Découvertes express: Manhunter (1986), Les Vierges de Satan (1968)

Manhunter/Le Sixième Sens: Première adaptation de Dragon Rouge de Thomas Harris, ce troisième film de Michael Mann ne démérite pas à côté du mythique Le Silence des Agneaux, grâce à un casting (William Petersen, Tom Noonan, Brian Cox), une mise en scène, des lumières et une BO aux petits oignons (le final sur In a gadda da vida, putain!). Subtile (le manichéisme n’est pas vraiment la tasse de thé de Mann et c’est tant mieux) et poisseuse à souhait, cette enquête opposant un profiler jusqu’au boutiste et une paire de serial killers machiavéliques (Cox campera un Hannibal Lecktor qu’on verra finalement peu mais qui marquera par son détachement quasi inhumain) vous tiendra en haleine tout au long de ses deux heures! Moins dans la surenchère visuelle que la trilogie qui suivra (Le Silence, Hannibal, Dragon Rouge) certes, mais au moins tout aussi fascinant!

https://www.imdb.com/title/tt0091474/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin: une des dernières émissions de 35mm de podcast consacré à Michael Mann

Les Vierges de Satan/The Devil Rides Out: Film pourtant assez bien côté de la Hammer, The Devil Rides Out se révèle finalement très verbeux et ennuyeux à souhait, aspects que même Christopher Lee (cette fois ci dans le rôle du protagoniste expérimenté) et Charles Gray ne réussiront pas à sauver. Sérieusement kitsch, présentant peu d’éléments fantastiques (ce qui n’est pas un mal quand on traîte d’un sujet aussi casse gueule que les sectes satanistes mais tout de même), le format film à suspense ne prend clairement pas au point que j’ai coupé avant la fin! Quand on sait que Matheson est au scénario et Fisher à la réal, la déception est grande!

https://www.imdb.com/title/tt0062885/?ref_=nv_sr_srsg_0

Vous reprendrez bien un peu de sévices? (Saga Hellraiser 1-5)

Et si on se faisait un bout de saga culte (et…désastreuse, comme toutes les franchises horrifiques) pour fêter le retour des parutions sur ce blog, mmh?

Revisionnages:

Hellraiser, Le Pacte (1987): Vous connaissez sans doute l’histoire, inutile de revenir dessus: dans les 80’s, Clive Barker obtient l’opportunité de réaliser l’adaptation d’une de ses propres nouvelles: The Hellbound Heart, publiée un an plus tôt. Il faut dire aussi que Stephen King lui même avait l’écrivain anglais à la bonne! Et putain, c’est clairement une réussite sur tous les plans: visuel, inventivité, mise en scène…et même en terme de scénario. Ce qui marque lors du premier visionnage, c’est évidemment une vision totalement novatrice et moderne dans sa façon d’aborder l’horreur au cinéma, comment l’Enfer lui même peut s’immiscer dans notre quotidien. Abordant avec brio le duo si casse-gueule sexe/horreur, le métrage réussit le pari de rendre l’univers sado-masochiste et morbide des Cénobites si fascinant. Evidemment les effets spéciaux de Bob Keen y sont pour beaucoup mais pour une première réalisation, Barker s’en sort honorablement et propose un métrage qui va même plus loin que ses thématiques principales. Doug Bradley y campe un Pinhead glaçant, rôle qu’il reprendra dans les sept prochains films de la saga (où son personnage deviendra un prétexte à des suites de plus en plus improbables). Après ce revisionnage, il est clair que le métrage a bien vieilli, reste toujours aussi corrosif, malsain et dérangeant. Non dénué d’humour, il nous propose un quasi huis clos qui prend le temps de développer ses personnages, notamment féminins (mention spéciale à Clare Higgins qui se démarque clairement du lot), ce qui lui permet de gommer sans mal ses quelques incohérences. Un classique incontournable auquel on a déjà consacré un podcast, rappelez vous!

On rappelle aussi que le grand Alt236 y a consacré une vidéo entière!

https://www.imdb.com/title/tt0093177/?ref_=nv_sr_srsg_0

Hellraiser 2 , Hellbound (1988): Suite direct du premier film, dans lequel on retrouve avec joie Ashley « Kirsty » Laurence, Clare « Julia » Higgins, Sean » Frank » Chapman (dans un rôle mineur) et bien sûr Doug « Pinhead » Bradley, Hellbound est surtout connue pour être l’opus le plus acceptable de la floppée…de navets que va générer le succès du Pacte… « Les Ecorchés » a en effet le mérite de nous proposer une vision originale et réussie du monde des Cénobites (très inspirée des travaux de M.C. Escher)…ainsi que de leur dieu Léviathan! L’action dans un hôpital psychiatrique où personne ne prend Kirsty au sérieux fera immédiatement penser à Dream Warriors, le troisième opus des Griffes de la Nuit (et accessoirement l’un des plus solides), la transformation de Channard suinte les influences body horror de Cronenberg! Un métrage dans la continuité pure du premier, qui vient étoffer la mythologie cauchemardo-religieuse de la saga donc mais qui essaye aussi par moments de prendre une direction différente. Mais…et c’est là où le bât blesse, une suite assez décevante après revisionnage, au vu de sa conclusion expédiée, de sa structure narrative plus classique (et assez incohérente par moments) qui sent pas mal la repompe paresseuse à divers égards (le « retour » de Julia, les différents flashbacks lourdingues,…)! Pour preuve, je n’avais quasi aucun souvenir de ce film et il est certain que le niveau de kitsch est bien plus présent que chez son aîné… Vous êtes avertis!

