Découvertes: Beatrice Cenci (1969), La Baie sanglante (1971)

Beatrice Cenci (connu aussi sous le nom Liens d’amour et de sang): Je dois dire qu’au delà que trouver perturbant de voir Fulci diriger un drame historique réel (le film de Fulci est le cinquième métrage traitant du sujet), il est assez marrant de constater que l’italien dirigeait de bons acteurs dans les années 1960 et 1970…car autant vous le dire, la quadrilogie des zombies ne brille pas vraiment de ce côté là (ni par la qualité de ses scénarios d’ailleurs, l’arrête de la collaboration avec Roberto Gianviti au profit de Dardano Sacchetti n’y est clairement pas étrangère). Adrienne La Russa (qu’on retrouvera dans plusieurs séries par la suite) et Georges Wilson (à la longue carrière) crèvent littéralement l’écran dans ce mélodrame sadique prenant place durant la Renaissance. On retrouvera Tomás Milián (Olimpo), un habitué des westerns spaghetti et des poliziotteschi, dans deux films suivants du réalisateur: La Longue Nuit de l’exorcisme (1972) et Les Quatre de l’Apocalypse (1975). Les ambiances sont plutôt réussies, le rythme est bien dosé et encore une fois les thématiques et les plans nerveux caractéristiques du réal sont présents. En même temps, quoi de mieux qu’une histoire de paricide, dans le contexte de L’Inquisition (qui, petit point culture, n’a été abolie qu’au début du XIXe siècle), mettant en scène un patriarche détestable et une martyre sublime pour mettre en lumière l’hypocrisie de la Bourgeoise de l’époque et l’ambivalence de la religion? Même si l’italien se mettre un peu avare en hémoglobine, une fois n’est pas coutume! Encore une bonne surprise en tout cas!

https://www.imdb.com/title/tt0064073/?ref_=nv_sr_srsg_0

La Baie sanglante: Cette replongée dans la filmo du père Fulci étant aussi l’occasion de combler mon énorme méconnaissance de celle de Bava (un jour, j’arrêterai de me disperser pour torcher enfin ces putains de cycles « hard SF » et « conspiracy thrillers », promis…). Oui, La Baie sanglante est fidèle à sa réputation: inventif, sanglant, brutal, il est en ce sens un digne précurseur du slasher (notamment Vendredi 13: lac, victimes à peine majeures, multiples meurtres à l’arme blanche,…) mais n’oublie jamais d’être un giallo: travail évident sur l’esthétisme (lumières bleues et rouges, éclairages) et la mise en scène (zooms, gros plans, plans séquences, jeu sur les profondeurs de champs), tout y est (sauf l’enquête policière il est vrai)! Le petit plus de ce métrage (tardif dans la carrière de Mario Bava et miné par un budget au rabais) est son traitement de ses personnages: vils, arrivistes, influençables, sans grandeur d’âme…il aurait très bien pu être tourné par Fulci (justement!) tant le nihilisme et le pessimisme vis à vis du genre humain est omniprésent dans ce métrage (même si à mon sens la fin est bien too much)! La Baie, objet de convoitises pour la majorité des personnages, génère ainsi un immense jeu de massacres où tout le monde sera au minimum acteur, témoin ou complice, la folie meurtrière se propageant comme une maladie virale! On compte parmi le casting une bonne poignée d’habitués des gialli: Claudine Auger, Luigi Pistilli (que tout le monde a déjà vu chez Leone), Laura Betti. Le vrai point noir est à chercher du scénario tiré par les cheveux et pas très finaud qui semble uniquement là pour appuyer le propos (Dardano Sacchetti, encore lui) !

https://www.imdb.com/title/tt0067656/?ref_=fn_al_tt_1

Pusiqu’on en parlait il y a peu, un court documentaire sur la culture vidéoclub signé BiTS!

Et puisque c’était aussi le sujet d’un précédent podcast, le PIFFFcast a sorti sa dernière livraison sur le sujet slasher!

