Découvertes express: Les Moissons du ciel (1978), Messiah of Evil (1973), Bug (2006)

Les Moissons du Ciel: On se lance enfin à la découverte approfondie de Terrence Mallick avec son second métrage qui imposera la patte du réal comme une des plus singulières du Nouvel Hollywood: rythme contemplatif, voix off omniprésente, narration laissant une large part aux images plus qu’au dialogues/scénario. Les plans sont tout bonnement ultimes, de ceux tournés pendant l’heure bleue aux superbes plans d’incendie de fin, en passant par des gros plans et des paysages au rendu quasi documentaire. Les choix musicaux aidant vraiment ces images à voler la vedette aux acteurs (certains sont même devenus des hymnes cinématographiques pour certains). Car oui, on ne va pas se mentir, l’histoire du triangle amoureux, même s’il est mené par des acteurs solides (Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard) et malgré le côté historique réussie sur l’Amérique rurale, son évolution forcée vers la modernité, est finalement assez vaseux et bien secondaire. Le final, dramatique à souhait, rattrape heureusement cet aspect là. Côté thématiques, on laissera tout ça à votre appréciation: liberté, errance, condition sociale, révolution industrielle, punition divine,… Un film à la beauté imparfaite mais unique, quoi qu’il en soit!

https://www.imdb.com/title/tt0077405/?ref_=nv_sr_srsg_0

Messiah of Evil: Entamé il y a des années, il était temps de ré-essayer celui ci! Il faut dire que le rythme du métrage rebute pas mal le spectateur non aguerri! Et finalement, on découvre un film avant gardiste et unique en bien des points! Côté points forts, l’ambiance cauchemardesque/lovecraftienne à souhait (façon Le Cauchemar d’Innsmouth), la variation moderne sur la thématique zombie (ou plutôt goule/vampire) des années avant Zombie/Down Of The Dead et évidemment les décors inquiétants comme jamais/jeux de lumière (Mario Bava n’est jamais loin). Côté plombs dans l’aile: le rythme sous laxatif donc, les personnages aux réactions lunaires (en particulier le trouple) et l’OST quelquefois à la ramasse. Un film fatalement inégal certes mais qui reste une véritable expérience, tout en suggestions, avec des passages hallucinés, bref de l’épouvante vintage dans le sens noble du terme!

https://www.imdb.com/title/tt0071396/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bug: Totalement saucé par The French Connection, je me suis avalé un autre film de Friedkin dans la foulée. Récent, tant qu’à faire. Bien mal m’en a pris car ce Bug, même s’il présente des idées intéressantes (notamment ce cadre rural crade à souhait, son côté huis clos et un quasi body-horror somme toute très simple mais efficace), est excessif en tout. Dans son traitement de la conspiration, dans le surjeu constant de la folie/paranoïa, dans son scénario tiré par les cheveux, dans ses personnage caricaturaux aux comporetements improbables,… C’est simple, si ce film était sorti maintenant, on pourrait tout à fait croire qu’il s’agit de l’oeuvre de pro-vax (ou autres crétins de compétition) sur la situation actuelle, confondant les pires spécimens conspirationnistes 5G/qui votent RN/obsédés par les reptiliens/qui les empêchent de retrouver laviedavant en tuant volontairement des vieux (ou autre lieu commun médiatique) avec ceux qui se posent légitimement des questions sur le monde de plus en plus infâme qui les entourent… Ce manque total de nuance sort évidemment le spectateur du film! Bref, un film globalement ridicule et malaisant…

https://www.imdb.com/title/tt0470705/?ref_=nv_sr_srsg_6

Rétro James Bond (1/5): James Bond 007 contre Dr. No (1962), Bons baisers de Russie (1963), 007 Spectre (2015), Mourir peut attendre (2021)

