Découvertes express et revisionnage: la trilogie Batman de Christopher Nolan (Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises)

Toujours aussi peu de temps à consacrer à ce blog mais ma foi, on s’accroche! Petit plaisir de printemps avec une des (très) rares franchises de super-héros qui me parlent, en attendant la chronique de The Batman (2022) !

Batman Begins (2005): Malgré le casting cinq étoiles (Bale, Neeson, le tiercé gagnant Caine/Freeman/Oldman, Holmes, Hauer, Murphy,…) et un univers aussi lèché visuellement que dramatiquement sombre/épique (merci les décors anglais et la musique d’Hans Zimmer), ce premier opus ne parvient pas à masquer un certain nombre de faiblesses (romance bidon, film globalement pauvre en vilains, perso peu fouillés, facilités scénaristiques, tout ça me rappelle le gros point noir des James Bond) et de petites baisses de rythmes que l’on mettra sur le compte du scénario (co-écrit avec David S. Goyer à qui l’on doit ceux de Blade, Dark City et The Crow: La Cité des Anges, autant dire pas un petit joueur question univers ténébreux) qui s’attache à redéfinir toute la mythologie du Chevalier Noir (notamment ses liens avec Ra’s al Ghul) à partir de ses origines… Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est au moins aussi mémorable que le diptyque de Tim Burton et ça permet d’oublier les horreurs signées Schumacher, ce qui n’est pas rien!

https://www.imdb.com/title/tt0372784/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Dark Knight (2008, revisionnage): Bien qu’il soit sensiblement meilleur dans mes souvenirs, The Dark Knight marque évidemment les esprits pour la prestation mémorable du duo de vilains incarnés par Heath Ledger (dont ce sera hélas le dernier rôle)/Aaron Eckhart (au point d’éclipser totalement notre homme chauve-souris), son scénario bien ficellé et une tonalité nihiliste jamais vu dans un film de super-héros (et si comme moi vous préférez ce ton adulte, jetez vous sur des univers comme ceux de Sin City, The Crow, Robocop, Watchmen, Blade, Constantine, Spawn, The Punisher,…). Par contre, on se demande vraiment comment la fadasse Maggie Gyllenhaal a pu être embauchée sur le projet (elle réussit à faire pire que Holmes, c’est pas rien!)… Clairement l’opus le plus solide et le plus osé du reboot de Nolan (il faut dire qu’ici les personnages sont développés et le montage maîtrisé), alors inutile d’en dire plus!

https://www.imdb.com/title/tt0468569/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Dark Knight Rises (2012): Episode final qui, une fois de plus, malgré son casting impressionnant (les excellents Hardy et Hathaway qui auraient mérité un meilleur traitement de leurs personnages, Cotillard, Temple, Gordon-Levitt,…) et de bons twists, sombre dans de fâcheuses invraisemblances scénaristiques (inutile de les citer, elles sont légion) qui tendent à contrebalancer le reste… Ca reste plus haletant que Batman Begins mais, à l’image de beaucoup trop de films de Nolan, cela prouve surtout que trop miser sur un concept et le visuel (surtout avec ce Gotham là plus proche de Manhattan que de Chicago) ne suffisent pas pour clouer le spectateur à son siège pendant plus de deux heures! Il n’en reste pas moins que Christopher Nolan achève ici ce qui se fait de mieux dans les sagas de super-héros qui ne confondent pas blockbusters taillés pour les salles et divertissements débiles (coucou le MCU et ses fanboys insupportables!).

https://www.imdb.com/title/tt1345836/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes express: Coherence (2013), Vampires en toute intimité (2014), Massacre à la tronçonneuse (2003)

