Découverte série: Channel Zero (2016)

Une fois n’est pas coutume, on va parler série! Venant de finir la saison une, mon avis ne concernera donc que Candle Cove (saison 1)…

Pour les retardataires comme moi, rappelons que Channel Zero est une série d’anthologie d’horreur basé sur différentes creepypastas. Le gros point fort de cette première saison (basée en partie sur la creepypasta Candle Cove), c’est son ambiance, étrange et malsaine mais finalement assez indéfinissable (quelque part entre Dark et Twin Peaks) et ponctuée de bons twists. Le suspense est donc agréablement maintenu tout le long de six épisodes. De l’autre côté, ceux qui attendent un rythme effréné auront sans doute ragequit dès les premiers épisodes et la manie de vouloir toujours tout expliquer devient un peu pénible sur la fin de la saison. Mais en tout cas, Channel Zero reste une série originale qu’on poursuivra avec grand intérêt sur les trois autres saisons restantes!

https://www.imdb.com/title/tt4820370/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes express: Les Moissons du ciel (1978), Messiah of Evil (1973), Bug (2006)

Les Moissons du Ciel: On se lance enfin à la découverte approfondie de Terrence Mallick avec son second métrage qui imposera la patte du réal comme une des plus singulières du Nouvel Hollywood: rythme contemplatif, voix off omniprésente, narration laissant une large part aux images plus qu’au dialogues/scénario. Les plans sont tout bonnement ultimes, de ceux tournés pendant l’heure bleue aux superbes plans d’incendie de fin, en passant par des gros plans et des paysages au rendu quasi documentaire. Les choix musicaux aidant vraiment ces images à voler la vedette aux acteurs (certains sont même devenus des hymnes cinématographiques pour certains). Car oui, on ne va pas se mentir, l’histoire du triangle amoureux, même s’il est mené par des acteurs solides (Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard) et malgré le côté historique réussie sur l’Amérique rurale, son évolution forcée vers la modernité, est finalement assez vaseux et bien secondaire. Le final, dramatique à souhait, rattrape heureusement cet aspect là. Côté thématiques, on laissera tout ça à votre appréciation: liberté, errance, condition sociale, révolution industrielle, punition divine,… Un film à la beauté imparfaite mais unique, quoi qu’il en soit!

https://www.imdb.com/title/tt0077405/?ref_=nv_sr_srsg_0

Messiah of Evil: Entamé il y a des années, il était temps de ré-essayer celui ci! Il faut dire que le rythme du métrage rebute pas mal le spectateur non aguerri! Et finalement, on découvre un film avant gardiste et unique en bien des points! Côté points forts, l’ambiance cauchemardesque/lovecraftienne à souhait (façon Le Cauchemar d’Innsmouth), la variation moderne sur la thématique zombie (ou plutôt goule/vampire) des années avant Zombie/Down Of The Dead et évidemment les décors inquiétants comme jamais/jeux de lumière (Mario Bava n’est jamais loin). Côté plombs dans l’aile: le rythme sous laxatif donc, les personnages aux réactions lunaires (en particulier le trouple) et l’OST quelquefois à la ramasse. Un film fatalement inégal certes mais qui reste une véritable expérience, tout en suggestions, avec des passages hallucinés, bref de l’épouvante vintage dans le sens noble du terme!

https://www.imdb.com/title/tt0071396/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bug: Totalement saucé par The French Connection, je me suis avalé un autre film de Friedkin dans la foulée. Récent, tant qu’à faire. Bien mal m’en a pris car ce Bug, même s’il présente des idées intéressantes (notamment ce cadre rural crade à souhait, son côté huis clos et un quasi body-horror somme toute très simple mais efficace), est excessif en tout. Dans son traitement de la conspiration, dans le surjeu constant de la folie/paranoïa, dans son scénario tiré par les cheveux, dans ses personnage caricaturaux aux comporetements improbables,… C’est simple, si ce film était sorti maintenant, on pourrait tout à fait croire qu’il s’agit de l’oeuvre de pro-vax (ou autres crétins de compétition) sur la situation actuelle, confondant les pires spécimens conspirationnistes 5G/qui votent RN/obsédés par les reptiliens/qui les empêchent de retrouver laviedavant en tuant volontairement des vieux (ou autre lieu commun médiatique) avec ceux qui se posent légitimement des questions sur le monde de plus en plus infâme qui les entourent… Ce manque total de nuance sort évidemment le spectateur du film! Bref, un film globalement ridicule et malaisant…