Comme dit sur Twitter, étant un amateur de la saga James Bond depuis un bail et à l’occasion de la sortie du dernier volet (et la fin de lère Daniel Craig), je me suis dit qu’une rétrospective de la saga entière ici serait de bon ton! Un podcast sera d’ailleurs certainement au menu pour parler des meilleurs opus! L’occasion pour moi de découvrir avec vous durant cet automne/hiver les films avec Timoty Dalton que je ne connais pas du tout! Pour l’occasion, un barême sur quatre sera appliqué à chaque opus! (0: à éviter, 1: décevant, 2: moyen, 3: bon 4: mémorable)

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A titre d’info, trois films ne sont pas comptés dans la saga officielle (25 films à ce jour): Casino Royale (1954), Casino Royale (parodie, 1967), Jamais plus jamais (1983, remake d’Opération Tonnerre)

Romans d’Ian Flemming ayant été adaptés au cinéma (soir l’extrême majorité): Casino Royale, Vivre et laisser mourir, Moonraker, Les Diamants sont éternels, Bons baisers de Russie, James Bond contre Dr. No, Goldfinger, Opération Tonnerre, Au Service secret de sa Majesté, On ne vit que deux fois, L’Homme au pistolet d’or

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James Bond 007 contre Dr. No (1/25): Difficile de parler de ce premier opus sans parler de la perfection de Sean Connery dans le rôle du plus célèbre agent secret! Classe, charisme, séduction (aspect peu développé dans celui ci), flegme, macho, débrouillard, malin, redoutable quand il s’agit d’éliminer un ennemi, qui aurait pu mieux incarner James Bond à l’époque? Ursula Andress est elle parfaite en première James Bond Girl, jolie, sobre, fragile mais pas trop (même s’il est vrai que son personnage ne sert pas l’intrigue). Les codes sont déjà là: thème musical, costard impeccable, MI6 et Miss Moneypenny, l’organisation SPECTRE, complots, traquenards, assassinats, poursuites en voiture (l’Aston Martin n’arrivera que dans Goldfinger), punchlines, paysages exotiques… tout est déjà là ou presque (les vrais gadgets n’arriveront eux que plus tard, ce qui confère à l’opus un réalisme appréciable). C’est Terrence Young qui est à la réalisation et signera deux autres opus dans les sixties. Le film, même s’il a forcément vieilli et qu’on sent par moments que ça se cherche pas mal entre action, aventures et espionnage, se révèle diablement efficace et montre suffisamment de plans extérieurs de la Jamaïque pour être dépaysant en prime. Ses rares défauts restent finalement un méchant totalement anecdotique (qui arrive très tard dans le film, comme Honey Rider) et ses quelques longueurs. Certains pourraient le trouver cheap mais le budget n’est « que » d’un million de dollars (contre 34 millions pour Moonraker ou 250 millions pour Mourir peut attendre…). Quoiqu’il en soit un mythe est né!

Note: 3,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0055928/?ref_=nv_sr_srsg_1

Bons baisers de Russie (2/25): Toujours réalisé par Young, ce second métrage assoit définitivement les codes de la saga, avec un côté espionnage plus affirmé (pour preuve le clin d’oeil sympa à La Mort aux trousses). Plus de gadgets improbables conçus par Q, plus de fausses morts en intro, plus de punchlines, une meilleure image/mise en scène, des décors plus fastes (Turquie, Italie), plus de présence féminine, plus de MI6 et de SPECTRE à l’écran avec cette fois ci un méchant plus charismatique (Robert Shaw), un générique post-gun barrel digne d’intérêt (il faudra attendre le prochain pour le « theme song »), des clins d’oeil à l’opus précédent (Eunice Gayson revenant pour l’occasion)… Bref, on n’a pas tellement le temps de s’ennuyer! Quelques regrets sur ce film cependant: une James Bond Girl pas vraiment mémorable dans son rôle d’amoureuse transie parce que…bah par facilité scénaristique, tiens (Daniela Bianchi) et un scénario moins passionnant à mon goût (peut être parce qu’il reste très marqué par la Guerre Froide donc fatalement daté). Mais ça reste solide pour un James Bond!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0057076/?ref_=nv_sr_srsg_0