Coherence: Sorte de Primer sans le côté too much, thriller intimiste et intelligent nappé d’une bonne dose de hard SF, Coherence réussit à insuffler une ambiance paranoïaque et anxiogène avec peu de moyens (budget de 50 000 dollars) mais un synopsis simple et percutant (un groupe d’amis de longue date se retrouve pour un repas alors qu’une comète passant dans le coin est potentiellement à l’origine d’une panne électrique générale). Introduisant la théorie du chat de Schrödinger et donc la présence d’univers parallèles/doubles comme son successeur plus connu, montrant peu de choses mais suggérant beaucoup (on est pas pris inutilement par la main comme dans Tenet donc), ce quasi huis clos dissèque également la question des relations sociales, des microcosmes face à un danger inconnu. Une bien belle découverte sur des sujets quantiques suggérée par Intercut (qui a bien grandi depuis et que je ne vous recommanderai jamais assez)!

https://www.imdb.com/title/tt2866360/?ref_=fn_al_tt_1

Vampires en toute intimité: Mockumentaire très drôle (je n’ai pas le souvenir d’avoir autant reniflé devant un film depuis un bon bout de temps) de/avec Taika Waititi sur un clan de vampires vivant en collocation, Vampires en toute intimité vaut assurément le coup d’oeil. Vraiment bien dosé, si les moments de malaise succulents de The Office, C’est arrivé près de chez vous ou d’un bon vieux Borat des familles, que les équipes de losers magnifiques vous parlent, jetez vous y dessus sans hésiter! A noter que la VF du film (visiblement controversée) est assurée par Astier, Salomone, Testot, Nicolas et Bruno et qu’il existe une série du même nom sur le même univers (dont Waititi est d’ailleurs producteur).

https://www.imdb.com/title/tt3416742/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse (remake/reboot): Remake que je voulais voir depuis longtemps au vu de sa réputation et qui se laisse agréablement regarder, ce cinquième opus de la saga maudite (une de plus!) prend évidemment des libertés avec le modèle originel tout en conservant son côté glauque et poisseux qui faisait tout son sel (même si on est ici dans une frontalité assez assumée façon Aja avec La Colline a des yeux). On évite donc une repompe génante et inutile de la scène du repas (exemple pris au hasard) puisque Marcus Nispel semble avoir compris l’essence même de TCM et prend bien son temps pour installer ses personnages, ses ambiances et surtout son visuel. Cela fait vraiment plaisir, tellement cet amour du détail et du travail bien fait sans tomber dans le fan service reste bien rare dans le cinéma de genre actuel! Leatherface (campé ici par Andrew Bryniarski, qu’on retrouvera dans l’opus suivant trois ans plus tard, préquelle du film ici chroniqué) est très réussi, les acteurs s’en sortent globalement bien et on retrouve avec plaisir quelques tronches plus ou moins connues: Biel, Leerhsen, Lee Ermey, Tucker, Vogel,… On se fera donc le remake de Vendredi 13 du même monsieur avec un certain intérêt maintenant (de toute façon il ne peut pas être plus nullissime que l’original)!

https://www.imdb.com/title/tt0324216/?ref_=nv_sr_srsg_5

Découvertes express: L’Âge d’or (1930), Under the skin (2013)

L’Âge d’or: Elu premier vrai film de merde de ce blog (c’est pas rien), ce premier film de Luis Buñuel prouve que la force du surréalisme… ne survit pas sur de longs métrages. Un Chien andalou passait, mais là c’est juste un alignement des scènes cryptiques, sans véritable lien entre elles, vides de sens, sans intérêt, bêtement provocatrices (en vérité aussi sulfureuses que des fils à papa antifa…ou des féministes modernes, comme ça pas de jaloux), ne suffit pas à faire une oeuvre. Quitte à proposer un ovni, Buñuel aurait pu proposer quelque chose de métaphorique, d’esthétique, de vaguement expérimental (comme le sublime Vampyr de Dreyer), de foncièrement rebelle mais non, quitte à être nul, il l’est jusqu’au bout… Du foutage de gueule, pur et simple, assez représentatif de ce que l’on essaye de faire passer pour de l’art de nos jours… Mais qu’on se rassure, on trouve toujours des cons pour apprécier vu ce que j’ai pu lire sur le Web!

