Découvertes express: Manhunter (1986), Les Vierges de Satan (1968)

Manhunter/Le Sixième Sens: Première adaptation de Dragon Rouge de Thomas Harris, ce troisième film de Michael Mann ne démérite pas à côté du mythique Le Silence des Agneaux, grâce à un casting (William Petersen, Tom Noonan, Brian Cox), une mise en scène, des lumières et une BO aux petits oignons (le final sur In a gadda da vida, putain!). Subtile (le manichéisme n’est pas vraiment la tasse de thé de Mann et c’est tant mieux) et poisseuse à souhait, cette enquête opposant un profiler jusqu’au boutiste et une paire de serial killers machiavéliques (Cox campera un Hannibal Lecktor qu’on verra finalement peu mais qui marquera par son détachement quasi inhumain) vous tiendra en haleine tout au long de ses deux heures! Moins dans la surenchère visuelle que la trilogie qui suivra (Le Silence, Hannibal, Dragon Rouge) certes, mais au moins tout aussi fascinant!

https://www.imdb.com/title/tt0091474/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin: une des dernières émissions de 35mm de podcast consacré à Michael Mann

Les Vierges de Satan/The Devil Rides Out: Film pourtant assez bien côté de la Hammer, The Devil Rides Out se révèle finalement très verbeux et ennuyeux à souhait, aspects que même Christopher Lee (cette fois ci dans le rôle du protagoniste expérimenté) et Charles Gray ne réussiront pas à sauver. Sérieusement kitsch, présentant peu d’éléments fantastiques (ce qui n’est pas un mal quand on traîte d’un sujet aussi casse gueule que les sectes satanistes mais tout de même), le format film à suspense ne prend clairement pas au point que j’ai coupé avant la fin! Quand on sait que Matheson est au scénario et Fisher à la réal, la déception est grande!

https://www.imdb.com/title/tt0062885/?ref_=nv_sr_srsg_0

Vous reprendrez bien un peu de sévices? (Saga Hellraiser 1-5)

Et si on se faisait un bout de saga culte (et…désastreuse, comme toutes les franchises horrifiques) pour fêter le retour des parutions sur ce blog, mmh?

Revisionnages:

Hellraiser, Le Pacte (1987): Vous connaissez sans doute l’histoire, inutile de revenir dessus: dans les 80’s, Clive Barker obtient l’opportunité de réaliser l’adaptation d’une de ses propres nouvelles: The Hellbound Heart, publiée un an plus tôt. Il faut dire aussi que Stephen King lui même avait l’écrivain anglais à la bonne! Et putain, c’est clairement une réussite sur tous les plans: visuel, inventivité, mise en scène…et même en terme de scénario. Ce qui marque lors du premier visionnage, c’est évidemment une vision totalement novatrice et moderne dans sa façon d’aborder l’horreur au cinéma, comment l’Enfer lui même peut s’immiscer dans notre quotidien. Abordant avec brio le duo si casse-gueule sexe/horreur, le métrage réussit le pari de rendre l’univers sado-masochiste et morbide des Cénobites si fascinant. Evidemment les effets spéciaux de Bob Keen y sont pour beaucoup mais pour une première réalisation, Barker s’en sort honorablement et propose un métrage qui va même plus loin que ses thématiques principales. Doug Bradley y campe un Pinhead glaçant, rôle qu’il reprendra dans les sept prochains films de la saga (où son personnage deviendra un prétexte à des suites de plus en plus improbables). Après ce revisionnage, il est clair que le métrage a bien vieilli, reste toujours aussi corrosif, malsain et dérangeant. Non dénué d’humour, il nous propose un quasi huis clos qui prend le temps de développer ses personnages, notamment féminins (mention spéciale à Clare Higgins qui se démarque clairement du lot), ce qui lui permet de gommer sans mal ses quelques incohérences. Un classique incontournable auquel on a déjà consacré un podcast, rappelez vous!

