de films me restent en tête dans ce créneau… C’est désormais chose faite avec ce métrage (honteusement méconnu) des Zucker-Abrahams-Zucker, sorti après Y a-t-il un pilote dans l’avion ? et la série Police Squad, bien rythmé, inventif à souhait et très drôle (sans être lourd) avec le tout jeune Val Kilmer dans le rôle principal, parodiant les films d’espionnage (sur fond de Seconde Guerre Mondiale) autant que les comédies musicales des sixties (c’est Kilmer qui interprète réellement les chansons). Côté caméos on est servi: Peter Cushing, Omar Sharif et Michael Gough sont de la partie! Je vous laisse la totale découverte pour le reste!

https://www.imdb.com/title/tt0088286/?ref_=nv_sr_srsg_0

On remercie Le Fossoyeur pour la découverte!

Film de septembre: Deranged

Si 1974 reste en tête comme étant l’année de sortie de Massacre à la tronçonneuse, un autre film moins connu fait fort dans le glauque et l’immoral, tout autant inspiré par les méfaits d’Ed Gein! Totalement porté par l’interprétation magistrale et complexe de Roberts Blossom (proche d’un Joe Spinell dans Maniac, on rentre ici réellement dans la tête d’Ezra Cobb), Deranged va largement plus loin dans le malsain à mon goût (même si non exempt de traits d’humour) mais souffre hélas des défauts d’une production typée téléfilm, du « marketing » des seventies (le côté documentaire est juste lourd) et de facilités scénaristiques (la fin relativement improbable)… Si vous aimez les rapports mère-fils « fusionnels » à la Psychose et les repas de famille « sereins » à la Texas Chainsaw, ne cherchez plus, c’est ce film qu’il vous faut!

https://www.imdb.com/title/tt0071408/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin, chronique par Horreur Critique (abonnez vous à sa chaîne, boudiou!)

Old Horror Week (3/4): Le Commando des morts-vivants (1977), Opera (1987)

Il serait temps de torcher notre Old Horror Week sinon ça va devenir mensuel ces conneries, non?

Le Commando des morts-vivants/Shock Waves: Horreur marine en plein jour, surfant sur le mythe de l’ésotérisme SS, variation sur la thématique zombie (ici les créatures peuvent survivre sous l’eau), l’île maudite et le vaisseau fantôme, ce Shock Waves déborde d’idées originales mais mal exploitées à mon goût! La faute certainement au budget de 150 000 dollars (même si les FX sont réussis) . Le rythme général et les acteurs (Caradine senior, Brooke Adams et Peter Cushing pour les plus connus) contrebalancent largement le problème. Le métrage se permet même de détourner les codes de l’horreur avec un hôte finalement bien plus accueillant qu’il en a l’air! Il est clair que niveau ambiance, on est plus proche du film d’aventure que de l’épouvante pure, sorte de Zombi 2 sans le craspect! Etonnant!

https://www.imdb.com/title/tt0076704/?ref_=nv_sr_srsg_0

Opera/Terreur à l’opéra: Souvent considéré comme le dernier chef d’oeuvre d’Argento, il est vrai que le pitch d’Opera a tout pour plaire: de l’opéra (non, tu déconnes?), un théâtre splendide (le Teatro Regio de Parme), Shakespeare, du giallo, un soupçon de Fantôme de l’opéra, qui dit mieux? Le souci est que Dario semble avoir dit beaucoup de choses en deux décennies et neuf films… Le rythme et la cohérence globale accusent le coup, les rebondissements (sauf la fin) sont assez prévisibles, le jeu d’acteurs n’est pas toujours très juste et la BO est parfois aux fraises (avec pourtant Eno et Simonetti aux commandes) quand elle propose du moderne. Heureusement le métrage se rattrape grâce à de belles idées de mises en scène (et un hommage sympa aux Oiseaux en prime), de la violence graphique et le whodunit tient en haleine jusqu’à la fin! Mitigé!

https://www.imdb.com/title/tt0093677/?ref_=nv_sr_srsg_7

Old Horror Week: Tourist Trap (1979), Réincarnations (1981) (2/4)

