Découvertes spécial nanars: Deathstalker (1983), Steel Frontier (1995), GetEven (1993), Terror Tape (1985)

Petit article spécial nanars pour ce début de WE! En remerciant évidemment La Grotte Chaude et Video_3000 qui nous régalent régulièrement de métrages approxilatifs sur Twitch! (liens dans l’article précédent)

Deathstalker: Attention, conanxploitation assez décérébrée pour qu’elle soit un minimum jouissive! On retiendra de ce premier Deathstalker (la franchise comporte quatre films) une ambiance et des décors assez réussis et une fin assez surprenante au vu du synopsis relativement convenu! Pour le reste, on reste dans du pur film de barbares; personnages très sexués (même si on était en droit d’attendre plus de scènes dénudées d’un tel métrage, qui se positionnait clairement sur ce segment là), magie, méchants stéréotypés, bastons sanglantes, etc. Le second degré est bien présent également, ce qui aide bien! Le pire revenant sans doute à un montage assez bordélique en début de film et un grand méchant assez anecdotique! Mais sinon ça se regarde sans mal! A noter que la prod est signée Roger Corman (sans déconner!), le scénario Howard R. Cohen (habitué de l’exploit européenne) et les FX John Carl Buechler! Si avec ça je ne vous vends pas ce premier opus…

https://www.imdb.com/title/tt0087127/?ref_=nv_sr_srsg_1

Steel Frontier: Joe Lara vient de nous quitter. Vous ne savez pas qui c’était jusqu’à ajourd’hui? A vrai dire, moi non plus! Mais La Grotte Chaude a programmé Steel Frontier en son honneur, alors… Sorte de Mad Max du pauvre, avec Joe Lara donc…en sosie de Lorenzo Lamas (qu’on appellera donc Lorenzo Ramasse pour l’occasion) qui est peut être le seul acteur qui s’en tire pas si mal de ce casting de l’angoisse (comportant pourtant Brion James, Bo Svenson et Kane Hodder pour n’en citer que quelques uns), avec une mise en scène chaotique, où ça cabotine à mort, où la tension est inexistante (il faut dire que 98% des personnages ont un charisme de moule déshydratée), etc, etc. Un métrage où globalement…rien ne va, doublage et BO comprises, sans pour autant rendre ce nanar plus supportable ou mémorable qu’un autre d’une manière ou d’une autre. L’exemple type du mauvais nanar! Steel Frontier c’est un peu comme faire mourir Joe Lara une seconde fois, finalement!

https://www.imdb.com/title/tt0114537/?ref_=tt_urv

GetEven/Road to revenge: Vous connaissez la réputation et l’histoire improbable de The Room? Hé bien GetEven, c’est plus ou moins la même chose…mais avec John De Hart! Producteur, réalisateur, scénariste et rôle principal, l’intérêt du film réside en grande partie dans son jeu d’acteur…jamais à l’aise ni charismatique, qu’importe les circonstances: l’action, le sexe (même si Pamela Jean Bryant a de quoi perturber), le chant,… Le film est bien rythmé malgré un scénario baclé et un montage catastrophique et je dois dire que le fun qui se dégage de ce joyeux foutoir rend la chose presque agréable!

https://www.imdb.com/title/tt0169183/?ref_=nv_sr_srsg_0

Une vraie gueule de méchant qui fait flipper…ou pas!

Terror Tape: Vous aimez les stock-shots honteux (des images à la musique, pauvre Fabio Frizzi)? Vous aimez les nanars tellement mal branlés qu’on se demande comment on a pu financer ça sans sourciller? Alors vous allez aimer Terror Tape…dont tout l’intérêt consiste à un montage aléatoire et à la truelle de…scènes d’obscurs films d’exploit (entre autres du Lenzi, du Clark, du H.G. Lewis) entrecoupées de sketches nazes façon Vidéo Gag! Le pire étant que le rythme est tellement effrené que ça se regarde sans mal pour peu que vous soyez curieux!