Découvertes: Alexandre le bienheureux (1968), Les Ripoux (1984)

Alexandre le Bienheureux: Un véritable bol d’air frais que cette comédie légère (dont le synopsis tient sur un timbre poste), véritable hymne à l’hédonisme, à la liberté et à la nature (campagnes qui, soyons clair, n’ont hélas plus rien à voir avec celles du film)! Voilà qui fait du bien en ces temps sinistres! La photographie de René Mathelin (Le Grand Blond, Le Magnifique et j’en passe) est superbe, tout comme la musique de Vladimir Cosma. Philippe Noiret (dont c’est finalement le premier vrai rôle) crève évidemment l’écran, secondé par une vrai gallerie de personnages secondaires (Françoise Brion, Marlène Jobert, Jean Carmet, Paul Le Person, Tsilla Chelton,…). On notera aussi la présence de Pierre Richard qui débutait alors! Vive Yves Robert, vive Kaly le chien!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2511.html

Les Ripoux: Avis mitigé sur celui ci… Bien sûr les répliques cinglantes sont légion, c’est toujours un plaisir de retrouver Noiret, Lhermitte et les autres (Régine, Grace de Capitani, Julien Guiomar,…) mais le tandem de personnages que tout oppose au départ et l’univers finalement bien gentillet dans lequel ils évoluent (ici en totale contradiction avec l’enfer bétonné parisien et le système répressif déjà vacillant qu’il met en lumière) sont tellement devenus des clichés et des ressorts poussiéreux de la comédie française depuis le légendaire duo De Funès/Bourvil que pffff…pourquoi celui ci sortirait du lot, en fait? Reste une sympathique comédie, évidemment!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32758.html

Découvertes cultes: Alice, Sweet Alice (1976), Sleepaway Camp (1983)

Alice, Sweet Alice/Communion sanglante: Lorgnant au final plus vers le drame horrifique que le simple film d’horreur aux ingrédients slashers avant l’heure (masque et tenue distinctive, vue subjective), Alice explore les thématiques des traumas familiaux sur fond religieux (et du jusqu’au boutisme parental), à l’instar d’un Carrie (l’ambiance y est d’ailleurs très « De Palmesque » et Polanski n’est pas très loin), où le spectateur se prendra d’empathie pour le personnage principal. Le film souffre cependant d’un rythme aléatoire et le twist (pourtant bien trouvé) intervient beaucoup trop tôt dans le scénario. Dommage, Paula E. Sheppard (Alice), Alphonso DeNoble (Mr Alphonso, déjà vu dans Bloodsucking Freaks) et Mildred Clinton (Mme Tredoni, vu auparavant dans Serpico) s’en sortaient pourtant très bien. Original dans tous les cas!

https://www.imdb.com/title/tt0076150/?ref_=fn_al_tt_1

Sleepaway Camp/Massacre au camp d’été: Slasher à priori banal et classique (bien qu’il lorgne salement du côté du whodunit et du giallo) surfant sur la mode de la saga Vendredi 13, mais qui une fois lancé se révèle une petite pépite d’originalité (meurtres eux même, hors champs, très peu de sexualisation des personnages féminins), traitant de thèmes graves et matures à commencer par la pédocriminalité, le harcèlement et ses conséquences. Quand à la fin, elle figure parmi les meilleurs twists des slashers… Dommage que le jeu d’acteurs soit globalement assez décevant. A noter que l’excellente Felissa Rose (Angela) et Jonathan Tiersten (Ricky) reviendront incarner leurs personnages dans le quatrième et cinquième épisode de la saga. Et que les effets spéciaux sont signés Ed French (Amityville II, CHUD, Creepshow 2, Terminator 2, et j’en passe).

https://www.imdb.com/title/tt0086320/?ref_=nv_sr_srsg_0

Revisionnages: La Cité de la peur (1994), La Traversée de Paris (1956)