https://www.imdb.com/title/tt0021577/?ref_=fn_al_tt_1

Under the skin: Une jolie coquille…vide, cette adaptation du livre de Michel Faber est à l’image du personnage interprété par Johansson: tellement énigmatique qu’elle en devient rengaine et sans intérêt. Nocturnal Animals faisait déjà fort dans le genre, mais il y avait au moins un scénario. Si la claque esthétique est certaine, je pense sincèrement qu’il n’y a pas grand chose à comprendre dans ce film, où là aussi, la masturbation intellectuelle (avec évidemment un sale arrière goût de féminisme primaire en sus, ouh comme c’est original) a l’air d’être plus important que le reste…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187462.html

Rétro James Bond (2/5): Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (1965), On ne vit que deux fois (1967), Au service secret de sa Majesté (1969), Les Diamants sont éternels (1971), Skyfall (2012)

Goldfinger (3/25): Clairement un des meilleurs opus de la saga, bien rythmé, avec un scénario solide et une palette de personnages mémorables/bien écrits, un theme song enfin mémorable (Shirley Bassey!) et j’en passe. Chronique plus complète dans un prochain podcast dédié aux meilleurs films de la saga!

Note: 4/4

https://www.imdb.com/title/tt0058150/?ref_=nv_sr_srsg_0

Opération Tonnerre (4/25): A l’instar de son prédecesseur, Thunderball est marquant à plus d’un titre: un méchant (Adolfo Celi) et des James Bond Girls mémorables (Claudine Auger, Molly Peters,…), de bons rebondissements, des séquences aquatiques d’anthologie, clairement un des opus les plus prenants de la saga, moins connu que son aîné mais tout aussi excellent. Là encore, chronique plus complète dans un prochain podcast dédié aux meilleurs films de la saga!

Note: 4/4

https://www.imdb.com/title/tt0059800/?ref_=nv_sr_srsg_0

On ne vit que deux fois (5/25): Pour le dire vite, On ne vit que deux fois souffre surtout de l’apparition trop tardive (la première!) de Blofeld, interprété ici par le divin Donald Pleasance, autrement c’est du quasi tout bon: séquences mémorables comme le duel d’hélicoptères, les poursuites en voiture avec Aki au volant ou la fausse mort de Bond en introduction. Les cadres choisis sont dépaysants (Japon…et on fait l’effort de nous présenter quelques unes de ses traditions, vols spatiaux, base du SPECTRE tapie dans un volcan), avec des plans aériens magnifiques à la clé, le contexte de la Guerre Froide refait son apparition, le scénario est plutôt bon et prenant,… Bref un opus qui loupe le podium de peu!

Note: 3,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0062512/?ref_=nv_sr_srsg_0

Au service secret de sa Majesté (6/25): Commencons avec le point le plus litigieux du film: Georges Lazenby dans le rôle principal. Personnellement, je trouve qu’il s’en sort bien dans ce sixième opus, plus athlétique (quel combat d’intro, mes amis), tout aussi mordant…mais passer après Sean Connery, dont la carrière est indissociable de la saga James Bond était un suicide assuré! D’autant plus que l’acteur australien ne signera qu’un film de cette même saga… On notera surtout (et enfin) l’évolution du personnage qui semble s’assagir, devenir plus humain et finit par tomber amoureux puis se marier à la fin de cet opus (fait unique dans la saga). Cet opus est donc clairement à part pour toutes ces raisons (pas de theme song mais un joli hommage à Connery dans le générique d’ailleurs)! Suivant cette tendance, on a un métrage plutôt tranquille dans sa première partie et qui monte en puissance vers un twist final cynique à souhait. Diana Rigg est réellement pétillante (n’étant pas objectif car j’ai longtemps regardé Chapeau Melon et Bottes de cuir parmi d’autres vieilleries) et éclipse clairement les autres James Bond Girls de cet opus. Telly Savalas fait, lui, un parfait Blofeld! Les décors suisses et les premières tensions entre Bond et M apportent un peu de vent frais! Le scénario solide et une bonne bande-son (John Barry signe peut être là une de ses meilleures compo) faisant le reste! Et puis, un film avec un duel final en bobsleigh ne peut pas être un mauvais film! Un opus clairement correct donc!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0064757/?ref_=nv_sr_srsg_0

