Découvertes en salles: The Northman (2022), Crimes of the future (2022), The Batman (2022)

Place maintenant aux sorties en salles de cette année (d’ailleurs relativement pauvre en sorties jusqu’à présent)!

The Northman: Eggers, qui nous a régalé auparavant avec The Witch et surtout The Lighthouse, véritable chef d’oeuvre méconnu lovecraftien à souhait, va-t-il réussir la passe de trois? Avec The Northman, on change un peu de registre pour une quête de vengeance, à mi chemin entre mythologie nordique, fable fantastique et tragédie shakespearienne (la légende scandinave d’Amleth ayant inspiré l’écrivain anglais). Visuellement et au niveau de la mise en scène la patte Eggers est bien présente, les décors irlandais faisant le travail par ailleurs: c’est impressionnant sans être too much et pourtant, les films surfant entre mythologie et fantastique sont beaucoup à pêcher de ce côté là. Ici, pas de huis clos mais bien un périple à ciel ouvert dans un monde sombre et violent. Les acteurs (Skarsgård, Kidman, Taylor-Joy, Dafoe, Hawke, Bang, on a même le plaisir de retrouver Björk dans un petit rôle), dont certains sont des habitués du réalisateur, sont très bons. L’histoire, véritable conte sur le destin, l’amour et la vengeance, tient en haleine tout le long de ses deux heures et quelques, notamment grâce à des petits twists bien placés. Les éléments païens sont traités avec respect et pas juste accessoires, c’est tellement inhabituel que c’est à noter. Le mélange des genres est lui aussi efficace, entre la série Vikings, Conan le Barbare, Valhalla Rising et The Tragedy of Macbeth. Clairement le meilleur film vu cette année en salles jusqu’à présent, malgré quelques faiblesses (univers assez manichéen et finalement peu humanisant). Voilà le genre de films qui mérite un visionnage dans les salles obscures, voilà le genre de cinéma indépendant qu’il est important de soutenir! Robert Eggers confirme donc qu’il est un réal prometteur à suivre de très près (il prépare d’ailleurs un remake du légendaire Nosferatu) dans la catégorie « elevated horror », aux côtés d’Ari Aster et surtout très loin devant les surestimés Jordan Peele, David Robert Mitchell et autres Julia Ducourneau (dont on parlera bientôt du grotesque Titane, parce qu’il est nécessaire de rire de ces insupportables chevaliers blancs en fauteuil roulant).

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Crimes of the future: Cronenberg au cinéma, c’est toujours un petit évènement, surtout au vu de la bande-annonce qui annonçait (enfin!) un retour au body horror qui l’a rendu célèbre (et qu’il boudait depuis près de 20 ans). Cosmopolis restant pour moi une des expériences cinématographiques la plus ennuyeuse de ma vie de cinéphile et le seul film du canadien vu en salles, autant vous dire que je n’étais pas spécialement serein pour autant. Effectivement, le retour à la new flesh frontale ravira les fans de longue date et particulièrement à ceux ayant apprécié Faux Semblants, Crash et Existenz: c’est sulfureux, provoquant et fascinant à la fois, le monde dépeint est glauque est possible (on soupçonnera même un clin d’oeil taquin au foutage de gueule intégral que sont les performances d’art moderne) et H.R. Giger lui même aurait été fier du résultat! Mais…car il y a un gros mais, passée la première demie heure, l’idée principale est bien mal exploitée et ne suffit pas à intéresser sur la durée. Comme les derniers films du réalisateurs, Crimes of the future (aucun lien particulier avec son second long métrage du même titre) passe vite pour un film mal rythmé, lourd et verbeux, où le spectateur passera son temps à essayer de comprendre le pourquoi du comment (à moins que ça ne soit Cronenberg lui même qui ne sait pas quelle direction prendre), d’autant plus que les thématiques font un peu redite face à ses aînés… Reste les acteurs principaux qui s’en sortent honorablement (on aurait aimé voir Kristen Stewart un peu plus à l’écran) et une réflexion à la fois sur ce que ce triste monde moderne laissera aux générations futures comme celle du canadien sur sa propre oeuvre. Un film bien mitigé donc, avec un soupçon de fan service!