https://www.imdb.com/title/tt0470705/?ref_=nv_sr_srsg_6

Découvertes: Les Yeux sans visage (1960), La Proie d’une ombre (2020), Ne vous retournez pas (1973)

Les Yeux sans visage: Classique incontournable de l’épouvante/fantastique vintage, le métrage de Franju a passablement vieilli, malgré sa sobriété et son esthétisme certains. Mais s’il reste empreint d’un certain classicisme pour nos yeux modernes et blasés, ce métrage aura eu une influence avérée (Halloween pour n’en citer qu’un ou encore l’excellent La Piel que habito comme hommage le plus évident) sur le cinéma de genre au point de motiver certains remakes plus ou moins opportunistes (Jess Franco nous entends tu?) et a dû terrifier un bon nombre de spectateurs à l’époque (les scènes sanglantes ne nous sont pas épargnées et sont relativement efficaces/réalistes, en poussant un peu, on peut même y voir les prémisses du body-horror), notamment avec cette relation père-fille malsaine à souhait (et que dire de sa secrétaire?) et une fin assez inattendue, d’une poésie rare! Le Monstre a décidement bien des visages!

https://www.imdb.com/title/tt0053459/?ref_=fn_al_tt_1

La Proie d’une ombre: Et dire que j’ai failli voir celui ci en salles… Thriller fantastique/psychologique terriblement vendeur de par sa bande-annonce énigmatique (qui annonçait carrément de l’épouvante/horreur…qui ne sera qu’un prétexte à une histoire dramatique) mais qui se révèle un vrai supplice à regarder: verbeux, lent, volontairement flou au point d’en devenir imbuvable, semblant hésiter entre les genres cinématographiques et tellement ennuyeux que même les rares révélations tombent systématiquement à plat. C’est simple, j’ai cru à plusieurs reprises me retrouver devant une série B Netflix! J’imagine que l’auteur de ce méfait (David Bruckner, pourtant réalisateur de The Signal, V/H/S, Le Rituel) a beaucoup trop regardé A Ghost Story (pas encore vu de mon côté) vu la proximité des thématiques (deuil, isolement, etc.) mais malgré ses prétentions livre au final un film où il ne se passe littérament rien d’impactant pour l’héroïne (Rebecca Hall, qui s’en sort bien mais dont le personnage génère juste un désintérêt poli) pendant près de deux heures (un comble pour un thriller)… Il aurait finalement mieux valu traiter la chose de manière plus classique!

https://www.imdb.com/title/tt9731534/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ne vous retournez pas: Puisqu’on parle de film sur le deuil, voyant revenir plusieurs fois ce drame (teinté de thriller et de fantastique) dans diverses listes et tops, la curiosité a été plus forte que tout! Au final, l’incompréhension est grande car le métrage accuse clairement le poids des nombreuses décennies, en plus de souffrir d’un gros souci de rythme. Narrant l’histoire d’un couple passablement fragilisé par la mort accidentelle de leur fille (opposant une femme assez crédule à un homme plutôt sceptique mais assailli de prémonitions) et mené par de redoutables acteurs (Julie Christie et Donald Sutherland), il se révèle finalement assez prévisible dans l’ensemble (seule la fin relève un peu le niveau) même si le suspense est admirablement entretenu. On aura en revanche rarement vu une Venise aussi glauque, autant par la descente aux enfers de ce couple que par la présence d’un tueur qui rôde dans les alentours. Le véritable tour de force de Ne vous retournez pas réside surtout dans cette impression croissante de superpositions de réalité et de fantasmes, de visions et de doutes, rendant le quotidien de ce John Baxter aussi parano que le spectateur lui même! Pas très loin d’un De Palma ou d’un Polanski tout compte fait!