Liste des films présents (merci à Horreur.net): Nightmare, Eerie Midnight Horror Show, Frozen Scream, Cathy’s Curse, Return of the Alien’s Deadly Spawn, Ruby, Night Creature, Suicide Cult, Scalps, Slayer, 2000 Maniacs, Blood Feast, Color Me Red, To the Devil… a Daughter, Kidnapping of the President, Vampire Hookers, Alien Prey, City of the Walking Dead, Bloodtide, Madhouse Mansion

https://www.imdb.com/title/tt0128736/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Les Diables (1971), Kalidor (1985), Ant Head (2018)

Les Diables: Film culte (adapté d’un récit historique réel d’Aldous Huxley) qui s’avère être une énorme farce au vu du jeu d’acteurs, scénario, montage et BO tellement à la ramasse qu’ils semblent pondus sous acide, façon Jodorowsky ou Gilliam mais sans leur génie (c’est dire si on est dans le grotesque). Alors oui, on saisit bien le propos à charge contre le fanatisme religieux et les abus de pouvoir en général mais honnêtement, c’était pas possible de proposer quelque chose de plus fin, de proposer une critique sans enfiler tous les clichés au point de décrédibiliser totalement les personnages? Le métrage a au moins eu le mérite de m’arracher des rires nerveux devant le n’importe quoi ambiant… J’imagine que c’est déjà énorme! A regarder sans le son éventuellement donc, uniquement pour les costumes/décors et parce que ça fait historiquement partie des débuts de la nunsploitation!

https://www.imdb.com/title/tt0066993/?ref_=nv_sr_srsg_0

Kalidor: La Légende du talisman/Red Sonja: Etant particulièrement fan de l’univers de R. E. Howard et déplorant le manque de films fantasy (tu le sens venir le cycle rempli ras la gueule de Deathstalker et autres Les Barbarians des enfers?), il était temps de visionner ce troisième opus de l’univers du Barbare. Le plus gros souci de Kalidor (ou Red Sonja dans version d’origine) est qu’il reste un film grand public, loin de l’univers cruel et épique de Conan. On ne ressent pas vraiment la prise de risques des personnages et le côté comique nuit à son équilibre. C’est dommage pour l’avant-dernière réalisation de Richard Fleischer, les décors, la BO (Ennio Moriconne) et le synopsis sont pourtant corrects (on ne peut pas en dire autant du seul monstre du film) mais le film ne décolle réellement jamais. Les acteurs s’en tirent honorablement (bon ok, faut supporter les gosses), Brigitte Nielsen en tête, dans un rôle de femme forte étonnant. On notera également la présence de Sandahl Bergman, qui jouait Valeria dans Conan, cette fois ci dans le rôle de la Reine Gedren. Ca se laisse regarder disons!

https://www.imdb.com/title/tt0089893/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ant Head: Court métrage de Lynch, sorte de délire expérimental à la Eraserhead qui aurait mérité d’être réduit de moitié, même si c’est toujours sympa de voir que le Monsieur n’a rien perdu de ses velleités malsaines de l’époque! Un métrage qui, comme tout bon cinoche expérimental qui se respecte, est laissé aux interprétations de chacun!

https://www.imdb.com/title/tt9287342/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Peeping Tom (1960), Mandibules (2020), Bloody Bird (1987), Carnival of Souls (1962), The Nest (2013)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera chez Antonioni, De Palma ou Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (superbe Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout d’un long, jusqu’au magnifique climax final. Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur. Profondément injuste.

https://www.imdb.com/title/tt0054167/?ref_=fn_al_tt_1

Mandibules: Première séance de 2021 pour votre hôte et l’occasion de voir si Dupieux persévère dans la « normalisation » de son univers, entamée avec Au Poste! et Le Daim (qui sont tout à fait corrects). Hé bien c’est le cas, Mandibules est un film à l’esthétique lèchée (tourné dans le Var, de souvenir), parsemé de quelques fulgurances absurdes mais qui reste bien trop sage pour les amateurs de ses anciens films (dont je suis). Les acteurs s’en sortent bien (il faut dire que Grégoire Ludig et David Marsais sont dans leur élément) mais au vu de certains potentiels (je pense à Bruno Lochet par exemple) et du pitch de départ, il y avait certainement matière à donner une autre ampleur à ce film. Pour être plus précis, on a parfois plus l’impression de regarder un métrage du Palmashow qui traîne en longueur qu’un film de Dupieux. Après, on ne va pas se mentir: retrouver le chemin des salles obscures après plus de six mois est un plaisir, alors on ne va pas trop en tenir rigueur à Dupieux mais on attend de pied ferme Incroyable mais vrai, son prochain métrage prévu pour la fin de l’année, avec Alain Chabat et Léa Drucker.