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The Batman: Autant le reboot sombre de Nolan était raccord avec ses thématiques et ses personnages, autant ici cette énième adaptation est un parfait reflet du cinéma de divertissement actuel: quelque chose de moyen, suffisamment bon pour ne pas avoir envie de zapper, assez médiocre pour l’oublier une fois consommé ! Bruce Wayne y ressemble à un cliché de vieil émo torturé sur le retour (et je te mets Nirvana en fond histoire de bien te le faire comprendre), le personnage de Catwoman ne sert strictement à rien et de toute façon Zoë Kravitz la joue comme un pied, leur « romance » est d’ailleurs totalement invraisemblable. Et ça ce n’est qu’une partie du problème… C’est simple, je crois qu’à part le visuel à tomber de Gotham, il n’y a rien à sauver ici: trop peu de vilains (Colin Farrell y incarne un Pingouin totalement anecdotique), des faiblesses d’écriture énormes, des personnages peu développés et caricaturaux, des incohérences à la pelle, du wokisme parce que c’est à la mode, une OST insupportable,… Que sont allés faire Robert Pattinson, Jeffrey Wright et Paul Dano dans cette galère? Et en même temps, quelle idée de vouloir repartir dans une veine aussi proche de celle de Nolan avec une telle coquille vide (je dois bien avouer qu’au moment d’écrire ces lignes, je n’ai que peu de souvenirs précis de cette histoire simpliste qui se prétend thriller). Enfin quand on voit l’enthousiasme béat avec lequel ce film a été accueilli on se dit que l’infâme MCU et consorts ont encore hélas de très beaux jours devant eux…

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Découvertes express et revisionnage: la trilogie Batman de Christopher Nolan (Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises)

Toujours aussi peu de temps à consacrer à ce blog mais ma foi, on s’accroche! Petit plaisir de printemps avec une des (très) rares franchises de super-héros qui me parlent, en attendant la chronique de The Batman (2022) !

Batman Begins (2005): Malgré le casting cinq étoiles (Bale, Neeson, le tiercé gagnant Caine/Freeman/Oldman, Holmes, Hauer, Murphy,…) et un univers aussi lèché visuellement que dramatiquement sombre/épique (merci les décors anglais et la musique d’Hans Zimmer), ce premier opus ne parvient pas à masquer un certain nombre de faiblesses (romance bidon, film globalement pauvre en vilains, perso peu fouillés, facilités scénaristiques, tout ça me rappelle le gros point noir des James Bond) et de petites baisses de rythmes que l’on mettra sur le compte du scénario (co-écrit avec David S. Goyer à qui l’on doit ceux de Blade, Dark City et The Crow: La Cité des Anges, autant dire pas un petit joueur question univers ténébreux) qui s’attache à redéfinir toute la mythologie du Chevalier Noir (notamment ses liens avec Ra’s al Ghul) à partir de ses origines… Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est au moins aussi mémorable que le diptyque de Tim Burton et ça permet d’oublier les horreurs signées Schumacher, ce qui n’est pas rien!

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The Dark Knight (2008, revisionnage): Bien qu’il soit sensiblement meilleur dans mes souvenirs, The Dark Knight marque évidemment les esprits pour la prestation mémorable du duo de vilains incarnés par Heath Ledger (dont ce sera hélas le dernier rôle)/Aaron Eckhart (au point d’éclipser totalement notre homme chauve-souris), son scénario bien ficellé et une tonalité nihiliste jamais vu dans un film de super-héros (et si comme moi vous préférez ce ton adulte, jetez vous sur des univers comme ceux de Sin City, The Crow, Robocop, Watchmen, Blade, Constantine, Spawn, The Punisher,…). Par contre, on se demande vraiment comment la fadasse Maggie Gyllenhaal a pu être embauchée sur le projet (elle réussit à faire pire que Holmes, c’est pas rien!)… Clairement l’opus le plus solide et le plus osé du reboot de Nolan (il faut dire qu’ici les personnages sont développés et le montage maîtrisé), alors inutile d’en dire plus!