https://www.imdb.com/title/tt0095294/?ref_=nv_sr_srsg_5

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Découvertes

Hellraiser 3, Hell on Earth (1992): Troisième opus et….c’est déjà le début de la fin. On a à faire ici à un métrage d’horreur tombant dans tous les travers des 80/90’s: personnages clichés et mal joués (autant dire inintéressants), cénobites plus ridicules que malsains, Pinhead trouve le moyen de parvenir dans notre monde et se prend pour Freddy Krueger (parce que…pourquoi pas?)…faisant du même coup basculer le métrage dans le slasher de bas étage,… On sauvera bien volontiers l’aspect inventif et décomplexé, une certaine continuité avec le deuxième film, la volonté de donner un background à Pinhead mais c’est hélas bien peu pour pouvoir vous recommander ce film, qui semble totalement abandonné au bon vouloir des producteurs, détruisant du même coup toute la subtilité de l’univers (pas vraiment manichéen) créé par Barker…

https://www.imdb.com/title/tt0104409/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 4, Bloodline (1996): On continue sans perdre de temps avec cette suite construite sur trois échelles de temps différentes…mais qui n’aura finalement d’intérêt que pour sa première partie (les origines du premier cube créé au XVIIIe siècle) et le personnage d’Angélique (Valentina Vargas). Autrement ça reste un joli foutoir (voire un plagiat pour la partie dans l’espace, coucou Terminator, Alien, Event Horizon, Jason X,…) assez ennuyant à regarder. Vu le contexte de réalisation du film, c’était prévisible mais bon… Notez que c’est le dernier opus a être sorti en salles et a faire l’effort de continuer tant bien que mal la mythologie entamée dès le premier opus (Barker ne s’impliquera d’ailleurs plus dans les prochaines suites, préférant se consacrer aux comics du même univers).

https://www.imdb.com/title/tt0116514/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 5, Inferno (2000): Enfin une suite qui a quelque chose d’original à proposer! Bon, d’accord, c’est extrêmement maladroit (à l’image d’une certaine scène WTF avec des cowboys karatékas), l’acteur principal (Craig Sheffer) est à la ramasse comme jamais et la mise en scène reste plutôt standard. Mais merde, on est vraiment proche du sublime L’Echelle de Jacob (le talent d’écriture en moins puisque Peter Atkins, scénariste sur la saga depuis Hellbound a choisi de claquer la porte) question horreur psychologique et univers poisseux, les Cénobites se rapprochent enfin des originels, après deux films plus que moyens, c’est pas rien tout ça! Hélas la trame principale de cette enquête demeure trop éloignée de la mythologie originelle pour valider définitivement l’ensemble, comme Pinhead qui apparait finalement bien peu à l’écran!

https://www.imdb.com/title/tt0229440/?ref_=tt_sims_tt_i_3

Alors inutile de dire qu’il vaut mieux grandement éviter les films suivants vu la qualité des scénarios et du jeu d’acteurs de derniers films chroniqués plus haut, même si le dixième épisode (Judgement, sorti en 2018) a visiblement son lot de défenseurs… Les meilleurs franchises d’horreur sont définitivement les plus courtes!

En vous recommandant les précieuses vidéos de Ratelrock sur le sujet (qui a aussi fait un excellent travail sur Massacre à la tronçonneuse): https://www.youtube.com/watch?v=QyzaRNRUVeg&list=PL7MHX26OItb9sOg6Z3adgjMtNoAe7Gxo5

Rétro James Bond (3/5): Vivre et laisser mourir (1973), L’Homme au pistolet d’or (1974), L’Espion qui m’aimait (1977), Moonraker (1979), Rien que pour vos yeux (1981), Octopussy (1983)

S’il est évident que la période Roger Moore est la plus longue et surtout la plus aléatoire en terme de bons films de la saga James Bond (au point d’en confondre les scénarios et les personnages peu de temps après le visionnage), il serait aussi intéressant de se pencher sur les scénaristes de ces opus parce qu’à mon avis, Roger n’est qu’une des équations du naufrage! En effet, dès L’Espion qui m’aimait, la saga commence une période « sans filet » car les romans principaux de Ian Fleming ont tous été déjà adaptés pour le grand écran. D’où la longue transition douloureuse des 70/80’s…

Vivre et laisser mourir (8/25): Avant dernier film de Guy Hamilton (qui réalisera en tout quatre films de la franchise, les autres concurrents sur le podium étant Terrence Young et Lewis Gilbert avec trois opus chacun, le record étant bien évidemment détenu par John Glen, avec cinq films de la saga) et premier pour Roger Moore, aperçu jusqu’alors dans les séries Le Saint et Amicalement Vôtre qui y incarne un James plus âgé (45 ans au moment du film, contre respectivement 31, 29, 40, 41, 37 pour Connery, Lazenby, Dalton, Brosnan et Craig au moment de leur premier film de la saga), plus léger, flegmatique et porté sur l’humour mais aussi bien moins crédible et attachant à mon goût… Le méchant Kananga est assez anecdotique, rivalisant mal avec ses bras droits Tee Hee et Baron Samedi. On a également droit à une bonne James Bond Girl en la personne de la toute jeune Jane Seymour (la voyante Solitaire). Dépaysant à souhait (Harlem, Louisiane, Jamaïque…on peut y voir un clin d’oeil au Dr.No), abordant la thématique du vaudou sous fond de trafic de dope et surfant donc sur la mode de la blaxploitation, le véritable point faible de ce film est qu’il perd salement en puissance et crédibilité au fil de sa durée. Il n’en reste donc pas grand chose à l’arrivée malgré ses rebondissements, son générique/theme song culte (Paul McCartney bordel!) et on a même droit à des séquences qui paraissent assez grotesques aujourd’hui: la scène d’introduction, la poursuite interminable en hors-bord (où apparait le shérif Pepper), celles avec les alligators,… A noter que Q n’apparaît pas dans le film, que Bond y fume des cigares (contrat avec Montecristo oblige), qu’il s’agit du seul opus où l’on voit le domicile londonien de Bond et que Gloria Hendry y incarne la toute première James Bond Girl noire!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt0070328/?ref_=nv_sr_srsg_0

L’Homme au pistolet d’or (9/25): Moins dépaysant et prenant que Live & let die (l’action se passe majoritairement en Thaïlande), celui ci possède par contre trois gros atouts: le duo de méchants incarnés par Christopher Lee et Hervé Villechaize (mais si, Tattoo dans L’Île Fantastique!) en grande forme (qui portent TOTALEMENT le film sur leurs épaules), ainsi que l’île de Scaramanga et ses décors inspirés. Les James Bond Girls sont assez anecdotiques (on reverra cependant Maud Adams dans un personnage plus intéressant dans Octopussy puis furtivement dans Dangereusement Vôtre), hormis le côté gaffeur de Bonne-Nuit (Britt Ekland) mais qui est mal dosé, comme chez la plupart des personnages féminins de la saga. Enfin question lourdeur absolue, le retour du shérif J.W. Pepper (Clifton James) remporte la palme, sans que ça n’apporte quelque chose au scénario (un caméo aurait mieux valu)! Autrement le générique* et le theme song (Lulu) sont vraiment sympas, la patte 70’s reste appréciable et malgré un scénario beaucoup trop classique/flemmard pour le coup (après la blaxploitation, c’est la bruceploitation à l’honneur ici), on n’en passe pas un si mauvais (de moment)!