On rappelle aussi que le grand Alt236 y a consacré une vidéo entière!

https://www.imdb.com/title/tt0093177/?ref_=nv_sr_srsg_0

Hellraiser 2 , Hellbound (1988): Suite direct du premier film, dans lequel on retrouve avec joie Ashley « Kirsty » Laurence, Clare « Julia » Higgins, Sean » Frank » Chapman (dans un rôle mineur) et bien sûr Doug « Pinhead » Bradley, Hellbound est surtout connue pour être l’opus le plus acceptable de la floppée…de navets que va générer le succès du Pacte… « Les Ecorchés » a en effet le mérite de nous proposer une vision originale et réussie du monde des Cénobites (très inspirée des travaux de M.C. Escher)…ainsi que de leur dieu Léviathan! L’action dans un hôpital psychiatrique où personne ne prend Kirsty au sérieux fera immédiatement penser à Dream Warriors, le troisième opus des Griffes de la Nuit (et accessoirement l’un des plus solides), la transformation de Channard suinte les influences body horror de Cronenberg! Un métrage dans la continuité pure du premier, qui vient étoffer la mythologie cauchemardo-religieuse de la saga donc mais qui essaye aussi par moments de prendre une direction différente. Mais…et c’est là où le bât blesse, une suite assez décevante après revisionnage, au vu de sa conclusion expédiée, de sa structure narrative plus classique (et assez incohérente par moments) qui sent pas mal la repompe paresseuse à divers égards (le « retour » de Julia, les différents flashbacks lourdingues,…)! Pour preuve, je n’avais quasi aucun souvenir de ce film et il est certain que le niveau de kitsch est bien plus présent que chez son aîné… Vous êtes avertis!

https://www.imdb.com/title/tt0095294/?ref_=nv_sr_srsg_5

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Découvertes

Hellraiser 3, Hell on Earth (1992): Troisième opus et….c’est déjà le début de la fin. On a à faire ici à un métrage d’horreur tombant dans tous les travers des 80/90’s: personnages clichés et mal joués (autant dire inintéressants), cénobites plus ridicules que malsains, Pinhead trouve le moyen de parvenir dans notre monde et se prend pour Freddy Krueger (parce que…pourquoi pas?)…faisant du même coup basculer le métrage dans le slasher de bas étage,… On sauvera bien volontiers l’aspect inventif et décomplexé, une certaine continuité avec le deuxième film, la volonté de donner un background à Pinhead mais c’est hélas bien peu pour pouvoir vous recommander ce film, qui semble totalement abandonné au bon vouloir des producteurs, détruisant du même coup toute la subtilité de l’univers (pas vraiment manichéen) créé par Barker…

https://www.imdb.com/title/tt0104409/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 4, Bloodline (1996): On continue sans perdre de temps avec cette suite construite sur trois échelles de temps différentes…mais qui n’aura finalement d’intérêt que pour sa première partie (les origines du premier cube créé au XVIIIe siècle) et le personnage d’Angélique (Valentina Vargas). Autrement ça reste un joli foutoir (voire un plagiat pour la partie dans l’espace, coucou Terminator, Alien, Event Horizon, Jason X,…) assez ennuyant à regarder. Vu le contexte de réalisation du film, c’était prévisible mais bon… Notez que c’est le dernier opus a être sorti en salles et a faire l’effort de continuer tant bien que mal la mythologie entamée dès le premier opus (Barker ne s’impliquera d’ailleurs plus dans les prochaines suites, préférant se consacrer aux comics du même univers).

https://www.imdb.com/title/tt0116514/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 5, Inferno (2000): Enfin une suite qui a quelque chose d’original à proposer! Bon, d’accord, c’est extrêmement maladroit (à l’image d’une certaine scène WTF avec des cowboys karatékas), l’acteur principal (Craig Sheffer) est à la ramasse comme jamais et la mise en scène reste plutôt standard. Mais merde, on est vraiment proche du sublime L’Echelle de Jacob (le talent d’écriture en moins puisque Peter Atkins, scénariste sur la saga depuis Hellbound a choisi de claquer la porte) question horreur psychologique et univers poisseux, les Cénobites se rapprochent enfin des originels, après deux films plus que moyens, c’est pas rien tout ça! Hélas la trame principale de cette enquête demeure trop éloignée de la mythologie originelle pour valider définitivement l’ensemble, comme Pinhead qui apparait finalement bien peu à l’écran!

https://www.imdb.com/title/tt0229440/?ref_=tt_sims_tt_i_3

Alors inutile de dire qu’il vaut mieux grandement éviter les films suivants vu la qualité des scénarios et du jeu d’acteurs de derniers films chroniqués plus haut, même si le dixième épisode (Judgement, sorti en 2018) a visiblement son lot de défenseurs… Les meilleurs franchises d’horreur sont définitivement les plus courtes!

