Découvertes: Le Locataire (1976), Massacre à la tronçonneuse 2 (1986), Invisible Man (2020)

Le Locataire: Adaptation du roman de Roland Topor (Le Locataire chimérique, dont on retrouve aisément le ton cynique et kafkaïen dans le métrage) clotûrant la trilogie sur les appartements maudits (après Répulsion et Rosemary’s Baby), Le Locataire est encore une fois un exemple de la maîtrise du polonais dans ses thématiques de prédilection (ambiance malsaine et cauchemardesque, pression sociale/complot, maladies psychiques diverses -notamment la paranoïa et la schizophrénie-, autant dire que Lynch et Cronenberg ne sont pas très loin), l’appartement du héros, reflet de la psyché de Mr Trelkovsky, jouant encore une fois son rôle de catalyseur avant l’explosion finale, à savoir le dédoublement. Ce huis clos total rondement mené par un beau casting (Adjani mais surtout une ribambelle de trognes que n’aurait pas renié un Jeunet période Delicatessen) est toutefois non dénué d’humour (les plus observateurs auront repéré la présence de trois figures du Splendid dans les seconds rôles). Grâce à un scénario bien ficelé (sujet à de multiples interprétations, allant bien au delà du rapport à l’autre), une bande son et une mise en scène au poil (absolument géniale dans les moments de panique du protagoniste), le métrage offre un bon potentiel de revisionnage et a dû être un sacré OVNI au moment de sa sortie!

Pour justement aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?v=N7T-0IRLaZU

https://www.imdb.com/title/tt0074811/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse 2: Je plaide non coupable! Ayant découvert il y a peu l’excellent podcast Fucked Up Movies (des humoristes Urbain et Dedo) qui en parlait, je me suis dit que c’était peut être une bonne idée de découvrir cette suite. Une emballement que j’ai vite regretté! Si Tobe Hooper repasse derrière la caméra pour proposer une suite plus proche de l’opus qu’il aurait aimé réaliser en 1974 avec des moyens conséquents (à savoir une comédie noire avec des personnages plus fouillés), ce métrage ne vaut finalement que pour les personnages totalement délirants incarnés par Denis Hopper et Bill Moseley, le reste étant d’une médiocrité assez sévère (la scène du repas du premier film est reprise intégralement sans rien y apporter de nouveau, par exemple). L’humour y est lourdingue (déjà que l’humour ricain, de base…) et plombe le peu d’atmosphère horrifique déjà présente, la cohérence du scénario est catastrophique, l’héroïne (Caroline Williams) et le père des dégénérés (Jim Siedow, rescapé de l’opus de ’74) cabotinent à mort, les victimes se compte sur les doigts d’une main amputée, la tentative d’humaniser Leatherface et de proposer une action se déroulant hors du cadre de la ferme des rednecks ne marchent qu’à moitié… Bref, le bilan est salé! J’ai presque eu l’impression de regarder l’infâme troisième opus (Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3), pourtant un excellent nanar des familles, tellement le résultat est exubérant et loin de ce que l’on est en droit d’espérer en regardant un film de la saga Texas Chainsaw Massacre! On sauvera à la rigueur les décors (au passage, c’est Savini aux maquillages et FX) dans la dernière partie du film même si le côté dépouillé du premier opus était tout aussi efficace. Fallait pas toucher à un film aussi culte! Mais bon, c’est pas comme si Hooper avait visiblement pondu un seul bon film depuis…

