Découvertes en salles: The Northman (2022), Crimes of the future (2022), The Batman (2022)

Place maintenant aux sorties en salles de cette année (d’ailleurs relativement pauvre en sorties jusqu’à présent)!

The Northman: Eggers, qui nous a régalé auparavant avec The Witch et surtout The Lighthouse, véritable chef d’oeuvre méconnu lovecraftien à souhait, va-t-il réussir la passe de trois? Avec The Northman, on change un peu de registre pour une quête de vengeance, à mi chemin entre mythologie nordique, fable fantastique et tragédie shakespearienne (la légende scandinave d’Amleth ayant inspiré l’écrivain anglais). Visuellement et au niveau de la mise en scène la patte Eggers est bien présente, les décors irlandais faisant le travail par ailleurs: c’est impressionnant sans être too much et pourtant, les films surfant entre mythologie et fantastique sont beaucoup à pêcher de ce côté là. Ici, pas de huis clos mais bien un périple à ciel ouvert dans un monde sombre et violent. Les acteurs (Skarsgård, Kidman, Taylor-Joy, Dafoe, Hawke, Bang, on a même le plaisir de retrouver Björk dans un petit rôle), dont certains sont des habitués du réalisateur, sont très bons. L’histoire, véritable conte sur le destin, l’amour et la vengeance, tient en haleine tout le long de ses deux heures et quelques, notamment grâce à des petits twists bien placés. Les éléments païens sont traités avec respect et pas juste accessoires, c’est tellement inhabituel que c’est à noter. Le mélange des genres est lui aussi efficace, entre la série Vikings, Conan le Barbare, Valhalla Rising et The Tragedy of Macbeth. Clairement le meilleur film vu cette année en salles jusqu’à présent, malgré quelques faiblesses (univers assez manichéen et finalement peu humanisant). Voilà le genre de films qui mérite un visionnage dans les salles obscures, voilà le genre de cinéma indépendant qu’il est important de soutenir! Robert Eggers confirme donc qu’il est un réal prometteur à suivre de très près (il prépare d’ailleurs un remake du légendaire Nosferatu) dans la catégorie « elevated horror », aux côtés d’Ari Aster et surtout très loin devant les surestimés Jordan Peele, David Robert Mitchell et autres Julia Ducourneau (dont on parlera bientôt du grotesque Titane, parce qu’il est nécessaire de rire de ces insupportables chevaliers blancs en fauteuil roulant).

https://www.imdb.com/title/tt11138512/?ref_=nv_sr_srsg_0

Crimes of the future: Cronenberg au cinéma, c’est toujours un petit évènement, surtout au vu de la bande-annonce qui annonçait (enfin!) un retour au body horror qui l’a rendu célèbre (et qu’il boudait depuis près de 20 ans). Cosmopolis restant pour moi une des expériences cinématographiques la plus ennuyeuse de ma vie de cinéphile et le seul film du canadien vu en salles, autant vous dire que je n’étais pas spécialement serein pour autant. Effectivement, le retour à la new flesh frontale ravira les fans de longue date et particulièrement à ceux ayant apprécié Faux Semblants, Crash et Existenz: c’est sulfureux, provoquant et fascinant à la fois, le monde dépeint est glauque est possible (on soupçonnera même un clin d’oeil taquin au foutage de gueule intégral que sont les performances d’art moderne) et H.R. Giger lui même aurait été fier du résultat! Mais…car il y a un gros mais, passée la première demie heure, l’idée principale est bien mal exploitée et ne suffit pas à intéresser sur la durée. Comme les derniers films du réalisateurs, Crimes of the future (aucun lien particulier avec son second long métrage du même titre) passe vite pour un film mal rythmé, lourd et verbeux, où le spectateur passera son temps à essayer de comprendre le pourquoi du comment (à moins que ça ne soit Cronenberg lui même qui ne sait pas quelle direction prendre), d’autant plus que les thématiques font un peu redite face à ses aînés… Reste les acteurs principaux qui s’en sortent honorablement (on aurait aimé voir Kristen Stewart un peu plus à l’écran) et une réflexion à la fois sur ce que ce triste monde moderne laissera aux générations futures comme celle du canadien sur sa propre oeuvre. Un film bien mitigé donc, avec un soupçon de fan service!