007 Spectre (24/25): J’ai vu celui ci après Mourir peut attendre, histoire de rattraper les films avec Daniel Craig que j’avais loupé (soit les trois derniers, quand même) et de mieux comprendre la romance entre Bond et Swann. Mais cette fois ci le naufrage est complet: la réalisation est plate passée les premières vingt minutes plutôt efficaces (Sam Mendes nous a habitué à tellement mieux), les personnages et les rebondissements semblent être pilotés par un stagiaire schizophrène tellement ça empeste le réchauffé, l’hésitation voire même le je m’en foutisme (à l’instar de ce Bond soit disant mature mais qui semble crever d’envie de faire du Connery), la romance entre les deux personnages principaux sort de nulle part (la facilité avec laquelle Bellucci cède aux avances de Bond est tout aussi ridicule, rassurez vous) et j’en passe. Bref, rien ne va malgré l’énorme enjeu qui se trame (le MI6 mis plus ou moins en coupe règlée), même pas les décors qui semblent totalement ternes. Quand on pense au pognon lâché pour ce genre de production en comparaison avec le produit final, ça énerve un peu, m’voyez? Reste quelques fulgurances: Christopher Waltz en chef du SPECTRE vicieux à souhait qui ne démérite pas, Léa Seydoux en personnage à fort potentiel…gâché. Sur 2h30, ça ne pèse pas bien lourd! Spectre, exemple typique de jolie coquille vide!

Note: 0/4

https://www.imdb.com/title/tt2379713/?ref_=nv_sr_srsg_0

Mourir peut attendre (25/25): Le visionnage de ce dernier James Bond m’a laissé mitigé. Déjà parce que j’ai été assez débile pour me spoil la fin comme un porc et puis…parce que le scénario ne sert vraiment pas le propos! La liaison entre Swann et Bond est clairement l’aspect le plus intéressant de ce 25e film et mis à côté d’histoires de virus volé et de conflits entre organisations secrètes vues et revues, on aurait clairement aimé voir plus le tandem à l’écran (mais bon on comprend, les gens sont là pour voir un James Bond). Beaucoup de personnages ne sont là que pour la figuration ou un rôle de faire-valoir, par manque de charisme ou lacune d’écriture (les fadasses Safin et Nomi en tête sans oublier l’insupportable Obruchev) alors que certains auraient mérité plus de temps de présence (Blofeld, Paloma, Leiter). Le trio Craig/Seydoux (très touchante ici)/Fiennes porte clairement le film sur leurs épaules ici. Donc voilà, si on met de côté les défauts « hérités » de Spectre (scénario fouillis, rebondissements et fin faciles, personnages inutiles), la relecture « moderne »…pour ne pas dire progressiste du mythe qui semble toucher tous les films actuels (finalité qui tombe à l’eau d’ailleurs et c’est tant mieux) et qu’on se concentre sur les superbes paysages (Norvège, Jamaïque, Italie), les scènes d’action efficaces et la romance tragique du film, Mourir peut attendre se laisse regarder (mais peut être aussi parce que c’était la première fois que je revenais dans mon petit cinéma local préféré depuis 2020). A voir qui succèdera à Craig dans la peau de l’agent 007 (pas trop de pathos dans ce final nul d’ailleurs, ce qui est toujours appréciable). Je ne vous cache pas que l’aspect plus ténébreux et humain incarné par le britannique avait quand même ma préférence (même si Connery est intouchable), d’autant plus que son évolution en cinq films était notable, notamment dans cet opus. Ah oui c’est Zimmer à la BO mais perso, je n’y ai même pas porté attention! Il faut dire qu’il est littéralement partout le Hans!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt2382320/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: La Troisième Mère (2007), Possessor (2020), Dune (2021)