https://www.imdb.com/title/tt0092076/?ref_=nv_sr_srsg_6

Le seul passage horrifique du film, c’est dire…

Invisible Man: Dans le registre des thrillers moyens aux idées originales, je demande Invisible Man! Leigh Whannell (connu pour ses scénarios dans les différentes sagas de James Wan) signe là un thriller psychologique (plus que véritablement horrifique) prenant, même si plutôt contemplatif mais avec de bons rebondissements (parfois un peu too much, j’en conviens) et dont le pitch de départ (une femme se retrouve harcelé par son ex-mari toxique, prétendument mort, qui a trouvé le moyen de devenir invisible) offre de belles occasions de renouveller et de jouer avec les codes du genre! L’ambiance paranoïaque est véritablement réussie (l’invisibilité comme métaphore un poil grossière des conséquences de violences physiques/psychiques, chantage et harcèlement), portée par une Elisabeth Moss (Mad Men, The Handmaid’s Tale) inspirée et une mise en scène/visuel solide fincherien à souhait (à l’instar de l’appartement carcéral du « couple », prouesse de dépouillement et d’architecture). Et surtout, le concept de départ est respecté tout au long du métrage, ne perd pas de sa force sur la longueur et n’est pas un simple prétexte pour nous offrir un énième film à suspense interchangeable. A noter que le nom du mari « Adrian Griffin » est évidemment un clin d’oeil au personnage de l’Homme invisible écrit par H.G. Wells (dont ce film est une adaptation originale).

PS: Je vois que beaucoup de critiques ont vu dans cette oeuvre une énième charge contre le patriarcat blanc (cette horreur sans nom qui a permis l’élaboration de sociétés modernes dans lesquelles certaines femmes parfaitement médiocres, désoeuvrés et désaxées peuvent venir chialer nuit et jour depuis leur canapé confortable sur les vilains mâles hétéros blancs dotés d’esprit critique -dont je suis- et au passage embarquer d’autres femmes dans leur délire afin de pourrir l’ambiance générale), on va se calmer c’est pas le débile Promising Young Woman acclamé par toute la gôche Twitter non plus (les féministes modernes, comme toutes les autres minorités toxiques subventionnées, n’étant pas tellement réputées ni pour leur bonne foi, ni la pertinence et la finesse d’argumentation, je mets au défi n’importe quel homme normalement constitué de regarder le trailer de cette bouse sans avoir envie de gerber tellement la propagande y est obscène). On a l’époque (et les SJW) qu’on mérite, après tout! Mais faudrait pas que le vent tourne quand même, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes que votre acharnement commence à fatiguer salement…

https://www.imdb.com/title/tt1051906/?ref_=nm_ov_bio_lk4

Découvertes: Kaamelott Premier Volet (2021), Malignant (2021)

Et on reprend doucement les publications sur le blog, mon ptit Jean Mi (pour des raisons que je vous expliquerai dans le prochain podcast mais évidemment liées à la dérive liberticide de notre ex-beau pays et un été franchement peu chargé en visionnages)! D’ailleurs j’en profite pour vous annoncer que maintenant que j’ai fait sauter le Twitter et le Utip du podcast, on va vraiment sortir des podcasts et des articles quand l’envie s’en fera sentir et plus pour donner une certaine régularité à la chose.

Kaamelott Premier Volet: Grand fan de Kaamelott devant l’éternel (voir podcast #19), l’attente a été interminable concernant ce « Premier Volet », projet longtemps retardé pour conflits de droits avec CALT (producteur de la série), puis annoncé fin 2020 avant d’être reporté pour cause de crise sanitaire. Bref, ça commençait à sentir l’arlésienne à plein nez… Mais ce fut un réel plaisir de retrouver l’univers, les personnages et l’humour d’Alexandre Astier sur grand écran après…douze ans. N’ayant pas d’attentes autres que celles-ci, j’y ai globalement retrouvé mon compte, la beauté des décors/ costumes et la balance tragi-comique présents dans les livres V et VI en prime, ces dernières saisons offrant donc une transition parfaite vers l’adaptation de l’univers arthurien au cinéma. Les références et clins d’oeil aux épisodes passés sont nombreux mais globalement bien dosés pour ne pas sombrer dans le fan service complet. Le casting se révèle toujours aussi efficace (avec quelques nouvelles têtes au passage, dont les enfants d’Astier himself et des guests musicaux) et les musiques (signées Astier, toujours) plutôt inspirées. Ce film peut donc se révéler une belle porte d’entrée pour les novices, d’autant plus que son univers nous happe assez vite. Le synopsis est lui relativement classique, Astier n’ayant pas survendu la chose. On attend tout de même un peu mieux de ce côté là pour les deux films suivants! Du côté des rares déceptions, certains personnages absents comme Simon Astier/ »Yvain » (il a fallu faire un choix, forcément) et quelques longueurs (les flashbacks d’Arthur enfant, n’apportant à mon sens pas grand chose à l’histoire). Le film faisant actuellement un joli carton, nous assurant donc un Second Volet bienvenu! Et si je vous dis que ce film m’a fait replonger dans les vieilles saisons et inciter à voir le film suivant, c’est plutôt bon signe…