https://www.imdb.com/title/tt14549466/?ref_=fn_al_tt_1

The Batman: Autant le reboot sombre de Nolan était raccord avec ses thématiques et ses personnages, autant ici cette énième adaptation est un parfait reflet du cinéma de divertissement actuel: quelque chose de moyen, suffisamment bon pour ne pas avoir envie de zapper, assez médiocre pour l’oublier une fois consommé ! Bruce Wayne y ressemble à un cliché de vieil émo torturé sur le retour (et je te mets Nirvana en fond histoire de bien te le faire comprendre), le personnage de Catwoman ne sert strictement à rien et de toute façon Zoë Kravitz la joue comme un pied, leur « romance » est d’ailleurs totalement invraisemblable. Et ça ce n’est qu’une partie du problème… C’est simple, je crois qu’à part le visuel à tomber de Gotham, il n’y a rien à sauver ici: trop peu de vilains (Colin Farrell y incarne un Pingouin totalement anecdotique), des faiblesses d’écriture énormes, des personnages peu développés et caricaturaux, des incohérences à la pelle, du wokisme parce que c’est à la mode, une OST insupportable,… Que sont allés faire Robert Pattinson, Jeffrey Wright et Paul Dano dans cette galère? Et en même temps, quelle idée de vouloir repartir dans une veine aussi proche de celle de Nolan avec une telle coquille vide (je dois bien avouer qu’au moment d’écrire ces lignes, je n’ai que peu de souvenirs précis de cette histoire simpliste qui se prétend thriller). Enfin quand on voit l’enthousiasme béat avec lequel ce film a été accueilli on se dit que l’infâme MCU et consorts ont encore hélas de très beaux jours devant eux…

https://www.imdb.com/title/tt1877830/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Robowar (1988), Un espion ordinaire (2020), A Map to the stars (2014)

Robowar: On retente un métrage de l’infâme Bruno Mattei (crédité une nouvelle fois comme Vincent Dawn) avec ce Robowar des familles. Si celui ci s’avère à première vue plus regardable et mieux réalisé que Virus Cannibale (il faut le dire vite), on s’aperçoit bien vite qu’il ne s’agit que d’une synthèse putassière et improbable de Predator, Commando et Terminator (pas vraiment le genre de films passés inaperçus dans les 80’s) avec…les moyens du bord et les acteurs qui vont avec (mention spéciale au sosie de Chuck Norris). Et si les réal italiens de l’époque savaient agrémenter leur manque d’originalité par quelques spécialités du crû ou quelques trouvailles, Mattei, lui, se contente une nouvelle fois du strict minimum, allant jusqu’à totalement foirer le look de sa « créature » (et je parle pas de sa voix synthétique) ou reprendre des scènes plan pour plan (on parle quand même du roi des stock-shots). Alors oui, c’est relativement bien rythmé pour qui ne connaîtrait pas les films cités plus haut, sans doute hilarant pour les fans de nanars carabinés mais d’une platitude catastrophique pour les autres. Encore une fois, la vie est bien trop courte pour s’infliger ce genre de série Z sans intérêt. Je ne suis décidement pas le public, comme dirait l’autre.

https://www.imdb.com/title/tt0096000/?ref_=nv_sr_srsg_0

T’as peur hein? Dis le que t’as peur, enculé!

Un espion ordinaire: Rentrons directement dans le vif du sujet: l’énorme défaut de ce film est d’avoir privilégié son visuel/ambiances (réussies) aux personnages/scénario. Nous sommes pourtant devant un film d’espionnage, au moment où le monde était suspendu entre deux super-puissances mondiales se menaçant par frappe nucléaire interposée et putain, à aucun moment je n’ai senti les héros en danger et je me suis même demandé à la moitié du film si le scénariste était capable d’écrire le moindre rebondissement avant la fin tellement les mécanismes semblaient gros et éculés. Le second degré permanent plombe un peu plus la crédibilité des personnages et la profondeur dramatique forcément au rabais. Les multiples scènes « familiales » ne servent pas le propos et entâchent même l’intrigue. Alors oui, les acteurs principaux (Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze) portent le film mais c’est trop peu à se mettre sous la dent. On suppose que le réal (Dominic Cooke, un habitué du théâtre) voulait casser un peu les codes mais au final, on aurait préféré moins audacieux et plus crédible… En résumé, un film « vintage » inspiré d’histoire vraie mais synthétique à souhait et (au passage) réécrivant largement l’Histoire des fois que le public serait un peu trop con pour se perdre dans quelques nuances…