Tourist Trap: Parmi les vieilleries aux concepts forts et dérangeants (malgré un côté slasher avéré) ayant émergés dans la brèche ouverte par Texas Chainsaw Massacre, Tourist Trap a fait date, malgré son côté série B et un budget riquiqui (350 000 dollars, soit à peine plus qu’Halloween). Hélas jouer sur la peur que peut inspirer des mannequins de cire réalistes et un tueur psychopate (Norman Bates ayant décidemment imposé sa patte aux 70’s) capable de les animer par télékinésie (un pouvoir jamais vraiment expliqué d’ailleurs), se déguisant d’ailleurs lui même en un des leurs ne permet pas au film de sortir de la masse sur la longueur, faute à un rythme assez inégal et un twist bien prévisible. Dommage, le début du métrage creepy à souhait et un minimum original en prime, ça donnait envie d’y croire! A noter qu’on reverra le réal dans Puppet Master.

https://www.imdb.com/title/tt0080040/?ref_=nv_sr_srsg_0

Réincarnations: Toujours dans la veine des séries B ayant eu leur petit succès, Réincarnations/Dead & Buried de Gary Sherman (Poltergeist 3) est plutôt bien côté. A raison car question rythme et scènes macabres montrées frontalement, ça vaut le coup d’oeil! En plus il y a Robert Englund et pas mal de belles coïncidences qui laissent à penser que ce film a potentiellement inspiré Craven pour Les Griffes de la Nuit (le surnom « Freddy » de la première victime brûlée vive par les habitants d’un petit village entre autres dont… parmi eux ce bon vieux Robert). Question twists, ça tient la route même si on a vu plus original. Et puis l’ambiance de l’enquête sur fond de sorcellerie/conspiration dans un petit village qui rappellera tour à tour des classiques comme Twin Peaks, Le Locataire, Vaudou (car oui Réincarnation est bien une variation originale sur la figure du mort-vivant), The Wicker Man…on va pas se le cacher, ça fait toujours plaisir! De belles idées, de bons acteurs et de jolis maquillages (Stan Witson entre autres) à retenir en tout cas! Notons que c’est Dan O’Bannon (faut il encore le présenter?) et Ronald Shusett (son compère sur Alien, Total Recall) au scénario, autant dire de sacrés arguments de vente!

https://www.imdb.com/title/tt0082242/?ref_=nv_sr_srsg_0

Old Horror Week: Le Blob (1988), Vendredi 13, Chapitre Final (1984) (1/4)

Remake très énervé du déjà solide Danger Planétaire (avec Steve McQueen), Le Blob est un petit joyau de comédie SF/horreur des années 80. Les effets spéciaux et maquillages sont excellents (même si les incrustations commencent à vieillir, forcément), dignes du body horror le plus assumé (façon The Thing, La Mouche, Society) avec un soupçon de Body Snatchers (premier du nom). L’humour fait mouche sans être too much ni verser dans les clichés absolus (on est encore loin du teenage horror). Par exemple, Chuck Russell (Les Griffes de la Nuit 3, The Mask, Le Roi Scorpion) n’hésite pas à faire mourir des personnages importants et totalement innocents dès le début du film, c’est dire si le métrage possède quand même sa patte propre. La créature, à l’instar des boogeymen des slashers isolent les protagonistes (dont se soucient bien peu leurs parents) en s’en prenant en priorité aux figures d’autorité. Inventif, efficace, cela fait longtemps que ce film me faisait de l’oeil mais je n’aurais jamais pensé qu’il versait à ce point là dans le jusqu’au boutisme tout en jouant avec les codes du genre (que Russell a parfiatement digéré). Le casting est porté par Kevin Dillon (The Doors) et Shawnee Smith (saga Saw), rempli de rôles secondaires que vous avez sûrement déjà vu quelque part (Jeffrey DeMunn, Candy Clark, Jack Nance,…). Oh et c’est Darabond au scénario (plusieurs passages rappellent d’ailleurs The Mist), ceci expliquant sans doute cela! Un film bien rythmé qui crie son amour et sa nostalgie des films bis des années 50/60, putain ça fait du bien!