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The Dark Knight Rises (2012): Episode final qui, une fois de plus, malgré son casting impressionnant (les excellents Hardy et Hathaway qui auraient mérité un meilleur traitement de leurs personnages, Cotillard, Temple, Gordon-Levitt,…) et de bons twists, sombre dans de fâcheuses invraisemblances scénaristiques (inutile de les citer, elles sont légion) qui tendent à contrebalancer le reste… Ca reste plus haletant que Batman Begins mais, à l’image de beaucoup trop de films de Nolan, cela prouve surtout que trop miser sur un concept et le visuel (surtout avec ce Gotham là plus proche de Manhattan que de Chicago) ne suffisent pas pour clouer le spectateur à son siège pendant plus de deux heures! Il n’en reste pas moins que Christopher Nolan achève ici ce qui se fait de mieux dans les sagas de super-héros qui ne confondent pas blockbusters taillés pour les salles et divertissements débiles (coucou le MCU et ses fanboys insupportables!).

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Découvertes express: Coherence (2013), Vampires en toute intimité (2014), Massacre à la tronçonneuse (2003)

Coherence: Sorte de Primer sans le côté too much, thriller intimiste et intelligent nappé d’une bonne dose de hard SF, Coherence réussit à insuffler une ambiance paranoïaque et anxiogène avec peu de moyens (budget de 50 000 dollars) mais un synopsis simple et percutant (un groupe d’amis de longue date se retrouve pour un repas alors qu’une comète passant dans le coin est potentiellement à l’origine d’une panne électrique générale). Introduisant la théorie du chat de Schrödinger et donc la présence d’univers parallèles/doubles comme son successeur plus connu, montrant peu de choses mais suggérant beaucoup (on est pas pris inutilement par la main comme dans Tenet donc), ce quasi huis clos dissèque également la question des relations sociales, des microcosmes face à un danger inconnu. Une bien belle découverte sur des sujets quantiques suggérée par Intercut (qui a bien grandi depuis et que je ne vous recommanderai jamais assez)!

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Vampires en toute intimité: Mockumentaire très drôle (je n’ai pas le souvenir d’avoir autant reniflé devant un film depuis un bon bout de temps) de/avec Taika Waititi sur un clan de vampires vivant en collocation, Vampires en toute intimité vaut assurément le coup d’oeil. Vraiment bien dosé, si les moments de malaise succulents de The Office, C’est arrivé près de chez vous ou d’un bon vieux Borat des familles, que les équipes de losers magnifiques vous parlent, jetez vous y dessus sans hésiter! A noter que la VF du film (visiblement controversée) est assurée par Astier, Salomone, Testot, Nicolas et Bruno et qu’il existe une série du même nom sur le même univers (dont Waititi est d’ailleurs producteur).

https://www.imdb.com/title/tt3416742/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse (remake/reboot): Remake que je voulais voir depuis longtemps au vu de sa réputation et qui se laisse agréablement regarder, ce cinquième opus de la saga maudite (une de plus!) prend évidemment des libertés avec le modèle originel tout en conservant son côté glauque et poisseux qui faisait tout son sel (même si on est ici dans une frontalité assez assumée façon Aja avec La Colline a des yeux). On évite donc une repompe génante et inutile de la scène du repas (exemple pris au hasard) puisque Marcus Nispel semble avoir compris l’essence même de TCM et prend bien son temps pour installer ses personnages, ses ambiances et surtout son visuel. Cela fait vraiment plaisir, tellement cet amour du détail et du travail bien fait sans tomber dans le fan service reste bien rare dans le cinéma de genre actuel! Leatherface (campé ici par Andrew Bryniarski, qu’on retrouvera dans l’opus suivant trois ans plus tard, préquelle du film ici chroniqué) est très réussi, les acteurs s’en sortent globalement bien et on retrouve avec plaisir quelques tronches plus ou moins connues: Biel, Leerhsen, Lee Ermey, Tucker, Vogel,… On se fera donc le remake de Vendredi 13 du même monsieur avec un certain intérêt maintenant (de toute façon il ne peut pas être plus nullissime que l’original)!

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Découvertes express: L’Invasion des morts-vivants (1966), The Prophecy (1995)

L’Invasion des morts-vivants/The Plague of the Zombies: Ouvrant une voie royale pour un certain Georges Romero, ce film vaut surtout le coup d’oeil pour son utilisation moderne de la figure du zombie, désormais pourrissant à souhait, sortant directement de sa tombe! Reprenant tout le décorum vaudou/Haïti (alors en vogue dans les films de zombies d’époque) mais n’oubliant pas le cahier des charges Hammer pour autant: scènes extérieures nombreuses, décors réussis (réutilisés pour deux Dracula et La Femme Reptile), personnages bien campés (mention spéciale à John Carson) et assez de petites originalités pour rendre le visionnage agréable! On ne va pas tarder à entamer officiellement un cycle Hammer Films, d’ailleurs, tellement je manque de références pour les films de cette époque. A noter que c’est l’unique film du studio qui traîte de cette thématique!