En vous recommandant les précieuses vidéos de Ratelrock sur le sujet (qui a aussi fait un excellent travail sur Massacre à la tronçonneuse): https://www.youtube.com/watch?v=QyzaRNRUVeg&list=PL7MHX26OItb9sOg6Z3adgjMtNoAe7Gxo5

Découvertes: Phase IV (1974), Conversation secrète (1974), Podium (2004), Total Recall (1990, revisionnage)

Phase IV: Le problème avec les réal aux longs métrages uniques, c’est que c’est tout ou rien. Ici on est plutôt dans le second cas, avec un visuel sublime digne de documentaires animaliers (Saul Bass est graphiste) mais un montage totalement aux fraises, sans lien entre les scènes, avec des personnages tellement désincarnés que les dialogues deviennent nanardesques… Dommage, l’idée de départ méritait mieux mais Phase IV se vautre dans les pires travers de la hard SF, à savoir privilégier son scénario au détriment du reste.

https://www.imdb.com/title/tt0070531/?ref_=fn_al_tt_1

Conversation secrète: Réalisé entre les deux premiers épisodes du Parrain, ce métrage, à l’instar de celui du dessus est tellement miné par des travers insupportables que l’on en oublierait presque que c’est le gros Francis à la réal…voire même le côté machination! Personnage principal aussi autiste qu’insupportable, rythme qui ne décollera que pour une fin (un peu) surprenante, avant d’en remettre une couche sur le côté parano et monomanies (on avait compris, Francis)! Un huis clos mental lourdingue qui influencera Blow Out d’un certain Brian et qui est, lui aussi, inspiré de Blow Up d’Antonioni!

https://www.imdb.com/title/tt0071360/?ref_=nv_sr_srsg_0

Podium: Découvert dans C’est arrivé près de chez vous puis Les Carnets de Monsieur Manatane, je dois confesser que Poelvoorde fait partie de mes acteurs favoris, avec un vrai potentiel dramatique. Il faut aussi reconnaître, mon petit Rémy, que le Monsieur s’est perdu dans diverses productions douteuses il y a quelques années (je vois conseille grandement l’excellente émission Home Cinéma de Fabrice Du Welz où Benoît revient sur sa carrière). Mais retour au sujet, Moix signe ici une comédie légère et bienvenue (mais jamais crétine) explorant le lien entre le sosie et son modèle, son rapport au monde et ses conséquences, avec Poelvoorde et Rouve à l’aise dans leurs personnages. Comme quoi, on peut tout à fait faire des comédies avec un minimum de fond!

https://www.imdb.com/title/tt0354836/?ref_=fn_al_tt_1

Total Recall: Une éternité que je n’avais pas vu celui ci! Adaptation d’une nouvelle de Philippe K.Dick, Total Recall, au delà de présenter les thématiques habituelles du hollandais (violence, ambiguité) est surtout marquant de par ses FX/décors réussis (qui ont plutôt bien vieillis) et sa thématique sur l’identité qui fait craindre un twist à chaque instant. Même si je n’aurai pas forcément choisir Scharzy pour le rôle principal (Ironside et Stone régalent suffisement pour compenser), la seule véritable ombre au tableau est son côté prévisible. Le scénario de ce côté là est par moments aussi original qu’un film d’action de série B. Dommage! Un film au propos social qui a eu son important dans l’univers SF futuriste/cyberpunk dans tous les cas (pas si fréquent au cinéma).

https://www.imdb.com/title/tt0100802/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Conjuring 3: Sous l’emprise du Diable (2021), Baby Blood (1990), Fire (2015), Six men getting sick (1967), The Adventures of Alan R. (2020), The Mystery of the seeing hand (2020), The Pig Walks (2002)

