Old Horror Week: Halloween 3 (1982), The Slumber Party Massacre (1982) (4/4)

Parce qu’Halloween est fini depuis longtemps, il est grand temps d’achever cette old horror week, les amis!

Halloween 3 (Le Sang du Sorcier): Vous connaissez certainement le contexte, Halloween 3 a constitué une tentative de faire de la saga une anthologie autour de la fête d’Halloween/Samhain, Carpenter refusant de réaliser une suite mais voulant garder une oeil sur son bébé en tant que producteur. Les fans, déçus de ne pas y retrouver Michael Myers et du gore à gogo bouderont le film et on repartira sur des bases plus classiques dès le quatrième opus. Depuis sa sortie, le métrage a heureusement trouvé son lot de défenseurs. Ayant découvert ce métrage tout jeune, j’avoue que pour moi aussi, l’incompréhension fut grande de ne pas apercevoir The Shape de tout le métrage… Il était donc temps de le redécouvrir car son ambiance poisseuse (finalement assez proche de l’univers de Big John) me hantait toujours!

Et j’ai eu du nez: Le Sang du Sorcier se révèle un bon film bis plein de qualités comme on les aime! Réalisé par Tommy Lee Wallace (ami de longue date de Carpenter et habitué du genre horrifique), à mi chemin entre Mondwest, Invasion Los Angeles, Twin Peaks et Soleil Vert (oui, rien que ça), ce troisième opus raconte l’enquête d’un médecin (Tom Atkins, vu dans Fog, New York 1997, Maniac Cop,…) sur un mystérieux assassinat qui le conduira à découvrir dans une petite ville à priori sans histoire une machination de bien plus grande envergure, conspiration dont l’échéance est fixée…le soir même d’Halloween! Bien rythmé, avec une mise en scène correcte, mélangeant habilement les genres (thriller, SF et épouvante…ça ne vous rappelle rien?) et doté de FX parfois proches du body horror (même si forcément datés), ce troisième opus se laisse suivre sans mal pour peu qu’on rentre dans cette histoire ma foi un peu classique en apparence (peut être le vrai point faible de ce film, avec une certaine avarice en scènes chocs et une romance inutile mais tellement récurrente à l’époque) et qu’on abandonne l’idée de voir un slasher. On appréciera aussi le nouveau thème musical (Carpenter himself), les liens plus évidents entre Halloween et ses racines celtes (même si on évite pas les sempiternels clichés merdiques sur le paganisme), la réflexion sur la propagande médiatique et le consumérisme, le sacrifice décomplexé de gamins ou encore une fin…mmh idéale? Une critique et un fatalisme chers à Carpenter, je vous disais! Bref, avec autant de bonnes idées, on ne peut donc que saluer cette tentative (parfois une peu bancale, c’est vrai) de renouveller un peu la saga qui avait déjà fait le tour de sa propre histoire en deux films (rappelons que Myers meurt à la fin du second opus. Même si l’histoire en a décidé autrement!

Pour aller plus loin, une vidéo du Fossoyeur: https://www.youtube.com/watch?v=zibK5Ll10LA

https://www.imdb.com/title/tt0085636/?ref_=nm_knf_i1

Fête Sanglante/The Slumber Party Massacre: Ca faisait longtemps que je n’étais pas tombé sur un film d’horreur où rien n’allait à ce point là. Bon en même temps, avec un titre comme « Massacre à la soirée pyjama », il ne fallait pas en attendre trop non plus! C’est simple TSPM (premier du nom, la saga compte en tout trois « séries », dont celle des Sorority House, les deux Cheerleaders Massacre plus le remake tout frais du premier, ça va vous suivez?), présenté comme une parodie de slasher (produite par Roger Corman) a finalement tout d’un nanar: les personnages sont débiles et insipides, le tueur a le charisme d’une moule avariée (c’est globalement le cas de tout le monde là dedans), on connait son identité dès le départ, la tension est inexistante dans la plupart des scènes de meurtres,… Alors si, la seule originalité tient dans le fait que le tueur massacre à la foreuse. Ca va? Vous allez vous en remettre? C’est bien de vouloir jouer avec les codes du slasher (bon d’accord, le coup du voisin qui explose des escargots à la machette m’a arraché un fou rire nerveux) mais il faudrait au préalable créer un minimum de contexte pour qu’on puisse rentrer dans le film et non pas empiler des scènes à la va-vite, car c’est vraiment l’impression que donne ce film, qui réussit à être plus mauvais que le premier Vendredi 13 (faut le faire!)… TSPM est finalement un énième prétexte pour reluquer des poitrines en toute impunité (en terme de nudité, on est largement servi…quand on sait que ce ne sont que des femmes à la réal des Slumber Party, l’insupportable obsession metoo a de quoi faire rire) et des ados couillons à souhait se faire charcuter à l’arrache par Joe le Balayeur. Et on s’étonnera que l’horreur/épouvante soit un genre méprisé cantonné à un public de niche après ça… On tentera peut être d’autres films de la saga car celui ci n’est visiblement pas le meilleur! En attendant, je vais aller me laver les yeux avec de la javel! Ah oui, la responsable de cette infâmie a écrit Beethoven, pour info…

https://www.imdb.com/title/tt0084695/?ref_=fn_al_tt_1

« Si on donne une perceuse sans fil de 15 kilos à Jean-Mi c’est pas trop foutage de gueule? On s’en fout, le public veut des nichoooons! » (extrait du brainstorming pré-prod)