*: Petit encart sur le sujet, c’est Maurice Binder qui sera responsable des fameux génériques sur les quatorze premiers films jusqu’à Permis de tuer (sauf Bons baisers de Russie et Goldfinger sur lesquels Robert Brownjohn travailla), Daniel Kleinman fera les suivants (à l’exception de Quantum of Solace réalisé par la société MK12).

Note: 1,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0071807/?ref_=nv_sr_srsg_0

L’Espion qui m’aimait (10/25): Souvent considéré comme le seul opus mémorable avec Roger Moore, L’Espion qui m’aimait mérite bien sa réputation. Ses seuls points faibles sont une impression de déjà vu, (certaines séquences et lignes du scénario ressemblant à un mélange entre Au service secret de sa Majesté, Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre)… ainsi qu’un méchant impitoyable mais hélas trop fade et finalement peu présent (Karl Stromberg joué par Curd Jürgens). Autrement c’est tout à fait correct, dépaysant (Egypte, Sardaigne), bien rythmé, inventif, avec une mise en scène au poil (c’est Lewis Gilbert qui revient derrière la caméra), et de beaux décors (la bataille rangée dans le Liparus). Attardons nous un instant sur les personnages: dans cet opus apparaît Jaws, incarné par Richard Kiel, l’un des méchants les plus emblématiques de la saga, tueur géant (mais muet) doté de machoires en acier ainsi que d’une force et résistance surhumaine mais qui aura droit à des touches humoristiques bienvenues; l’agent russe Triple X/Anya Amasova (incarnée par Barbara Bach) s’en sort bien également et a même droit à son propre background (même si maladroitement exploité par la suite). Sans ces deux là, ce film n’aurait certainement pas traversé le temps! Rappelons au passage qu’avec la disparition de Blofeld dans Au Service secret de sa Majesté, le SMERSH (qui a historiquement existé un court temps pendant la Seconde Guerre Mondiale) prend la place de SPECTRE (plutôt présent dans les premiers Connery et le reboot avec Daniel Craig). On aura donc souvent droit à des méchants travaillant de près ou de loin pour les Soviétiques durant les opus des 70/80’s. Pour les mêmes raisons, Walter Gotell incarnera dans ces différents opus le Général Gogol, chef du KGB. Mais revenons en au film! Pour une fois et grâce aux éléments cités plus haut, la magie opère enfin (il était temps), Moore y atteint un certain équilibre dans le jeu et cet opus parvient à se hisser au niveau des premiers Connery! A noter que Caroline Munro (une habituée du genre horrifique) y fait une apparition!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0076752/?ref_=ttls_li_tt

Moonraker (11/25): Au delà du final dans l’espace (seul lieu encore inexploré par Bond) et ses FX bien moches que tout le monde connaît (l’épisode 4 de Star Wars sort deux avant avant…), Moonraker bénéficie surtout d’une jolie palette de personnages: l’excellent méchant flegmatique et machiavélique Hugo Drax (Michael Lonsdale), Jaws qui fait son retour (même si bien moins intéressant que dans l’opus précédent et souvent réduit à un rôle plus comique que menaçant), l’agent infiltré Lois « Holly Goodhead » Chiles (mais putain qui choisit des noms aussi débiles bordel de merde?). Evidemment, le scénario décomplexé peut poser problème et influera directement sur votre appréciation de cet opus. Si la démesure d’une poursuite en gondoles amphibies/motorisées, en hors-bords armés jusqu’aux dents (avec deltaplane intégré), les gadgets à foison et les combats bordéliques « à pied » dans l’espace intersidéral à base de pistolets laser ne vous rebutent pas trop, ça peut passer ! Nous ne sommes pas dans le côté involontairement nanardesque et auto-parodique d’un Octopussy ou d’un Diamonds are forever mais on reconnait que l’exercice et périlleux et que l’on marche parfois sur un fil! C’est toujours Lewis Gilbert à la réal donc la mise en scène est tout à fait correcte (comme dans cette scène de centrifugeuse où on ressent, pour une fois, de la douleur pour l’agent du MI6), c’est globalement beau, dépaysant (Rio, Venise, château de Vaux-le-Vicomte et espace of course) mais la fin manque quand même salement de rebondissements (hormis le dilemne de Jaws). Et comme c’est une coproduction française, on se retrouve avec un cast bien de chez nous: Michael Lonsdale bien sûr mais aussi Corinne Cléry, Blanche Ravalec (la fiancée de Jaws) mais aussi Jean-Pierre Castaldi et Georges Beller!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt0079574/?ref_=ttls_li_tt

Rien que pour vos yeux (12/25): Retour à un film plus sérieux et moins extravagant avec ce douzième film, hélas miné par un méchant fadasse as fuck (le final est d’ailleurs des plus anecdotiques), un côté too much typiquement 80’s qui commence à pointer son nez (et que dire du générique/theme song immondes?) et un scénario planplan malgré une mise en scène/des scènes d’action efficaces (mais qui traînent souvent en longueur). Il faut dire qu’on est déjà au douzième film de la saga (le premier de John Glen) et que tout ou presque a déjà été exploité…et ça commence à salement se sentir! On a quelques clins d’oeil appréciables à l’opus de Lazenby comme le retour de Blofeld le temps d’une séquence d’introduction, une combi de ski d’un bleu sensiblement identique à celle déjà portée par Lazenby himself… Carole Bouquet, véritable beauté froide, n’est pas la meilleure James Bond Girl mais se démarque des autres potiches de cet opus par son désir de vengeance et le fait qu’elle ne cède à Bond que dans les dernières minutes de métrage. Côté décors, on a droit à la Grèce, l’Albanie, l’Espagne et l’Italie alpine, bref des récifs, des montagnes et de la neige. Pour autant le dépaysement n’est pas forcément au rendez-vous, les couleurs restant globalement assez ternes. A noter que Bernard Lee (M) n’apparaît pas dans ce film car il décèdera peu de temps après le début du tournage, c’est Robert Brown qui prendra sa suite dans les quatre prochains films.