Conjuring 3: Alors autant le second opus m’avait mis une mandale magistrale (gestion de la tension surtout), autant celui ci est le moins mémorable de la série (hors spin-off, on est pas maso non plus), la faute surtout à un montage aux fraises et une direction plus « thriller » pas forcément pertinente. Résultat: la tension est aux abonnés absente (un comble quand on connait cette manie actuelle insupportable de foutre des jumpscares et des musiques au volume max partout). J’ai même clairement mis du temps à rentrer dans le film. Il faut dire que Wan n’est plus derrière la caméra ce coup ci. Autrement le visuel et le jeu d’acteur (Wilson et Farmiga surtout) se tiennent mais voilà, le mal est déjà fait!

https://www.imdb.com/title/tt7069210/?ref_=fn_al_tt_1

Baby Blood: J’ai beaucoup entendu parler de ce film français au statut culte (un des premiers films de genre de l’Hexagone, avec un côté gore assumé). Mais j’ai vite déchanté devant un métrage long à démarrer et qui s’avère finalement…un gros nanar lourdingue dans (hélas) la plus pure tradition française de genre… La faute au côté (volontairement) outrancier et caricatural des personnages, des répliques, des situations qui sortent totalement le spectateur du film, l’inventivité de certaines scènes n’évitant pas le naufrage. Alors autant sur certains films, ça peut donner du cachet (bonjour Lloyd Kaufman), autant là ça rend juste le métrage insupportable, même si c’est toujours curieux de croiser Lafesse, Chabat et Gallotte dans le même film d’horreur!

https://www.imdb.com/title/tt0096871/?ref_=fn_al_tt_1

On termine avec une petite sélection de cinq courts métrages de Lynch. Si The Pig Walks, The Adventures of Alan R. et Six men getting sick (le tout premier métrage du Monsieur, qui annonçait déjà la couleur) jouent la carte des montages minimalismes creepy (mais efficaces), Fire et The Mystery of the seeing hand se permettent d’aller un poil plus loin dans les trouvailles visuelles. Le premier est une sorte de conte obscur peint et filmé en N&B sur une musique de Marek Zebrowski. Le second un montage onirique très proche des ambiances de la série des jeux mobiles Rusty Lake (que je recommande grandement et qui s’inspirent eux même beaucoup de Twin Peaks). Alors, je vous rassure, je sors de ces courts métrages aussi intrigué que perplexe sur leur signification mais ma foi, c’est ce qui reste fascinant chez Lynch!

Fire (Pozar)

Découvertes: Méandre (2020), L’Heure du Loup (1968)

Méandre: Au lieu d’aller voir Adieu les cons, ma curiosité m’a poussé à aller voir le film de Mathieu Duri qui fait pas mal parler de lui en ce moment. Il faut dire aussi que Méandre regorge de bonnes idées! Si le pitch minimaliste et le huit clos non consenti font immédiatement penser à Cube/Saw (le film sera finalement plus proche du premier), l’ambiance survival claustro (réussie) à The Descent, le métrage ne se repose pas sur la réputation de ses aînés mais offre de vraies performances. Celle de Gaia Weiss bien sûr, d’une mise en scène/rythme/univers réussis (malgré des moyens limités) et surtout un sous-texte psychologique bienvenu et pas si commun dans le cinéma de genre (le dépassement comme métaphore du deuil). Quelques clins d’oeil aux films de genre sont évidemment de la partie (Alien, Phantasm). Une bien jolie suprise!