https://www.imdb.com/title/tt10375106/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bloody Bird/Stage Fright: Soavi ayant signé l’excellent Dellamorte Dellamore (chronique à venir d’ailleurs), j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de découvrir ce slasher/giallo de la fin des 80’s. Grand mal m’en a pris parce qu’à part une succession de clichés tellement grotesque que j’ai dû arrêter le visionnage pour vérifier si ce n’était pas une parodie assumée, c’est vraiment l’impression de gâchis qui surnage. Pourtant vu le sujet et l’apparence du tueur, il y avait un certain potentiel… On sauvera juste la BO de Simon Boswell (Phenomena, Demons 2, Santa Sangre et j’en passe). En espérant que Sanctuaire et La Secte ne soient pas du même acabit!

https://www.imdb.com/title/tt0092576/?ref_=fn_al_tt_1

Tu as peur? Hein, dis le que tu as peur! Regarde comme je saute haut!

Carnival of Souls/Le Carnaval des Âmes: Mon premier rapport avec Carnival était un vieux doccumentaire sur le cinéma de genre diffusé sur Arte pour Halloween (on devait être dans les années 1990) suivi du film de Herk Harvey (qui joue le « revenant » principal dans ce film) où certaines images sont restées gravées en mémoire (dont certains passages de Phantasm et je ne sais quel opus d’Hellraiser). Mais trop jeune pour ce genre de film tout en ambiances, je n’ai jamais réussi à passer le cap. Jusqu’à aujourd’hui! Et ma foi, c’est plutôt une bonne surprise, à classer dans les films à petit budget, bien rythmé, qui propose de vrais moments de bravoure, à l’instar de Messiah Of Evil (qu’il serait grand temps que je retente). Unique rescapée d’un accident de la route, la protagoniste (incarnée par Candace Hilligoss, qui porte totalement le film sur ses épaules) se met à avoir des visions impliquant un homme à l’aspect livide et un grand bâtiment abandonné, près d’un lac. Le noir & blanc est superbe, certains plans très inspirés et le propos est assez avant gardiste (rôle de femme forte, flou entre réalité et visions, malédiction dont on ne peut se défaire, motifs récurrents,…). Même si le final est prévisible aujourd’hui, le traitement des « revenants », à la lisière entre spectres et zombies modernes (qui, comme dit dans le dernier PIFFFcast, sont plus proches des goules qu’autre chose) est original et donne du sens au scénario. En le regardant, on pense tour à tour à Shining, Eraserhead, La Nuit des morts vivants. Hélas ni Hilligoss ni Harvey (dont c’est le seul long métrage) ne feront une grande carrière par la suite, le film faisant un bide lors de sa sortie, comme beaucoup de films au statut passé culte avec le temps. Un film qui sait proposer de vrais instants de poésie sans jamais cesser d’être inquiétant (on fleurte d’ailleurs avec le thriller psychologique), quoi qu’il en soit!

Pour aller plus loin (eng)!

https://www.imdb.com/title/tt0055830/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Nest: Court métrage (en plan séquence) représentatif de l’évolution du réalisateur, The Nest présente un body horror suggéré, verbeux, là où les anciens Cronenberg montraient l’horreur frontalement (sans pour autant négliger leur portée symbolique et leurs réflexions sur les sociétés humaines). L’intérêt de The Nest résidant aussi dans la potentielle inversion des rapports de force entre les deux personnages. Alors oui, ça marche sur une courte durée mais ça donne aussi des trucs très moches, comme Cosmopolis!

https://www.imdb.com/title/tt3831484/?ref_=fn_tt_tt_12

Découvertes: Virus Cannibale (1980), Les Nuits de Dracula (1970), Chromosome 3 (1979)

Bonjour, nous interrompons temporairement cette longue liste de relais de podcasts produits en quantité industrielle pour vous signalez qu’au delà d’être un podcast qui se perd dans 10 000 formats, Genre ! est avant tout un blog de critiques de de films (bis ou pas) vus…entre deux podcasts, justement! :p