Note: 1/4

https://www.imdb.com/title/tt0082398/?ref_=ttls_li_tt

Octopussy (13/25): Alors avec celui ci, on commence vraiment à arriver dans une période sans inspiration car le film est oublié aussi vite qu’il est vu. Du générique au scénario en passant par les personnages et les lieux de l’action, tout sent le recyclage, l’excès et la paresse intellectuelle. Quelques exemples au hasard? 007 se déguise en clown, vogue dans un canoë « alligator », mène des poursuites en voiture sur…des rails, le méchant (Louis Jourdan) réussit à être aussi fade que le Dr No, trempe dans des affaires de contrebande…d’oeufs de Fabergé, les combats sont plats à en crever et la fin où un perroquet interragit avec Tatcher au téléphone nous convainc que Richard Maibaum (scénariste principal de la saga du premier opus jusqu’à Permis de tuer) est clairement en bout du rouleau… L’intrigue malgré ses enjeux se suit péniblement et on a vraiment le sentiment de regarder une série B de mauvaise qualité. On sauvera tout juste Maud Adams dans le rôle-titre qui sort un peu des sempiternelles James Bond Girls…mais clairement, pour des non fans de la saga, ce film est sans intérêt. C’est dommage, le métrage abordait par moments des sujets intéressants (comme le désarmement de l’Ouest face à l’URSS). Jamais plus jamais (remake non officiel d’Opération Tonnerre) sortait cette année là avec Connery dans le rôle de Bond et c’est un miracle que les fans aient finalement préféré Octopussy au box-office…

Note: 0,5/4 (parce que, malgré tout, rien ne peut être aussi douloureux que Spectre)

https://www.imdb.com/title/tt0086034/?ref_=ttls_li_tt

Pour aller plus loin, une vidéo très complète signée Versus: https://www.youtube.com/watch?v=h-F6hr6JmoQ

Films de l’été 2021: Freddy sort de la nuit (1994), The French Connection (1971), Top Secret! (1984), Deranged (1974)

Parce que c’est décidemment une manie ici d’être en retard sur tout et qu’on va privilégier les cycles thématiques pour les prochains podcasts, les films de l’été 2021 se feront sous la forme texte! Le tout sans trop spoiler s’il vous plaît!

Film du mois de juin: Freddy sort de la nuit

Dernier opus de la saga Les Griffes de la nuit (on oubliera le remake passable de 2010), Freddy sort de la nuit/Wes Craven’s New Nightmare est un sympathique métrage méta sur le slasher, son boggeyman, le rapport entre le créateur et son oeuvre,… Niveau frissons c’est franchement radin c’est sûr mais le retour d’une partie du casting de l’oeuvre originale (Englund, Langekamp, Saxon) et des acteurs majeurs de la saga chez New Line (Craven, Shaye, Risher) jouant leur propre rôle (les films dans les films/casser le quatrième mur étant un peu le dada de Craven à l’époque, comme avec Scream 3) apportent à ce film une fraîcheur inédite! Même si l’on peut regretter que ce côté méta ne soit pas suffisamment exploité jusqu’au bout! Autres défauts: Miko Hughes (Dylan) est juste insupportable et le rythme ne laisse pas vraiment le spectateur respirer! Jouant avec les strates de réalité (un bon moyen de rendre le spectateur parano), inventif et visuellement réussi, cet opus, même s’il est bancal sur plusieurs points, conclue honorablement la saga dix ans après le premier film (et un paquet de navets) en nous faisant une vraie proposition cette fois ci! On en attendait pas moins de Craven…qui signera Scream dans la foulée ! Comme quoi, quoi qu’on pense de cet opus, il aura eu une certaine utilité!

https://www.imdb.com/title/tt0111686/?ref_=nv_sr_srsg_0

Une petite critique par Tortillapolis!

Film du mois de juillet: The French Connexion

N’ayant finalement vu que L’Exorciste (que je ne porte pas dans mon coeur) de Mr Friedkin, il était grand temps de voir le mythique French Connection! Mise en scène ingénieuse et nerveuse héritée du documentaire (particulièrement efficace dans les scènes de poursuites), ambiances new-yorkaises crades à souhait (dope à tous les coins de rue, flics en roue libre totale, bâtiments désaffectés,…), policiers désabusés magistralement interprétés par Gene Hackman et Roy Scheider, enquête aux allures de descente aux enfers…on comprend facilement pourquoi le film a fait date! Le tout évidemment inspiré du réseau du même nom mais aussi du roman de Robin Moore! Sachant que je porte un culte à Taxi Driver pour un univers tout aussi poisseux, quelle claque j’ai pris! Alors, allez voir ou revoir ce chef d’oeuvre nom de Dieu!

https://www.imdb.com/title/tt0067116/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin, making of du film & interviewes!

Film d’août: Top Secret!

Autant je peux être exigeant en humour ricain, autant dès qu’il y a de l’absurde, je suis carrément client. Mais pour autant, peu de films me restent en tête dans ce créneau… C’est désormais chose faite avec ce métrage (honteusement méconnu) des Zucker-Abrahams-Zucker, sorti après Y a-t-il un pilote dans l’avion ? et la série Police Squad, bien rythmé, inventif à souhait et très drôle (sans être lourd) avec le tout jeune Val Kilmer dans le rôle principal, parodiant les films d’espionnage (sur fond de Seconde Guerre Mondiale) autant que les comédies musicales des sixties (c’est Kilmer qui interprète réellement les chansons). Côté caméos on est servi: Peter Cushing, Omar Sharif et Michael Gough sont de la partie! Je vous laisse la totale découverte pour le reste!

https://www.imdb.com/title/tt0088286/?ref_=nv_sr_srsg_0

On remercie Le Fossoyeur pour la découverte!

Film de septembre: Deranged

Si 1974 reste en tête comme étant l’année de sortie de Massacre à la tronçonneuse, un autre film moins connu fait fort dans le glauque et l’immoral, tout autant inspiré par les méfaits d’Ed Gein! Totalement porté par l’interprétation magistrale et complexe de Roberts Blossom (proche d’un Joe Spinell dans Maniac, on rentre ici réellement dans la tête d’Ezra Cobb), Deranged va largement plus loin dans le malsain à mon goût (même si non exempt de traits d’humour) mais souffre hélas des défauts d’une production typée téléfilm, du « marketing » des seventies (le côté documentaire est juste lourd) et de facilités scénaristiques (la fin relativement improbable)… Si vous aimez les rapports mère-fils « fusionnels » à la Psychose et les repas de famille « sereins » à la Texas Chainsaw, ne cherchez plus, c’est ce film qu’il vous faut!

https://www.imdb.com/title/tt0071408/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin, chronique par Horreur Critique (abonnez vous à sa chaîne, boudiou!)