https://www.imdb.com/title/tt8368512/?ref_=fn_al_tt_1

Maps to the stars: Cosmopolis (dont Maps n’est franchement pas très éloigné thématiquement) étant sans l’ombre d’un doute ma pire expérience en salles (vous savez ce genre de films où vous vous demandez ce qui vous retient de partir en plein milieu), j’ai bien traîné pour découvrir le dernier Cronenberg en date! Et…ma foi, celui ci est assez intéressant! Bien sûr, c’est à des années lumières du Cronenberg d’antan et de sa body horror frontale mais Maps poursuit finalement l’évolution logique de son cinéma depuis M.Butterfly/Crash. L’ « horreur » cérébrale c’est bien aussi, de temps en temps! Ce film c’est évidemment une chronique du microcosme hollywoodien et de ceux qui le font vivre, avec le lot de saloperies qui vont avec: névroses, traumas, excès, mesquineries, relations d’intérêt,… Son jumeau Cosmopolis proposait, à sa…façon, un regard acéré sur nos sociétés modernes, dont l’humanité semble de plus en plus absente quand elle n’est pas purement broyée. Ici c’est le cocon familial qui trinque sévère! A ce petit jeu là, le casting s’en sort bien (Moore et Wasikowska en tête). Le centre du récit, lui, est constitué de deux histoires qui s’entrecroisent au travers d’un truculent personnage jusqu’à la tragédie finale où on arrivera à y voir un peu plus clair. Et c’est particulièrement sur cet aspect que le canadien se montre le plus intéressant: dans le jeu de pistes, les sous-entendus, les répercussions temporelles, le symbolisme,… Le tout teinté de fantastique et d’humour absurde à la Lynch (période Mulholland Drive, forcément). Mieux rythmé, moins verbeux que son prédécesseur, Maps peut dérouter mais il ne laisse pas le spectateur en chemin. Si la mise en scène est devenue propre, c’est n’est qu’en apparence et c’est pour mieux mettre à nu les monstres du quotidien. Point d’individu qui mute et menace la société (encore que) mais une société en mutation qui finit par créer ses propres freaks, qui par manque d’alternative, finissent fatalement par se vampiriser entre eux. Je sais que le métrage a rebuté pas mal de monde lors de sa sortie (pour les raisons citées plus haut mais aussi pour certains FX immondes et une énumération de clichés) mais ça se regarde largement, même si on a bien évidemment conscience qu’on aura pas droit à grand chose de novateur!

https://www.imdb.com/title/tt2172584/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Peeping Tom (1960), Mandibules (2020), Bloody Bird (1987), Carnival of Souls (1962), The Nest (2013)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera chez Antonioni, De Palma ou Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (superbe Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout d’un long, jusqu’au magnifique climax final. Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur. Profondément injuste.

https://www.imdb.com/title/tt0054167/?ref_=fn_al_tt_1

Mandibules: Première séance de 2021 pour votre hôte et l’occasion de voir si Dupieux persévère dans la « normalisation » de son univers, entamée avec Au Poste! et Le Daim (qui sont tout à fait corrects). Hé bien c’est le cas, Mandibules est un film à l’esthétique lèchée (tourné dans le Var, de souvenir), parsemé de quelques fulgurances absurdes mais qui reste bien trop sage pour les amateurs de ses anciens films (dont je suis). Les acteurs s’en sortent bien (il faut dire que Grégoire Ludig et David Marsais sont dans leur élément) mais au vu de certains potentiels (je pense à Bruno Lochet par exemple) et du pitch de départ, il y avait certainement matière à donner une autre ampleur à ce film. Pour être plus précis, on a parfois plus l’impression de regarder un métrage du Palmashow qui traîne en longueur qu’un film de Dupieux. Après, on ne va pas se mentir: retrouver le chemin des salles obscures après plus de six mois est un plaisir, alors on ne va pas trop en tenir rigueur à Dupieux mais on attend de pied ferme Incroyable mais vrai, son prochain métrage prévu pour la fin de l’année, avec Alain Chabat et Léa Drucker.