Virus Cannibale: On entre (enfin) dans le territoire du Z avéré avec ce film emblématique de Bruno « Vincent Dawn » Mattei (que beaucoup connaissent sans doute grâce à Nanarland mais qui reste surtout un incontournable du cinéma d’exploitation européen, à côté des Franco, D’Amato, Rollin, Fulci et autres Lenzi), sorte de patchwork de film d’action, d’exploitation cannibale et d’énième variation de films de zombies, soit tout ce qui faisait vendre à l’époque. Ce film donne salement l’impression de ne pas savoir où il va et même si l’ambiance moite typique des deux derniers sous genres « à l’italienne » est bien présent, le côté « au rabais » des maquillages, des costumes, du script (un summum d’incohérence), des acteurs (même les gosses réussissent à jouer mal) et même de la mise en scène (même si c’est bien elle qui s’en sort le mieux en définitive, il faut dire que Mattei a une longue carrière de monteur derrière lui) rend le tout vraiment indigeste pour aller jusqu’au bout, même pour un amateur d’exploitation européenne! Effet évidemment amplifié par les emprunts à gauche à droite (des morceaux des Goblins aux stock shots pas du tout raccords avec le lieu de l’action). Personnellement, j’ai toujours distingué les bons nanars (involontaires le plus souvent) et les mauvais. Et je déteste la sensation de perdre mon temps devant un film, même si le nawak est présent. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je range ce métrage… On tentera quand même Les Rats de Manhattan ou un ptit Shocking Dark des familles à l’avenir (vu la filmo foisonnante du Monsieur, on a l’embarras du choix) mais j’ai comme un doute, quand on sait à quel point certains ont pondu des chefs d’oeuvres bis avec un peu de bonne volonté…

Bonus: Mattei, on préfère quand c’est David Didelot qui en parle (Vidéotopsie)!

https://www.imdb.com/title/tt0082559/?ref_=nv_sr_srsg_0

On est vraiment sur de l’actor studio, Monique!

Les Nuits de Dracula/Nachts, wenn Dracula erwacht: Comme dit dans le dernier podcast, il était quand même temps d’entamer la découverte de la filmo de Jess Franco (173 films qui s’étendent de 1959 à 2013, quand même, respect!), en tant qu’amateur d’exploit européenne qui se respecte! Et bien…à part être un des rares films de vampires à respecter le récit originel de Bram Stoker (Londres étant tout de même remplacé par Budapest), ce métrage est décidement trop mal rythmé et dénué de tension (j’omets volontairement le jeu d’acteurs et les animaux en toc vu que c’est le jeu avec l’exploit’). La présence d’un Christopher Lee moustachu rajeunissant à vue d’oeil et d’un inquiétant Klaus Kinski mutique (apparaissant ici contre son gré) n’y feront rien, ce qui est dommage, car son style épuré, baroque et certains plans extérieurs n’étaient pas si inintéressants! L’érotisme est peu présent, ce qui est quand même un comble pour un film de Franco! On retentera tout de même avec Succubus ou L’Horrible Dr Orloff! Signalons que 1970 correspond à l’année de disparition de sa muse Soledad Miranda (qui joue ici le rôle de Lucy Westenra), le début du lent déclin qualitatif de son cinéma mais également qu’on retrouve un certain Bruno Mattei au montage!

https://www.imdb.com/title/tt0065569/?ref_=fn_al_tt_1

Chromosome 3/The Brood: Rare vieux classique du canadien que je n’avais pas encore vu (enfin, plus exactement retenté), The Brood s’avère un excellent Cronenberg, drame horrifique teinté d’un fond social très intéressant quasi cathartique (le réalisateur venait alors de divorcer de sa première épouse, membre d’une secte refusant la psychiatrie et se voit contrait de lui arracher leur fille) et continue la piste de sa fascination pour l’horreur corporelle déjà bien entamé avec Rage deux ans avant. L’ambiance glauque caractéristique des premiers Cronenberg est bien présente malgré le budget (1,5 millions), certains plans font déjà mouche et le fond ouvre déjà à beaucoup d’interprétations: le « créateur » dépassé par les pouvoirs de sa « créature », les familles séparées se livrant des guerres ouvertes via l’infuence/le discours qu’ils infligent à leurs enfants, les liens entre psyché et corps, la mémoire génétique, etc. Seules véritables ombres au tableau: certains seconds rôles assez moyens (Cindy Hinds en tête) et un script un peu répétitif à la longue. le début d’une belle période faste pour Cronenberg, qui nous régalera pendant presque vingt ans jusqu’à ce Existenz en demie teinte… Commencera alors une seconde période pour le réalisateur, plus verbeuse et analytique mais hélas assurément moins passionnante!

https://www.imdb.com/title/tt0078908/?ref_=nv_sr_srsg_0

Puisqu’on parlait de slashers il y a peu, signalons tout de même la série de vidéos de Close Up sur le sujet ainsi que l’anthologie dispo chez les amis de Mad Movies!

