Découvertes: Horribilis (2006), Hidden (1987)

Une petite soirée « possession » ce soir pour changer? Allez, viens, il y a aura des cahuètes!

Horribilis: Enième variation sur le body horror et la « possession » extraterrestre, à mi chemin entre Society, From Beyond (chef d’oeuvre de Stuart Gordon que je vous recommande vivement) et Frissons, avec une distribution pas dégueu d’acteurs habituellement cantonnés aux rôles secondaires (Nathan Fillion, Elizabeth Banks, Michael Rooker, Gregg Henry, Jenna Fischer et j’en passe), Horribilis ne s’en tire pas si mal en proposant un honnête film bis bien rythmé, inventif, aux effets spéciaux réussis, au second degré qui se joue des clichés du genre et aux clins d’oeil appréciables (The Toxic Avenger, Les Griffes de la Nuit,…). Il faut dire que James Gunn (dont c’est la première réal) est un enfant de la Troma (il a commencé dans Tromeo & Juliet) et a signé (entre autres) le scénario d’un des rares remakes d’horreur valables (en l’occurrence, Dawn of the Dead) …et ça, c’est un gage de qualité pour votre hôte!

https://www.imdb.com/title/tt0439815/?ref_=fn_al_tt_1

Hidden: Hidden, justement, c’est un peu tout le contraire: le film n’est pas spécialement novateur (une poursuite interminable entre deux policiers et une entité extraterrestre qui prend possession d’hôtes humains) et fait bailler très vite. On sent bien que le prétexte SF est là pour combler un manque d’inventivité du scénario, c’est cousu de fil blanc, ça cabotine à mort (perso, j’ai toujours trouvé Kyle MacLachlan insupportable en dehors de Twin Peaks), bref, à oublier très vite! On préférera de loin Invasion Los Angeles, sorti un an après, même s’il est foutraque!

https://www.imdb.com/title/tt0093185/?ref_=fn_al_tt_3

Découvertes: Borgman (2013), Panic sur Florida Beach (1993)

Borgman: Que se passerait il si on mélangeait Parasite et Funny Games avec un poil de Cronenberg? Ce qui est bien avec un film comme Borgman, c’est qu’il laisse suffisamment de place aux zones d’ombres qu’il ouvre la porte aux métaphores et aux interprétations (notamment celles autour du déclassement social), sans proposer de fil conducteur trop incohérent qui nous ferait décrocher. Une curiosité hollandaise à voir dans tous les cas!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=220803.html

Panic sur Florida Beach: Très sympathique film (méconnu) de Joe Dante et bien bel hommage aux films d’épouvante des années 50. Teen movie astucieux et matûre, reprenant à son compte les peurs de l’époque (Guerre Froide, tensions avec Cuba, menace atomique), avec un John Goodman en grande forme, Panic est un film qui fait du bien, tellement ça sent la nostalgie et le véritable amour pour les vieilles bobines! A noter que Mant!, le superbe métrage projeté dans le film est trouvable sur le Net…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8176.html

Découvertes/Revisionnage: Maniac Cop (1988), Halloween II (1981), Halloween (2018), Vendredi 13 (1980)

Petite thématique slashers cette seconde semaine de janvier 2021, l’occasion de compléter mes lacunes sur le sujet et de dépoussiérer quelques bobines. Pour l’anecdote, les slashers 80’s correspondent à ma découverte de l’horreur/épouvante au début des années collège. Les franchises Halloween puis Les Griffes de la Nuit (malgré une nette préférence pour cette dernière) sont donc de sacrées madeleines de Proust pour votre hôte, sans que je sois un grand friand de slashers, bien au contraire.