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The Prophecy: Dans le genre films de série B ayant bénéficié d’un certain « culte » (franchise de cinq films l’air de rien) se révélant tellement verbeux à souhait qu’on les regarde distraitement avec un oeil rivé sur l’horloge, The Prophecy se pose en maître! Même s’il faut avouer que Christopher Walken en roue libre dans le rôle de l’archange Gabriel (sans oublier Mortensen dans celui de Lucifer) peut vendre du rêve, le sous-texte religieux est absolument abominable de lourdeurs (minant totalement l’histoire qui aurait pu jouer sa carte de l’originalité)! Sans parler du manque de rythme! Preuve de plus que le fantastique pur n’est décidemment pas ma came…

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Découvertes express: Manhunter (1986), Les Vierges de Satan (1968)

Manhunter/Le Sixième Sens: Première adaptation de Dragon Rouge de Thomas Harris, ce troisième film de Michael Mann ne démérite pas à côté du mythique Le Silence des Agneaux, grâce à un casting (William Petersen, Tom Noonan, Brian Cox), une mise en scène, des lumières et une BO aux petits oignons (le final sur In a gadda da vida, putain!). Subtile (le manichéisme n’est pas vraiment la tasse de thé de Mann et c’est tant mieux) et poisseuse à souhait, cette enquête opposant un profiler jusqu’au boutiste et une paire de serial killers machiavéliques (Cox campera un Hannibal Lecktor qu’on verra finalement peu mais qui marquera par son détachement quasi inhumain) vous tiendra en haleine tout au long de ses deux heures! Moins dans la surenchère visuelle que la trilogie qui suivra (Le Silence, Hannibal, Dragon Rouge) certes, mais au moins tout aussi fascinant!

https://www.imdb.com/title/tt0091474/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin: une des dernières émissions de 35mm de podcast consacré à Michael Mann

Les Vierges de Satan/The Devil Rides Out: Film pourtant assez bien côté de la Hammer, The Devil Rides Out se révèle finalement très verbeux et ennuyeux à souhait, aspects que même Christopher Lee (cette fois ci dans le rôle du protagoniste expérimenté) et Charles Gray ne réussiront pas à sauver. Sérieusement kitsch, présentant peu d’éléments fantastiques (ce qui n’est pas un mal quand on traîte d’un sujet aussi casse gueule que les sectes satanistes mais tout de même), le format film à suspense ne prend clairement pas au point que j’ai coupé avant la fin! Quand on sait que Matheson est au scénario et Fisher à la réal, la déception est grande!

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Découvertes express: L’Âge d’or (1930), Under the skin (2013)

L’Âge d’or: Elu premier vrai film de merde de ce blog (c’est pas rien), ce premier film de Luis Buñuel prouve que la force du surréalisme… ne survit pas sur de longs métrages. Un Chien andalou passait, mais là c’est juste un alignement des scènes cryptiques, sans véritable lien entre elles, vides de sens, sans intérêt, bêtement provocatrices (en vérité aussi sulfureuses que des fils à papa antifa…ou des féministes modernes, comme ça pas de jaloux), ne suffit pas à faire une oeuvre. Quitte à proposer un ovni, Buñuel aurait pu proposer quelque chose de métaphorique, d’esthétique, de vaguement expérimental (comme le sublime Vampyr de Dreyer), de foncièrement rebelle mais non, quitte à être nul, il l’est jusqu’au bout… Du foutage de gueule, pur et simple, assez représentatif de ce que l’on essaye de faire passer pour de l’art de nos jours… Mais qu’on se rassure, on trouve toujours des cons pour apprécier vu ce que j’ai pu lire sur le Web!