Les Diamants sont éternels (7/25): Il va m’être difficile de parler de cet opus sans y accoller le terme nanar, tellement on sent ici que la saga commence à tourner en rond (au point de se parodier, sciemment ou pas) et que les éléments problématiques sont légion. Pourtant tout était réuni pour faire un film honnête, y compris le retour de Connery (Lazenby ne souhaitant pas renouveler l’expérience) et d’Hamilton derrière la caméra, ainsi que du personnage d’Ernst Stavro Blofeld… Le gros point noir, c’est avant tout un scénario peu passionnant et même difficile à suivre pour pas grand chose. Les gadgets (les effets spéciaux étant moches à souhait, au passage), péripéties et James Bond Girls (Jill St John, Lana Wood) ne venant rééquilibrer en rien ce manque. Pire, Sean Connery a l’air de se contenter du minimum syndical! Et je ne parle pas du comique troupier lourd et vite insupportable du binôme Wint/Kidd qui interroge pas mal sur la direction réelle que voulait prendre le film… Paradoxalement, c’est ce même aspect comique (involontaire?) et quelques éléménts (séquence pré-générique, générique et theme song de Shirley Bassey, Charles Gray en Blofeld…déjà vu dans On ne vit que deux fois) qui le sauvent du zéro pointé de justesse!

Note: 0,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0066995/?ref_=nv_sr_srsg_0

Skyfall (23/25): Soit disant l’un des meilleurs opus de la saga, je lui trouve pour ma part plusieurs défauts majeurs qui lui font louper le podium: le lore sur les origines de Bond est superflu et inintéressant, le scénario n’est pas fluide du tout (ce qui rend l’histoire compliquée à suivre), le pathos final est clairement inutile, les scènes de séduction sont de plus en plus improbables (c’est un vieux gimmick de la saga, ok, mais il faudrait un peu évoluer) et je ne parle même pas de celles « troubles » avec Moneypenny qui prouvent qu’à tout vouloir réinventer… il y a plus à perdre qu’à gagner. On préfèrera retenir de Skyfall Javier Bardem en méchant cynique à souhait (à l’instar de certaines décisions du MI6), de belles séquences d’action, les superbes paysages écossais, un Bond vieillissant, un rythme bien dosé, la photographie au poil, le talentueux Ralph Fiennes en nouveau M et bien évidemment le theme song d’Adele… Un opus en demie teinte qui doit pas mal sa réputation grâce à la mise en scène de Sam Mendes, au final!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt1074638/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Robowar (1988), Un espion ordinaire (2020), A Map to the stars (2014)

Robowar: On retente un métrage de l’infâme Bruno Mattei (crédité une nouvelle fois comme Vincent Dawn) avec ce Robowar des familles. Si celui ci s’avère à première vue plus regardable et mieux réalisé que Virus Cannibale (il faut le dire vite), on s’aperçoit bien vite qu’il ne s’agit que d’une synthèse putassière et improbable de Predator, Commando et Terminator (pas vraiment le genre de films passés inaperçus dans les 80’s) avec…les moyens du bord et les acteurs qui vont avec (mention spéciale au sosie de Chuck Norris). Et si les réal italiens de l’époque savaient agrémenter leur manque d’originalité par quelques spécialités du crû ou quelques trouvailles, Mattei, lui, se contente une nouvelle fois du strict minimum, allant jusqu’à totalement foirer le look de sa « créature » (et je parle pas de sa voix synthétique) ou reprendre des scènes plan pour plan (on parle quand même du roi des stock-shots). Alors oui, c’est relativement bien rythmé pour qui ne connaîtrait pas les films cités plus haut, sans doute hilarant pour les fans de nanars carabinés mais d’une platitude catastrophique pour les autres. Encore une fois, la vie est bien trop courte pour s’infliger ce genre de série Z sans intérêt. Je ne suis décidement pas le public, comme dirait l’autre.

https://www.imdb.com/title/tt0096000/?ref_=nv_sr_srsg_0

T’as peur hein? Dis le que t’as peur, enculé!