Old Horror Week: Halloween 3 (1982), The Slumber Party Massacre (1982) (4/4)

Parce qu’Halloween est fini depuis longtemps, il est grand temps d’achever cette old horror week, les amis!

Halloween 3 (Le Sang du Sorcier): Vous connaissez certainement le contexte, Halloween 3 a constitué une tentative de faire de la saga une anthologie autour de la fête d’Halloween/Samhain, Carpenter refusant de réaliser une suite mais voulant garder une oeil sur son bébé en tant que producteur. Les fans, déçus de ne pas y retrouver Michael Myers et du gore à gogo bouderont le film et on repartira sur des bases plus classiques dès le quatrième opus. Depuis sa sortie, le métrage a heureusement trouvé son lot de défenseurs. Ayant découvert ce métrage tout jeune, j’avoue que pour moi aussi, l’incompréhension fut grande de ne pas apercevoir The Shape de tout le métrage… Il était donc temps de le redécouvrir car son ambiance poisseuse (finalement assez proche de l’univers de Big John) me hantait toujours!

Et j’ai eu du nez: Le Sang du Sorcier se révèle un bon film bis plein de qualités comme on les aime! Réalisé par Tommy Lee Wallace (ami de longue date de Carpenter et habitué du genre horrifique), à mi chemin entre Mondwest, Invasion Los Angeles, Twin Peaks et Soleil Vert (oui, rien que ça), ce troisième opus raconte l’enquête d’un médecin (Tom Atkins, vu dans Fog, New York 1997, Maniac Cop,…) sur un mystérieux assassinat qui le conduira à découvrir dans une petite ville à priori sans histoire une machination de bien plus grande envergure, conspiration dont l’échéance est fixée…le soir même d’Halloween! Bien rythmé, avec une mise en scène correcte, mélangeant habilement les genres (thriller, SF et épouvante…ça ne vous rappelle rien?) et doté de FX parfois proches du body horror (même si forcément datés), ce troisième opus se laisse suivre sans mal pour peu qu’on rentre dans cette histoire ma foi un peu classique en apparence (peut être le vrai point faible de ce film, avec une certaine avarice en scènes chocs et une romance inutile mais tellement récurrente à l’époque) et qu’on abandonne l’idée de voir un slasher. On appréciera aussi le nouveau thème musical (Carpenter himself), les liens plus évidents entre Halloween et ses racines celtes (même si on évite pas les sempiternels clichés merdiques sur le paganisme), la réflexion sur la propagande médiatique et le consumérisme, le sacrifice décomplexé de gamins ou encore une fin…mmh idéale? Une critique et un fatalisme chers à Carpenter, je vous disais! Bref, avec autant de bonnes idées, on ne peut donc que saluer cette tentative (parfois une peu bancale, c’est vrai) de renouveller un peu la saga qui avait déjà fait le tour de sa propre histoire en deux films (rappelons que Myers meurt à la fin du second opus. Même si l’histoire en a décidé autrement!

Pour aller plus loin, une vidéo du Fossoyeur: https://www.youtube.com/watch?v=zibK5Ll10LA

https://www.imdb.com/title/tt0085636/?ref_=nm_knf_i1

Fête Sanglante/The Slumber Party Massacre: Ca faisait longtemps que je n’étais pas tombé sur un film d’horreur où rien n’allait à ce point là. Bon en même temps, avec un titre comme « Massacre à la soirée pyjama », il ne fallait pas en attendre trop non plus! C’est simple TSPM (premier du nom, la saga compte en tout trois « séries », dont celle des Sorority House, les deux Cheerleaders Massacre plus le remake tout frais du premier, ça va vous suivez?), présenté comme une parodie de slasher (produite par Roger Corman) a finalement tout d’un nanar: les personnages sont débiles et insipides, le tueur a le charisme d’une moule avariée (c’est globalement le cas de tout le monde là dedans), on connait son identité dès le départ, la tension est inexistante dans la plupart des scènes de meurtres,… Alors si, la seule originalité tient dans le fait que le tueur massacre à la foreuse. Ca va? Vous allez vous en remettre? C’est bien de vouloir jouer avec les codes du slasher (bon d’accord, le coup du voisin qui explose des escargots à la machette m’a arraché un fou rire nerveux) mais il faudrait au préalable créer un minimum de contexte pour qu’on puisse rentrer dans le film et non pas empiler des scènes à la va-vite, car c’est vraiment l’impression que donne ce film, qui réussit à être plus mauvais que le premier Vendredi 13 (faut le faire!)… TSPM est finalement un énième prétexte pour reluquer des poitrines en toute impunité (en terme de nudité, on est largement servi…quand on sait que ce ne sont que des femmes à la réal des Slumber Party, l’insupportable obsession metoo a de quoi faire rire) et des ados couillons à souhait se faire charcuter à l’arrache par Joe le Balayeur. Et on s’étonnera que l’horreur/épouvante soit un genre méprisé cantonné à un public de niche après ça… On tentera peut être d’autres films de la saga car celui ci n’est visiblement pas le meilleur! En attendant, je vais aller me laver les yeux avec de la javel! Ah oui, la responsable de cette infâmie a écrit Beethoven, pour info…

https://www.imdb.com/title/tt0084695/?ref_=fn_al_tt_1

« Si on donne une perceuse sans fil de 15 kilos à Jean-Mi c’est pas trop foutage de gueule? On s’en fout, le public veut des nichoooons! » (extrait du brainstorming pré-prod)

Bilan donc de cette Old Horror Week 2021: on retiendra évidemment l’excellent Le Blob (véritable surprise) et les sous-estimés Réincarnations et Halloween 3! A la prochaine pour une Old Thriller Week ou un Old Sci-Fi Week! 😉

Old Horror Week (3/4): Le Commando des morts-vivants (1977), Opera (1987)

Il serait temps de torcher notre Old Horror Week sinon ça va devenir mensuel ces conneries, non?