https://www.imdb.com/title/tt0021577/?ref_=fn_al_tt_1

Under the skin: Une jolie coquille…vide, cette adaptation du livre de Michel Faber est à l’image du personnage interprété par Johansson: tellement énigmatique qu’elle en devient rengaine et sans intérêt. Nocturnal Animals faisait déjà fort dans le genre, mais il y avait au moins un scénario. Si la claque esthétique est certaine, je pense sincèrement qu’il n’y a pas grand chose à comprendre dans ce film, où là aussi, la masturbation intellectuelle (avec évidemment un sale arrière goût de féminisme primaire en sus, ouh comme c’est original) a l’air d’être plus important que le reste…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187462.html

Découverte série: Channel Zero (2016)

Pour les retardataires comme moi, rappelons que Channel Zero est une série d’anthologie d’horreur basé sur différentes creepypastas.

Saison 1 (Candle Cove): Le gros point fort de cette première saison (basée en partie sur la creepypasta Candle Cove), c’est son ambiance, étrange et malsaine mais finalement assez indéfinissable (quelque part entre Dark et Twin Peaks) et ponctuée de bons twists. Le suspense est donc agréablement maintenu tout le long de six épisodes. De l’autre côté, ceux qui attendent un rythme effréné auront sans doute ragequit dès les premiers épisodes et la manie de vouloir toujours tout expliquer devient un peu pénible sur la fin de la saison.

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Saison 4 (The Dream Door): Malheureusement trop peu d’enjeux sur cette saison passée la moitié des épisodes malgré un boogeyman très efficace… On retrouve les soucis de rythme qui pointaient déjà pendant la saison 1. On notera ici aussi une ambiance assez Twin Pinksesque!

En conclusion (temporaire, n’ayant pas vu les saisons 2 et 3 dans leur totalité), une bonne petite série, originale par bien des aspects mais qui pêche grandement dans son écriture par moments. Rajoutez à cela une production typée téléfilm et il est clair qu’on ne recommandera Channel Zero qu’aux plus curieux d’entre vous!

Découvertes express: Les Moissons du ciel (1978), Messiah of Evil (1973), Bug (2006)

Les Moissons du Ciel: On se lance enfin à la découverte approfondie de Terrence Mallick avec son second métrage qui imposera la patte du réal comme une des plus singulières du Nouvel Hollywood: rythme contemplatif, voix off omniprésente, narration laissant une large part aux images plus qu’au dialogues/scénario. Les plans sont tout bonnement ultimes, de ceux tournés pendant l’heure bleue aux superbes plans d’incendie de fin, en passant par des gros plans et des paysages au rendu quasi documentaire. Les choix musicaux aidant vraiment ces images à voler la vedette aux acteurs (certains sont même devenus des hymnes cinématographiques pour certains). Car oui, on ne va pas se mentir, l’histoire du triangle amoureux, même s’il est mené par des acteurs solides (Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard) et malgré le côté historique réussie sur l’Amérique rurale, son évolution forcée vers la modernité, est finalement assez vaseux et bien secondaire. Le final, dramatique à souhait, rattrape heureusement cet aspect là. Côté thématiques, on laissera tout ça à votre appréciation: liberté, errance, condition sociale, révolution industrielle, punition divine,… Un film à la beauté imparfaite mais unique, quoi qu’il en soit!

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Messiah of Evil: Entamé il y a des années, il était temps de ré-essayer celui ci! Il faut dire que le rythme du métrage rebute pas mal le spectateur non aguerri! Et finalement, on découvre un film avant gardiste et unique en bien des points! Côté points forts, l’ambiance cauchemardesque/lovecraftienne à souhait (façon Le Cauchemar d’Innsmouth), la variation moderne sur la thématique zombie (ou plutôt goule/vampire) des années avant Zombie/Down Of The Dead et évidemment les décors inquiétants comme jamais/jeux de lumière (Mario Bava n’est jamais loin). Côté plombs dans l’aile: le rythme sous laxatif donc, les personnages aux réactions lunaires (en particulier le trouple) et l’OST quelquefois à la ramasse. Un film fatalement inégal certes mais qui reste une véritable expérience, tout en suggestions, avec des passages hallucinés, bref de l’épouvante vintage dans le sens noble du terme!