https://www.imdb.com/title/tt9844322/?ref_=nv_sr_srsg_0

Malignant: Quand au dernier James Wan et bien, c’est une demie bonne surprise, présentant de belles idées (comme l’était Conjuring 2 en terme de mécaniques horrifiques). Loin d’un slasher de bas étage (ce thriller horrifique se permet même une montée en puissance au fil des twists) mais souffrant tout de même de défauts propres au genre (clichés…le moment de la cellule féminine restant un summum du malaise, montage et OST parfois à la ramasse). La meilleur idée reste évidemment le concept de départ (un brin poussif puisque totalement bisseux dans l’esprit), que n’aurait pas renié un certain canadien! Les effets spéciaux sur la créature sont en revanche bien moches…contrairement au visuel général, bien léché (on pense plusieurs fois au giallo). La mise en scène, point fort de Wan, est toujours aussi efficace, dans les moments de terreur comme les scènes d’action. Quand aux acteurs, loin des têtes d’affiche habituelles, ils s’en sortent correctement, Annabelle Wallis en tête (vue dans l’infâme Annabelle). Bref, comme toujours, on s’emmerde rarement avec Wan (enfin, sauf pour la franchise Insidious), qui se permet comme souvent de saupoudrer son métrage de quelques traits d’humour! Et pour le coup, Malignant est vraiment le reflet de l’expérience du Bonhomme et constitue une prise de risques (au travers des multiples influences/références) bienvenue! Et ça on aime!

https://www.imdb.com/title/tt3811906/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Robowar (1988), Un espion ordinaire (2020), A Map to the stars (2014)

Robowar: On retente un métrage de l’infâme Bruno Mattei (crédité une nouvelle fois comme Vincent Dawn) avec ce Robowar des familles. Si celui ci s’avère à première vue plus regardable et mieux réalisé que Virus Cannibale (il faut le dire vite), on s’aperçoit bien vite qu’il ne s’agit que d’une synthèse putassière et improbable de Predator, Commando et Terminator (pas vraiment le genre de films passés inaperçus dans les 80’s) avec…les moyens du bord et les acteurs qui vont avec (mention spéciale au sosie de Chuck Norris). Et si les réal italiens de l’époque savaient agrémenter leur manque d’originalité par quelques spécialités du crû ou quelques trouvailles, Mattei, lui, se contente une nouvelle fois du strict minimum, allant jusqu’à totalement foirer le look de sa « créature » (et je parle pas de sa voix synthétique) ou reprendre des scènes plan pour plan (on parle quand même du roi des stock-shots). Alors oui, c’est relativement bien rythmé pour qui ne connaîtrait pas les films cités plus haut, sans doute hilarant pour les fans de nanars carabinés mais d’une platitude catastrophique pour les autres. Encore une fois, la vie est bien trop courte pour s’infliger ce genre de série Z sans intérêt. Je ne suis décidement pas le public, comme dirait l’autre.

https://www.imdb.com/title/tt0096000/?ref_=nv_sr_srsg_0

T’as peur hein? Dis le que t’as peur, enculé!