La Troisième Mère/Mother of Tears: Clôturant la trilogie des gialli fantastiques initiée par Suspiria, Mother of Tears se révèle être un gigantesque nanar en puissance, avec une réalisation digne de téléfilm où le surjeu et l’absence de charisme est omniprésent (faudrait peut être veiller à arrêter de nous infliger ta fille à tout prix aussi, Dario). Ah oui, j’oubliais, le scénario est tellement cousu de fil blanc et bordélique à la fois que j’ai même pas pu arriver au bout. Où est l’ambiance onirique et le visuel d’un Suspiria ou d’un Inferno par exemple? Etait on réellement obligé de clôre avec cette parodie de giallo cheapos (à l’image de ses sorcières vulgaires à souhait)? Je savais que la fin de carrière de Dario Argento était naze mais là on est clairement en dessous du supportable…

https://www.imdb.com/title/tt0804507/?ref_=nv_sr_srsg_0

Même en cadrant réduit, on dirait un « cortège » de militants LFI dans une manif avec de vrais enjeux populaires

Possessor: Je ne sais pas ce qui m’a le plus dérangé dans ce second film de Brandon Cronenberg (fils de David, oui). L’ambiance froide et une trop grande proximité thématique (à savoir ici un concept liant nouvelles technologies et corps humains, parasites et hôtes, à mi chemin entre Inception, Existenz et Black Mirror, avec paranoïa et traumas en prime) avec celles de son géniteur? Le rythme, bien trop lent par moments? Le scénario un peu flou qui perd le spectateur plus que de raison? Le propos faiblard et timoré du métrage alors que Papounet et ses réflexions avant gardistes sur l’humain et la modernité rendaient n’importe quelle histoire fascinante à explorer? Le tout reste quand même intéressant, grâce à une mise en scène, un montage et des effets spéciaux plus que corrects, avec un surplus de violence qui manque cruellement à Cronenberg senior sur ses derniers films. Possessor est avant tout une expérience sensorielle (c’est ce qu’on souhaite quand on prononce le nom Cronenberg, non?), à mi chemin entre SF, thriller et horreur mais manque quand même fatalement de personnalité!

https://www.imdb.com/title/tt5918982/?ref_=nv_sr_srsg_0

Dune: Après nous avoir fait mariner pendant près d’un an, Dune se révèle t il un bon blockbuster? Villeneuve a t il réussi à s’approprier un pan mythique de la SF comme il l’avait fait avec Blade Runner 2049? Oui, mille fois oui! Visuellement la claque est magistrale (en même temps c’est Villeneuve), magnifiée par la BO d’Hans Zimmer (quoi que criarde par moments). Dépaysant, prenant, bien rythmé, si tous les blockbusters pouvaient en faire autant, on verrait sans doute d’un autre oeil la standardisation du cinéma actuel à la sauce MCU/Star Wars! Le tout avec un choix audacieux d’acteurs relativement peu (Chalamet, Zendaya) ou moyennement connus (Ferguson, Isaac) tandis que les « stars » sont relayés aux seconds rôles (Momoa, Bardem, Skarsgård, Brolin, Rampling,…). Alors, oui, on pourra toujours pinailler que même si Villeneuve est un adepte du roman originel et que cela se ressent par moments, le film manque un poil de personnalité: un désert finalement peu hostile aux protagonistes (qui auraient mérité un peu plus d’approfondissement), un manichéisme prononcé et une dimension spirituelle et politique peu présente (délaissée au profit d’une future romance et d’un lourd propos sur le destin) mais ne boudons pas notre plaisir, vu l’exercice casse-gueule que c’était! N’ayant vu que l’incroyable Jodorowsky’s Dune et ne connaissant pas plus que ça le bouquin de Herbert, je n’irai pas plus loin dans l’analyse! RDV donc dès 2022 pour le second volet!