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Bug: Totalement saucé par The French Connection, je me suis avalé un autre film de Friedkin dans la foulée. Récent, tant qu’à faire. Bien mal m’en a pris car ce Bug, même s’il présente des idées intéressantes (notamment ce cadre rural crade à souhait, son côté huis clos et un quasi body-horror somme toute très simple mais efficace), est excessif en tout. Dans son traitement de la conspiration, dans le surjeu constant de la folie/paranoïa, dans son scénario tiré par les cheveux, dans ses personnage caricaturaux aux comporetements improbables,… C’est simple, si ce film était sorti maintenant, on pourrait tout à fait croire qu’il s’agit de l’oeuvre de pro-vax (ou autres crétins de compétition) sur la situation actuelle, confondant les pires spécimens conspirationnistes 5G/qui votent RN/obsédés par les reptiliens/qui les empêchent de retrouver laviedavant en tuant volontairement des vieux (ou autre lieu commun médiatique) avec ceux qui se posent légitimement des questions sur le monde de plus en plus infâme qui les entourent… Ce manque total de nuance sort évidemment le spectateur du film! Bref, un film globalement ridicule et malaisant…

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Découvertes: Les Yeux sans visage (1960), La Proie d’une ombre (2020), Ne vous retournez pas (1973)

Les Yeux sans visage: Classique incontournable de l’épouvante/fantastique vintage, le métrage de Franju a passablement vieilli, malgré sa sobriété et son esthétisme certains. Mais s’il reste empreint d’un certain classicisme pour nos yeux modernes et blasés, ce métrage aura eu une influence avérée (Halloween pour n’en citer qu’un ou encore l’excellent La Piel que habito comme hommage le plus évident) sur le cinéma de genre au point de motiver certains remakes plus ou moins opportunistes (Jess Franco nous entends tu?) et a dû terrifier un bon nombre de spectateurs à l’époque (les scènes sanglantes ne nous sont pas épargnées et sont relativement efficaces/réalistes, en poussant un peu, on peut même y voir les prémisses du body-horror), notamment avec cette relation père-fille malsaine à souhait (et que dire de sa secrétaire?) et une fin assez inattendue, d’une poésie rare! Le Monstre a décidement bien des visages!

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La Proie d’une ombre: Et dire que j’ai failli voir celui ci en salles… Thriller fantastique/psychologique terriblement vendeur de par sa bande-annonce énigmatique (qui annonçait carrément de l’épouvante/horreur…qui ne sera qu’un prétexte à une histoire dramatique) mais qui se révèle un vrai supplice à regarder: verbeux, lent, volontairement flou au point d’en devenir imbuvable, semblant hésiter entre les genres cinématographiques et tellement ennuyeux que même les rares révélations tombent systématiquement à plat. C’est simple, j’ai cru à plusieurs reprises me retrouver devant une série B Netflix! J’imagine que l’auteur de ce méfait (David Bruckner, pourtant réalisateur de The Signal, V/H/S, Le Rituel) a beaucoup trop regardé A Ghost Story (pas encore vu de mon côté) vu la proximité des thématiques (deuil, isolement, etc.) mais malgré ses prétentions livre au final un film où il ne se passe littérament rien d’impactant pour l’héroïne (Rebecca Hall, qui s’en sort bien mais dont le personnage génère juste un désintérêt poli) pendant près de deux heures (un comble pour un thriller)… Il aurait finalement mieux valu traiter la chose de manière plus classique!

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Ne vous retournez pas: Puisqu’on parle de film sur le deuil, voyant revenir plusieurs fois ce drame (teinté de thriller et de fantastique) dans diverses listes et tops, la curiosité a été plus forte que tout! Au final, l’incompréhension est grande car le métrage accuse clairement le poids des nombreuses décennies, en plus de souffrir d’un gros souci de rythme. Narrant l’histoire d’un couple passablement fragilisé par la mort accidentelle de leur fille (opposant une femme assez crédule à un homme plutôt sceptique mais assailli de prémonitions) et mené par de redoutables acteurs (Julie Christie et Donald Sutherland), il se révèle finalement assez prévisible dans l’ensemble (seule la fin relève un peu le niveau) même si le suspense est admirablement entretenu. On aura en revanche rarement vu une Venise aussi glauque, autant par la descente aux enfers de ce couple que par la présence d’un tueur qui rôde dans les alentours. Le véritable tour de force de Ne vous retournez pas réside surtout dans cette impression croissante de superpositions de réalité et de fantasmes, de visions et de doutes, rendant le quotidien de ce John Baxter aussi parano que le spectateur lui même! Pas très loin d’un De Palma ou d’un Polanski tout compte fait!