https://www.imdb.com/title/tt5752192/?ref_=fn_al_tt_1

L’Heure du Loup: Depuis le temps, il fallait quand même bien découvrir Bergman! Surtout que vu son univers, ça avait beaucoup de chances de me parler! Et effectivement, ce fut une très belle découverte. Déjà, le N&B est magnifique, l’ambiance à mi chemin entre drame et fantastique que ne renierait pas des Lars Von Trier (Antichrist surtout), Cronenberg voire Lynch (pour (pour les dédoublements de personnalités et les bizarreries qui s’ensuivent). Les acteurs principaux Max Von Sydow et Liv Ullmann (qui collaboreront plusieurs fois avec le réalisateur) sont totalement habités par leur rôle. Enfin, c’est surtout un film qui laisse court à l’interprétation du spectateur, ce qui est toujours appréciable. L’Heure du Loup est il un film sur l’angoisse de la paternité, sur les fantasmes/la tentation adultère, sur la dévotion extrême d’une femme menant à l’isolement social ? Les occupants du château sont ils seulement réels ou seulement dans l’imagination/souvenirs du peintre torturé? Libre à vous d’y adhérer ou pas. Ce qui est sûr, c’est qu’on replongera avec grand plaisir dans cet univers sobre, réaliste (très peu de musique dans celui ci…le Dogme95 n’a finalement rien inventé) mais fascinant d’étrangetés avant-gardistes… avec Le Septième Sceau, La Source et Persona!

https://www.imdb.com/title/tt0063759/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Les Diables (1971), Kalidor (1985), Ant Head (2018)

Les Diables: Film culte (adapté d’un récit historique réel d’Aldous Huxley) qui s’avère être une énorme farce au vu du jeu d’acteurs, scénario, montage et BO tellement à la ramasse qu’ils semblent pondus sous acide, façon Jodorowsky ou Gilliam mais sans leur génie (c’est dire si on est dans le grotesque). Alors oui, on saisit bien le propos à charge contre le fanatisme religieux et les abus de pouvoir en général mais honnêtement, c’était pas possible de proposer quelque chose de plus fin, de proposer une critique sans enfiler tous les clichés au point de décrédibiliser totalement les personnages? Le métrage a au moins eu le mérite de m’arracher des rires nerveux devant le n’importe quoi ambiant… J’imagine que c’est déjà énorme! A regarder sans le son éventuellement donc, uniquement pour les costumes/décors et parce que ça fait historiquement partie des débuts de la nunsploitation!

https://www.imdb.com/title/tt0066993/?ref_=nv_sr_srsg_0

Kalidor: La Légende du talisman/Red Sonja: Etant particulièrement fan de l’univers de R. E. Howard et déplorant le manque de films fantasy (tu le sens venir le cycle rempli ras la gueule de Deathstalker et autres Les Barbarians des enfers?), il était temps de visionner ce troisième opus de l’univers du Barbare. Le plus gros souci de Kalidor (ou Red Sonja dans version d’origine) est qu’il reste un film grand public, loin de l’univers cruel et épique de Conan. On ne ressent pas vraiment la prise de risques des personnages et le côté comique nuit à son équilibre. C’est dommage pour l’avant-dernière réalisation de Richard Fleischer, les décors, la BO (Ennio Moriconne) et le synopsis sont pourtant corrects (on ne peut pas en dire autant du seul monstre du film) mais le film ne décolle réellement jamais. Les acteurs s’en tirent honorablement (bon ok, faut supporter les gosses), Brigitte Nielsen en tête, dans un rôle de femme forte étonnant. On notera également la présence de Sandahl Bergman, qui jouait Valeria dans Conan, cette fois ci dans le rôle de la Reine Gedren. Ca se laisse regarder disons!

https://www.imdb.com/title/tt0089893/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ant Head: Court métrage de Lynch, sorte de délire expérimental à la Eraserhead qui aurait mérité d’être réduit de moitié, même si c’est toujours sympa de voir que le Monsieur n’a rien perdu de ses velleités malsaines de l’époque! Un métrage qui, comme tout bon cinoche expérimental qui se respecte, est laissé aux interprétations de chacun!

https://www.imdb.com/title/tt9287342/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Peeping Tom (1960), Mandibules (2020), Bloody Bird (1987), Carnival of Souls (1962), The Nest (2013)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera chez Antonioni, De Palma ou Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (superbe Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout d’un long, jusqu’au magnifique climax final. Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur. Profondément injuste.