Le Commando des morts-vivants/Shock Waves: Horreur marine en plein jour, surfant sur le mythe de l’ésotérisme SS, variation sur la thématique zombie (ici les créatures peuvent survivre sous l’eau), l’île maudite et le vaisseau fantôme, ce Shock Waves déborde d’idées originales mais mal exploitées à mon goût! La faute certainement au budget de 150 000 dollars (même si les FX sont réussis) . Le rythme général et les acteurs (Caradine senior, Brooke Adams et Peter Cushing pour les plus connus) contrebalancent largement le problème. Le métrage se permet même de détourner les codes de l’horreur avec un hôte finalement bien plus accueillant qu’il en a l’air! Il est clair que niveau ambiance, on est plus proche du film d’aventure que de l’épouvante pure, sorte de Zombi 2 sans le craspect! Etonnant!

https://www.imdb.com/title/tt0076704/?ref_=nv_sr_srsg_0

Opera/Terreur à l’opéra: Souvent considéré comme le dernier chef d’oeuvre d’Argento, il est vrai que le pitch d’Opera a tout pour plaire: de l’opéra (non, tu déconnes?), un théâtre splendide (le Teatro Regio de Parme), Shakespeare, du giallo, un soupçon de Fantôme de l’opéra, qui dit mieux? Le souci est que Dario semble avoir dit beaucoup de choses en deux décennies et neuf films… Le rythme et la cohérence globale accusent le coup, les rebondissements (sauf la fin) sont assez prévisibles, le jeu d’acteurs n’est pas toujours très juste et la BO est parfois aux fraises (avec pourtant Eno et Simonetti aux commandes) quand elle propose du moderne. Heureusement le métrage se rattrape grâce à de belles idées de mises en scène (et un hommage sympa aux Oiseaux en prime), de la violence graphique et le whodunit tient en haleine jusqu’à la fin! Mitigé!

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Old Horror Week: Tourist Trap (1979), Réincarnations (1981) (2/4)

Tourist Trap: Parmi les vieilleries aux concepts forts et dérangeants (malgré un côté slasher avéré) ayant émergés dans la brèche ouverte par Texas Chainsaw Massacre, Tourist Trap a fait date, malgré son côté série B et un budget riquiqui (350 000 dollars, soit à peine plus qu’Halloween). Hélas jouer sur la peur que peut inspirer des mannequins de cire réalistes et un tueur psychopate (Norman Bates ayant décidemment imposé sa patte aux 70’s) capable de les animer par télékinésie (un pouvoir jamais vraiment expliqué d’ailleurs), se déguisant d’ailleurs lui même en un des leurs ne permet pas au film de sortir de la masse sur la longueur, faute à un rythme assez inégal et un twist bien prévisible. Dommage, le début du métrage creepy à souhait et un minimum original en prime, ça donnait envie d’y croire! A noter qu’on reverra le réal dans Puppet Master.

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Réincarnations: Toujours dans la veine des séries B ayant eu leur petit succès, Réincarnations/Dead & Buried de Gary Sherman (Poltergeist 3) est plutôt bien côté. A raison car question rythme et scènes macabres montrées frontalement, ça vaut le coup d’oeil! En plus il y a Robert Englund et pas mal de belles coïncidences qui laissent à penser que ce film a potentiellement inspiré Craven pour Les Griffes de la Nuit (le surnom « Freddy » de la première victime brûlée vive par les habitants d’un petit village entre autres dont… parmi eux ce bon vieux Robert). Question twists, ça tient la route même si on a vu plus original. Et puis l’ambiance de l’enquête sur fond de sorcellerie/conspiration dans un petit village qui rappellera tour à tour des classiques comme Twin Peaks, Le Locataire, Vaudou (car oui Réincarnation est bien une variation originale sur la figure du mort-vivant), The Wicker Man…on va pas se le cacher, ça fait toujours plaisir! De belles idées, de bons acteurs et de jolis maquillages (Stan Witson entre autres) à retenir en tout cas! Notons que c’est Dan O’Bannon (faut il encore le présenter?) et Ronald Shusett (son compère sur Alien, Total Recall) au scénario, autant dire de sacrés arguments de vente!

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Old Horror Week: Le Blob (1988), Vendredi 13, Chapitre Final (1984) (1/4)

Remake très énervé du déjà solide Danger Planétaire (avec Steve McQueen), Le Blob est un petit joyau de comédie SF/horreur des années 80. Les effets spéciaux et maquillages sont excellents (même si les incrustations commencent à vieillir, forcément), dignes du body horror le plus assumé (façon The Thing, La Mouche, Society) avec un soupçon de Body Snatchers (premier du nom). L’humour fait mouche sans être too much ni verser dans les clichés absolus (on est encore loin du teenage horror). Par exemple, Chuck Russell (Les Griffes de la Nuit 3, The Mask, Le Roi Scorpion) n’hésite pas à faire mourir des personnages importants et totalement innocents dès le début du film, c’est dire si le métrage possède quand même sa patte propre. La créature, à l’instar des boogeymen des slashers isolent les protagonistes (dont se soucient bien peu leurs parents) en s’en prenant en priorité aux figures d’autorité. Inventif, efficace, cela fait longtemps que ce film me faisait de l’oeil mais je n’aurais jamais pensé qu’il versait à ce point là dans le jusqu’au boutisme tout en jouant avec les codes du genre (que Russell a parfiatement digéré). Le casting est porté par Kevin Dillon (The Doors) et Shawnee Smith (saga Saw), rempli de rôles secondaires que vous avez sûrement déjà vu quelque part (Jeffrey DeMunn, Candy Clark, Jack Nance,…). Oh et c’est Darabond au scénario (plusieurs passages rappellent d’ailleurs The Mist), ceci expliquant sans doute cela! Un film bien rythmé qui crie son amour et sa nostalgie des films bis des années 50/60, putain ça fait du bien!