https://www.imdb.com/title/tt0069995/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: La Troisième Mère (2007), Possessor (2020), Dune (2021)

La Troisième Mère/Mother of Tears: Clôturant la trilogie des gialli fantastiques initiée par Suspiria, Mother of Tears se révèle être un gigantesque nanar en puissance, avec une réalisation digne de téléfilm où le surjeu et l’absence de charisme est omniprésent (faudrait peut être veiller à arrêter de nous infliger ta fille à tout prix aussi, Dario). Ah oui, j’oubliais, le scénario est tellement cousu de fil blanc et bordélique à la fois que j’ai même pas pu arriver au bout. Où est l’ambiance onirique et le visuel d’un Suspiria ou d’un Inferno par exemple? Etait on réellement obligé de clôre avec cette parodie de giallo cheapos (à l’image de ses sorcières vulgaires à souhait)? Je savais que la fin de carrière de Dario Argento était naze mais là on est clairement en dessous du supportable…

https://www.imdb.com/title/tt0804507/?ref_=nv_sr_srsg_0

Même en cadrant réduit, on dirait un « cortège » de militants LFI dans une manif avec de vrais enjeux populaires

Possessor: Je ne sais pas ce qui m’a le plus dérangé dans ce second film de Brandon Cronenberg (fils de David, oui). L’ambiance froide et une trop grande proximité thématique (à savoir ici un concept liant nouvelles technologies et corps humains, parasites et hôtes, à mi chemin entre Inception, Existenz et Black Mirror, avec paranoïa et traumas en prime) avec celles de son géniteur? Le rythme, bien trop lent par moments? Le scénario un peu flou qui perd le spectateur plus que de raison? Le propos faiblard et timoré du métrage alors que Papounet et ses réflexions avant gardistes sur l’humain et la modernité rendaient n’importe quelle histoire fascinante à explorer? Le tout reste quand même intéressant, grâce à une mise en scène, un montage et des effets spéciaux plus que corrects, avec un surplus de violence qui manque cruellement à Cronenberg senior sur ses derniers films. Possessor est avant tout une expérience sensorielle (c’est ce qu’on souhaite quand on prononce le nom Cronenberg, non?), à mi chemin entre SF, thriller et horreur mais manque quand même fatalement de personnalité!

https://www.imdb.com/title/tt5918982/?ref_=nv_sr_srsg_0

Dune: Après nous avoir fait mariner pendant près d’un an, Dune se révèle t il un bon blockbuster? Villeneuve a t il réussi à s’approprier un pan mythique de la SF comme il l’avait fait avec Blade Runner 2049? Oui, mille fois oui! Visuellement la claque est magistrale (en même temps c’est Villeneuve), magnifiée par la BO d’Hans Zimmer (quoi que criarde par moments). Dépaysant, prenant, bien rythmé, si tous les blockbusters pouvaient en faire autant, on verrait sans doute d’un autre oeil la standardisation du cinéma actuel à la sauce MCU/Star Wars! Le tout avec un choix audacieux d’acteurs relativement peu (Chalamet, Zendaya) ou moyennement connus (Ferguson, Isaac) tandis que les « stars » sont relayés aux seconds rôles (Momoa, Bardem, Skarsgård, Brolin, Rampling,…). Alors, oui, on pourra toujours pinailler que même si Villeneuve est un adepte du roman originel et que cela se ressent par moments, le film manque un poil de personnalité: un désert finalement peu hostile aux protagonistes (qui auraient mérité un peu plus d’approfondissement), un manichéisme prononcé et une dimension spirituelle et politique peu présente (délaissée au profit d’une future romance et d’un lourd propos sur le destin) mais ne boudons pas notre plaisir, vu l’exercice casse-gueule que c’était! N’ayant vu que l’incroyable Jodorowsky’s Dune et ne connaissant pas plus que ça le bouquin de Herbert, je n’irai pas plus loin dans l’analyse! RDV donc dès 2022 pour le second volet!

Pour aller plus loin

https://www.imdb.com/title/tt1160419/?ref_=nm_flmg_dr_5