https://www.imdb.com/title/tt0094761/?ref_=fn_al_tt_1

Vendredi 13, Chapitre Final: Apparement le meilleur film des la première quadrilogie (avec un second degré modéré donc), ce Chapitre Final condense toujours autant le pire des clichés de l’horreur 80’s pour moi: meurtres répétitifs et express sans montée de tension préalable, personnages incohérents, insupportables, obsédés par le sexe et débiles à souhait (autant dire que celui de Tommy Jarvis -qu’i reviendra dans les deux opus suivants- sort du lot), scénario prévisible comme pas deux,… Quand Carpenter débarrassait son premier Halloween de toute logique humaine pour suggérer que The Shape était une pure incarnation du mal (logique fantastique), toute la saga Vendredi 13 semble s’en servir pour pallier à la maigre qualité de ses synopsis (pourquoi Jason attend d’être dans un caisson mortuaire pour revenir à la vie, nous ne le saurons jamais)… Ridicule et minable à la fois. On voit d’ailleurs bien peu Jason dans cet opus (plus brutal certes mais toujours aussi inintéressant quand on cherche un divertissement horrifique qui essaye de se renouveller un minimum) malgré une introduction pleine de flashbacks des épisodes précédents et un départ sur les chapeaux de roues qui laissaient supposer un slasher honnête. Il n’en est rien. On sauvera juste la mise en scène de Joseph Zito (The Prowler, rappelez vous), la photo de João Fernandes et les décors superbes de Shelton H. Bishop. Je ne vais pas tarder à penser que Vendredi 13 est la saga la plus injustement acclamée du cinéma d’horreur… Et que c’est sans doute à cause de ce genre de films et de la logique financière qui leur permet de voir le jour que les amateurs d’horreur se tapent des réputations merdiques… A noter aussi que Tom Savini est revenu aux maquillages!

https://www.imdb.com/title/tt0087298/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: The House on sorority row (1982), Carnage (1981), Jason le Mort-Vivant (1986)

Et on continue notre sélection slashers « méconnus », devenus finalement un podcast puis un cycle ah ah!

The House on sorority row: Globalement bien rythmé, gore à souhait, Sorority Row fait assurément partie du haut du panier des slashers 80’s, ménageant son suspense (je n’ai pas forcément vu venir le twist final, même si j’y ai pensé en début de film), dans la droite lignée de Black Christmas (comment ne pas y voir un joli clin d’oeil, entre la sororité et le rôle central du grenier?). Sans être à la hauteur de ses notables aînés, le métrage présente un boggeyman original, un scénario ingénieux et une unité de temps/de lieu habile, ce qui est déjà pas mal! Et les actrices, débutantes en majorité, s’en sortent honorablement!

Bonus: une bien belle chronique

https://www.imdb.com/title/tt0085694/?ref_=nv_sr_srsg_0

Carnage / The Burning: Autre slasher culte…finalement pas si mémorable que ça (malgré un bon dosage entre Vendredi 13 et Délivrance), vaut surtout pour son massacre aussi brutal que surprenant en milieu de film (où le boogeyman Cropsy élimine pas moins de cinq ados une main dans le slip) et…allez, son arme de prédilection, une cisaille à gazon (ça m’a pris 10 minutes pour me rappeller le terme exact). Disons même le clairement, malgré une intro façon Maniac, il est même très long à démarrer et frôle le répétitif. Notons aussi la présence de Jason Alexander (Seinfeld), Holly Hunter, Fisher Stevens et Tom Savini, décidemment partout (le bougre vient déjà d’enchaîner Vendredi 13, Maniac et The Prowler), au maquillage. Enfin, rassurez vous, c’est déjà 10 fois meilleur que le premier Vendredi 13, hein ah ah! Le thème principal est signé Rick Wakeman (Yes).

https://www.imdb.com/title/tt0082118/?ref_=nv_sr_srsg_0

Jason le Mort-Vivant (Vendredi 13 Part VI): Considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de la franchise, ce sixième opus voit Jason rescuciter sous la forme d’un mort-vivant (le pépère étant mort dans le quatrième opus) et revenir faire le ménage autour du Crystal Lake de son enfance (qui n’est pas un jour mort noyé dans un lac, voyons?). L’ambiance et l’inventivité sont là. Le second degré est lui aussi omniprésent, ce qui est visiblement une nouveauté dans cette saga. Trop présent puisque cet aspect « fun » nuit pas mal au peu de tension déjà présente dans ce type de films (tant est qu’on puisse s’attacher à des personnages caricaturaux). Alors ça se laisse regarder distraitement, une main dans le bol de cahuètes… Je ne doute pas qu’il y a un public pour ça mais honnêtement ça me passe tellement au dessus que je commence à me demander comment cette franchise a pu traverser aussi aisément les décennies… On essayera tout de même le remake de 2009 prochainement. Comme quoi les à priori se révèlent parfois vrais…

https://www.imdb.com/title/tt0091080/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes/Revisionnage: Maniac Cop (1988), Halloween II (1981), Halloween (2018), Vendredi 13 (1980)