https://www.imdb.com/title/tt10375106/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bloody Bird/Stage Fright: Soavi ayant signé l’excellent Dellamorte Dellamore (chronique à venir d’ailleurs), j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de découvrir ce slasher/giallo de la fin des 80’s. Grand mal m’en a pris parce qu’à part une succession de clichés tellement grotesque que j’ai dû arrêter le visionnage pour vérifier si ce n’était pas une parodie assumée, c’est vraiment l’impression de gâchis qui surnage. Pourtant vu le sujet et l’apparence du tueur, il y avait un certain potentiel… On sauvera juste la BO de Simon Boswell (Phenomena, Demons 2, Santa Sangre et j’en passe). En espérant que Sanctuaire et La Secte ne soient pas du même acabit!

https://www.imdb.com/title/tt0092576/?ref_=fn_al_tt_1

Tu as peur? Hein, dis le que tu as peur! Regarde comme je saute haut!

Carnival of Souls/Le Carnaval des Âmes: Mon premier rapport avec Carnival était un vieux doccumentaire sur le cinéma de genre diffusé sur Arte pour Halloween (on devait être dans les années 1990) suivi du film de Herk Harvey (qui joue le « revenant » principal dans ce film) où certaines images sont restées gravées en mémoire (dont certains passages de Phantasm et je ne sais quel opus d’Hellraiser). Mais trop jeune pour ce genre de film tout en ambiances, je n’ai jamais réussi à passer le cap. Jusqu’à aujourd’hui! Et ma foi, c’est plutôt une bonne surprise, à classer dans les films à petit budget, bien rythmé, qui propose de vrais moments de bravoure, à l’instar de Messiah Of Evil (qu’il serait grand temps que je retente). Unique rescapée d’un accident de la route, la protagoniste (incarnée par Candace Hilligoss, qui porte totalement le film sur ses épaules) se met à avoir des visions impliquant un homme à l’aspect livide et un grand bâtiment abandonné, près d’un lac. Le noir & blanc est superbe, certains plans très inspirés et le propos est assez avant gardiste (rôle de femme forte, flou entre réalité et visions, malédiction dont on ne peut se défaire, motifs récurrents,…). Même si le final est prévisible aujourd’hui, le traitement des « revenants », à la lisière entre spectres et zombies modernes (qui, comme dit dans le dernier PIFFFcast, sont plus proches des goules qu’autre chose) est original et donne du sens au scénario. En le regardant, on pense tour à tour à Shining, Eraserhead, La Nuit des morts vivants. Hélas ni Hilligoss ni Harvey (dont c’est le seul long métrage) ne feront une grande carrière par la suite, le film faisant un bide lors de sa sortie, comme beaucoup de films au statut passé culte avec le temps. Un film qui sait proposer de vrais instants de poésie sans jamais cesser d’être inquiétant (on fleurte d’ailleurs avec le thriller psychologique), quoi qu’il en soit!

Pour aller plus loin (eng)!

https://www.imdb.com/title/tt0055830/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Nest: Court métrage (en plan séquence) représentatif de l’évolution du réalisateur, The Nest présente un body horror suggéré, verbeux, là où les anciens Cronenberg montraient l’horreur frontalement (sans pour autant négliger leur portée symbolique et leurs réflexions sur les sociétés humaines). L’intérêt de The Nest résidant aussi dans la potentielle inversion des rapports de force entre les deux personnages. Alors oui, ça marche sur une courte durée mais ça donne aussi des trucs très moches, comme Cosmopolis!

https://www.imdb.com/title/tt3831484/?ref_=fn_tt_tt_12

Découvertes: Virus Cannibale (1980), Les Nuits de Dracula (1970), Chromosome 3 (1979)

Bonjour, nous interrompons temporairement cette longue liste de relais de podcasts produits en quantité industrielle pour vous signalez qu’au delà d’être un podcast qui se perd dans 10 000 formats, Genre ! est avant tout un blog de critiques de de films (bis ou pas) vus…entre deux podcasts, justement! :p