La Cité de la Peur: Il était grand temps de revoir cette comédie culte, prenant le prétexte du slasher au festival de Cannes pour nous proposer des situations et dialogues parodiques (on sent d’ailleurs bien les liens avec le divin La Classe Américaine d’Hazanavicius par moments). Non pas que je sois un grand fan de l’humour des Nuls (le mien étant bien plus cinglant et cynique, ce qui me rend peu adepte des comédies en général) mais plutôt de me remémorer dans quel contexte toutes ces répliques cultes ont trouvé naissance. Et « des gimmicks, des phrases chocs », il y en a à la pelle ! Bien rythmé, doté de seconds rôles savoureux (Lemercier pour n’en citer qu’un), multipliants les clins d’oeils et les gags loufoques qui pour certains ont hélas quand même perdu de leurs superbe avec le temps, La Cité de la Peur reste définitivement un incontournable des comédies françaises!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=9400.html

La Traversée de Paris: Je dois vous faire une confidence: j’adore les vieux films français des décennies 60 et 70, ceux des Bourvil, Gabin, Dewaere, Marielle, Blier, Ventura, Constantin, Lefebvre, Blanche, Delon, Dalban, Pousse et j’en passe! On y consacrera d’ailleurs certainement un cycle, tellement il m’en reste à voir! Mais revenons au sujet! La Traversée de Paris, adaptation de la nouvelle de Marcel Aymé, s’avère être une excellente comédie retraçant une partie du quotidien de Paris sous l’Occupation, mené par le divin duo Bourvil/Gabin. On en retient évidemment les dialogues, les personnages aux motivations ambivalentes (souvent viles), le Paris de l’époque, un Louis de Funès qui commence à se faire connaître mais également une fin moins tragique qu’il n’y paraît! On en redemande!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=20196.html

Découvertes: The Prowler (1981), Evil Dead Trap (1988)

The Prowler: Le potentiel était là, hélas au lieu de partir totalement à contrepied des clichés du slasher, ce troisième film de Joseph Zito (à qui l’on doit déjà Abduction et Bloodrage et qui signera le volet final de la première quadrilogie des Vendredi 13) s’arrête en chemin… La faute à des personnages pas vraiment charismatiques et une tension très aléatoire. On retiendra donc surtout la mise en scène, un rythme lancinant plutôt efficace, quelques écarts sympa avec le genre (le film aurait pu tout aussi bien se passer totalement dans les années 1950) et un tueur ma foi assez original, aux intentions plutôt troubles (la logique dans ce film se rapprochant d’un onirisme à la Fulci, les musiques de Richard Einhorn, habitué du genre, soulignant la chose). A noter que l’on doit les effets gore à ce bon vieux Tom Savini!

https://www.imdb.com/title/tt0082951/

Evil Dead Trap: Slasher culte ne reniant pas ses spécificités japonaises (tendance à l’expérimentation, éléments démoniaco-fantastiques et clins d’oeil snuffs à la Satoru Hogura / Hideshi Hino) mais aux références un peu trop visibles (Evil Dead, Videodrome, la BO de Tomohiko Kura comme clin d’oeil évident aux gialli d’Argento et Fulci magnifiés par les Goblins et Fabio Frizzi), et souffrant d’une durée un poil abusive, Evil Dead Trap a forcément influencé les délires gores/sadiques d’un Takashi Miike et le torture porn. Et rien que pour tout ça, sa fin bisseuse à souhait et sa mise en scène soignée dans des décors abandonnés cauchemardesques, ce film de Toshiharu Ikeda (scénario de Takashi Ishii, bien connu des amateurs de gekiga/pinku eiga) mérite le coup d’oeil!

https://www.imdb.com/title/tt0167147/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: The House on sorority row (1982), Carnage (1981), Jason le Mort-Vivant (1986)

Et on continue notre sélection slashers « méconnus », devenus finalement un podcast puis un cycle ah ah!

The House on sorority row: Globalement bien rythmé, gore à souhait, Sorority Row fait assurément partie du haut du panier des slashers 80’s, ménageant son suspense (je n’ai pas forcément vu venir le twist final, même si j’y ai pensé en début de film), dans la droite lignée de Black Christmas (comment ne pas y voir un joli clin d’oeil, entre la sororité et le rôle central du grenier?). Sans être à la hauteur de ses notables aînés, le métrage présente un boggeyman original, un scénario ingénieux et une unité de temps/de lieu habile, ce qui est déjà pas mal! Et les actrices, débutantes en majorité, s’en sortent honorablement!