Un espion ordinaire: Rentrons directement dans le vif du sujet: l’énorme défaut de ce film est d’avoir privilégié son visuel/ambiances (réussies) aux personnages/scénario. Nous sommes pourtant devant un film d’espionnage, au moment où le monde était suspendu entre deux super-puissances mondiales se menaçant par frappe nucléaire interposée et putain, à aucun moment je n’ai senti les héros en danger et je me suis même demandé à la moitié du film si le scénariste était capable d’écrire le moindre rebondissement avant la fin tellement les mécanismes semblaient gros et éculés. Le second degré permanent plombe un peu plus la crédibilité des personnages et la profondeur dramatique forcément au rabais. Les multiples scènes « familiales » ne servent pas le propos et entâchent même l’intrigue. Alors oui, les acteurs principaux (Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze) portent le film mais c’est trop peu à se mettre sous la dent. On suppose que le réal (Dominic Cooke, un habitué du théâtre) voulait casser un peu les codes mais au final, on aurait préféré moins audacieux et plus crédible… En résumé, un film « vintage » inspiré d’histoire vraie mais synthétique à souhait et (au passage) réécrivant largement l’Histoire des fois que le public serait un peu trop con pour se perdre dans quelques nuances…

https://www.imdb.com/title/tt8368512/?ref_=fn_al_tt_1

Maps to the stars: Cosmopolis (dont Maps n’est franchement pas très éloigné thématiquement) étant sans l’ombre d’un doute ma pire expérience en salles (vous savez ce genre de films où vous vous demandez ce qui vous retient de partir en plein milieu), j’ai bien traîné pour découvrir le dernier Cronenberg en date! Et…ma foi, celui ci est assez intéressant! Bien sûr, c’est à des années lumières du Cronenberg d’antan et de sa body horror frontale mais Maps poursuit finalement l’évolution logique de son cinéma depuis M.Butterfly/Crash. L’ « horreur » cérébrale c’est bien aussi, de temps en temps! Ce film c’est évidemment une chronique du microcosme hollywoodien et de ceux qui le font vivre, avec le lot de saloperies qui vont avec: névroses, traumas, excès, mesquineries, relations d’intérêt,… Son jumeau Cosmopolis proposait, à sa…façon, un regard acéré sur nos sociétés modernes, dont l’humanité semble de plus en plus absente quand elle n’est pas purement broyée. Ici c’est le cocon familial qui trinque sévère! A ce petit jeu là, le casting s’en sort bien (Moore et Wasikowska en tête). Le centre du récit, lui, est constitué de deux histoires qui s’entrecroisent au travers d’un truculent personnage jusqu’à la tragédie finale où on arrivera à y voir un peu plus clair. Et c’est particulièrement sur cet aspect que le canadien se montre le plus intéressant: dans le jeu de pistes, les sous-entendus, les répercussions temporelles, le symbolisme,… Le tout teinté de fantastique et d’humour absurde à la Lynch (période Mulholland Drive, forcément). Mieux rythmé, moins verbeux que son prédécesseur, Maps peut dérouter mais il ne laisse pas le spectateur en chemin. Si la mise en scène est devenue propre, c’est n’est qu’en apparence et c’est pour mieux mettre à nu les monstres du quotidien. Point d’individu qui mute et menace la société (encore que) mais une société en mutation qui finit par créer ses propres freaks, qui par manque d’alternative, finissent fatalement par se vampiriser entre eux. Je sais que le métrage a rebuté pas mal de monde lors de sa sortie (pour les raisons citées plus haut mais aussi pour certains FX immondes et une énumération de clichés) mais ça se regarde largement, même si on a bien évidemment conscience qu’on aura pas droit à grand chose de novateur!

https://www.imdb.com/title/tt2172584/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Les Diables (1971), Kalidor (1985), Ant Head (2018)