https://www.imdb.com/title/tt0054167/?ref_=fn_al_tt_1

Mandibules: Première séance de 2021 pour votre hôte et l’occasion de voir si Dupieux persévère dans la « normalisation » de son univers, entamée avec Au Poste! et Le Daim (qui sont tout à fait corrects). Hé bien c’est le cas, Mandibules est un film à l’esthétique lèchée (tourné dans le Var, de souvenir), parsemé de quelques fulgurances absurdes mais qui reste bien trop sage pour les amateurs de ses anciens films (dont je suis). Les acteurs s’en sortent bien (il faut dire que Grégoire Ludig et David Marsais sont dans leur élément) mais au vu de certains potentiels (je pense à Bruno Lochet par exemple) et du pitch de départ, il y avait certainement matière à donner une autre ampleur à ce film. Pour être plus précis, on a parfois plus l’impression de regarder un métrage du Palmashow qui traîne en longueur qu’un film de Dupieux. Après, on ne va pas se mentir: retrouver le chemin des salles obscures après plus de six mois est un plaisir, alors on ne va pas trop en tenir rigueur à Dupieux mais on attend de pied ferme Incroyable mais vrai, son prochain métrage prévu pour la fin de l’année, avec Alain Chabat et Léa Drucker.

https://www.imdb.com/title/tt10375106/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bloody Bird/Stage Fright: Soavi ayant signé l’excellent Dellamorte Dellamore (chronique à venir d’ailleurs), j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de découvrir ce slasher/giallo de la fin des 80’s. Grand mal m’en a pris parce qu’à part une succession de clichés tellement grotesque que j’ai dû arrêter le visionnage pour vérifier si ce n’était pas une parodie assumée, c’est vraiment l’impression de gâchis qui surnage. Pourtant vu le sujet et l’apparence du tueur, il y avait un certain potentiel… On sauvera juste la BO de Simon Boswell (Phenomena, Demons 2, Santa Sangre et j’en passe). En espérant que Sanctuaire et La Secte ne soient pas du même acabit!

https://www.imdb.com/title/tt0092576/?ref_=fn_al_tt_1

Tu as peur? Hein, dis le que tu as peur! Regarde comme je saute haut!

Carnival of Souls/Le Carnaval des Âmes: Mon premier rapport avec Carnival était un vieux doccumentaire sur le cinéma de genre diffusé sur Arte pour Halloween (on devait être dans les années 1990) suivi du film de Herk Harvey (qui joue le « revenant » principal dans ce film) où certaines images sont restées gravées en mémoire (dont certains passages de Phantasm et je ne sais quel opus d’Hellraiser). Mais trop jeune pour ce genre de film tout en ambiances, je n’ai jamais réussi à passer le cap. Jusqu’à aujourd’hui! Et ma foi, c’est plutôt une bonne surprise, à classer dans les films à petit budget, bien rythmé, qui propose de vrais moments de bravoure, à l’instar de Messiah Of Evil (qu’il serait grand temps que je retente). Unique rescapée d’un accident de la route, la protagoniste (incarnée par Candace Hilligoss, qui porte totalement le film sur ses épaules) se met à avoir des visions impliquant un homme à l’aspect livide et un grand bâtiment abandonné, près d’un lac. Le noir & blanc est superbe, certains plans très inspirés et le propos est assez avant gardiste (rôle de femme forte, flou entre réalité et visions, malédiction dont on ne peut se défaire, motifs récurrents,…). Même si le final est prévisible aujourd’hui, le traitement des « revenants », à la lisière entre spectres et zombies modernes (qui, comme dit dans le dernier PIFFFcast, sont plus proches des goules qu’autre chose) est original et donne du sens au scénario. En le regardant, on pense tour à tour à Shining, Eraserhead, La Nuit des morts vivants. Hélas ni Hilligoss ni Harvey (dont c’est le seul long métrage) ne feront une grande carrière par la suite, le film faisant un bide lors de sa sortie, comme beaucoup de films au statut passé culte avec le temps. Un film qui sait proposer de vrais instants de poésie sans jamais cesser d’être inquiétant (on fleurte d’ailleurs avec le thriller psychologique), quoi qu’il en soit!