Bonus: une bien belle chronique

https://www.imdb.com/title/tt0085694/?ref_=nv_sr_srsg_0

Carnage / The Burning: Autre slasher culte…finalement pas si mémorable que ça (malgré un bon dosage entre Vendredi 13 et Délivrance), vaut surtout pour son massacre aussi brutal que surprenant en milieu de film (où le boogeyman Cropsy élimine pas moins de cinq ados une main dans le slip) et…allez, son arme de prédilection, une cisaille à gazon (ça m’a pris 10 minutes pour me rappeller le terme exact). Disons même le clairement, malgré une intro façon Maniac, il est même très long à démarrer et frôle le répétitif. Notons aussi la présence de Jason Alexander (Seinfeld), Holly Hunter, Fisher Stevens et Tom Savini, décidemment partout (le bougre vient déjà d’enchaîner Vendredi 13, Maniac et The Prowler), au maquillage. Enfin, rassurez vous, c’est déjà 10 fois meilleur que le premier Vendredi 13, hein ah ah! Le thème principal est signé Rick Wakeman (Yes).

https://www.imdb.com/title/tt0082118/?ref_=nv_sr_srsg_0

Jason le Mort-Vivant (Vendredi 13 Part VI): Considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de la franchise, ce sixième opus voit Jason rescuciter sous la forme d’un mort-vivant (le pépère étant mort dans le quatrième opus) et revenir faire le ménage autour du Crystal Lake de son enfance (qui n’est pas un jour mort noyé dans un lac, voyons?). L’ambiance et l’inventivité sont là. Le second degré est lui aussi omniprésent, ce qui est visiblement une nouveauté dans cette saga. Trop présent puisque cet aspect « fun » nuit pas mal au peu de tension déjà présente dans ce type de films (tant est qu’on puisse s’attacher à des personnages caricaturaux). Alors ça se laisse regarder distraitement, une main dans le bol de cahuètes… Je ne doute pas qu’il y a un public pour ça mais honnêtement ça me passe tellement au dessus que je commence à me demander comment cette franchise a pu traverser aussi aisément les décennies… On essayera tout de même le remake de 2009 prochainement. Comme quoi les à priori se révèlent parfois vrais…

https://www.imdb.com/title/tt0091080/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes/Revisionnage: Maniac Cop (1988), Halloween II (1981), Halloween (2018), Vendredi 13 (1980)

Petite thématique slashers cette seconde semaine de janvier 2021, l’occasion de compléter mes lacunes sur le sujet et de dépoussiérer quelques bobines. Pour l’anecdote, les slashers 80’s correspondent à ma découverte de l’horreur/épouvante au début des années collège. Les franchises Halloween puis Les Griffes de la Nuit (malgré une nette préférence pour cette dernière) sont donc de sacrées madeleines de Proust pour votre hôte, sans que je sois un grand friand de slashers, bien au contraire.

Maniac Cop: Partant d’un postulat prometteur (la figure d’autorité devenant la menace, distillant de fait un climat paranoïaque dans les bas fonds de New York proches d’un Maniac du même réal) mais plombé par un classicisme navrant et un mélange bancal d’action et de slasher au rabais, l’intrigue de ce premier Maniac Cop ne s’étoffe au final que dans sa toute dernière partie (celle qui explique l’histoire de Matt Cordell). Un peu tard, donc, malgré la présence de Bruce Campbell dans les rôles principaux. A noter que Refn et Hyams préparent une série sur l’univers de la trilogie…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=33263.html

