Découvertes: Society (1989), Ebola Syndrome (1996)

Society: Premier et très certainement un des rares films « potables » de Brian Yuzna, Society porte en définitive le sinistre bilan de Re-Animator 2 des années à l’avance, à savoir des FX réussis (signés Joji Tani alias « Screaming Mad George », qu’on retrouvera dans une bonne poignée de films de genre par la suite…dont Re-Animator 2), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario qui ne semble pas trop où aller, voire n’ose pas aller assez loin (comme cette fin, bâclée à bien des égards). Pourtant entre paranoïa floue (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) voire plus précisement métaphore sur la lutte des classes et passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense à Carpenter période Invasion Los Angeles, Lynch période Twin Peaks/Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste, voire même Polanski avec Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant de rester lui aussi dans les mémoires. Alors on suit péniblement, jusqu’à l’explosion finale, grotesque orgie de chair (« parce que merde, je me suis pas tapé 95 minutes pour que dalle! »), malgré la réalisation « téléfilm », une progression lente et un acting moyen digne de teen movie… Quel gâchis!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=173177.html

Ebola Syndrome: Première incursion dans le territoire de la catégorie III (je vois conseille sur le sujet la dernière vidéo signée Le Coin du bis, très bonne chaîne par ailleurs et le PIFFcast pour découvrir la chose en détails). Film culte d’Herman Yau, sorti à la fin de l’âge d’or de la cat III, Ebola Syndrome est juste totalement fou, immoralement gratuit et inventif! C’est bien simple, à chaque fois qu’on passe avoir atteint un stade dans la dégueulasserie, le métrage va plus loin, comme dans un Takashi Miike. L’histoire: un meurtrier part se mettre au vert en Afrique du Sud. Travaillant comme boniche dans un restaurant, il contracte Ebola et décide de se venger du monde entier parce que le monsieur a une vision de la justice toute personnelle! On a rarement vu une ordure aussi pure à l’écran! On pourrait évidemment parler d’Anthony Wong, acteur phare des cat III et d’autres têtes connues du cinéma local (Shing Fui-On, Vincent Wan Yeung-ming), de la vision sinistre des femmes (celle de l’humanité, ici, n’est pas plus belle), de l’intelligence d’avoir su saisir l’actualité avec cette histoire de virus (même si on était en mesure d’attendre une fin plus grandiose), du côté très exploit’ de la cat III (surjeu, personnages caricaturaux, effets fauchés quoique peu gores dans celui ci, mise en scène à la ramasse, musique qui s’emballe pour rien,…) qui fait que je ne conseillerai pas ce genre de films à tout le monde, du pitch qui fera forcément penser à The Untold story (du même réal), du rythme dingue, de cette touche d’humour omniprésente qu’on peut retrouver dans le cinéma coréen moderne et qui aide bien pour faire passer cette pillule anar à l’extrême. Ou terminer sur le besoin d’extérioriser des peurs et frustrations qu’on imagine nombreuses chez les réal honk kongais de l’époque (rétrocession chinoise de 1997) pour oser sortir des films aussi barrés et subversifs! Hong Kong n’est défintivement pas que le cinéma de John Woo ou Tsui Hark, les amis…et il se pourrait qu’un cycle catégorie III voit le jour!

https://www.imdb.com/title/tt0116163/?ref_=fn_al_tt_1