Découvertes: Horribilis (2006), Hidden (1987)

Une petite soirée « possession » ce soir pour changer? Allez, viens, il y a aura des cahuètes!

Horribilis: Enième variation sur le body horror et la « possession » extraterrestre, à mi chemin entre Society, From Beyond (chef d’oeuvre de Stuart Gordon que je vous recommande vivement) et Frissons, avec une distribution pas dégueu d’acteurs habituellement cantonnés aux rôles secondaires (Nathan Fillion, Elizabeth Banks, Michael Rooker, Gregg Henry, Jenna Fischer et j’en passe), Horribilis ne s’en tire pas si mal en proposant un honnête film bis bien rythmé, inventif, aux effets spéciaux réussis, au second degré qui se joue des clichés du genre et aux clins d’oeil appréciables (The Toxic Avenger, Les Griffes de la Nuit,…). Il faut dire que James Gunn (dont c’est la première réal) est un enfant de la Troma (il a commencé dans Tromeo & Juliet) et a signé (entre autres) le scénario d’un des rares remakes d’horreur valables (en l’occurrence, Dawn of the Dead) …et ça, c’est un gage de qualité pour votre hôte!

https://www.imdb.com/title/tt0439815/?ref_=fn_al_tt_1

Hidden: Hidden, justement, c’est un peu tout le contraire: le film n’est pas spécialement novateur (une poursuite interminable entre deux policiers et une entité extraterrestre qui prend possession d’hôtes humains) et fait bailler très vite. On sent bien que le prétexte SF est là pour combler un manque d’inventivité du scénario, c’est cousu de fil blanc, ça cabotine à mort (perso, j’ai toujours trouvé Kyle MacLachlan insupportable en dehors de Twin Peaks), bref, à oublier très vite! On préférera de loin Invasion Los Angeles, sorti un an après, même s’il est foutraque!

https://www.imdb.com/title/tt0093185/?ref_=fn_al_tt_3

Découvertes: Alexandre le bienheureux (1968), Les Ripoux (1984)

Alexandre le Bienheureux: Un véritable bol d’air frais que cette comédie légère (dont le synopsis tient sur un timbre poste), véritable hymne à l’hédonisme, à la liberté et à la nature (campagnes qui, soyons clair, n’ont hélas plus rien à voir avec celles du film)! Voilà qui fait du bien en ces temps sinistres! La photographie de René Mathelin (Le Grand Blond, Le Magnifique et j’en passe) est superbe, tout comme la musique de Vladimir Cosma. Philippe Noiret (dont c’est finalement le premier vrai rôle) crève évidemment l’écran, secondé par une vrai gallerie de personnages secondaires (Françoise Brion, Marlène Jobert, Jean Carmet, Paul Le Person, Tsilla Chelton,…). On notera aussi la présence de Pierre Richard qui débutait alors! Vive Yves Robert, vive Kaly le chien!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2511.html

Les Ripoux: Avis mitigé sur celui ci… Bien sûr les répliques cinglantes sont légion, c’est toujours un plaisir de retrouver Noiret, Lhermitte et les autres (Régine, Grace de Capitani, Julien Guiomar,…) mais le tandem de personnages que tout oppose au départ et l’univers finalement bien gentillet dans lequel ils évoluent (ici en totale contradiction avec l’enfer bétonné parisien et le système répressif déjà vacillant qu’il met en lumière) sont tellement devenus des clichés et des ressorts poussiéreux de la comédie française depuis le légendaire duo De Funès/Bourvil que pffff…pourquoi celui ci sortirait du lot, en fait? Reste une sympathique comédie, évidemment!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32758.html

Découvertes cultes: Alice, Sweet Alice (1976), Sleepaway Camp (1983)