https://www.imdb.com/title/tt0069995/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: La Troisième Mère (2007), Possessor (2020), Dune (2021)

La Troisième Mère/Mother of Tears: Clôturant la trilogie des gialli fantastiques initiée par Suspiria, Mother of Tears se révèle être un gigantesque nanar en puissance, avec une réalisation digne de téléfilm où le surjeu et l’absence de charisme est omniprésent (faudrait peut être veiller à arrêter de nous infliger ta fille à tout prix aussi, Dario). Ah oui, j’oubliais, le scénario est tellement cousu de fil blanc et bordélique à la fois que j’ai même pas pu arriver au bout. Où est l’ambiance onirique et le visuel d’un Suspiria ou d’un Inferno par exemple? Etait on réellement obligé de clôre avec cette parodie de giallo cheapos (à l’image de ses sorcières vulgaires à souhait)? Je savais que la fin de carrière de Dario Argento était naze mais là on est clairement en dessous du supportable…

https://www.imdb.com/title/tt0804507/?ref_=nv_sr_srsg_0

Même en cadrant réduit, on dirait un « cortège » de militants LFI dans une manif avec de vrais enjeux populaires

Possessor: Je ne sais pas ce qui m’a le plus dérangé dans ce second film de Brandon Cronenberg (fils de David, oui). L’ambiance froide et une trop grande proximité thématique (à savoir ici un concept liant nouvelles technologies et corps humains, parasites et hôtes, à mi chemin entre Inception, Existenz et Black Mirror, avec paranoïa et traumas en prime) avec celles de son géniteur? Le rythme, bien trop lent par moments? Le scénario un peu flou qui perd le spectateur plus que de raison? Le propos faiblard et timoré du métrage alors que Papounet et ses réflexions avant gardistes sur l’humain et la modernité rendaient n’importe quelle histoire fascinante à explorer? Le tout reste quand même intéressant, grâce à une mise en scène, un montage et des effets spéciaux plus que corrects, avec un surplus de violence qui manque cruellement à Cronenberg senior sur ses derniers films. Possessor est avant tout une expérience sensorielle (c’est ce qu’on souhaite quand on prononce le nom Cronenberg, non?), à mi chemin entre SF, thriller et horreur mais manque quand même fatalement de personnalité!

https://www.imdb.com/title/tt5918982/?ref_=nv_sr_srsg_0

Dune: Après nous avoir fait mariner pendant près d’un an, Dune se révèle t il un bon blockbuster? Villeneuve a t il réussi à s’approprier un pan mythique de la SF comme il l’avait fait avec Blade Runner 2049? Oui, mille fois oui! Visuellement la claque est magistrale (en même temps c’est Villeneuve), magnifiée par la BO d’Hans Zimmer (quoi que criarde par moments). Dépaysant, prenant, bien rythmé, si tous les blockbusters pouvaient en faire autant, on verrait sans doute d’un autre oeil la standardisation du cinéma actuel à la sauce MCU/Star Wars! Le tout avec un choix audacieux d’acteurs relativement peu (Chalamet, Zendaya) ou moyennement connus (Ferguson, Isaac) tandis que les « stars » sont relayés aux seconds rôles (Momoa, Bardem, Skarsgård, Brolin, Rampling,…). Alors, oui, on pourra toujours pinailler que même si Villeneuve est un adepte du roman originel et que cela se ressent par moments, le film manque un poil de personnalité: un désert finalement peu hostile aux protagonistes (qui auraient mérité un peu plus d’approfondissement), un manichéisme prononcé et une dimension spirituelle et politique peu présente (délaissée au profit d’une future romance et d’un lourd propos sur le destin) mais ne boudons pas notre plaisir, vu l’exercice casse-gueule que c’était! N’ayant vu que l’incroyable Jodorowsky’s Dune et ne connaissant pas plus que ça le bouquin de Herbert, je n’irai pas plus loin dans l’analyse! RDV donc dès 2022 pour le second volet!