Bilan donc de cette Old Horror Week 2021: on retiendra évidemment l’excellent Le Blob (véritable surprise) et les sous-estimés Réincarnations et Halloween 3! A la prochaine pour une Old Thriller Week ou un Old Sci-Fi Week! 😉

Découvertes/Revisionnage: Maniac Cop (1988), Halloween II (1981), Halloween (2018), Vendredi 13 (1980)

Petite thématique slashers cette seconde semaine de janvier 2021, l’occasion de compléter mes lacunes sur le sujet et de dépoussiérer quelques bobines. Pour l’anecdote, les slashers 80’s correspondent à ma découverte de l’horreur/épouvante au début des années collège. Les franchises Halloween puis Les Griffes de la Nuit (malgré une nette préférence pour cette dernière) sont donc de sacrées madeleines de Proust pour votre hôte, sans que je sois un grand friand de slashers, bien au contraire.

Maniac Cop: Partant d’un postulat prometteur (la figure d’autorité devenant la menace, distillant de fait un climat paranoïaque dans les bas fonds de New York proches d’un Maniac du même réal) mais plombé par un classicisme navrant et un mélange bancal d’action et de slasher au rabais, l’intrigue de ce premier Maniac Cop ne s’étoffe au final que dans sa toute dernière partie (celle qui explique l’histoire de Matt Cordell). Un peu tard, donc, malgré la présence de Bruce Campbell dans les rôles principaux. A noter que Refn et Hyams préparent une série sur l’univers de la trilogie…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=33263.html

Halloween II: Premier slasher vu ado, premier film d’horreur vu en VHS tout court (j’hésitais à vous faire un bonus « souvenirs de vidéo-club » durant ces fêtes, ça n’est que partie remise), étant le genre de tordu aimant bien terminer les franchises par les films originels (Halloween sera une sévère déception, pour le coup), ce second opus m’avait passablement marqué par sa claustrophobie haletante. S’il me restait quelques souvenirs plus de vingt ans en arrière, c’était ceux de Laurie Strode se faisant inlassablement poursuivre par The Shape dans un hôpital glauque… Au final, cela correspond à la toute dernière partie du film, Halloween II prenant son temps (un peu trop par moments, gâchant ainsi la tension de certaines scènes) pour distiller la peur, nous épargnant l’ennuyeux enchaînement de mises à mort au profit de mises en scène plutôt ingénieuses, la première partie relatant le parcours de Myers (plus fourbe dans ce métrage) jusqu’à l’hôpital où est soignée Strode (c’est cet opus que l’on apprend que Myers est son frère). Suite directe de l’original (l’action se passe d’ailleurs la même nuit que les évènements du premier) avec une atmosphère assez similaire (Big John est à la prod et au montage, au désepoir de Rosenthal), il confirme que bien que mal aimé (il est vrai que Lee Curtis n’est pas trop présente à l’écran), cet Halloween II est surtout plein de qualités et sous estimé.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8.html

Halloween: Très intéressé par ce dernier Halloween en date, à l’esprit assez proche de l’original (le remake de Rob Zombie étant efficace mais peu mémorable avec le recul), celui s’avère effectivement une bonne surprise. Visuellement magnifique, bien rythmé, avec moultes clins d’oeil aux deux premiers opus, il prend le parti de faire suite à l’original, avec une Laurie Strode, rescapée vengeresse salement badass (Sarah Connor?) et The Shape, maléfique à souhait. On déplorera juste une fin expédiée un peu à ma va vite. A noter que Gordon Green prépare deux suites prévues pour 2021 et 2022.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238622.html

Vendredi 13: Il se trouve que votre serviteur n’a jamais vu un seul film de la saga Vendredi 13, le côté clichesque de la chose m’en a toujours tenu éloigné. Et…j’aurais dû patienter encore quelques années, voire quelques décennies, tellement j’ai détesté ce que j’ai vu. Enchaînement de morts sans aucune tension (mention spéciale à la daronne Voorhees qui crache sa Valda en moins d’une minute), mauvais acteurs, personnages débiles, final pas crédible, film trop long, bref une accumulation de clichés dignes d’une parodie d’horreur avant l’heure, voilà comment m’est apparu ce Vendredi 13 originel. Le cadre forestier est très mal exploité. Seul le (faux) twist final mérite le coup d’oeil, c’est dire! Ca promet pour le futur cycle « slashers »…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=505.html