Alice, Sweet Alice/Communion sanglante: Lorgnant au final plus vers le drame horrifique que le simple film d’horreur aux ingrédients slashers avant l’heure (masque et tenue distinctive, vue subjective), Alice explore les thématiques des traumas familiaux sur fond religieux (et du jusqu’au boutisme parental), à l’instar d’un Carrie (l’ambiance y est d’ailleurs très « De Palmesque » et Polanski n’est pas très loin), où le spectateur se prendra d’empathie pour le personnage principal. Le film souffre cependant d’un rythme aléatoire et le twist (pourtant bien trouvé) intervient beaucoup trop tôt dans le scénario. Dommage, Paula E. Sheppard (Alice), Alphonso DeNoble (Mr Alphonso, déjà vu dans Bloodsucking Freaks) et Mildred Clinton (Mme Tredoni, vu auparavant dans Serpico) s’en sortaient pourtant très bien. Original dans tous les cas!

https://www.imdb.com/title/tt0076150/?ref_=fn_al_tt_1

Sleepaway Camp/Massacre au camp d’été: Slasher à priori banal et classique (bien qu’il lorgne salement du côté du whodunit et du giallo) surfant sur la mode de la saga Vendredi 13, mais qui une fois lancé se révèle une petite pépite d’originalité (meurtres eux même, hors champs, très peu de sexualisation des personnages féminins), traitant de thèmes graves et matures à commencer par la pédocriminalité, le harcèlement et ses conséquences. Quand à la fin, elle figure parmi les meilleurs twists des slashers… Dommage que le jeu d’acteurs soit globalement assez décevant. A noter que l’excellente Felissa Rose (Angela) et Jonathan Tiersten (Ricky) reviendront incarner leurs personnages dans le quatrième et cinquième épisode de la saga. Et que les effets spéciaux sont signés Ed French (Amityville II, CHUD, Creepshow 2, Terminator 2, et j’en passe).

https://www.imdb.com/title/tt0086320/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: The Funhouse (1981), My Bloody Valentine (1981)

My Bloody Valentine: Slasher assez lambda (faute à des personnages ridicules…boogeyman compris, un jeu d’acteurs médiocre, une tension absente, la VF étant par ailleurs totalement aux fraises). Une intro malsaine à souhait vous avait vendu du rêve? C’est loupé! Seul l’univers minier reste original mais est au final bien mal exploité. Le gore jouissif vous permettra peut être de garder un oeil ouvert, qui sait… A noter que le montage original a été largement charcuté par la censure…

https://www.imdb.com/title/tt0082782/?ref_=fn_al_tt_2

The Funhouse/Massacres dans le train fantôme: Autre slasher sans grand intérêt, The Funhouse, quatrième film de Tobe Hooper, est un film tous public (plutôt qu’un véritable slasher) qui au début semble prendre son temps pour installer une ambiance, bénéficiant déjà d’un univers à fort potentiel (la fête foraine) pour en faire… bah rien, absolument rien. C’est mou, sans réel rebondissement, cousu de fil blanc, les personnages sont sans grand intérêt (à quoi sert le petit frère? on ne le saura jamais! pourquoi l’héroïne hurle sans raison? no sé, señor!), on a bien un clin d’oeil à Halloween et Psychose pour la forme mais, vraiment, il n’y a rien à sauver là dedans! Pas même la dose d’ironie que le réal trouve bon de rajouter à son insupportable métrage! La torture gratuite durera jusqu’au climax final, interminable et ridicule! Il faut dire que la final girl et le boogeyman sont déjà particulièrement empafés tous les deux, donc… Je m’étais déjà sacrément emmerdé devant Body Bags et Poltergeist (au point de couper les deux avant la fin) mais là c’est définitif, Hooper est vraiment l’exemple typique du réalisateur surcôté!

https://www.imdb.com/title/tt0082427/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: The Prowler (1981), Evil Dead Trap (1988)

The Prowler: Le potentiel était là, hélas au lieu de partir totalement à contrepied des clichés du slasher, ce troisième film de Joseph Zito (à qui l’on doit déjà Abduction et Bloodrage et qui signera le volet final de la première quadrilogie des Vendredi 13) s’arrête en chemin… La faute à des personnages pas vraiment charismatiques et une tension très aléatoire. On retiendra donc surtout la mise en scène, un rythme lancinant plutôt efficace, quelques écarts sympa avec le genre (le film aurait pu tout aussi bien se passer totalement dans les années 1950) et un tueur ma foi assez original, aux intentions plutôt troubles (la logique dans ce film se rapprochant d’un onirisme à la Fulci, les musiques de Richard Einhorn, habitué du genre, soulignant la chose). A noter que l’on doit les effets gore à ce bon vieux Tom Savini!