Un espion ordinaire: Rentrons directement dans le vif du sujet: l’énorme défaut de ce film est d’avoir privilégié son visuel/ambiances (réussies) aux personnages/scénario. Nous sommes pourtant devant un film d’espionnage, au moment où le monde était suspendu entre deux super-puissances mondiales se menaçant par frappe nucléaire interposée et putain, à aucun moment je n’ai senti les héros en danger et je me suis même demandé à la moitié du film si le scénariste était capable d’écrire le moindre rebondissement avant la fin tellement les mécanismes semblaient gros et éculés. Le second degré permanent plombe un peu plus la crédibilité des personnages et la profondeur dramatique forcément au rabais. Les multiples scènes « familiales » ne servent pas le propos et entâchent même l’intrigue. Alors oui, les acteurs principaux (Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze) portent le film mais c’est trop peu à se mettre sous la dent. On suppose que le réal (Dominic Cooke, un habitué du théâtre) voulait casser un peu les codes mais au final, on aurait préféré moins audacieux et plus crédible… En résumé, un film « vintage » inspiré d’histoire vraie mais synthétique à souhait et (au passage) réécrivant largement l’Histoire des fois que le public serait un peu trop con pour se perdre dans quelques nuances…

https://www.imdb.com/title/tt8368512/?ref_=fn_al_tt_1

Maps to the stars: Cosmopolis (dont Maps n’est franchement pas très éloigné thématiquement) étant sans l’ombre d’un doute ma pire expérience en salles (vous savez ce genre de films où vous vous demandez ce qui vous retient de partir en plein milieu), j’ai bien traîné pour découvrir le dernier Cronenberg en date! Et…ma foi, celui ci est assez intéressant! Bien sûr, c’est à des années lumières du Cronenberg d’antan et de sa body horror frontale mais Maps poursuit finalement l’évolution logique de son cinéma depuis M.Butterfly/Crash. L’ « horreur » cérébrale c’est bien aussi, de temps en temps! Ce film c’est évidemment une chronique du microcosme hollywoodien et de ceux qui le font vivre, avec le lot de saloperies qui vont avec: névroses, traumas, excès, mesquineries, relations d’intérêt,… Son jumeau Cosmopolis proposait, à sa…façon, un regard acéré sur nos sociétés modernes, dont l’humanité semble de plus en plus absente quand elle n’est pas purement broyée. Ici c’est le cocon familial qui trinque sévère! A ce petit jeu là, le casting s’en sort bien (Moore et Wasikowska en tête). Le centre du récit, lui, est constitué de deux histoires qui s’entrecroisent au travers d’un truculent personnage jusqu’à la tragédie finale où on arrivera à y voir un peu plus clair. Et c’est particulièrement sur cet aspect que le canadien se montre le plus intéressant: dans le jeu de pistes, les sous-entendus, les répercussions temporelles, le symbolisme,… Le tout teinté de fantastique et d’humour absurde à la Lynch (période Mulholland Drive, forcément). Mieux rythmé, moins verbeux que son prédécesseur, Maps peut dérouter mais il ne laisse pas le spectateur en chemin. Si la mise en scène est devenue propre, c’est n’est qu’en apparence et c’est pour mieux mettre à nu les monstres du quotidien. Point d’individu qui mute et menace la société (encore que) mais une société en mutation qui finit par créer ses propres freaks, qui par manque d’alternative, finissent fatalement par se vampiriser entre eux. Je sais que le métrage a rebuté pas mal de monde lors de sa sortie (pour les raisons citées plus haut mais aussi pour certains FX immondes et une énumération de clichés) mais ça se regarde largement, même si on a bien évidemment conscience qu’on aura pas droit à grand chose de novateur!

https://www.imdb.com/title/tt2172584/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Horribilis (2006), Hidden (1987)

Une petite soirée « possession » ce soir pour changer? Allez, viens, il y a aura des cahuètes!

Horribilis: Enième variation sur le body horror et la « possession » extraterrestre, à mi chemin entre Society, From Beyond (chef d’oeuvre de Stuart Gordon que je vous recommande vivement) et Frissons, avec une distribution pas dégueu d’acteurs habituellement cantonnés aux rôles secondaires (Nathan Fillion, Elizabeth Banks, Michael Rooker, Gregg Henry, Jenna Fischer et j’en passe), Horribilis ne s’en tire pas si mal en proposant un honnête film bis bien rythmé, inventif, aux effets spéciaux réussis, au second degré qui se joue des clichés du genre et aux clins d’oeil appréciables (The Toxic Avenger, Les Griffes de la Nuit,…). Il faut dire que James Gunn (dont c’est la première réal) est un enfant de la Troma (il a commencé dans Tromeo & Juliet) et a signé (entre autres) le scénario d’un des rares remakes d’horreur valables (en l’occurrence, Dawn of the Dead) …et ça, c’est un gage de qualité pour votre hôte!