Pour aller plus loin

https://www.imdb.com/title/tt1160419/?ref_=nm_flmg_dr_5

Découvertes: Phase IV (1974), Conversation secrète (1974), Podium (2004), Total Recall (1990, revisionnage)

Phase IV: Le problème avec les réal aux longs métrages uniques, c’est que c’est tout ou rien. Ici on est plutôt dans le second cas, avec un visuel sublime digne de documentaires animaliers (Saul Bass est graphiste) mais un montage totalement aux fraises, sans lien entre les scènes, avec des personnages tellement désincarnés que les dialogues deviennent nanardesques… Dommage, l’idée de départ méritait mieux mais Phase IV se vautre dans les pires travers de la hard SF, à savoir privilégier son scénario au détriment du reste.

https://www.imdb.com/title/tt0070531/?ref_=fn_al_tt_1

Conversation secrète: Réalisé entre les deux premiers épisodes du Parrain, ce métrage, à l’instar de celui du dessus est tellement miné par des travers insupportables que l’on en oublierait presque que c’est le gros Francis à la réal…voire même le côté machination! Personnage principal aussi autiste qu’insupportable, rythme qui ne décollera que pour une fin (un peu) surprenante, avant d’en remettre une couche sur le côté parano et monomanies (on avait compris, Francis)! Un huis clos mental lourdingue qui influencera Blow Out d’un certain Brian et qui est, lui aussi, inspiré de Blow Up d’Antonioni!

https://www.imdb.com/title/tt0071360/?ref_=nv_sr_srsg_0

Podium: Découvert dans C’est arrivé près de chez vous puis Les Carnets de Monsieur Manatane, je dois confesser que Poelvoorde fait partie de mes acteurs favoris, avec un vrai potentiel dramatique. Il faut aussi reconnaître, mon petit Rémy, que le Monsieur s’est perdu dans diverses productions douteuses il y a quelques années (je vois conseille grandement l’excellente émission Home Cinéma de Fabrice Du Welz où Benoît revient sur sa carrière). Mais retour au sujet, Moix signe ici une comédie légère et bienvenue (mais jamais crétine) explorant le lien entre le sosie et son modèle, son rapport au monde et ses conséquences, avec Poelvoorde et Rouve à l’aise dans leurs personnages. Comme quoi, on peut tout à fait faire des comédies avec un minimum de fond!

https://www.imdb.com/title/tt0354836/?ref_=fn_al_tt_1

Total Recall: Une éternité que je n’avais pas vu celui ci! Adaptation d’une nouvelle de Philippe K.Dick, Total Recall, au delà de présenter les thématiques habituelles du hollandais (violence, ambiguité) est surtout marquant de par ses FX/décors réussis (qui ont plutôt bien vieillis) et sa thématique sur l’identité qui fait craindre un twist à chaque instant. Même si je n’aurai pas forcément choisir Scharzy pour le rôle principal (Ironside et Stone régalent suffisement pour compenser), la seule véritable ombre au tableau est son côté prévisible. Le scénario de ce côté là est par moments aussi original qu’un film d’action de série B. Dommage! Un film au propos social qui a eu son important dans l’univers SF futuriste/cyberpunk dans tous les cas (pas si fréquent au cinéma).

https://www.imdb.com/title/tt0100802/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Horribilis (2006), Hidden (1987)

Une petite soirée « possession » ce soir pour changer? Allez, viens, il y a aura des cahuètes!

Horribilis: Enième variation sur le body horror et la « possession » extraterrestre, à mi chemin entre Society, From Beyond (chef d’oeuvre de Stuart Gordon que je vous recommande vivement) et Frissons, avec une distribution pas dégueu d’acteurs habituellement cantonnés aux rôles secondaires (Nathan Fillion, Elizabeth Banks, Michael Rooker, Gregg Henry, Jenna Fischer et j’en passe), Horribilis ne s’en tire pas si mal en proposant un honnête film bis bien rythmé, inventif, aux effets spéciaux réussis, au second degré qui se joue des clichés du genre et aux clins d’oeil appréciables (The Toxic Avenger, Les Griffes de la Nuit,…). Il faut dire que James Gunn (dont c’est la première réal) est un enfant de la Troma (il a commencé dans Tromeo & Juliet) et a signé (entre autres) le scénario d’un des rares remakes d’horreur valables (en l’occurrence, Dawn of the Dead) …et ça, c’est un gage de qualité pour votre hôte!