https://www.imdb.com/title/tt0082951/

Evil Dead Trap: Slasher culte ne reniant pas ses spécificités japonaises (tendance à l’expérimentation, éléments démoniaco-fantastiques et clins d’oeil snuffs à la Satoru Hogura / Hideshi Hino) mais aux références un peu trop visibles (Evil Dead, Videodrome, la BO de Tomohiko Kura comme clin d’oeil évident aux gialli d’Argento et Fulci magnifiés par les Goblins et Fabio Frizzi), et souffrant d’une durée un poil abusive, Evil Dead Trap a forcément influencé les délires gores/sadiques d’un Takashi Miike et le torture porn. Et rien que pour tout ça, sa fin bisseuse à souhait et sa mise en scène soignée dans des décors abandonnés cauchemardesques, ce film de Toshiharu Ikeda (scénario de Takashi Ishii, bien connu des amateurs de gekiga/pinku eiga) mérite le coup d’oeil!

https://www.imdb.com/title/tt0167147/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: The House on sorority row (1982), Carnage (1981), Jason le Mort-Vivant (1986)

Et on continue notre sélection slashers « méconnus », devenus finalement un podcast puis un cycle ah ah!

The House on sorority row: Globalement bien rythmé, gore à souhait, Sorority Row fait assurément partie du haut du panier des slashers 80’s, ménageant son suspense (je n’ai pas forcément vu venir le twist final, même si j’y ai pensé en début de film), dans la droite lignée de Black Christmas (comment ne pas y voir un joli clin d’oeil, entre la sororité et le rôle central du grenier?). Sans être à la hauteur de ses notables aînés, le métrage présente un boggeyman original, un scénario ingénieux et une unité de temps/de lieu habile, ce qui est déjà pas mal! Et les actrices, débutantes en majorité, s’en sortent honorablement!

Bonus: une bien belle chronique

https://www.imdb.com/title/tt0085694/?ref_=nv_sr_srsg_0

Carnage / The Burning: Autre slasher culte…finalement pas si mémorable que ça (malgré un bon dosage entre Vendredi 13 et Délivrance), vaut surtout pour son massacre aussi brutal que surprenant en milieu de film (où le boogeyman Cropsy élimine pas moins de cinq ados une main dans le slip) et…allez, son arme de prédilection, une cisaille à gazon (ça m’a pris 10 minutes pour me rappeller le terme exact). Disons même le clairement, malgré une intro façon Maniac, il est même très long à démarrer et frôle le répétitif. Notons aussi la présence de Jason Alexander (Seinfeld), Holly Hunter, Fisher Stevens et Tom Savini, décidemment partout (le bougre vient déjà d’enchaîner Vendredi 13, Maniac et The Prowler), au maquillage. Enfin, rassurez vous, c’est déjà 10 fois meilleur que le premier Vendredi 13, hein ah ah! Le thème principal est signé Rick Wakeman (Yes).

https://www.imdb.com/title/tt0082118/?ref_=nv_sr_srsg_0

Jason le Mort-Vivant (Vendredi 13 Part VI): Considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de la franchise, ce sixième opus voit Jason rescuciter sous la forme d’un mort-vivant (le pépère étant mort dans le quatrième opus) et revenir faire le ménage autour du Crystal Lake de son enfance (qui n’est pas un jour mort noyé dans un lac, voyons?). L’ambiance et l’inventivité sont là. Le second degré est lui aussi omniprésent, ce qui est visiblement une nouveauté dans cette saga. Trop présent puisque cet aspect « fun » nuit pas mal au peu de tension déjà présente dans ce type de films (tant est qu’on puisse s’attacher à des personnages caricaturaux). Alors ça se laisse regarder distraitement, une main dans le bol de cahuètes… Je ne doute pas qu’il y a un public pour ça mais honnêtement ça me passe tellement au dessus que je commence à me demander comment cette franchise a pu traverser aussi aisément les décennies… On essayera tout de même le remake de 2009 prochainement. Comme quoi les à priori se révèlent parfois vrais…

https://www.imdb.com/title/tt0091080/?ref_=nv_sr_srsg_0