Pour aller plus loin

https://www.imdb.com/title/tt1160419/?ref_=nm_flmg_dr_5

Découvertes: Kwaïdan (1964), Mean Streets (1973)

Kwaïdan: En une phrase: c’est beau mais c’est long. Et lent aussi! Film japonais fantastique à quatre segments datant des années 1960 (mais tous du même réal: Masaki Kobayashi) et adaptés de romans du début XXe, on ne peut qu’être ébahi devant la qualité esthétique exceptionnelle du métrage, des paysages aux costumes (c’est produit par la Toho en même temps), la bande son (Tōru Takemitsu) et la mise en scène frôlant également la perfection. Mais pour le reste, notamment les scénarios (même si j’ai une nette préférence pour le segment le plus « traditionnel », Hoïchi sans oreilles), ça a quand même méchamment vieilli! Dommage!

https://www.imdb.com/title/tt0058279/?ref_=nv_sr_srsg_0

Mean Streets: Troisième métrage et film en partie autobiographique de Scorsese sur sa vie à Little Italy, Mean Streets est finalement un brouillon des films pour lesquels Scorcese est connu du grand public: le film sur la mafia. La fameuse lumière rouge est déjà là, la mise en scène ingénieuse (passant d’une focale à une autre), les personnages truculents, les excès de violence, les beuveries amicales et les tentatives de rédemption aussi. Le plus gros souci du métrage étant le scénario qui ne semble pas trop où aller, comme les péripéties des deux protagonistes, incarnés par les jeunes Keitel et De Niro (qui crèvent l’écran dans un tandem jeune prodige/chien fou, malgré quelques fausses notes). C’est d’ailleurs à mon sens le principal propos du film: filmer des petits malfras dans leurs errances, leurs faiblesses, bref leur humanité. La bande son de l’époque est excellente: les Stones, Cream et j’en passe!

https://www.imdb.com/title/tt0070379/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Le Locataire (1976), Massacre à la tronçonneuse 2 (1986), Invisible Man (2020)

Le Locataire: Adaptation du roman de Roland Topor (Le Locataire chimérique, dont on retrouve aisément le ton cynique et kafkaïen dans le métrage) clotûrant la trilogie sur les appartements maudits (après Répulsion et Rosemary’s Baby), Le Locataire est encore une fois un exemple de la maîtrise du polonais dans ses thématiques de prédilection (ambiance malsaine et cauchemardesque, pression sociale/complot, maladies psychiques diverses -notamment la paranoïa et la schizophrénie-, autant dire que Lynch et Cronenberg ne sont pas très loin), l’appartement du héros, reflet de la psyché de Mr Trelkovsky, jouant encore une fois son rôle de catalyseur avant l’explosion finale, à savoir le dédoublement. Ce huis clos total rondement mené par un beau casting (Adjani mais surtout une ribambelle de trognes que n’aurait pas renié un Jeunet période Delicatessen) est toutefois non dénué d’humour (les plus observateurs auront repéré la présence de trois figures du Splendid dans les seconds rôles). Grâce à un scénario bien ficelé (sujet à de multiples interprétations, allant bien au delà du rapport à l’autre), une bande son et une mise en scène au poil (absolument géniale dans les moments de panique du protagoniste), le métrage offre un bon potentiel de revisionnage et a dû être un sacré OVNI au moment de sa sortie!

Pour justement aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?v=N7T-0IRLaZU