Petite thématique slashers cette seconde semaine de janvier 2021, l’occasion de compléter mes lacunes sur le sujet et de dépoussiérer quelques bobines. Pour l’anecdote, les slashers 80’s correspondent à ma découverte de l’horreur/épouvante au début des années collège. Les franchises Halloween puis Les Griffes de la Nuit (malgré une nette préférence pour cette dernière) sont donc de sacrées madeleines de Proust pour votre hôte, sans que je sois un grand friand de slashers, bien au contraire.

Maniac Cop: Partant d’un postulat prometteur (la figure d’autorité devenant la menace, distillant de fait un climat paranoïaque dans les bas fonds de New York proches d’un Maniac du même réal) mais plombé par un classicisme navrant et un mélange bancal d’action et de slasher au rabais, l’intrigue de ce premier Maniac Cop ne s’étoffe au final que dans sa toute dernière partie (celle qui explique l’histoire de Matt Cordell). Un peu tard, donc, malgré la présence de Bruce Campbell dans les rôles principaux. A noter que Refn et Hyams préparent une série sur l’univers de la trilogie…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=33263.html

Halloween II: Premier slasher vu ado, premier film d’horreur vu en VHS tout court (j’hésitais à vous faire un bonus « souvenirs de vidéo-club » durant ces fêtes, ça n’est que partie remise), étant le genre de tordu aimant bien terminer les franchises par les films originels (Halloween sera une sévère déception, pour le coup), ce second opus m’avait passablement marqué par sa claustrophobie haletante. S’il me restait quelques souvenirs plus de vingt ans en arrière, c’était ceux de Laurie Strode se faisant inlassablement poursuivre par The Shape dans un hôpital glauque… Au final, cela correspond à la toute dernière partie du film, Halloween II prenant son temps (un peu trop par moments, gâchant ainsi la tension de certaines scènes) pour distiller la peur, nous épargnant l’ennuyeux enchaînement de mises à mort au profit de mises en scène plutôt ingénieuses, la première partie relatant le parcours de Myers (plus fourbe dans ce métrage) jusqu’à l’hôpital où est soignée Strode (c’est cet opus que l’on apprend que Myers est son frère). Suite directe de l’original (l’action se passe d’ailleurs la même nuit que les évènements du premier) avec une atmosphère assez similaire (Big John est à la prod et au montage, au désepoir de Rosenthal), il confirme que bien que mal aimé (il est vrai que Lee Curtis n’est pas trop présente à l’écran), cet Halloween II est surtout plein de qualités et sous estimé.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8.html

Halloween: Très intéressé par ce dernier Halloween en date, à l’esprit assez proche de l’original (le remake de Rob Zombie étant efficace mais peu mémorable avec le recul), celui s’avère effectivement une bonne surprise. Visuellement magnifique, bien rythmé, avec moultes clins d’oeil aux deux premiers opus, il prend le parti de faire suite à l’original, avec une Laurie Strode, rescapée vengeresse salement badass (Sarah Connor?) et The Shape, maléfique à souhait. On déplorera juste une fin expédiée un peu à ma va vite. A noter que Gordon Green prépare deux suites prévues pour 2021 et 2022.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238622.html

Vendredi 13: Il se trouve que votre serviteur n’a jamais vu un seul film de la saga Vendredi 13, le côté clichesque de la chose m’en a toujours tenu éloigné. Et…j’aurais dû patienter encore quelques années, voire quelques décennies, tellement j’ai détesté ce que j’ai vu. Enchaînement de morts sans aucune tension (mention spéciale à la daronne Voorhees qui crache sa Valda en moins d’une minute), mauvais acteurs, personnages débiles, final pas crédible, film trop long, bref une accumulation de clichés dignes d’une parodie d’horreur avant l’heure, voilà comment m’est apparu ce Vendredi 13 originel. Le cadre forestier est très mal exploité. Seul le (faux) twist final mérite le coup d’oeil, c’est dire! Ca promet pour le futur cycle « slashers »…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=505.html