Halloween II: Premier slasher vu ado, premier film d’horreur vu en VHS tout court (j’hésitais à vous faire un bonus « souvenirs de vidéo-club » durant ces fêtes, ça n’est que partie remise), étant le genre de tordu aimant bien terminer les franchises par les films originels (Halloween sera une sévère déception, pour le coup), ce second opus m’avait passablement marqué par sa claustrophobie haletante. S’il me restait quelques souvenirs plus de vingt ans en arrière, c’était ceux de Laurie Strode se faisant inlassablement poursuivre par The Shape dans un hôpital glauque… Au final, cela correspond à la toute dernière partie du film, Halloween II prenant son temps (un peu trop par moments, gâchant ainsi la tension de certaines scènes) pour distiller la peur, nous épargnant l’ennuyeux enchaînement de mises à mort au profit de mises en scène plutôt ingénieuses, la première partie relatant le parcours de Myers (plus fourbe dans ce métrage) jusqu’à l’hôpital où est soignée Strode (c’est cet opus que l’on apprend que Myers est son frère). Suite directe de l’original (l’action se passe d’ailleurs la même nuit que les évènements du premier) avec une atmosphère assez similaire (Big John est à la prod et au montage, au désepoir de Rosenthal), il confirme que bien que mal aimé (il est vrai que Lee Curtis n’est pas trop présente à l’écran), cet Halloween II est surtout plein de qualités et sous estimé.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8.html

Halloween: Très intéressé par ce dernier Halloween en date, à l’esprit assez proche de l’original (le remake de Rob Zombie étant efficace mais peu mémorable avec le recul), celui s’avère effectivement une bonne surprise. Visuellement magnifique, bien rythmé, avec moultes clins d’oeil aux deux premiers opus, il prend le parti de faire suite à l’original, avec une Laurie Strode, rescapée vengeresse salement badass (Sarah Connor?) et The Shape, maléfique à souhait. On déplorera juste une fin expédiée un peu à ma va vite. A noter que Gordon Green prépare deux suites prévues pour 2021 et 2022.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238622.html

Vendredi 13: Il se trouve que votre serviteur n’a jamais vu un seul film de la saga Vendredi 13, le côté clichesque de la chose m’en a toujours tenu éloigné. Et…j’aurais dû patienter encore quelques années, voire quelques décennies, tellement j’ai détesté ce que j’ai vu. Enchaînement de morts sans aucune tension (mention spéciale à la daronne Voorhees qui crache sa Valda en moins d’une minute), mauvais acteurs, personnages débiles, final pas crédible, film trop long, bref une accumulation de clichés dignes d’une parodie d’horreur avant l’heure, voilà comment m’est apparu ce Vendredi 13 originel. Le cadre forestier est très mal exploité. Seul le (faux) twist final mérite le coup d’oeil, c’est dire! Ca promet pour le futur cycle « slashers »…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=505.html

Découvertes: Underwater (2020), Mondwest (1973)

Underwater: Une overdose de bons sentiments et de déjà vu noyant un scénario qui aurait pu être prometteur, voilà comment résumer ce film, à mi chemin entre Abyss et Alien. Pourtant, ce n’est pas le premier « Alien like » à voir le jour, Life s’en était bien sorti en 2017 dans cette veine là. Oui, il faut bien reconnaître que Kristen Stewart se démène pour sauver ce naufrage en règle mais le film est bien trop frileux et brouillon, les personnages fades/niais/clichés, les FX décevants pour espérer trouver quelque chose de mémorable dans ce survival aquatique. Heureusement, le film est court et ne laisse donc pas trop cogiter. On sauvera éventuellement la photo et les lumières, qui sont plutôt belles quand les FX ne viennent pas tout dégueulasser…il y aurait même eu de quoi faire monter carrément la sauce en utilisant au mieux l’angoisse générée par l’obscurité des fonds marins mais bon… Aucune idée de comment ce film a pu atterrir dans ma liste de hard SF d’ailleurs, évidemment, cela n’en est pas. On reparlera de toute façon de son réal à l’occasion de The Signal (2014), en espérant que celui ci soit correct…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=254155.html