Maniac Cop: Partant d’un postulat prometteur (la figure d’autorité devenant la menace, distillant de fait un climat paranoïaque dans les bas fonds de New York proches d’un Maniac du même réal) mais plombé par un classicisme navrant et un mélange bancal d’action et de slasher au rabais, l’intrigue de ce premier Maniac Cop ne s’étoffe au final que dans sa toute dernière partie (celle qui explique l’histoire de Matt Cordell). Un peu tard, donc, malgré la présence de Bruce Campbell dans les rôles principaux. A noter que Refn et Hyams préparent une série sur l’univers de la trilogie…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=33263.html

Halloween II: Premier slasher vu ado, premier film d’horreur vu en VHS tout court (j’hésitais à vous faire un bonus « souvenirs de vidéo-club » durant ces fêtes, ça n’est que partie remise), étant le genre de tordu aimant bien terminer les franchises par les films originels (Halloween sera une sévère déception, pour le coup), ce second opus m’avait passablement marqué par sa claustrophobie haletante. S’il me restait quelques souvenirs plus de vingt ans en arrière, c’était ceux de Laurie Strode se faisant inlassablement poursuivre par The Shape dans un hôpital glauque… Au final, cela correspond à la toute dernière partie du film, Halloween II prenant son temps (un peu trop par moments, gâchant ainsi la tension de certaines scènes) pour distiller la peur, nous épargnant l’ennuyeux enchaînement de mises à mort au profit de mises en scène plutôt ingénieuses, la première partie relatant le parcours de Myers (plus fourbe dans ce métrage) jusqu’à l’hôpital où est soignée Strode (c’est cet opus que l’on apprend que Myers est son frère). Suite directe de l’original (l’action se passe d’ailleurs la même nuit que les évènements du premier) avec une atmosphère assez similaire (Big John est à la prod et au montage, au désepoir de Rosenthal), il confirme que bien que mal aimé (il est vrai que Lee Curtis n’est pas trop présente à l’écran), cet Halloween II est surtout plein de qualités et sous estimé.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8.html

Halloween: Très intéressé par ce dernier Halloween en date, à l’esprit assez proche de l’original (le remake de Rob Zombie étant efficace mais peu mémorable avec le recul), celui s’avère effectivement une bonne surprise. Visuellement magnifique, bien rythmé, avec moultes clins d’oeil aux deux premiers opus, il prend le parti de faire suite à l’original, avec une Laurie Strode, rescapée vengeresse salement badass (Sarah Connor?) et The Shape, maléfique à souhait. On déplorera juste une fin expédiée un peu à ma va vite. A noter que Gordon Green prépare deux suites prévues pour 2021 et 2022.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238622.html

Vendredi 13: Il se trouve que votre serviteur n’a jamais vu un seul film de la saga Vendredi 13, le côté clichesque de la chose m’en a toujours tenu éloigné. Et…j’aurais dû patienter encore quelques années, voire quelques décennies, tellement j’ai détesté ce que j’ai vu. Enchaînement de morts sans aucune tension (mention spéciale à la daronne Voorhees qui crache sa Valda en moins d’une minute), mauvais acteurs, personnages débiles, final pas crédible, film trop long, bref une accumulation de clichés dignes d’une parodie d’horreur avant l’heure, voilà comment m’est apparu ce Vendredi 13 originel. Le cadre forestier est très mal exploité. Seul le (faux) twist final mérite le coup d’oeil, c’est dire! Ca promet pour le futur cycle « slashers »…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=505.html

Découvertes express: Alice (1988), Le Survivant (1971)

Bon, c’est décidé, hors films cultes et cycles thématiques, les découvertes se feront majoritairement en mode « express ». C’est largement plus pratique.

Alice: Très bonne surprise que ce « Alice » tchèque, à l’univers tout aussi fascinant, créatif que subtilement macabre. Mélange de prises de vues classiques et d’animation (marionnettes en stop motion), le rendu est fluide et l’univers totalement surréaliste, procurant au film une originalité certaine! Je ne vous spoilerai pas plus cette énième adaptation du roman de Lewis Carroll mais je ne conseille pas ce genre de métrage à des enfants en bas âge (à moins que vous ne vouliez les traumatiser durablement -j’ai encore des souvenirs du Vietnam quand je pense à Téléchat alors que j’ai découvert ça à 20 ans passés, donc – mais aussi parce que sans musique et avec peu de dialogues, pas sûr que cela soit très accrocheur pour eux). Une jolie pépite d’onirisme, de second degré et de folie visuelle dans tous les cas! Notez que Jan Švankmajer, le réal, a passablement influencé Tim Burton et Terry Gilliam. Oui, rien que ça! On tentera Faust, Les Conspirateurs du plaisir, Otesánek ou d’autres réalisations du monsieur avec grand plaisir en tout cas!