https://www.imdb.com/title/tt0074811/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse 2: Je plaide non coupable! Ayant découvert il y a peu l’excellent podcast Fucked Up Movies (des humoristes Urbain et Dedo) qui en parlait, je me suis dit que c’était peut être une bonne idée de découvrir cette suite. Une emballement que j’ai vite regretté! Si Tobe Hooper repasse derrière la caméra pour proposer une suite plus proche de l’opus qu’il aurait aimé réaliser en 1974 avec des moyens conséquents (à savoir une comédie noire avec des personnages plus fouillés), ce métrage ne vaut finalement que pour les personnages totalement délirants incarnés par Denis Hopper et Bill Moseley, le reste étant d’une médiocrité assez sévère (la scène du repas du premier film est reprise intégralement sans rien y apporter de nouveau, par exemple). L’humour y est lourdingue (déjà que l’humour ricain, de base…) et plombe le peu d’atmosphère horrifique déjà présente, la cohérence du scénario est catastrophique, l’héroïne (Caroline Williams) et le père des dégénérés (Jim Siedow, rescapé de l’opus de ’74) cabotinent à mort, les victimes se compte sur les doigts d’une main amputée, la tentative d’humaniser Leatherface et de proposer une action se déroulant hors du cadre de la ferme des rednecks ne marchent qu’à moitié… Bref, le bilan est salé! J’ai presque eu l’impression de regarder l’infâme troisième opus (Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3), pourtant un excellent nanar des familles, tellement le résultat est exubérant et loin de ce que l’on est en droit d’espérer en regardant un film de la saga Texas Chainsaw Massacre! On sauvera à la rigueur les décors (au passage, c’est Savini aux maquillages et FX) dans la dernière partie du film même si le côté dépouillé du premier opus était tout aussi efficace. Fallait pas toucher à un film aussi culte! Mais bon, c’est pas comme si Hooper avait visiblement pondu un seul bon film depuis…

https://www.imdb.com/title/tt0092076/?ref_=nv_sr_srsg_6

Le seul passage horrifique du film, c’est dire…

Invisible Man: Dans le registre des thrillers moyens aux idées originales, je demande Invisible Man! Leigh Whannell (connu pour ses scénarios dans les différentes sagas de James Wan) signe là un thriller psychologique (plus que véritablement horrifique) prenant, même si plutôt contemplatif mais avec de bons rebondissements (parfois un peu too much, j’en conviens) et dont le pitch de départ (une femme se retrouve harcelé par son ex-mari toxique, prétendument mort, qui a trouvé le moyen de devenir invisible) offre de belles occasions de renouveller et de jouer avec les codes du genre! L’ambiance paranoïaque est véritablement réussie (l’invisibilité comme métaphore un poil grossière des conséquences de violences physiques/psychiques, chantage et harcèlement), portée par une Elisabeth Moss (Mad Men, The Handmaid’s Tale) inspirée et une mise en scène/visuel solide fincherien à souhait (à l’instar de l’appartement carcéral du « couple », prouesse de dépouillement et d’architecture). Et surtout, le concept de départ est respecté tout au long du métrage, ne perd pas de sa force sur la longueur et n’est pas un simple prétexte pour nous offrir un énième film à suspense interchangeable. A noter que le nom du mari « Adrian Griffin » est évidemment un clin d’oeil au personnage de l’Homme invisible écrit par H.G. Wells (dont ce film est une adaptation originale).

PS: Je vois que beaucoup de critiques ont vu dans cette oeuvre une énième charge contre le patriarcat blanc (cette horreur sans nom qui a permis l’élaboration de sociétés modernes dans lesquelles certaines femmes parfaitement médiocres, désoeuvrés et désaxées peuvent venir chialer nuit et jour depuis leur canapé confortable sur les vilains mâles hétéros blancs dotés d’esprit critique -dont je suis- et au passage embarquer d’autres femmes dans leur délire afin de pourrir l’ambiance générale), on va se calmer c’est pas le débile Promising Young Woman acclamé par toute la gôche Twitter non plus (les féministes modernes, comme toutes les autres minorités toxiques subventionnées, n’étant pas tellement réputées ni pour leur bonne foi, ni la pertinence et la finesse d’argumentation, je mets au défi n’importe quel homme normalement constitué de regarder le trailer de cette bouse sans avoir envie de gerber tellement la propagande y est obscène). On a l’époque (et les SJW) qu’on mérite, après tout! Mais faudrait pas que le vent tourne quand même, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes que votre acharnement commence à fatiguer salement…

https://www.imdb.com/title/tt1051906/?ref_=nm_ov_bio_lk4

Découvertes: Kaamelott Premier Volet (2021), Malignant (2021)

Et on reprend doucement les publications sur le blog, mon ptit Jean Mi (pour des raisons que je vous expliquerai dans le prochain podcast mais évidemment liées à la dérive liberticide de notre ex-beau pays et un été franchement peu chargé en visionnages)! D’ailleurs j’en profite pour vous annoncer que maintenant que j’ai fait sauter le Twitter et le Utip du podcast, on va vraiment sortir des podcasts et des articles quand l’envie s’en fera sentir et plus pour donner une certaine régularité à la chose.