Pour aller plus loin (eng)!

https://www.imdb.com/title/tt0055830/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Nest: Court métrage (en plan séquence) représentatif de l’évolution du réalisateur, The Nest présente un body horror suggéré, verbeux, là où les anciens Cronenberg montraient l’horreur frontalement (sans pour autant négliger leur portée symbolique et leurs réflexions sur les sociétés humaines). L’intérêt de The Nest résidant aussi dans la potentielle inversion des rapports de force entre les deux personnages. Alors oui, ça marche sur une courte durée mais ça donne aussi des trucs très moches, comme Cosmopolis!

https://www.imdb.com/title/tt3831484/?ref_=fn_tt_tt_12

Découvertes: Beatrice Cenci (1969), La Baie sanglante (1971)

Beatrice Cenci (connu aussi sous le nom Liens d’amour et de sang): Je dois dire qu’au delà que trouver perturbant de voir Fulci diriger un drame historique réel (le film de Fulci est le cinquième métrage traitant du sujet), il est assez marrant de constater que l’italien dirigeait de bons acteurs dans les années 1960 et 1970…car autant vous le dire, la quadrilogie des zombies ne brille pas vraiment de ce côté là (ni par la qualité de ses scénarios d’ailleurs, l’arrête de la collaboration avec Roberto Gianviti au profit de Dardano Sacchetti n’y est clairement pas étrangère). Adrienne La Russa (qu’on retrouvera dans plusieurs séries par la suite) et Georges Wilson (à la longue carrière) crèvent littéralement l’écran dans ce mélodrame sadique prenant place durant la Renaissance. On retrouvera Tomás Milián (Olimpo), un habitué des westerns spaghetti et des poliziotteschi, dans deux films suivants du réalisateur: La Longue Nuit de l’exorcisme (1972) et Les Quatre de l’Apocalypse (1975). Les ambiances sont plutôt réussies, le rythme est bien dosé et encore une fois les thématiques et les plans nerveux caractéristiques du réal sont présents. En même temps, quoi de mieux qu’une histoire de paricide, dans le contexte de L’Inquisition (qui, petit point culture, n’a été abolie qu’au début du XIXe siècle), mettant en scène un patriarche détestable et une martyre sublime pour mettre en lumière l’hypocrisie de la Bourgeoise de l’époque et l’ambivalence de la religion? Même si l’italien se mettre un peu avare en hémoglobine, une fois n’est pas coutume! Encore une bonne surprise en tout cas!

https://www.imdb.com/title/tt0064073/?ref_=nv_sr_srsg_0

La Baie sanglante: Cette replongée dans la filmo du père Fulci étant aussi l’occasion de combler mon énorme méconnaissance de celle de Bava (un jour, j’arrêterai de me disperser pour torcher enfin ces putains de cycles « hard SF » et « conspiracy thrillers », promis…). Oui, La Baie sanglante est fidèle à sa réputation: inventif, sanglant, brutal, il est en ce sens un digne précurseur du slasher (notamment Vendredi 13: lac, victimes à peine majeures, multiples meurtres à l’arme blanche,…) mais n’oublie jamais d’être un giallo: travail évident sur l’esthétisme (lumières bleues et rouges, éclairages) et la mise en scène (zooms, gros plans, plans séquences, jeu sur les profondeurs de champs), tout y est (sauf l’enquête policière il est vrai)! Le petit plus de ce métrage (tardif dans la carrière de Mario Bava et miné par un budget au rabais) est son traitement de ses personnages: vils, arrivistes, influençables, sans grandeur d’âme…il aurait très bien pu être tourné par Fulci (justement!) tant le nihilisme et le pessimisme vis à vis du genre humain est omniprésent dans ce métrage (même si à mon sens la fin est bien too much)! La Baie, objet de convoitises pour la majorité des personnages, génère ainsi un immense jeu de massacres où tout le monde sera au minimum acteur, témoin ou complice, la folie meurtrière se propageant comme une maladie virale! On compte parmi le casting une bonne poignée d’habitués des gialli: Claudine Auger, Luigi Pistilli (que tout le monde a déjà vu chez Leone), Laura Betti. Le vrai point noir est à chercher du scénario tiré par les cheveux et pas très finaud qui semble uniquement là pour appuyer le propos (Dardano Sacchetti, encore lui) !

https://www.imdb.com/title/tt0067656/?ref_=fn_al_tt_1

Pusiqu’on en parlait il y a peu, un court documentaire sur la culture vidéoclub signé BiTS!