https://www.imdb.com/title/tt0095715/?ref_=nv_sr_srsg_0

Le Survivant/The Omega man: Je l’avais évoqué dans le dernier podcast, Le Survivant est donc la seconde adaptation du Richard Matheson, plus proche de celle de 2007 par de multiples aspects (métropole vide, personnage principal ayant une formation scientifique,…) que du huit clos « psychologique » avec Vincent Price. Malheureusement bâclé et plombé d’invraisemblances/de trop grosses ficelles, on est aussi plus proche de la série Z que de la dystopie/post apo inventif. Le choix de donner pas mal d’humanité aux membres de la Famille est intéressant mais bien mal utilisé également. Une déception, clairement, loin du monument Soleil Vert où on retrouvera Charlton Heston deux ans plus tard.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10519.html

Découvertes express: Tetsuo (1989), La Forteresse noire (1983), Body Melt (1993), Teeth (2008), Taxidermie (2003)

Tetsuo: Pure claque esthétique, Tetsuo est surtout un métrage cyberpunk totalement possédé et déjanté, avec moultes expérimentations qu’il serait difficile de résumer ici. Même s’il est un poil trop long, le second degré, la musique (Chū Ishikawa) et les FX hallucinés tiennent en haleine. Je me suis demandé dans quelle mesure il n’aurait pas inspiré un certain Edward aux mains d’argent. Impressionnant et avant gardiste au vu du petit budget de ce premier film de Tsukamoto. Petite vidéo du Coin du Bis pour en savoir plus.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10615.html

La Forteresse noire: Nanar kitsch et summum de naiseries politiquement correctes (me rappellant le soporifique Le Labyrinthe de Pan), ce second film de Michael Mann ne vaut que pour son esthétique et sa réalisation. Alors oui, le tournage a visiblement été infernal, mais même la musique de Tangerine Dream est totalement utilisée hors de propos. Il faut le faire quand même! Enfin, ça vient surtout me confirmer que le fantastique, c’est clairement pas ma came.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=31120.html

Body Melt: Premier (et dernier ?) film de Philip Brophy, rappellant forcément pèle mèle Bad Taste, Society ou Street Trash, ce film bis est clairement une pépite à conseiller à tous les amateurs de body-horror! Inventif et fougueux, doté de personnages hauts en couleurs, ce Body Melt est une belle surprise, visiblement encore méconnue, même s’il n’est pas épargné par les défauts reprochés au genre!

https://www.imdb.com/title/tt0106450/?ref_=fn_al_tt_1

Teeth: Film que je voulais voir depuis longtemps (il faut dire que le concept envoie du bois), ne sachant pas trop à quoi m’attendre, ce Teeth s’avère être une correcte comédie noire (et non pas un pur teen movie, comme on aurait pu le croire, ouf), se permettant même un final doublement glauque. Bon équilibre entre gore et fable adolescente (au féminisme subtil qui ferait passer Under the skin pour un nanar en puissance), Teeth est aussi une allégorie sur l’hypocrisie de la société américaine et surtout une révélation: Jess Weixler, qui porte totalement le film.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=125928.html

Taxidermie: Film hongrois revenant pas mal chez les amateurs de genre, Taxidermie est une bonne surprise, à la fois par son esthétique (assez proche d’un Jeunet) et son côté cru/dérangeant (mais rien d’insoutenable non plus). Seulement, je trouve personnellement qu’à part le dernier segment, il est un peu frileux à exploiter pleinement ses thématiques…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54149.html

Découvertes express: L’Âge d’or (1930), Under the skin (2013)

L’Âge d’or: Elu premier vrai film de merde de ce blog (c’est pas rien), ce premier film de Luis Buñuel prouve que la force du surréalisme… ne survit pas sur de longs métrages. Un Chien andalou passait, mais là c’est juste un alignement des scènes cryptiques, sans véritable lien entre elles, vides de sens, sans intérêt, bêtement provocatrices (en vérité aussi sulfureuses que des fils à papa antifa…ou des féministes modernes, comme ça pas de jaloux), ne suffit pas à faire une oeuvre. Quitte à proposer un ovni, Buñuel aurait pu proposer quelque chose de métaphorique, d’esthétique, de vaguement expérimental (comme le sublime Vampyr de Dreyer), de foncièrement rebelle mais non, quitte à être nul, il l’est jusqu’au bout… Du foutage de gueule, pur et simple, assez représentatif de ce que l’on essaye de faire passer pour de l’art de nos jours… Mais qu’on se rassure, on trouve toujours des cons pour apprécier vu ce que j’ai pu lire sur le Web!