https://www.imdb.com/title/tt0094761/?ref_=fn_al_tt_1

Vendredi 13, Chapitre Final: Apparement le meilleur film des la première quadrilogie (avec un second degré modéré donc), ce Chapitre Final condense toujours autant le pire des clichés de l’horreur 80’s pour moi: meurtres répétitifs et express sans montée de tension préalable, personnages incohérents, insupportables, obsédés par le sexe et débiles à souhait (autant dire que celui de Tommy Jarvis -qu’i reviendra dans les deux opus suivants- sort du lot), scénario prévisible comme pas deux,… Quand Carpenter débarrassait son premier Halloween de toute logique humaine pour suggérer que The Shape était une pure incarnation du mal (logique fantastique), toute la saga Vendredi 13 semble s’en servir pour pallier à la maigre qualité de ses synopsis (pourquoi Jason attend d’être dans un caisson mortuaire pour revenir à la vie, nous ne le saurons jamais)… Ridicule et minable à la fois. On voit d’ailleurs bien peu Jason dans cet opus (plus brutal certes mais toujours aussi inintéressant quand on cherche un divertissement horrifique qui essaye de se renouveller un minimum) malgré une introduction pleine de flashbacks des épisodes précédents et un départ sur les chapeaux de roues qui laissaient supposer un slasher honnête. Il n’en est rien. On sauvera juste la mise en scène de Joseph Zito (The Prowler, rappelez vous), la photo de João Fernandes et les décors superbes de Shelton H. Bishop. Je ne vais pas tarder à penser que Vendredi 13 est la saga la plus injustement acclamée du cinéma d’horreur… Et que c’est sans doute à cause de ce genre de films et de la logique financière qui leur permet de voir le jour que les amateurs d’horreur se tapent des réputations merdiques… A noter aussi que Tom Savini est revenu aux maquillages!

https://www.imdb.com/title/tt0087298/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Le Locataire (1976), Massacre à la tronçonneuse 2 (1986), Invisible Man (2020)

Le Locataire: Adaptation du roman de Roland Topor (Le Locataire chimérique, dont on retrouve aisément le ton cynique et kafkaïen dans le métrage) clotûrant la trilogie sur les appartements maudits (après Répulsion et Rosemary’s Baby), Le Locataire est encore une fois un exemple de la maîtrise du polonais dans ses thématiques de prédilection (ambiance malsaine et cauchemardesque, pression sociale/complot, maladies psychiques diverses -notamment la paranoïa et la schizophrénie-, autant dire que Lynch et Cronenberg ne sont pas très loin), l’appartement du héros, reflet de la psyché de Mr Trelkovsky, jouant encore une fois son rôle de catalyseur avant l’explosion finale, à savoir le dédoublement. Ce huis clos total rondement mené par un beau casting (Adjani mais surtout une ribambelle de trognes que n’aurait pas renié un Jeunet période Delicatessen) est toutefois non dénué d’humour (les plus observateurs auront repéré la présence de trois figures du Splendid dans les seconds rôles). Grâce à un scénario bien ficelé (sujet à de multiples interprétations, allant bien au delà du rapport à l’autre), une bande son et une mise en scène au poil (absolument géniale dans les moments de panique du protagoniste), le métrage offre un bon potentiel de revisionnage et a dû être un sacré OVNI au moment de sa sortie!

Pour justement aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?v=N7T-0IRLaZU

https://www.imdb.com/title/tt0074811/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse 2: Je plaide non coupable! Ayant découvert il y a peu l’excellent podcast Fucked Up Movies (des humoristes Urbain et Dedo) qui en parlait, je me suis dit que c’était peut être une bonne idée de découvrir cette suite. Une emballement que j’ai vite regretté! Si Tobe Hooper repasse derrière la caméra pour proposer une suite plus proche de l’opus qu’il aurait aimé réaliser en 1974 avec des moyens conséquents (à savoir une comédie noire avec des personnages plus fouillés), ce métrage ne vaut finalement que pour les personnages totalement délirants incarnés par Denis Hopper et Bill Moseley, le reste étant d’une médiocrité assez sévère (la scène du repas du premier film est reprise intégralement sans rien y apporter de nouveau, par exemple). L’humour y est lourdingue (déjà que l’humour ricain, de base…) et plombe le peu d’atmosphère horrifique déjà présente, la cohérence du scénario est catastrophique, l’héroïne (Caroline Williams) et le père des dégénérés (Jim Siedow, rescapé de l’opus de ’74) cabotinent à mort, les victimes se compte sur les doigts d’une main amputée, la tentative d’humaniser Leatherface et de proposer une action se déroulant hors du cadre de la ferme des rednecks ne marchent qu’à moitié… Bref, le bilan est salé! J’ai presque eu l’impression de regarder l’infâme troisième opus (Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3), pourtant un excellent nanar des familles, tellement le résultat est exubérant et loin de ce que l’on est en droit d’espérer en regardant un film de la saga Texas Chainsaw Massacre! On sauvera à la rigueur les décors (au passage, c’est Savini aux maquillages et FX) dans la dernière partie du film même si le côté dépouillé du premier opus était tout aussi efficace. Fallait pas toucher à un film aussi culte! Mais bon, c’est pas comme si Hooper avait visiblement pondu un seul bon film depuis…

https://www.imdb.com/title/tt0092076/?ref_=nv_sr_srsg_6

Le seul passage horrifique du film, c’est dire…

Invisible Man: Dans le registre des thrillers moyens aux idées originales, je demande Invisible Man! Leigh Whannell (connu pour ses scénarios dans les différentes sagas de James Wan) signe là un thriller psychologique (plus que véritablement horrifique) prenant, même si plutôt contemplatif mais avec de bons rebondissements (parfois un peu too much, j’en conviens) et dont le pitch de départ (une femme se retrouve harcelé par son ex-mari toxique, prétendument mort, qui a trouvé le moyen de devenir invisible) offre de belles occasions de renouveller et de jouer avec les codes du genre! L’ambiance paranoïaque est véritablement réussie (l’invisibilité comme métaphore un poil grossière des conséquences de violences physiques/psychiques, chantage et harcèlement), portée par une Elisabeth Moss (Mad Men, The Handmaid’s Tale) inspirée et une mise en scène/visuel solide fincherien à souhait (à l’instar de l’appartement carcéral du « couple », prouesse de dépouillement et d’architecture). Et surtout, le concept de départ est respecté tout au long du métrage, ne perd pas de sa force sur la longueur et n’est pas un simple prétexte pour nous offrir un énième film à suspense interchangeable. A noter que le nom du mari « Adrian Griffin » est évidemment un clin d’oeil au personnage de l’Homme invisible écrit par H.G. Wells (dont ce film est une adaptation originale).