Et puisque c’était aussi le sujet d’un précédent podcast, le PIFFFcast a sorti sa dernière livraison sur le sujet slasher!

Découvertes: Alexandre le bienheureux (1968), Les Ripoux (1984)

Alexandre le Bienheureux: Un véritable bol d’air frais que cette comédie légère (dont le synopsis tient sur un timbre poste), véritable hymne à l’hédonisme, à la liberté et à la nature (campagnes qui, soyons clair, n’ont hélas plus rien à voir avec celles du film)! Voilà qui fait du bien en ces temps sinistres! La photographie de René Mathelin (Le Grand Blond, Le Magnifique et j’en passe) est superbe, tout comme la musique de Vladimir Cosma. Philippe Noiret (dont c’est finalement le premier vrai rôle) crève évidemment l’écran, secondé par une vrai gallerie de personnages secondaires (Françoise Brion, Marlène Jobert, Jean Carmet, Paul Le Person, Tsilla Chelton,…). On notera aussi la présence de Pierre Richard qui débutait alors! Vive Yves Robert, vive Kaly le chien!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2511.html

Les Ripoux: Avis mitigé sur celui ci… Bien sûr les répliques cinglantes sont légion, c’est toujours un plaisir de retrouver Noiret, Lhermitte et les autres (Régine, Grace de Capitani, Julien Guiomar,…) mais le tandem de personnages que tout oppose au départ et l’univers finalement bien gentillet dans lequel ils évoluent (ici en totale contradiction avec l’enfer bétonné parisien et le système répressif déjà vacillant qu’il met en lumière) sont tellement devenus des clichés et des ressorts poussiéreux de la comédie française depuis le légendaire duo De Funès/Bourvil que pffff…pourquoi celui ci sortirait du lot, en fait? Reste une sympathique comédie, évidemment!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32758.html

Découvertes cultes: Alice, Sweet Alice (1976), Sleepaway Camp (1983)

Alice, Sweet Alice/Communion sanglante: Lorgnant au final plus vers le drame horrifique que le simple film d’horreur aux ingrédients slashers avant l’heure (masque et tenue distinctive, vue subjective), Alice explore les thématiques des traumas familiaux sur fond religieux (et du jusqu’au boutisme parental), à l’instar d’un Carrie (l’ambiance y est d’ailleurs très « De Palmesque » et Polanski n’est pas très loin), où le spectateur se prendra d’empathie pour le personnage principal. Le film souffre cependant d’un rythme aléatoire et le twist (pourtant bien trouvé) intervient beaucoup trop tôt dans le scénario. Dommage, Paula E. Sheppard (Alice), Alphonso DeNoble (Mr Alphonso, déjà vu dans Bloodsucking Freaks) et Mildred Clinton (Mme Tredoni, vu auparavant dans Serpico) s’en sortaient pourtant très bien. Original dans tous les cas!

https://www.imdb.com/title/tt0076150/?ref_=fn_al_tt_1

Sleepaway Camp/Massacre au camp d’été: Slasher à priori banal et classique (bien qu’il lorgne salement du côté du whodunit et du giallo) surfant sur la mode de la saga Vendredi 13, mais qui une fois lancé se révèle une petite pépite d’originalité (meurtres eux même, hors champs, très peu de sexualisation des personnages féminins), traitant de thèmes graves et matures à commencer par la pédocriminalité, le harcèlement et ses conséquences. Quand à la fin, elle figure parmi les meilleurs twists des slashers… Dommage que le jeu d’acteurs soit globalement assez décevant. A noter que l’excellente Felissa Rose (Angela) et Jonathan Tiersten (Ricky) reviendront incarner leurs personnages dans le quatrième et cinquième épisode de la saga. Et que les effets spéciaux sont signés Ed French (Amityville II, CHUD, Creepshow 2, Terminator 2, et j’en passe).

https://www.imdb.com/title/tt0086320/?ref_=nv_sr_srsg_0