Kaamelott Premier Volet: Grand fan de Kaamelott devant l’éternel (voir podcast #19), l’attente a été interminable concernant ce « Premier Volet », projet longtemps retardé pour conflits de droits avec CALT (producteur de la série), puis annoncé fin 2020 avant d’être reporté pour cause de crise sanitaire. Bref, ça commençait à sentir l’arlésienne à plein nez… Mais ce fut un réel plaisir de retrouver l’univers, les personnages et l’humour d’Alexandre Astier sur grand écran après…douze ans. N’ayant pas d’attentes autres que celles-ci, j’y ai globalement retrouvé mon compte, la beauté des décors/ costumes et la balance tragi-comique présents dans les livres V et VI en prime, ces dernières saisons offrant donc une transition parfaite vers l’adaptation de l’univers arthurien au cinéma. Les références et clins d’oeil aux épisodes passés sont nombreux mais globalement bien dosés pour ne pas sombrer dans le fan service complet. Le casting se révèle toujours aussi efficace (avec quelques nouvelles têtes au passage, dont les enfants d’Astier himself et des guests musicaux) et les musiques (signées Astier, toujours) plutôt inspirées. Ce film peut donc se révéler une belle porte d’entrée pour les novices, d’autant plus que son univers nous happe assez vite. Le synopsis est lui relativement classique, Astier n’ayant pas survendu la chose. On attend tout de même un peu mieux de ce côté là pour les deux films suivants! Du côté des rares déceptions, certains personnages absents comme Simon Astier/ »Yvain » (il a fallu faire un choix, forcément) et quelques longueurs (les flashbacks d’Arthur enfant, n’apportant à mon sens pas grand chose à l’histoire). Le film faisant actuellement un joli carton, nous assurant donc un Second Volet bienvenu! Et si je vous dis que ce film m’a fait replonger dans les vieilles saisons et inciter à voir le film suivant, c’est plutôt bon signe…

https://www.imdb.com/title/tt9844322/?ref_=nv_sr_srsg_0

Malignant: Quand au dernier James Wan et bien, c’est une demie bonne surprise, présentant de belles idées (comme l’était Conjuring 2 en terme de mécaniques horrifiques). Loin d’un slasher de bas étage (ce thriller horrifique se permet même une montée en puissance au fil des twists) mais souffrant tout de même de défauts propres au genre (clichés…le moment de la cellule féminine restant un summum du malaise, montage et OST parfois à la ramasse). La meilleur idée reste évidemment le concept de départ (un brin poussif puisque totalement bisseux dans l’esprit), que n’aurait pas renié un certain canadien! Les effets spéciaux sur la créature sont en revanche bien moches…contrairement au visuel général, bien léché (on pense plusieurs fois au giallo). La mise en scène, point fort de Wan, est toujours aussi efficace, dans les moments de terreur comme les scènes d’action. Quand aux acteurs, loin des têtes d’affiche habituelles, ils s’en sortent correctement, Annabelle Wallis en tête (vue dans l’infâme Annabelle). Bref, comme toujours, on s’emmerde rarement avec Wan (enfin, sauf pour la franchise Insidious), qui se permet comme souvent de saupoudrer son métrage de quelques traits d’humour! Et pour le coup, Malignant est vraiment le reflet de l’expérience du Bonhomme et constitue une prise de risques (au travers des multiples influences/références) bienvenue! Et ça on aime!

https://www.imdb.com/title/tt3811906/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Robowar (1988), Un espion ordinaire (2020), A Map to the stars (2014)