https://www.imdb.com/title/tt0439815/?ref_=fn_al_tt_1

Hidden: Hidden, justement, c’est un peu tout le contraire: le film n’est pas spécialement novateur (une poursuite interminable entre deux policiers et une entité extraterrestre qui prend possession d’hôtes humains) et fait bailler très vite. On sent bien que le prétexte SF est là pour combler un manque d’inventivité du scénario, c’est cousu de fil blanc, ça cabotine à mort (perso, j’ai toujours trouvé Kyle MacLachlan insupportable en dehors de Twin Peaks), bref, à oublier très vite! On préférera de loin Invasion Los Angeles, sorti un an après, même s’il est foutraque!

https://www.imdb.com/title/tt0093185/?ref_=fn_al_tt_3

Découvertes: Borgman (2013), Panic sur Florida Beach (1993)

Borgman: Que se passerait il si on mélangeait Parasite et Funny Games avec un poil de Cronenberg? Ce qui est bien avec un film comme Borgman, c’est qu’il laisse suffisamment de place aux zones d’ombres qu’il ouvre la porte aux métaphores et aux interprétations (notamment celles autour du déclassement social), sans proposer de fil conducteur trop incohérent qui nous ferait décrocher. Une curiosité hollandaise à voir dans tous les cas!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=220803.html

Panic sur Florida Beach: Très sympathique film (méconnu) de Joe Dante et bien bel hommage aux films d’épouvante des années 50. Teen movie astucieux et matûre, reprenant à son compte les peurs de l’époque (Guerre Froide, tensions avec Cuba, menace atomique), avec un John Goodman en grande forme, Panic est un film qui fait du bien, tellement ça sent la nostalgie et le véritable amour pour les vieilles bobines! A noter que Mant!, le superbe métrage projeté dans le film est trouvable sur le Net…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8176.html

Découvertes/Revisionnage: Maniac Cop (1988), Halloween II (1981), Halloween (2018), Vendredi 13 (1980)

Petite thématique slashers cette seconde semaine de janvier 2021, l’occasion de compléter mes lacunes sur le sujet et de dépoussiérer quelques bobines. Pour l’anecdote, les slashers 80’s correspondent à ma découverte de l’horreur/épouvante au début des années collège. Les franchises Halloween puis Les Griffes de la Nuit (malgré une nette préférence pour cette dernière) sont donc de sacrées madeleines de Proust pour votre hôte, sans que je sois un grand friand de slashers, bien au contraire.

Maniac Cop: Partant d’un postulat prometteur (la figure d’autorité devenant la menace, distillant de fait un climat paranoïaque dans les bas fonds de New York proches d’un Maniac du même réal) mais plombé par un classicisme navrant et un mélange bancal d’action et de slasher au rabais, l’intrigue de ce premier Maniac Cop ne s’étoffe au final que dans sa toute dernière partie (celle qui explique l’histoire de Matt Cordell). Un peu tard, donc, malgré la présence de Bruce Campbell dans les rôles principaux. A noter que Refn et Hyams préparent une série sur l’univers de la trilogie…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=33263.html