https://www.imdb.com/title/tt0021577/?ref_=fn_al_tt_1

Under the skin: Une jolie coquille…vide, cette adaptation du livre de Michel Faber est à l’image du personnage interprété par Johansson: tellement énigmatique qu’elle en devient rengaine et sans intérêt. Nocturnal Animals faisait déjà fort dans le genre, mais il y avait au moins un scénario. Si la claque esthétique est certaine, je pense sincèrement qu’il n’y a pas grand chose à comprendre dans ce film, où là aussi, la masturbation intellectuelle (avec évidemment un sale arrière goût de féminisme primaire en sus, ouh comme c’est original) a l’air d’être plus important que le reste…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187462.html

Découvertes express: La Jetée (1962), Les Documents interdits (1989)

De temps à autres, je vous présenterai une forme express des habituelles chroniques, parce que ma foi, c’est pas forcément nécessaire de faire des pavés alors qu’on peut faire court…ou qu’on a la flemme! Aujourd’hui place à des films français, Monsieur!

La Jetée: Ce film est la preuve qu’avec trois bouts de ficelle, une bonne histoire et de la détermination, on peut arriver à quelque chose! Moyen métrage sous la forme d’un roman photo, mettant en scène un scénario de science fiction dystopique original et efficace, que j’imagine volontiers novateur pour l’époque, ce film est une jolie claque esthétique! La Jetée est aussi connu pour avoir inspiré L’Armée des douze singes de Terry Gilliam (que je n’aime pas spécialement, au passage), la poésie en moins.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=4788.html

Les Documents interdits: Joli petit documentaire compilant treize courts métrages, présentés (et montés) comme documents amateurs véritables sur des phénomènes surnaturels. Le tout était diffusé à la télévision à la fin des années 1980, pour démontrer le pouvoir des images sur l’inconscient collectif. Car évidemment, rien de tout cela n’est vrai! Alors, si on ne frissonne pas des masses devant ces Documents Interdits (certains courts étant clairement en trop), certains se révèlent très intéressants dans leur mise en scène ou leur concepts! Je retiendrai pour ma part essentiellement Le Cas Ferguson, et surtout L’Examen (digne d’un épisode de Black Mirror). Comme quoi X-Files, Gussdx, les creepy pastas et les found footages n’ont finalement rien inventé! Une curiosité sympathique!

https://www.imdb.com/title/tt0258528/?ref_=fn_al_tt_1

Cultes: Millénium, les homme qui n’aimaient pas les femmes (2011), Panic Room (2002)

En préambule, je l’avoue, oui, David Fincher fait partie de mes réal favoris. Son Seven m’a totalement traumatisé quand je l’ai vu ado et fait clairement partie de mon top 5 devant l’éternel. Seulement voilà, à part sur Fight Club, je n’ai jamais tellement retrouvé la folie visuelle et scénaristique qui m’avait accroché dans le second film de l’américain. Je peux même vous l’avouer, je me suis franchement emmerdé devant Zodiac ou Gone Girl. The Social Network, lui, m’a juste gâché mon réveillon 2011 (Lucie, si tu nous lis, je ne te remercie pas) et je crois même avoir fini par m’assoupir devant… Et croyez moi, m’assoupir devant des films, j’ai un certain entraînement pour ça ces dernières années… Comme sur ce Millénium, « aperçu » il y a des annes entre cinq micro siestes par une après midi grise. Mais, les moments où j’ai réussi à garder l’oeil ouvert, j’ai pu tout de même sentir que la noirceur poisseuse qui se dégageait du film me ferait y revenir, tôt ou tard! Il était donc temps de finir la filmo du Monsieur à savoir: Millenium, Panic Room, The Game et L’Etrange histoire de Benjamin Button! C’est parti!