Robowar: On retente un métrage de l’infâme Bruno Mattei (crédité une nouvelle fois comme Vincent Dawn) avec ce Robowar des familles. Si celui ci s’avère à première vue plus regardable et mieux réalisé que Virus Cannibale (il faut le dire vite), on s’aperçoit bien vite qu’il ne s’agit que d’une synthèse putassière et improbable de Predator, Commando et Terminator (pas vraiment le genre de films passés inaperçus dans les 80’s) avec…les moyens du bord et les acteurs qui vont avec (mention spéciale au sosie de Chuck Norris). Et si les réal italiens de l’époque savaient agrémenter leur manque d’originalité par quelques spécialités du crû ou quelques trouvailles, Mattei, lui, se contente une nouvelle fois du strict minimum, allant jusqu’à totalement foirer le look de sa « créature » (et je parle pas de sa voix synthétique) ou reprendre des scènes plan pour plan (on aprle quand même du roi des stock-shots). Alors oui, c’est relativement bien rythmé pour qui ne connaîtrait pas les films cités plus haut, sans doute hilarant pour les fans de nanars carabinés mais d’une platitude catastrophique pour les autres. Encore une fois, la vie est bien trop courte pour s’infliger ce genre de série Z sans intérêt. Je ne suis décidement pas le public, comme dirait l’autre.

https://www.imdb.com/title/tt0096000/?ref_=nv_sr_srsg_0

T’as peur hein? Dis le que t’as peur, enculé!

Un espion ordinaire: Rentrons directement dans le vif du sujet: l’énorme défaut de ce film est d’avoir privilégié son visuel/ambiances (réussies) aux personnages/scénario. Nous sommes pourtant devant un film d’espionnage, au moment où le monde était suspendu entre deux super-puissances mondiales se menaçant par frappe nucléaire interposée et putain, à aucun moment je n’ai senti les héros en danger et je me suis même demandé à la moitié du film si le scénariste était capable d’écrire le moindre rebondissement avant la fin tellement les mécanismes semblaient gros et éculés. Le second degré permanent plombe un peu plus la crédibilité des personnages et la profondeur dramatique forcément au rabais. Les multiples scènes « familiales » ne servent pas le propos et entâchent même l’intrigue. Alors oui, les acteurs principaux (Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze) portent le film mais c’est trop peu à se mettre sous la dent. On suppose que le réal (Dominic Cooke, un habitué du théâtre) voulait casser un peu les codes mais au final, on aurait préféré moins audacieux et plus crédible… En résumé, un film « vintage » inspiré d’histoire vraie mais synthétique à souhait et (au passage) réécrivant largement l’Histoire des fois que le public serait un peu trop con pour se perdre dans quelques nuances…

https://www.imdb.com/title/tt8368512/?ref_=fn_al_tt_1

Maps to the stars: Cosmopolis (dont Maps n’est franchement pas très éloigné thématiquement) étant sans l’ombre d’un doute ma pire expérience en salles (vous savez ce genre de films où vous vous demandez ce qui vous retient de partir en plein milieu), j’ai bien traîné pour découvrir le dernier Cronenberg en date! Et…ma foi, celui ci est assez intéressant! Bien sûr, c’est à des années lumières du Cronenberg d’antan et de sa body horror frontale mais Maps poursuit finalement l’évolution logique de son cinéma depuis M.Butterfly/Crash. L’ « horreur » cérébrale c’est bien aussi, de temps en temps! Ce film c’est évidemment une chronique du microcosme hollywoodien et de ceux qui le font vivre, avec le lot de saloperies qui vont avec: névroses, traumas, excès, mesquineries, relations d’intérêt,… Son jumeau Cosmopolis proposait, à sa…façon, un regard acéré sur nos sociétés modernes, dont l’humanité semble de plus en plus absente quand elle n’est pas purement broyée. Ici c’est le cocon familial qui trinque sévère! A ce petit jeu là, le casting s’en sort bien (Moore et Wasikowska en tête). Le centre du récit, lui, est constitué de deux histoires qui s’entrecroisent au travers d’un truculent personnage jusqu’à la tragédie finale où on arrivera à y voir un peu plus clair. Et c’est particulièrement sur cet aspect que le canadien se montre le plus intéressant: dans le jeu de pistes, les sous-entendus, les répercussions temporelles, le symbolisme,… Le tout teinté de fantastique et d’humour absurde à la Lynch (période Mulholland Drive, forcément). Mieux rythmé, moins verbeux que son prédécesseur, Maps peut dérouter mais il ne laisse pas le spectateur en chemin. Si la mise en scène est devenue propre, c’est n’est qu’en apparence et c’est pour mieux mettre à nu les monstres du quotidien. Point d’individu qui mute et menace la société (encore que) mais une société en mutation qui finit par créer ses propres freaks, qui par manque d’alternative, finissent fatalement par se vampiriser entre eux. Je sais que le métrage a rebuté pas mal de monde lors de sa sortie (pour les raisons citées plus haut mais aussi pour certains FX immondes et une énumération de clichés) mais ça se regarde largement, même si on a bien évidemment conscience qu’on aura pas droit à grand chose de novateur!

