Découvertes: Les Diables (1971), Kalidor (1985), Ant Head (2018)

Les Diables: Film culte (adapté d’un récit historique réel d’Aldous Huxley) qui s’avère être une énorme farce au vu du jeu d’acteurs, scénario, montage et BO tellement à la ramasse qu’ils semblent pondus sous acide, façon Jodorowsky ou Gilliam mais sans leur génie (c’est dire si on est dans le grotesque). Alors oui, on saisit bien le propos à charge contre le fanatisme religieux et les abus de pouvoir en général mais honnêtement, c’était pas possible de proposer quelque chose de plus fin, de proposer une critique sans enfiler tous les clichés au point de décrédibiliser totalement les personnages? Le métrage a au moins eu le mérite de m’arracher des rires nerveux devant le n’importe quoi ambiant… J’imagine que c’est déjà énorme! A regarder sans le son éventuellement donc, uniquement pour les costumes/décors et parce que ça fait historiquement partie des débuts de la nunsploitation!

https://www.imdb.com/title/tt0066993/?ref_=nv_sr_srsg_0

Kalidor: La Légende du talisman/Red Sonja: Etant particulièrement fan de l’univers de R. E. Howard et déplorant le manque de films fantasy (tu le sens venir le cycle rempli ras la gueule de Deathstalker et autres Les Barbarians des enfers?), il était temps de visionner ce troisième opus de l’univers du Barbare. Le plus gros souci de Kalidor (ou Red Sonja dans version d’origine) est qu’il reste un film grand public, loin de l’univers cruel et épique de Conan. On ne ressent pas vraiment la prise de risques des personnages et le côté comique nuit à son équilibre. C’est dommage pour l’avant-dernière réalisation de Richard Fleischer, les décors, la BO (Ennio Moriconne) et le synopsis sont pourtant corrects (on ne peut pas en dire autant du seul monstre du film) mais le film ne décolle réellement jamais. Les acteurs s’en tirent honorablement (bon ok, faut supporter les gosses), Brigitte Nielsen en tête, dans un rôle de femme forte étonnant. On notera également la présence de Sandahl Bergman, qui jouait Valeria dans Conan, cette fois ci dans le rôle de la Reine Gedren. Ca se laisse regarder disons!

https://www.imdb.com/title/tt0089893/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ant Head: Court métrage de Lynch, sorte de délire expérimental à la Eraserhead qui aurait mérité d’être réduit de moitié, même si c’est toujours sympa de voir que le Monsieur n’a rien perdu de ses velleités malsaines de l’époque! Un métrage qui, comme tout bon cinoche expérimental qui se respecte, est laissé aux interprétations de chacun!

https://www.imdb.com/title/tt9287342/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Peeping Tom (1960), Mandibules (2020), Bloody Bird (1987), Carnival of Souls (1962), The Nest (2013)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera chez Antonioni, De Palma ou Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (superbe Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout d’un long, jusqu’au magnifique climax final. Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur. Profondément injuste.

https://www.imdb.com/title/tt0054167/?ref_=fn_al_tt_1

Mandibules: Première séance de 2021 pour votre hôte et l’occasion de voir si Dupieux persévère dans la « normalisation » de son univers, entamée avec Au Poste! et Le Daim (qui sont tout à fait corrects). Hé bien c’est le cas, Mandibules est un film à l’esthétique lèchée (tourné dans le Var, de souvenir), parsemé de quelques fulgurances absurdes mais qui reste bien trop sage pour les amateurs de ses anciens films (dont je suis). Les acteurs s’en sortent bien (il faut dire que Grégoire Ludig et David Marsais sont dans leur élément) mais au vu de certains potentiels (je pense à Bruno Lochet par exemple) et du pitch de départ, il y avait certainement matière à donner une autre ampleur à ce film. Pour être plus précis, on a parfois plus l’impression de regarder un métrage du Palmashow qui traîne en longueur qu’un film de Dupieux. Après, on ne va pas se mentir: retrouver le chemin des salles obscures après plus de six mois est un plaisir, alors on ne va pas trop en tenir rigueur à Dupieux mais on attend de pied ferme Incroyable mais vrai, son prochain métrage prévu pour la fin de l’année, avec Alain Chabat et Léa Drucker.