PS: Je vois que beaucoup de critiques ont vu dans cette oeuvre une énième charge contre le patriarcat blanc (cette horreur sans nom qui a permis l’élaboration de sociétés modernes dans lesquelles certaines femmes parfaitement médiocres, désoeuvrés et désaxées peuvent venir chialer nuit et jour depuis leur canapé confortable sur les vilains mâles hétéros blancs dotés d’esprit critique -dont je suis- et au passage embarquer d’autres femmes dans leur délire afin de pourrir l’ambiance générale), on va se calmer c’est pas le débile Promising Young Woman acclamé par toute la gôche Twitter non plus (les féministes modernes, comme toutes les autres minorités toxiques subventionnées, n’étant pas tellement réputées ni pour leur bonne foi, ni la pertinence et la finesse d’argumentation, je mets au défi n’importe quel homme normalement constitué de regarder le trailer de cette bouse sans avoir envie de gerber tellement la propagande y est obscène). On a l’époque (et les SJW) qu’on mérite, après tout! Mais faudrait pas que le vent tourne quand même, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes que votre acharnement commence à fatiguer salement…

https://www.imdb.com/title/tt1051906/?ref_=nm_ov_bio_lk4

Découvertes: Robowar (1988), Un espion ordinaire (2020), A Map to the stars (2014)

Robowar: On retente un métrage de l’infâme Bruno Mattei (crédité une nouvelle fois comme Vincent Dawn) avec ce Robowar des familles. Si celui ci s’avère à première vue plus regardable et mieux réalisé que Virus Cannibale (il faut le dire vite), on s’aperçoit bien vite qu’il ne s’agit que d’une synthèse putassière et improbable de Predator, Commando et Terminator (pas vraiment le genre de films passés inaperçus dans les 80’s) avec…les moyens du bord et les acteurs qui vont avec (mention spéciale au sosie de Chuck Norris). Et si les réal italiens de l’époque savaient agrémenter leur manque d’originalité par quelques spécialités du crû ou quelques trouvailles, Mattei, lui, se contente une nouvelle fois du strict minimum, allant jusqu’à totalement foirer le look de sa « créature » (et je parle pas de sa voix synthétique) ou reprendre des scènes plan pour plan (on parle quand même du roi des stock-shots). Alors oui, c’est relativement bien rythmé pour qui ne connaîtrait pas les films cités plus haut, sans doute hilarant pour les fans de nanars carabinés mais d’une platitude catastrophique pour les autres. Encore une fois, la vie est bien trop courte pour s’infliger ce genre de série Z sans intérêt. Je ne suis décidement pas le public, comme dirait l’autre.

https://www.imdb.com/title/tt0096000/?ref_=nv_sr_srsg_0

T’as peur hein? Dis le que t’as peur, enculé!

Un espion ordinaire: Rentrons directement dans le vif du sujet: l’énorme défaut de ce film est d’avoir privilégié son visuel/ambiances (réussies) aux personnages/scénario. Nous sommes pourtant devant un film d’espionnage, au moment où le monde était suspendu entre deux super-puissances mondiales se menaçant par frappe nucléaire interposée et putain, à aucun moment je n’ai senti les héros en danger et je me suis même demandé à la moitié du film si le scénariste était capable d’écrire le moindre rebondissement avant la fin tellement les mécanismes semblaient gros et éculés. Le second degré permanent plombe un peu plus la crédibilité des personnages et la profondeur dramatique forcément au rabais. Les multiples scènes « familiales » ne servent pas le propos et entâchent même l’intrigue. Alors oui, les acteurs principaux (Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze) portent le film mais c’est trop peu à se mettre sous la dent. On suppose que le réal (Dominic Cooke, un habitué du théâtre) voulait casser un peu les codes mais au final, on aurait préféré moins audacieux et plus crédible… En résumé, un film « vintage » inspiré d’histoire vraie mais synthétique à souhait et (au passage) réécrivant largement l’Histoire des fois que le public serait un peu trop con pour se perdre dans quelques nuances…

https://www.imdb.com/title/tt8368512/?ref_=fn_al_tt_1

Maps to the stars: Cosmopolis (dont Maps n’est franchement pas très éloigné thématiquement) étant sans l’ombre d’un doute ma pire expérience en salles (vous savez ce genre de films où vous vous demandez ce qui vous retient de partir en plein milieu), j’ai bien traîné pour découvrir le dernier Cronenberg en date! Et…ma foi, celui ci est assez intéressant! Bien sûr, c’est à des années lumières du Cronenberg d’antan et de sa body horror frontale mais Maps poursuit finalement l’évolution logique de son cinéma depuis M.Butterfly/Crash. L’ « horreur » cérébrale c’est bien aussi, de temps en temps! Ce film c’est évidemment une chronique du microcosme hollywoodien et de ceux qui le font vivre, avec le lot de saloperies qui vont avec: névroses, traumas, excès, mesquineries, relations d’intérêt,… Son jumeau Cosmopolis proposait, à sa…façon, un regard acéré sur nos sociétés modernes, dont l’humanité semble de plus en plus absente quand elle n’est pas purement broyée. Ici c’est le cocon familial qui trinque sévère! A ce petit jeu là, le casting s’en sort bien (Moore et Wasikowska en tête). Le centre du récit, lui, est constitué de deux histoires qui s’entrecroisent au travers d’un truculent personnage jusqu’à la tragédie finale où on arrivera à y voir un peu plus clair. Et c’est particulièrement sur cet aspect que le canadien se montre le plus intéressant: dans le jeu de pistes, les sous-entendus, les répercussions temporelles, le symbolisme,… Le tout teinté de fantastique et d’humour absurde à la Lynch (période Mulholland Drive, forcément). Mieux rythmé, moins verbeux que son prédécesseur, Maps peut dérouter mais il ne laisse pas le spectateur en chemin. Si la mise en scène est devenue propre, c’est n’est qu’en apparence et c’est pour mieux mettre à nu les monstres du quotidien. Point d’individu qui mute et menace la société (encore que) mais une société en mutation qui finit par créer ses propres freaks, qui par manque d’alternative, finissent fatalement par se vampiriser entre eux. Je sais que le métrage a rebuté pas mal de monde lors de sa sortie (pour les raisons citées plus haut mais aussi pour certains FX immondes et une énumération de clichés) mais ça se regarde largement, même si on a bien évidemment conscience qu’on aura pas droit à grand chose de novateur!

https://www.imdb.com/title/tt2172584/?ref_=nv_sr_srsg_0