Halloween II: Premier slasher vu ado, premier film d’horreur vu en VHS tout court (j’hésitais à vous faire un bonus « souvenirs de vidéo-club » durant ces fêtes, ça n’est que partie remise), étant le genre de tordu aimant bien terminer les franchises par les films originels (Halloween sera une sévère déception, pour le coup), ce second opus m’avait passablement marqué par sa claustrophobie haletante. S’il me restait quelques souvenirs plus de vingt ans en arrière, c’était ceux de Laurie Strode se faisant inlassablement poursuivre par The Shape dans un hôpital glauque… Au final, cela correspond à la toute dernière partie du film, Halloween II prenant son temps (un peu trop par moments, gâchant ainsi la tension de certaines scènes) pour distiller la peur, nous épargnant l’ennuyeux enchaînement de mises à mort au profit de mises en scène plutôt ingénieuses, la première partie relatant le parcours de Myers (plus fourbe dans ce métrage) jusqu’à l’hôpital où est soignée Strode (c’est cet opus que l’on apprend que Myers est son frère). Suite directe de l’original (l’action se passe d’ailleurs la même nuit que les évènements du premier) avec une atmosphère assez similaire (Big John est à la prod et au montage, au désepoir de Rosenthal), il confirme que bien que mal aimé (il est vrai que Lee Curtis n’est pas trop présente à l’écran), cet Halloween II est surtout plein de qualités et sous estimé.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8.html

Halloween: Très intéressé par ce dernier Halloween en date, à l’esprit assez proche de l’original (le remake de Rob Zombie étant efficace mais peu mémorable avec le recul), celui s’avère effectivement une bonne surprise. Visuellement magnifique, bien rythmé, avec moultes clins d’oeil aux deux premiers opus, il prend le parti de faire suite à l’original, avec une Laurie Strode, rescapée vengeresse salement badass (Sarah Connor?) et The Shape, maléfique à souhait. On déplorera juste une fin expédiée un peu à ma va vite. A noter que Gordon Green prépare deux suites prévues pour 2021 et 2022.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238622.html

Vendredi 13: Il se trouve que votre serviteur n’a jamais vu un seul film de la saga Vendredi 13, le côté clichesque de la chose m’en a toujours tenu éloigné. Et…j’aurais dû patienter encore quelques années, voire quelques décennies, tellement j’ai détesté ce que j’ai vu. Enchaînement de morts sans aucune tension (mention spéciale à la daronne Voorhees qui crache sa Valda en moins d’une minute), mauvais acteurs, personnages débiles, final pas crédible, film trop long, bref une accumulation de clichés dignes d’une parodie d’horreur avant l’heure, voilà comment m’est apparu ce Vendredi 13 originel. Le cadre forestier est très mal exploité. Seul le (faux) twist final mérite le coup d’oeil, c’est dire! Ca promet pour le futur cycle « slashers »…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=505.html

Découvertes express: Alice (1988), Le Survivant (1971)

Bon, c’est décidé, hors films cultes et cycles thématiques, les découvertes se feront majoritairement en mode « express ». C’est largement plus pratique.

Alice: Très bonne surprise que ce « Alice » tchèque, à l’univers tout aussi fascinant, créatif que subtilement macabre. Mélange de prises de vues classiques et d’animation (marionnettes en stop motion), le rendu est fluide et l’univers totalement surréaliste, procurant au film une originalité certaine! Je ne vous spoilerai pas plus cette énième adaptation du roman de Lewis Carroll mais je ne conseille pas ce genre de métrage à des enfants en bas âge (à moins que vous ne vouliez les traumatiser durablement -j’ai encore des souvenirs du Vietnam quand je pense à Téléchat alors que j’ai découvert ça à 20 ans passés, donc – mais aussi parce que sans musique et avec peu de dialogues, pas sûr que cela soit très accrocheur pour eux). Une jolie pépite d’onirisme, de second degré et de folie visuelle dans tous les cas! Notez que Jan Švankmajer, le réal, a passablement influencé Tim Burton et Terry Gilliam. Oui, rien que ça! On tentera Faust, Les Conspirateurs du plaisir, Otesánek ou d’autres réalisations du monsieur avec grand plaisir en tout cas!

https://www.imdb.com/title/tt0095715/?ref_=nv_sr_srsg_0

Le Survivant/The Omega man: Je l’avais évoqué dans le dernier podcast, Le Survivant est donc la seconde adaptation du Richard Matheson, plus proche de celle de 2007 par de multiples aspects (métropole vide, personnage principal ayant une formation scientifique,…) que du huit clos « psychologique » avec Vincent Price. Malheureusement bâclé et plombé d’invraisemblances/de trop grosses ficelles, on est aussi plus proche de la série Z que de la dystopie/post apo inventif. Le choix de donner pas mal d’humanité aux membres de la Famille est intéressant mais bien mal utilisé également. Une déception, clairement, loin du monument Soleil Vert où on retrouvera Charlton Heston deux ans plus tard.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10519.html