Millenium: Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de sa trilogie, plus précisement) ni vu la série suédoise de 2009 et la trilogie de films qui va avec (avec Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth). On se fera ça à un autre moment, promis, surtout que j’en ai lu beaucoup de bien! Du coup, j’ai cru comprendre que l’adaptation était assez fidèle! Je vous confiance pour vous renseigner sur l’histoire dont je ne parlerai pas ici. Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le pas si mauvais remake des Griffes de la nuit, The Social Network justement ou encore l’excellent Her) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme le thriller est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse et meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire,voire détonnant avec le reste du film, quand il concerne les relations entre Lisbeth et Mikael), grâce à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci est assez indigeste. Plus subtil qu’il n’y paraît, efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178974.html

Panic Room: Là par contre, ce n’est pas la même sauce. Film au scénario plus convenu (il s’agit d’un film de commande), brillant uniquement par ses audaces de mises en scène (sa jolie photo, ses impressionnants effets numériques inspirant certainement un Enter the void, au passage), Panic Room est ce qu’on appelle un film mineur dans la carrière de Fincher. La faute à un casting moyen (Jodie Foster et Jared Leto ne sont franchement pas convaincants, voire irritants pour le dernier), à des personnages de malfrats tellement grotesques qu’ils désamorcent toute tension que le spectateur est censé ressentir (pourquoi d’ailleurs avoir choisi de leur donner autant d’importance?) et celle des victimes sauvent à peine les meubles (Stewart jouant mieux que Foster, même avec trente ans de moins). Et puis, au moment où on est prêt à laisser tomber, arrive une seconde partie où le métrage abandonne tout second degré pour basculer dans le thriller pur, plus sobre, plus noir, plus convaincant. Malheureusement, le mal est fait et même les multiples rebondissements, couplés à le talent de Forest Whitaker (incarnant ici le seul personnage intéressant du récit), n’y feront rien (à l’image de cette interminable scène avec la police où le non sens est de mise) : Panic Room est un film dispensable et se résume définitivement à son concept de base: un huis clos dans une immense maison citadiene de trois étages, doté d’une « pièce de survie ». La belle jambe!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29202.html

Découverte: The Dunwich Horror (1970)

Bon, autant vous teaser direct, et d’ailleurs vous l’aurez peut être deviné en voyant les articles sur le saga Re-Animator sur ce blog, un cycle « Lovecraft au cinéma » est prévu pour l’an prochain. Déjà parce que j’aime beaucoup les livres et l’univers du Monsieur mais aussi parce que ça va me permettre de parler de pas mal de films et de réalisateurs qui me tiennent foncièrement à coeur…

Rare adaptation « directe » de H.P. Lovecraft au cinéma donc (de la nouvelle du même nom), cette vieillerie 70’s fait aussi partie des premiers films de genre qui vont s’inspirer de Lovecraft tout court, après des décennies axées sur Edgar Allan Poe et autres. Le réalisateur, Daniel Haller, ayant aussi sorti Le Messager du Diable/Die, Monster, Die! (adaptation de The Color out of space) en 1965. Seulement voilà, en plus de tordre la nouvelle pour en faire un truc moderne mais banal et kitsch au possible (il n’a jamais été question de Wilbur usant de charmes pour parvenir à ses fins, de sacrifice de vierge naïve, d’invocations de Grands Anciens ou quoi que ce soit du genre dans l’écrit de Lovecraft), ce film est d’un ennui assez terrible, faute de rythme (on sent que l’histoire a été étirée au maximum pour réussir à en sortir un film…bah oui, la nouvelle fait moins de cent pages) et scénario cliché au possible (un sorcier qui cache d’obscurs secrets dans son manoir et kidnappe une blondasse inintéressante pour faire revenir une entité maléfique, son amie et un vieux professeur qui vont tout faire pour l’arrêter, je vous fais un dessin?) et la musique cucul répétitive au possible n’arrange rien (à l’image de la pseudo romance entre Wilbur et Nancy). Oui, les décors sont beaux, suivre l’antagoniste (Dean Stockwell, connu en France pour sa participation dans Code Quantum) comme si c’était le héros principal est osé, les effets spéciaux « psyché » façon Hammer fauchée (c’est Corman qui produit) sont pas si mal chiadés et le final, malgré une résolution ridiculeusement facile, reste bien dans l’esprit de l’écrivain de Providence (le potentiel d’effroi des entités sur les humains, leur côté incontrôlable) mais globalement ce sont les baillements qui gagnent car honnêtement on se fout complètement de savoir ce qui peut arriver à notre héroïne passive et autres personnages tout aussi fades… Ayant vu le film en VO, j’ai dû relire un résumé de l’oeuvre pour voir que la trame principale a été plus ou moins respectée (Dunwich, Arkham, le Necronomicon, la jumélité, le nom des personnages, Yog-Sothoth…) tellement le cadre de l’action est à côté de la plaque, je trouve que ça synthétise bien mon ressenti!