Les Diables: Film culte (adapté d’un récit historique réel d’Aldous Huxley) qui s’avère être une énorme farce au vu du jeu d’acteurs, scénario, montage et BO tellement à la ramasse qu’ils semblent pondus sous acide, façon Jodorowsky ou Gilliam mais sans leur génie (c’est dire si on est dans le grotesque). Alors oui, on saisit bien le propos à charge contre le fanatisme religieux et les abus de pouvoir en général mais honnêtement, c’était pas possible de proposer quelque chose de plus fin, de proposer une critique sans enfiler tous les clichés au point de décrédibiliser totalement les personnages? Le métrage a au moins eu le mérite de m’arracher des rires nerveux devant le n’importe quoi ambiant… J’imagine que c’est déjà énorme! A regarder sans le son éventuellement donc, uniquement pour les costumes/décors et parce que ça fait historiquement partie des débuts de la nunsploitation!

https://www.imdb.com/title/tt0066993/?ref_=nv_sr_srsg_0

Kalidor: La Légende du talisman/Red Sonja: Etant particulièrement fan de l’univers de R. E. Howard et déplorant le manque de films fantasy (tu le sens venir le cycle rempli ras la gueule de Deathstalker et autres Les Barbarians des enfers?), il était temps de visionner ce troisième opus de l’univers du Barbare. Le plus gros souci de Kalidor (ou Red Sonja dans version d’origine) est qu’il reste un film grand public, loin de l’univers cruel et épique de Conan. On ne ressent pas vraiment la prise de risques des personnages et le côté comique nuit à son équilibre. C’est dommage pour l’avant-dernière réalisation de Richard Fleischer, les décors, la BO (Ennio Moriconne) et le synopsis sont pourtant corrects (on ne peut pas en dire autant du seul monstre du film) mais le film ne décolle réellement jamais. Les acteurs s’en tirent honorablement (bon ok, faut supporter les gosses), Brigitte Nielsen en tête, dans un rôle de femme forte étonnant. On notera également la présence de Sandahl Bergman, qui jouait Valeria dans Conan, cette fois ci dans le rôle de la Reine Gedren. Ca se laisse regarder disons!

https://www.imdb.com/title/tt0089893/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ant Head: Court métrage de Lynch, sorte de délire expérimental à la Eraserhead qui aurait mérité d’être réduit de moitié, même si c’est toujours sympa de voir que le Monsieur n’a rien perdu de ses velleités malsaines de l’époque! Un métrage qui, comme tout bon cinoche expérimental qui se respecte, est laissé aux interprétations de chacun!

https://www.imdb.com/title/tt9287342/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Peeping Tom (1960), Mandibules (2020), Bloody Bird (1987), Carnival of Souls (1962), The Nest (2013)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera chez Antonioni, De Palma ou Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (superbe Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout d’un long, jusqu’au magnifique climax final. Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur. Profondément injuste.

https://www.imdb.com/title/tt0054167/?ref_=fn_al_tt_1

Mandibules: Première séance de 2021 pour votre hôte et l’occasion de voir si Dupieux persévère dans la « normalisation » de son univers, entamée avec Au Poste! et Le Daim (qui sont tout à fait corrects). Hé bien c’est le cas, Mandibules est un film à l’esthétique lèchée (tourné dans le Var, de souvenir), parsemé de quelques fulgurances absurdes mais qui reste bien trop sage pour les amateurs de ses anciens films (dont je suis). Les acteurs s’en sortent bien (il faut dire que Grégoire Ludig et David Marsais sont dans leur élément) mais au vu de certains potentiels (je pense à Bruno Lochet par exemple) et du pitch de départ, il y avait certainement matière à donner une autre ampleur à ce film. Pour être plus précis, on a parfois plus l’impression de regarder un métrage du Palmashow qui traîne en longueur qu’un film de Dupieux. Après, on ne va pas se mentir: retrouver le chemin des salles obscures après plus de six mois est un plaisir, alors on ne va pas trop en tenir rigueur à Dupieux mais on attend de pied ferme Incroyable mais vrai, son prochain métrage prévu pour la fin de l’année, avec Alain Chabat et Léa Drucker.