Mondwest: Je l’ai sous-entendu dans mon article « bilan 2020 », j’aime beaucoup la série Westworld, inspirée justement de ce Mondwest qui n’a pas à pâlir devant sa descendance. En effet, ce film pousse la réflexion technologique et le réalisme si loin que je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un des meilleurs films de SF que j’ai vu jusqu’à présent. A tel point que je me suis demandé si ce n’était pas une adaptation de roman. J’ai appris du même coup que le réal, Michael Crichton était justement écrivain de formation (il signera plus tard le roman Jurassic Park dont les similitudes avec Mondwest ne manquent pas). Mondwest est son premier film! Le postulat de la série est déjà posé ici: un parc d’attractions propose trois époques révolues aux « touristes »: l’époque romaine, l’époque médiévale ou celle de la conquète de l’Ouest (le seul conservé dans la série), dans lesquelles des robots à apparence humaine permettent de donner libre cours à toutes leurs envies. Je vous le donne en mille, les vacances de nos protagonistes (ici James Brollin et Richard Benjamin) ne vont pas se passer comme prévues, avec une rébellion des robots à la clé, menée par un Yul Brynner impeccable (ces noms ne vous disent peut être rien mais si je vous dis Amityville et Les Sept Mercenaires, vous devriez remettre). Bien sûr la réflexion philosophique (analyse des rapports de force homme/machine, qu’est ce qu’être humain ?, les robots peuvent ils avoir une conscience ?)…qui d’ailleurs s’avère être paradoxalement la faiblesse de la série (lui conférant un aspect verbeux assez vomitif par moments) n’est pas développée ici mais les prémisses sont là, en germe. Mondwest s’oriente donc plus vers le thriller technologique option action/western (même si on verra quand même les deux autres « mondes »), au début bercé d’un second degré appréciable…mais qui basculera vite dans une noirceur inédite pour l’époque. On voit également toute la partie logistique du parc et encore une fois l’aspect réaliste est franchement poussé (jusqu’aux vues pixelisées du robot Yul Brynner…Terminator avant l’heure). Le tout étant bien rythmé, porté par de bons acteurs et doté d’un scénario solide! A noter qu’il existe une suite: Les Rescapés du futur (1976) dans lequel on retrouvera Brynner puis une série Beyond Westworld (1980). Un film ambitieux, intelligent, avant gardiste…à voir d’urgence…et qui inspira bon nombres de films de SF après lui!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=56130.html

Cultes: Millénium, les homme qui n’aimaient pas les femmes (2011), Panic Room (2002)

En préambule, je l’avoue, oui, David Fincher fait partie de mes réal favoris. Son Seven m’a totalement traumatisé quand je l’ai vu ado et fait clairement partie de mon top 5 devant l’éternel. Seulement voilà, à part sur Fight Club, je n’ai jamais tellement retrouvé la folie visuelle et scénaristique qui m’avait accroché dans le second film de l’américain. Je peux même vous l’avouer, je me suis franchement emmerdé devant Zodiac ou Gone Girl. The Social Network, lui, m’a juste gâché mon réveillon 2011 (Lucie, si tu nous lis, je ne te remercie pas) et je crois même avoir fini par m’assoupir devant… Et croyez moi, m’assoupir devant des films, j’ai un certain entraînement pour ça ces dernières années… Comme sur ce Millénium, « aperçu » il y a des annes entre cinq micro siestes par une après midi grise. Mais, les moments où j’ai réussi à garder l’oeil ouvert, j’ai pu tout de même sentir que la noirceur poisseuse qui se dégageait du film me ferait y revenir, tôt ou tard! Il était donc temps de finir la filmo du Monsieur à savoir: Millenium, Panic Room, The Game et L’Etrange histoire de Benjamin Button! C’est parti!

Millenium: Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de sa trilogie, plus précisement) ni vu la série suédoise de 2009 et la trilogie de films qui va avec (avec Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth). On se fera ça à un autre moment, promis, surtout que j’en ai lu beaucoup de bien! Du coup, j’ai cru comprendre que l’adaptation était assez fidèle! Je vous confiance pour vous renseigner sur l’histoire dont je ne parlerai pas ici. Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le pas si mauvais remake des Griffes de la nuit, The Social Network justement ou encore l’excellent Her) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme le thriller est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse et meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire,voire détonnant avec le reste du film, quand il concerne les relations entre Lisbeth et Mikael), grâce à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci est assez indigeste. Plus subtil qu’il n’y paraît, efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178974.html