En tout cas, si vous voulez vous faire une adaptation moderne correcte du gazier (en l’occurence L’Affaire Charles Dexter Ward), foncez sur The Resurrected de Dan O’Bannon (1991) et oubliez vite cette…chose!

https://www.imdb.com/title/tt0065669/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Society (1989), Ebola Syndrome (1996)

Society: Premier et très certainement un des rares films « potables » de Brian Yuzna, Society porte en définitive le sinistre bilan de Re-Animator 2 des années à l’avance, à savoir des FX réussis (signés Joji Tani alias « Screaming Mad George », qu’on retrouvera dans une bonne poignée de films de genre par la suite…dont Re-Animator 2), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario qui ne semble pas trop où aller, voire n’ose pas aller assez loin (comme cette fin, bâclée à bien des égards). Pourtant entre paranoïa floue (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) voire plus précisement métaphore sur la lutte des classes et passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense à Carpenter période Invasion Los Angeles, Lynch période Twin Peaks/Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste, voire même Polanski avec Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant de rester lui aussi dans les mémoires. Alors on suit péniblement, jusqu’à l’explosion finale, grotesque orgie de chair (« parce que merde, je me suis pas tapé 95 minutes pour que dalle! »), malgré la réalisation « téléfilm », une progression lente et un acting moyen digne de teen movie… Quel gâchis!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=173177.html

Ebola Syndrome: Première incursion dans le territoire de la catégorie III (je vois conseille sur le sujet la dernière vidéo signée Le Coin du bis, très bonne chaîne par ailleurs et le PIFFcast pour découvrir la chose en détails). Film culte d’Herman Yau, sorti à la fin de l’âge d’or de la cat III, Ebola Syndrome est juste totalement fou, immoralement gratuit et inventif! C’est bien simple, à chaque fois qu’on passe avoir atteint un stade dans la dégueulasserie, le métrage va plus loin, comme dans un Takashi Miike. L’histoire: un meurtrier part se mettre au vert en Afrique du Sud. Travaillant comme boniche dans un restaurant, il contracte Ebola et décide de se venger du monde entier parce que le monsieur a une vision de la justice toute personnelle! On a rarement vu une ordure aussi pure à l’écran! On pourrait évidemment parler d’Anthony Wong, acteur phare des cat III et d’autres têtes connues du cinéma local (Shing Fui-On, Vincent Wan Yeung-ming), de la vision sinistre des femmes (celle de l’humanité, ici, n’est pas plus belle), de l’intelligence d’avoir su saisir l’actualité avec cette histoire de virus (même si on était en mesure d’attendre une fin plus grandiose), du côté très exploit’ de la cat III (surjeu, personnages caricaturaux, effets fauchés quoique peu gores dans celui ci, mise en scène à la ramasse, musique qui s’emballe pour rien,…) qui fait que je ne conseillerai pas ce genre de films à tout le monde, du pitch qui fera forcément penser à The Untold story (du même réal), du rythme dingue, de cette touche d’humour omniprésente qu’on peut retrouver dans le cinéma coréen moderne et qui aide bien pour faire passer cette pillule anar à l’extrême. Ou terminer sur le besoin d’extérioriser des peurs et frustrations qu’on imagine nombreuses chez les réal honk kongais de l’époque (rétrocession chinoise de 1997) pour oser sortir des films aussi barrés et subversifs! Hong Kong n’est défintivement pas que le cinéma de John Woo ou Tsui Hark, les amis…et il se pourrait qu’un cycle catégorie III voit le jour!

https://www.imdb.com/title/tt0116163/?ref_=fn_al_tt_1