https://www.imdb.com/title/tt10375106/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bloody Bird/Stage Fright: Soavi ayant signé l’excellent Dellamorte Dellamore (chronique à venir d’ailleurs), j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de découvrir ce slasher/giallo de la fin des 80’s. Grand mal m’en a pris parce qu’à part une succession de clichés tellement grotesque que j’ai dû arrêter le visionnage pour vérifier si ce n’était pas une parodie assumée, c’est vraiment l’impression de gâchis qui surnage. Pourtant vu le sujet et l’apparence du tueur, il y avait un certain potentiel… On sauvera juste la BO de Simon Boswell (Phenomena, Demons 2, Santa Sangre et j’en passe). En espérant que Sanctuaire et La Secte ne soient pas du même acabit!

https://www.imdb.com/title/tt0092576/?ref_=fn_al_tt_1

Tu as peur? Hein, dis le que tu as peur! Regarde comme je saute haut!

Carnival of Souls/Le Carnaval des Âmes: Mon premier rapport avec Carnival était un vieux doccumentaire sur le cinéma de genre diffusé sur Arte pour Halloween (on devait être dans les années 1990) suivi du film de Herk Harvey (qui joue le « revenant » principal dans ce film) où certaines images sont restées gravées en mémoire (dont certains passages de Phantasm et je ne sais quel opus d’Hellraiser). Mais trop jeune pour ce genre de film tout en ambiances, je n’ai jamais réussi à passer le cap. Jusqu’à aujourd’hui! Et ma foi, c’est plutôt une bonne surprise, à classer dans les films à petit budget, bien rythmé, qui propose de vrais moments de bravoure, à l’instar de Messiah Of Evil (qu’il serait grand temps que je retente). Unique rescapée d’un accident de la route, la protagoniste (incarnée par Candace Hilligoss, qui porte totalement le film sur ses épaules) se met à avoir des visions impliquant un homme à l’aspect livide et un grand bâtiment abandonné, près d’un lac. Le noir & blanc est superbe, certains plans très inspirés et le propos est assez avant gardiste (rôle de femme forte, flou entre réalité et visions, malédiction dont on ne peut se défaire, motifs récurrents,…). Même si le final est prévisible aujourd’hui, le traitement des « revenants », à la lisière entre spectres et zombies modernes (qui, comme dit dans le dernier PIFFFcast, sont plus proches des goules qu’autre chose) est original et donne du sens au scénario. En le regardant, on pense tour à tour à Shining, Eraserhead, La Nuit des morts vivants. Hélas ni Hilligoss ni Harvey (dont c’est le seul long métrage) ne feront une grande carrière par la suite, le film faisant un bide lors de sa sortie, comme beaucoup de films au statut passé culte avec le temps. Un film qui sait proposer de vrais instants de poésie sans jamais cesser d’être inquiétant (on fleurte d’ailleurs avec le thriller psychologique), quoi qu’il en soit!

Pour aller plus loin (eng)!

https://www.imdb.com/title/tt0055830/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Nest: Court métrage (en plan séquence) représentatif de l’évolution du réalisateur, The Nest présente un body horror suggéré, verbeux, là où les anciens Cronenberg montraient l’horreur frontalement (sans pour autant négliger leur portée symbolique et leurs réflexions sur les sociétés humaines). L’intérêt de The Nest résidant aussi dans la potentielle inversion des rapports de force entre les deux personnages. Alors oui, ça marche sur une courte durée mais ça donne aussi des trucs très moches, comme Cosmopolis!

https://www.imdb.com/title/tt3831484/?ref_=fn_tt_tt_12

Découvertes: Borgman (2013), Panic sur Florida Beach (1993)

Borgman: Que se passerait il si on mélangeait Parasite et Funny Games avec un poil de Cronenberg? Ce qui est bien avec un film comme Borgman, c’est qu’il laisse suffisamment de place aux zones d’ombres qu’il ouvre la porte aux métaphores et aux interprétations (notamment celles autour du déclassement social), sans proposer de fil conducteur trop incohérent qui nous ferait décrocher. Une curiosité hollandaise à voir dans tous les cas!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=220803.html