Découvertes express: Tetsuo (1989), La Forteresse noire (1983), Body Melt (1993), Teeth (2008), Taxidermie (2003)

Tetsuo: Pure claque esthétique, Tetsuo est surtout un métrage cyberpunk totalement possédé et déjanté, avec moultes expérimentations qu’il serait difficile de résumer ici. Même s’il est un poil trop long, le second degré, la musique (Chū Ishikawa) et les FX hallucinés tiennent en haleine. Je me suis demandé dans quelle mesure il n’aurait pas inspiré un certain Edward aux mains d’argent. Impressionnant et avant gardiste au vu du petit budget de ce premier film de Tsukamoto. Petite vidéo du Coin du Bis pour en savoir plus.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10615.html

La Forteresse noire: Nanar kitsch et summum de naiseries politiquement correctes (me rappellant le soporifique Le Labyrinthe de Pan), ce second film de Michael Mann ne vaut que pour son esthétique et sa réalisation. Alors oui, le tournage a visiblement été infernal, mais même la musique de Tangerine Dream est totalement utilisée hors de propos. Il faut le faire quand même! Enfin, ça vient surtout me confirmer que le fantastique, c’est clairement pas ma came.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=31120.html

Body Melt: Premier (et dernier ?) film de Philip Brophy, rappellant forcément pèle mèle Bad Taste, Society ou Street Trash, ce film bis est clairement une pépite à conseiller à tous les amateurs de body-horror! Inventif et fougueux, doté de personnages hauts en couleurs, ce Body Melt est une belle surprise, visiblement encore méconnue, même s’il n’est pas épargné par les défauts reprochés au genre!

https://www.imdb.com/title/tt0106450/?ref_=fn_al_tt_1

Teeth: Film que je voulais voir depuis longtemps (il faut dire que le concept envoie du bois), ne sachant pas trop à quoi m’attendre, ce Teeth s’avère être une correcte comédie noire (et non pas un pur teen movie, comme on aurait pu le croire, ouf), se permettant même un final doublement glauque. Bon équilibre entre gore et fable adolescente (au féminisme subtil qui ferait passer Under the skin pour un nanar en puissance), Teeth est aussi une allégorie sur l’hypocrisie de la société américaine et surtout une révélation: Jess Weixler, qui porte totalement le film.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=125928.html

Taxidermie: Film hongrois revenant pas mal chez les amateurs de genre, Taxidermie est une bonne surprise, à la fois par son esthétique (assez proche d’un Jeunet) et son côté cru/dérangeant (mais rien d’insoutenable non plus). Seulement, je trouve personnellement qu’à part le dernier segment, il est un peu frileux à exploiter pleinement ses thématiques…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54149.html

Découvertes express: La Jetée (1962), Les Documents interdits (1989)

De temps à autres, je vous présenterai une forme express des habituelles chroniques, parce que ma foi, c’est pas forcément nécessaire de faire des pavés alors qu’on peut faire court…ou qu’on a la flemme! Aujourd’hui place à des films français, Monsieur!

La Jetée: Ce film est la preuve qu’avec trois bouts de ficelle, une bonne histoire et de la détermination, on peut arriver à quelque chose! Moyen métrage sous la forme d’un roman photo, mettant en scène un scénario de science fiction dystopique original et efficace, que j’imagine volontiers novateur pour l’époque, ce film est une jolie claque esthétique! La Jetée est aussi connu pour avoir inspiré L’Armée des douze singes de Terry Gilliam (que je n’aime pas spécialement, au passage), la poésie en moins.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=4788.html