https://www.imdb.com/title/tt10375106/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bloody Bird/Stage Fright: Soavi ayant signé l’excellent Dellamorte Dellamore (chronique à venir d’ailleurs), j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de découvrir ce slasher/giallo de la fin des 80’s. Grand mal m’en a pris parce qu’à part une succession de clichés tellement grotesque que j’ai dû arrêter le visionnage pour vérifier si ce n’était pas une parodie assumée, c’est vraiment l’impression de gâchis qui surnage. Pourtant vu le sujet et l’apparence du tueur, il y avait un certain potentiel… On sauvera juste la BO de Simon Boswell (Phenomena, Demons 2, Santa Sangre et j’en passe). En espérant que Sanctuaire et La Secte ne soient pas du même acabit!

https://www.imdb.com/title/tt0092576/?ref_=fn_al_tt_1

Tu as peur? Hein, dis le que tu as peur! Regarde comme je saute haut!

Carnival of Souls/Le Carnaval des Âmes: Mon premier rapport avec Carnival était un vieux doccumentaire sur le cinéma de genre diffusé sur Arte pour Halloween (on devait être dans les années 1990) suivi du film de Herk Harvey (qui joue le « revenant » principal dans ce film) où certaines images sont restées gravées en mémoire (dont certains passages de Phantasm et je ne sais quel opus d’Hellraiser). Mais trop jeune pour ce genre de film tout en ambiances, je n’ai jamais réussi à passer le cap. Jusqu’à aujourd’hui! Et ma foi, c’est plutôt une bonne surprise, à classer dans les films à petit budget, bien rythmé, qui propose de vrais moments de bravoure, à l’instar de Messiah Of Evil (qu’il serait grand temps que je retente). Unique rescapée d’un accident de la route, la protagoniste (incarnée par Candace Hilligoss, qui porte totalement le film sur ses épaules) se met à avoir des visions impliquant un homme à l’aspect livide et un grand bâtiment abandonné, près d’un lac. Le noir & blanc est superbe, certains plans très inspirés et le propos est assez avant gardiste (rôle de femme forte, flou entre réalité et visions, malédiction dont on ne peut se défaire, motifs récurrents,…). Même si le final est prévisible aujourd’hui, le traitement des « revenants », à la lisière entre spectres et zombies modernes (qui, comme dit dans le dernier PIFFFcast, sont plus proches des goules qu’autre chose) est original et donne du sens au scénario. En le regardant, on pense tour à tour à Shining, Eraserhead, La Nuit des morts vivants. Hélas ni Hilligoss ni Harvey (dont c’est le seul long métrage) ne feront une grande carrière par la suite, le film faisant un bide lors de sa sortie, comme beaucoup de films au statut passé culte avec le temps. Un film qui sait proposer de vrais instants de poésie sans jamais cesser d’être inquiétant (on fleurte d’ailleurs avec le thriller psychologique), quoi qu’il en soit!

Pour aller plus loin (eng)!

https://www.imdb.com/title/tt0055830/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Nest: Court métrage (en plan séquence) représentatif de l’évolution du réalisateur, The Nest présente un body horror suggéré, verbeux, là où les anciens Cronenberg montraient l’horreur frontalement (sans pour autant négliger leur portée symbolique et leurs réflexions sur les sociétés humaines). L’intérêt de The Nest résidant aussi dans la potentielle inversion des rapports de force entre les deux personnages. Alors oui, ça marche sur une courte durée mais ça donne aussi des trucs très moches, comme Cosmopolis!

https://www.imdb.com/title/tt3831484/?ref_=fn_tt_tt_12

Découvertes: Borgman (2013), Panic sur Florida Beach (1993)

Borgman: Que se passerait il si on mélangeait Parasite et Funny Games avec un poil de Cronenberg? Ce qui est bien avec un film comme Borgman, c’est qu’il laisse suffisamment de place aux zones d’ombres qu’il ouvre la porte aux métaphores et aux interprétations (notamment celles autour du déclassement social), sans proposer de fil conducteur trop incohérent qui nous ferait décrocher. Une curiosité hollandaise à voir dans tous les cas!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=220803.html

Panic sur Florida Beach: Très sympathique film (méconnu) de Joe Dante et bien bel hommage aux films d’épouvante des années 50. Teen movie astucieux et matûre, reprenant à son compte les peurs de l’époque (Guerre Froide, tensions avec Cuba, menace atomique), avec un John Goodman en grande forme, Panic est un film qui fait du bien, tellement ça sent la nostalgie et le véritable amour pour les vieilles bobines! A noter que Mant!, le superbe métrage projeté dans le film est trouvable sur le Net…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8176.html

Découvertes: November (2017), Creep (2014), The Perfection (2018)

November: D’une photographie N&B à couper le souffle (Bergman es tu là?), November est un bon petit film estonien dans la lignée de The Witch et The Lighthouse, à savoir de l’épouvante à l’ancienne, véritablement plus orienté fantastique que horrifique et qui fait la part belle aux contes et folklore locaux. Le seul bémol est sa longueur, qui aurait méritée d’être (pas mal) raccourcie. On me dit dans l’oreillette qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman (Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk).