Virus Cannibale: On entre (enfin) dans le territoire du Z avéré avec ce film emblématique de Bruno « Vincent Dawn » Mattei (que beaucoup connaissent sans doute grâce à Nanarland mais qui reste surtout un incontournable du cinéma d’exploitation européen, à côté des Franco, D’Amato, Rollin, Fulci et autres Lenzi), sorte de patchwork de film d’action, d’exploitation cannibale et d’énième variation de films de zombies, soit tout ce qui faisait vendre à l’époque. Ce film donne salement l’impression de ne pas savoir où il va et même si l’ambiance moite typique des deux derniers sous genres « à l’italienne » est bien présent, le côté « au rabais » des maquillages, des costumes, du script (un summum d’incohérence), des acteurs (même les gosses réussissent à jouer mal) et même de la mise en scène (même si c’est bien elle qui s’en sort le mieux en définitive, il faut dire que Mattei a une longue carrière de monteur derrière lui) rend le tout vraiment indigeste pour aller jusqu’au bout, même pour un amateur d’exploitation européenne! Effet évidemment amplifié par les emprunts à gauche à droite (des morceaux des Goblins aux stock shots pas du tout raccords avec le lieu de l’action). Personnellement, j’ai toujours distingué les bons nanars (involontaires le plus souvent) et les mauvais. Et je déteste la sensation de perdre mon temps devant un film, même si le nawak est présent. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je range ce métrage… On tentera quand même Les Rats de Manhattan ou un ptit Shocking Dark des familles à l’avenir (vu la filmo foisonnante du Monsieur, on a l’embarras du choix) mais j’ai comme un doute, quand on sait à quel point certains ont pondu des chefs d’oeuvres bis avec un peu de bonne volonté…

Bonus: Mattei, on préfère quand c’est David Didelot qui en parle (Vidéotopsie)!

https://www.imdb.com/title/tt0082559/?ref_=nv_sr_srsg_0

On est vraiment sur de l’actor studio, Monique!

Les Nuits de Dracula/Nachts, wenn Dracula erwacht: Comme dit dans le dernier podcast, il était quand même temps d’entamer la découverte de la filmo de Jess Franco (173 films qui s’étendent de 1959 à 2013, quand même, respect!), en tant qu’amateur d’exploit européenne qui se respecte! Et bien…à part être un des rares films de vampires à respecter le récit originel de Bram Stoker (Londres étant tout de même remplacé par Budapest), ce métrage est décidement trop mal rythmé et dénué de tension (j’omets volontairement le jeu d’acteurs et les animaux en toc vu que c’est le jeu avec l’exploit’). La présence d’un Christopher Lee moustachu rajeunissant à vue d’oeil et d’un inquiétant Klaus Kinski mutique (apparaissant ici contre son gré) n’y feront rien, ce qui est dommage, car son style épuré, baroque et certains plans extérieurs n’étaient pas si inintéressants! L’érotisme est peu présent, ce qui est quand même un comble pour un film de Franco! On retentera tout de même avec Succubus ou L’Horrible Dr Orloff! Signalons que 1970 correspond à l’année de disparition de sa muse Soledad Miranda (qui joue ici le rôle de Lucy Westenra), le début du lent déclin qualitatif de son cinéma mais également qu’on retrouve un certain Bruno Mattei au montage!

https://www.imdb.com/title/tt0065569/?ref_=fn_al_tt_1

Chromosome 3/The Brood: Rare vieux classique du canadien que je n’avais pas encore vu (enfin, plus exactement retenté), The Brood s’avère un excellent Cronenberg, drame horrifique teinté d’un fond social très intéressant quasi cathartique (le réalisateur venait alors de divorcer de sa première épouse, membre d’une secte refusant la psychiatrie et se voit contrait de lui arracher leur fille) et continue la piste de sa fascination pour l’horreur corporelle déjà bien entamé avec Rage deux ans avant. L’ambiance glauque caractéristique des premiers Cronenberg est bien présente malgré le budget (1,5 millions), certains plans font déjà mouche et le fond ouvre déjà à beaucoup d’interprétations: le « créateur » dépassé par les pouvoirs de sa « créature », les familles séparées se livrant des guerres ouvertes via l’infuence/le discours qu’ils infligent à leurs enfants, les liens entre psyché et corps, la mémoire génétique, etc. Seules véritables ombres au tableau: certains seconds rôles assez moyens (Cindy Hinds en tête) et un script un peu répétitif à la longue. le début d’une belle période faste pour Cronenberg, qui nous régalera pendant presque vingt ans jusqu’à ce Existenz en demie teinte… Commencera alors une seconde période pour le réalisateur, plus verbeuse et analytique mais hélas assurément moins passionnante!

https://www.imdb.com/title/tt0078908/?ref_=nv_sr_srsg_0

Puisqu’on parlait de slashers il y a peu, signalons tout de même la série de vidéos de Close Up sur le sujet ainsi que l’anthologie dispo chez les amis de Mad Movies!