Panic Room: Là par contre, ce n’est pas la même sauce. Film au scénario plus convenu (il s’agit d’un film de commande), brillant uniquement par ses audaces de mises en scène (sa jolie photo, ses impressionnants effets numériques inspirant certainement un Enter the void, au passage), Panic Room est ce qu’on appelle un film mineur dans la carrière de Fincher. La faute à un casting moyen (Jodie Foster et Jared Leto ne sont franchement pas convaincants, voire irritants pour le dernier), à des personnages de malfrats tellement grotesques qu’ils désamorcent toute tension que le spectateur est censé ressentir (pourquoi d’ailleurs avoir choisi de leur donner autant d’importance?) et celle des victimes sauvent à peine les meubles (Stewart jouant mieux que Foster, même avec trente ans de moins). Et puis, au moment où on est prêt à laisser tomber, arrive une seconde partie où le métrage abandonne tout second degré pour basculer dans le thriller pur, plus sobre, plus noir, plus convaincant. Malheureusement, le mal est fait et même les multiples rebondissements, couplés à le talent de Forest Whitaker (incarnant ici le seul personnage intéressant du récit), n’y feront rien (à l’image de cette interminable scène avec la police où le non sens est de mise) : Panic Room est un film dispensable et se résume définitivement à son concept de base: un huis clos dans une immense maison citadiene de trois étages, doté d’une « pièce de survie ». La belle jambe!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29202.html

Découvertes: Le Fugitif (1993), Snake Eyes (1998)

Le Fugitif: Alors, ma foi, pas grand chose à dire sur ce film mêlant assez habilement thriller et action, adapté d’une série des sixties (dont le concept sera repris dans les 2000 puis 2020), hormis la performance de ses deux acteurs principaux Harrison Ford/Tommy Lee Jones et un rythme général assez bien mené le long de ses deux heures dans un Chicago bien gris, tant la tension n’a pas fonctionné sur moi. Est ce le scénario cliché (un médecin accusé scandaleusement à tort du meutre de sa femme faute de preuves…et donc condamné à mort pour homicide, un marshal zèlé qui mène ses troupes à la baguette entre deux donuts arrosés de café, SPOILER un ami qui se révèle être un traître, la découverte d’un complot de grande ampleur aux 2/3 du film et j’en passe SPOILER), les marshals constamment à la traîne sur un fugitif décidemment trop malin pour eux que ça en devient un gimmick ridicule, le film même qui a mal vieilli, la mise en scène finalement peu mémorable, le côté parfois poussif du scénario qui pousse même le vice à clôre le film sur une fin ultra convenue, le film qui se casse la gueule question crédibilité passée la première heure ou…tout ça à la fois? Je ne saurais trop dire. Et là, c’est à ce moment de votre chronique que vous vous demandez « mékeskilafédotr cet Andrew Davis au fait? » « …ah ouais des films de seconde zone avec Norris, Seagall et Schwarzy… » « je peux publier ma critique la conscience tranquille du coup ». Au moins, on passe pas trop un sale moment (toujours conclure sur du positif).

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8257.html

Snake Eyes: Sympathique thriller de Brian de Palma que j’avais oublié dans sa filmo, Snake Eyes est campé par deux acteurs solides, Nicolas Cage et Gary Sinise (qui a tout de même signé dans de bons films avant d’être un acteur de série). L’histoire tourne autour d’une enquête par deux vieilles connaissances après l’asssassinat d’un secrétaire d’état en plein match de boxe. Ce huit-clos propose pas mal de jolies choses: l’opposition entre le flic local et le colonel carrièriste, de jolis plans ingénieux (plan séquence d’intro, puis façon point de vue ou encore en contre plongée), un plot twist au milieu du film qui permet à la fois de dérouler l’intrigue et de l’expliquer sans trop de lourdeurs via quelques flashbacks bien sentis. C’est plutôt bien rythmé et les thématiques phares du réal sont bien là! Son plus gros défaut est qu’il n’évite pas les écueils du genre: ses personnages principaux en font trop (surtout Sinise…il faut dire que Cage, c’est un peu sa marque de fabrique et on l’aime pour ça ah ah), la fin est clichée à souhait et le côté verbeux/humoristique peut lasser au bout d’un moment. Sans ça et avec un budget plus conséquent, le film aurait pu être un vrai petit bijou!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=19439.html