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=255826.html

Creep: Found footage sans prétention, avec de bonnes idées ci et là. Si le rythme laisse à penser que l’explosion finale n’aura pas lieu (coucou Blair Witch), la fin est justement plutôt réussie à mon sens! Hélas le scénario un peu trop convenu plombe le tout et fera de ce Creep un métrage qu’on oubliera bien vite!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=238418.html

The Perfection: Autre film vu sur Netflix (Lucy, si tu nous regardes…), The Perfection est un modèle de thriller imprévisible, avec des actrices prometteuses (Allison Williams, Logan Browning) où chaque piste envisagée est ingénieusement brouillée (Knives Out était également une vraie claque pour ça), sans donner dans les explications invraisemblables non plus! Il se trouve que c’est une des raisons pour laquelle je regarde des thrillers aujourd’hui et pourquoi certains « monuments » du genre (Le Prestige, Shutter Island) sont des fiascos intégraux pour moi! On pourra déplorer que la psychologie des personnages est bâclée pour mettre l’action en avant, que le budget faiblard se ressent par moments, mais bon, ne boudons pas notre plaisir!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=258920.html

Découvertes express: L’Âge d’or (1930), Under the skin (2013)

L’Âge d’or: Elu premier vrai film de merde de ce blog (c’est pas rien), ce premier film de Luis Buñuel prouve que la force du surréalisme… ne survit pas sur de longs métrages. Un Chien andalou passait, mais là c’est juste un alignement des scènes cryptiques, sans véritable lien entre elles, vides de sens, sans intérêt, bêtement provocatrices (en vérité aussi sulfureuses que des fils à papa antifa…ou des féministes modernes, comme ça pas de jaloux), ne suffit pas à faire une oeuvre. Quitte à proposer un ovni, Buñuel aurait pu proposer quelque chose de métaphorique, d’esthétique, de vaguement expérimental (comme le sublime Vampyr de Dreyer), de foncièrement rebelle mais non, quitte à être nul, il l’est jusqu’au bout… Du foutage de gueule, pur et simple, assez représentatif de ce que l’on essaye de faire passer pour de l’art de nos jours… Mais qu’on se rassure, on trouve toujours des cons pour apprécier vu ce que j’ai pu lire sur le Web!

https://www.imdb.com/title/tt0021577/?ref_=fn_al_tt_1

Under the skin: Une jolie coquille…vide, cette adaptation du livre de Michel Faber est à l’image du personnage interprété par Johansson: tellement énigmatique qu’elle en devient rengaine et sans intérêt. Nocturnal Animals faisait déjà fort dans le genre, mais il y avait au moins un scénario. Si la claque esthétique est certaine, je pense sincèrement qu’il n’y a pas grand chose à comprendre dans ce film, où là aussi, la masturbation intellectuelle (avec évidemment un sale arrière goût de féminisme primaire en sus, ouh comme c’est original) a l’air d’être plus important que le reste…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187462.html

Découvertes: Primer (2004), Starbuck (2011)

Primer: Certains films vous laissent parfois avec un telle impression d’incompréhension que vous vous demandez s’il frise au final le génie…ou le foutage de gueule. Primer est de ceux là. Primer, c’est l’histoire de deux collègues de travail qui passent tout leur temps libre à travailler sur une machine à remonter le temps…sauf que…bah sauf que rien de plus ne vous sera révélé lors du premier visionnage, volontairement. Les personnages ne sont pas fouillés, les dialogues sont cryptiques tout comme l’enchaînement des scènes, la phase de construction de la machine n’est pas particulièrement prenante, même les histoires de doubles ne provoquent pas de situations particulièrement bouleversantes pour nos héros (façon polie de dire qu’il ne se passe pas grand chose). Résultat: on ne rentre jamais dans le récit. Non, en fait, ce qui sauve les meubles sur ce Primer est la sensation de regarder un véritable OVNI sur la relativité du temps que l’on voudrait à tout prix élucider (comme les protagonistes)…et sa photographie, sobre et belle à la fois. Alors certes, on est en plein cycle hard SF, mais il y a des limites! Le film durant à peine plus d’une heure, je conseillerai quand même de le visionner pour se faire une idée. Au suivant!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=58126.html

A ne visionner qu’après avoir vu le film, bien entendu!