https://www.imdb.com/title/tt2172584/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Horribilis (2006), Hidden (1987)

Une petite soirée « possession » ce soir pour changer? Allez, viens, il y a aura des cahuètes!

Horribilis: Enième variation sur le body horror et la « possession » extraterrestre, à mi chemin entre Society, From Beyond (chef d’oeuvre de Stuart Gordon que je vous recommande vivement) et Frissons, avec une distribution pas dégueu d’acteurs habituellement cantonnés aux rôles secondaires (Nathan Fillion, Elizabeth Banks, Michael Rooker, Gregg Henry, Jenna Fischer et j’en passe), Horribilis ne s’en tire pas si mal en proposant un honnête film bis bien rythmé, inventif, aux effets spéciaux réussis, au second degré qui se joue des clichés du genre et aux clins d’oeil appréciables (The Toxic Avenger, Les Griffes de la Nuit,…). Il faut dire que James Gunn (dont c’est la première réal) est un enfant de la Troma (il a commencé dans Tromeo & Juliet) et a signé (entre autres) le scénario d’un des rares remakes d’horreur valables (en l’occurrence, Dawn of the Dead) …et ça, c’est un gage de qualité pour votre hôte!

https://www.imdb.com/title/tt0439815/?ref_=fn_al_tt_1

Hidden: Hidden, justement, c’est un peu tout le contraire: le film n’est pas spécialement novateur (une poursuite interminable entre deux policiers et une entité extraterrestre qui prend possession d’hôtes humains) et fait bailler très vite. On sent bien que le prétexte SF est là pour combler un manque d’inventivité du scénario, c’est cousu de fil blanc, ça cabotine à mort (perso, j’ai toujours trouvé Kyle MacLachlan insupportable en dehors de Twin Peaks), bref, à oublier très vite! On préférera de loin Invasion Los Angeles, sorti un an après, même s’il est foutraque!

https://www.imdb.com/title/tt0093185/?ref_=fn_al_tt_3

Découvertes: Borgman (2013), Panic sur Florida Beach (1993)

Borgman: Que se passerait il si on mélangeait Parasite et Funny Games avec un poil de Cronenberg? Ce qui est bien avec un film comme Borgman, c’est qu’il laisse suffisamment de place aux zones d’ombres qu’il ouvre la porte aux métaphores et aux interprétations (notamment celles autour du déclassement social), sans proposer de fil conducteur trop incohérent qui nous ferait décrocher. Une curiosité hollandaise à voir dans tous les cas!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=220803.html

Panic sur Florida Beach: Très sympathique film (méconnu) de Joe Dante et bien bel hommage aux films d’épouvante des années 50. Teen movie astucieux et matûre, reprenant à son compte les peurs de l’époque (Guerre Froide, tensions avec Cuba, menace atomique), avec un John Goodman en grande forme, Panic est un film qui fait du bien, tellement ça sent la nostalgie et le véritable amour pour les vieilles bobines! A noter que Mant!, le superbe métrage projeté dans le film est trouvable sur le Net…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8176.html