Panic sur Florida Beach: Très sympathique film (méconnu) de Joe Dante et bien bel hommage aux films d’épouvante des années 50. Teen movie astucieux et matûre, reprenant à son compte les peurs de l’époque (Guerre Froide, tensions avec Cuba, menace atomique), avec un John Goodman en grande forme, Panic est un film qui fait du bien, tellement ça sent la nostalgie et le véritable amour pour les vieilles bobines! A noter que Mant!, le superbe métrage projeté dans le film est trouvable sur le Net…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8176.html

Découvertes: November (2017), Creep (2014), The Perfection (2018)

November: D’une photographie N&B à couper le souffle (Bergman es tu là?), November est un bon petit film estonien dans la lignée de The Witch et The Lighthouse, à savoir de l’épouvante à l’ancienne, véritablement plus orienté fantastique que horrifique et qui fait la part belle aux contes et folklore locaux. Le seul bémol est sa longueur, qui aurait méritée d’être (pas mal) raccourcie. On me dit dans l’oreillette qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman (Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk).

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=255826.html

Creep: Found footage sans prétention, avec de bonnes idées ci et là. Si le rythme laisse à penser que l’explosion finale n’aura pas lieu (coucou Blair Witch), la fin est justement plutôt réussie à mon sens! Hélas le scénario un peu trop convenu plombe le tout et fera de ce Creep un métrage qu’on oubliera bien vite!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238418.html

The Perfection: Autre film vu sur Netflix (Lucy, si tu nous regardes…), The Perfection est un modèle de thriller imprévisible, avec des actrices prometteuses (Allison Williams, Logan Browning) où chaque piste envisagée est ingénieusement brouillée (Knives Out était également une vraie claque pour ça), sans donner dans les explications invraisemblables non plus! Il se trouve que c’est une des raisons pour laquelle je regarde des thrillers aujourd’hui et pourquoi certains « monuments » du genre (Le Prestige, Shutter Island) sont des fiascos intégraux pour moi! On pourra déplorer que la psychologie des personnages est bâclée pour mettre l’action en avant, que le budget faiblard se ressent par moments, mais bon, ne boudons pas notre plaisir!

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Découvertes: Primer (2004), Starbuck (2011)

Primer: Certains films vous laissent parfois avec un telle impression d’incompréhension que vous vous demandez s’il frise au final le génie…ou le foutage de gueule. Primer est de ceux là. Primer, c’est l’histoire de deux collègues de travail qui passent tout leur temps libre à travailler sur une machine à remonter le temps…sauf que…bah sauf que rien de plus ne vous sera révélé lors du premier visionnage, volontairement. Les personnages ne sont pas fouillés, les dialogues sont cryptiques tout comme l’enchaînement des scènes, la phase de construction de la machine n’est pas particulièrement prenante, même les histoires de doubles ne provoquent pas de situations particulièrement bouleversantes pour nos héros (façon polie de dire qu’il ne se passe pas grand chose). Résultat: on ne rentre jamais dans le récit. Non, en fait, ce qui sauve les meubles sur ce Primer est la sensation de regarder un véritable OVNI sur la relativité du temps que l’on voudrait à tout prix élucider (comme les protagonistes)…et sa photographie, sobre et belle à la fois. Alors certes, on est en plein cycle hard SF, mais il y a des limites! Le film durant à peine plus d’une heure, je conseillerai quand même de le visionner pour se faire une idée. Au suivant!

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A ne visionner qu’après avoir vu le film, bien entendu!

Starbuck: Ca faisait un moment que j’avais cette comédie québécoise sur ma liste…et ma foi, bien m’en a pris! Partant d’un postulat de base loufoque (un quarantenaire à la dèche apprend que sa compagne attend un enfant de lui…mais qu’il est également le père biologique de 533 enfants via dons de sperme), portée par un Patrick Huard résolument attachant, cette comédie dramatique fait mouche, entre galerie de personnages hauts en couleurs et réflexions sur la parentalité/ce qu’est être adulte. Sans être la comédie de la décennie, un film qui fait du bien, doté d’une grande humanité et beaucoup plus profonde qu’elle le laisse entrevoir!

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