Les Documents interdits: Joli petit documentaire compilant treize courts métrages, présentés (et montés) comme documents amateurs véritables sur des phénomènes surnaturels. Le tout était diffusé à la télévision à la fin des années 1980, pour démontrer le pouvoir des images sur l’inconscient collectif. Car évidemment, rien de tout cela n’est vrai! Alors, si on ne frissonne pas des masses devant ces Documents Interdits (certains courts étant clairement en trop), certains se révèlent très intéressants dans leur mise en scène ou leur concepts! Je retiendrai pour ma part essentiellement Le Cas Ferguson, et surtout L’Examen (digne d’un épisode de Black Mirror). Comme quoi X-Files, Gussdx, les creepy pastas et les found footages n’ont finalement rien inventé! Une curiosité sympathique!

https://www.imdb.com/title/tt0258528/?ref_=fn_al_tt_1

Cultes: Millénium, les homme qui n’aimaient pas les femmes (2011), Panic Room (2002)

En préambule, je l’avoue, oui, David Fincher fait partie de mes réal favoris. Son Seven m’a totalement traumatisé quand je l’ai vu ado et fait clairement partie de mon top 5 devant l’éternel. Seulement voilà, à part sur Fight Club, je n’ai jamais tellement retrouvé la folie visuelle et scénaristique qui m’avait accroché dans le second film de l’américain. Je peux même vous l’avouer, je me suis franchement emmerdé devant Zodiac ou Gone Girl. The Social Network, lui, m’a juste gâché mon réveillon 2011 (Lucie, si tu nous lis, je ne te remercie pas) et je crois même avoir fini par m’assoupir devant… Et croyez moi, m’assoupir devant des films, j’ai un certain entraînement pour ça ces dernières années… Comme sur ce Millénium, « aperçu » il y a des annes entre cinq micro siestes par une après midi grise. Mais, les moments où j’ai réussi à garder l’oeil ouvert, j’ai pu tout de même sentir que la noirceur poisseuse qui se dégageait du film me ferait y revenir, tôt ou tard! Il était donc temps de finir la filmo du Monsieur à savoir: Millenium, Panic Room, The Game et L’Etrange histoire de Benjamin Button! C’est parti!

Millenium: Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de sa trilogie, plus précisement) ni vu la série suédoise de 2009 et la trilogie de films qui va avec (avec Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth). On se fera ça à un autre moment, promis, surtout que j’en ai lu beaucoup de bien! Du coup, j’ai cru comprendre que l’adaptation était assez fidèle! Je vous confiance pour vous renseigner sur l’histoire dont je ne parlerai pas ici. Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le pas si mauvais remake des Griffes de la nuit, The Social Network justement ou encore l’excellent Her) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme le thriller est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse et meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire,voire détonnant avec le reste du film, quand il concerne les relations entre Lisbeth et Mikael), grâce à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci est assez indigeste. Plus subtil qu’il n’y paraît, efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

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Panic Room: Là par contre, ce n’est pas la même sauce. Film au scénario plus convenu (il s’agit d’un film de commande), brillant uniquement par ses audaces de mises en scène (sa jolie photo, ses impressionnants effets numériques inspirant certainement un Enter the void, au passage), Panic Room est ce qu’on appelle un film mineur dans la carrière de Fincher. La faute à un casting moyen (Jodie Foster et Jared Leto ne sont franchement pas convaincants, voire irritants pour le dernier), à des personnages de malfrats tellement grotesques qu’ils désamorcent toute tension que le spectateur est censé ressentir (pourquoi d’ailleurs avoir choisi de leur donner autant d’importance?) et celle des victimes sauvent à peine les meubles (Stewart jouant mieux que Foster, même avec trente ans de moins). Et puis, au moment où on est prêt à laisser tomber, arrive une seconde partie où le métrage abandonne tout second degré pour basculer dans le thriller pur, plus sobre, plus noir, plus convaincant. Malheureusement, le mal est fait et même les multiples rebondissements, couplés à le talent de Forest Whitaker (incarnant ici le seul personnage intéressant du récit), n’y feront rien (à l’image de cette interminable scène avec la police où le non sens est de mise) : Panic Room est un film dispensable et se résume définitivement à son concept de base: un huis clos dans une immense maison citadiene de trois étages, doté d’une « pièce de survie ». La belle jambe!

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