Starbuck: Ca faisait un moment que j’avais cette comédie québécoise sur ma liste…et ma foi, bien m’en a pris! Partant d’un postulat de base loufoque (un quarantenaire à la dèche apprend que sa compagne attend un enfant de lui…mais qu’il est également le père biologique de 533 enfants via dons de sperme), portée par un Patrick Huard résolument attachant, cette comédie dramatique fait mouche, entre galerie de personnages hauts en couleurs et réflexions sur la parentalité/ce qu’est être adulte. Sans être la comédie de la décennie, un film qui fait du bien, doté d’une grande humanité et beaucoup plus profonde qu’elle le laisse entrevoir!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=182935.html

Cultes: Millénium, les homme qui n’aimaient pas les femmes (2011), Panic Room (2002)

En préambule, je l’avoue, oui, David Fincher fait partie de mes réal favoris. Son Seven m’a totalement traumatisé quand je l’ai vu ado et fait clairement partie de mon top 5 devant l’éternel. Seulement voilà, à part sur Fight Club, je n’ai jamais tellement retrouvé la folie visuelle et scénaristique qui m’avait accroché dans le second film de l’américain. Je peux même vous l’avouer, je me suis franchement emmerdé devant Zodiac ou Gone Girl. The Social Network, lui, m’a juste gâché mon réveillon 2011 (Lucie, si tu nous lis, je ne te remercie pas) et je crois même avoir fini par m’assoupir devant… Et croyez moi, m’assoupir devant des films, j’ai un certain entraînement pour ça ces dernières années… Comme sur ce Millénium, « aperçu » il y a des annes entre cinq micro siestes par une après midi grise. Mais, les moments où j’ai réussi à garder l’oeil ouvert, j’ai pu tout de même sentir que la noirceur poisseuse qui se dégageait du film me ferait y revenir, tôt ou tard! Il était donc temps de finir la filmo du Monsieur à savoir: Millenium, Panic Room, The Game et L’Etrange histoire de Benjamin Button! C’est parti!

Millenium: Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de sa trilogie, plus précisement) ni vu la série suédoise de 2009 et la trilogie de films qui va avec (avec Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth). On se fera ça à un autre moment, promis, surtout que j’en ai lu beaucoup de bien! Du coup, j’ai cru comprendre que l’adaptation était assez fidèle! Je vous confiance pour vous renseigner sur l’histoire dont je ne parlerai pas ici. Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le pas si mauvais remake des Griffes de la nuit, The Social Network justement ou encore l’excellent Her) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme le thriller est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse et meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire,voire détonnant avec le reste du film, quand il concerne les relations entre Lisbeth et Mikael), grâce à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci est assez indigeste. Plus subtil qu’il n’y paraît, efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178974.html

Panic Room: Là par contre, ce n’est pas la même sauce. Film au scénario plus convenu (il s’agit d’un film de commande), brillant uniquement par ses audaces de mises en scène (sa jolie photo, ses impressionnants effets numériques inspirant certainement un Enter the void, au passage), Panic Room est ce qu’on appelle un film mineur dans la carrière de Fincher. La faute à un casting moyen (Jodie Foster et Jared Leto ne sont franchement pas convaincants, voire irritants pour le dernier), à des personnages de malfrats tellement grotesques qu’ils désamorcent toute tension que le spectateur est censé ressentir (pourquoi d’ailleurs avoir choisi de leur donner autant d’importance?) et celle des victimes sauvent à peine les meubles (Stewart jouant mieux que Foster, même avec trente ans de moins). Et puis, au moment où on est prêt à laisser tomber, arrive une seconde partie où le métrage abandonne tout second degré pour basculer dans le thriller pur, plus sobre, plus noir, plus convaincant. Malheureusement, le mal est fait et même les multiples rebondissements, couplés à le talent de Forest Whitaker (incarnant ici le seul personnage intéressant du récit), n’y feront rien (à l’image de cette interminable scène avec la police où le non sens est de mise) : Panic Room est un film dispensable et se résume définitivement à son concept de base: un huis clos dans une immense maison citadiene de trois étages, doté d’une « pièce de survie ». La belle jambe!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29202.html