https://www.imdb.com/title/tt0439815/?ref_=fn_al_tt_1

Hidden: Hidden, justement, c’est un peu tout le contraire: le film n’est pas spécialement novateur (une poursuite interminable entre deux policiers et une entité extraterrestre qui prend possession d’hôtes humains) et fait bailler très vite. On sent bien que le prétexte SF est là pour combler un manque d’inventivité du scénario, c’est cousu de fil blanc, ça cabotine à mort (perso, j’ai toujours trouvé Kyle MacLachlan insupportable en dehors de Twin Peaks), bref, à oublier très vite! On préférera de loin Invasion Los Angeles, sorti un an après, même s’il est foutraque!

https://www.imdb.com/title/tt0093185/?ref_=fn_al_tt_3

Découvertes express: Tetsuo (1989), La Forteresse noire (1983), Body Melt (1993), Teeth (2008), Taxidermie (2003)

Tetsuo: Pure claque esthétique, Tetsuo est surtout un métrage cyberpunk totalement possédé et déjanté, avec moultes expérimentations qu’il serait difficile de résumer ici. Même s’il est un poil trop long, le second degré, la musique (Chū Ishikawa) et les FX hallucinés tiennent en haleine. Je me suis demandé dans quelle mesure il n’aurait pas inspiré un certain Edward aux mains d’argent. Impressionnant et avant gardiste au vu du petit budget de ce premier film de Tsukamoto. Petite vidéo du Coin du Bis pour en savoir plus.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10615.html

La Forteresse noire: Nanar kitsch et summum de naiseries politiquement correctes (me rappellant le soporifique Le Labyrinthe de Pan), ce second film de Michael Mann ne vaut que pour son esthétique et sa réalisation. Alors oui, le tournage a visiblement été infernal, mais même la musique de Tangerine Dream est totalement utilisée hors de propos. Il faut le faire quand même! Enfin, ça vient surtout me confirmer que le fantastique, c’est clairement pas ma came.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=31120.html

Body Melt: Premier (et dernier ?) film de Philip Brophy, rappellant forcément pèle mèle Bad Taste, Society ou Street Trash, ce film bis est clairement une pépite à conseiller à tous les amateurs de body-horror! Inventif et fougueux, doté de personnages hauts en couleurs, ce Body Melt est une belle surprise, visiblement encore méconnue, même s’il n’est pas épargné par les défauts reprochés au genre!

https://www.imdb.com/title/tt0106450/?ref_=fn_al_tt_1

Teeth: Film que je voulais voir depuis longtemps (il faut dire que le concept envoie du bois), ne sachant pas trop à quoi m’attendre, ce Teeth s’avère être une correcte comédie noire (et non pas un pur teen movie, comme on aurait pu le croire, ouf), se permettant même un final doublement glauque. Bon équilibre entre gore et fable adolescente (au féminisme subtil qui ferait passer Under the skin pour un nanar en puissance), Teeth est aussi une allégorie sur l’hypocrisie de la société américaine et surtout une révélation: Jess Weixler, qui porte totalement le film.

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=125928.html

Taxidermie: Film hongrois revenant pas mal chez les amateurs de genre, Taxidermie est une bonne surprise, à la fois par son esthétique (assez proche d’un Jeunet) et son côté cru/dérangeant (mais rien d’insoutenable non plus). Seulement, je trouve personnellement qu’à part le dernier segment, il est un peu frileux à exploiter pleinement ses thématiques…

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Découvertes: Millénium 2 (2009), Millénium 3 (2010)

Vu qu’on s’est déjà maté le Millénium de Fincher, il est temps de se faire la trilogie de films suédois signés Niels Arden Oplev/Daniel Alfredson, sorti deux ans avant le remake de Fincher et tournés dans la foulée. On finira plus tard avec le premier, histoire de bien pouvoir comparer tout ça! A savoir que la mini série de 2010 compile justement les trois films (version longue) en six « épisodes ». Ca va, on suit dans le fond?

Venons en déjà aux interprétations des deux protagonistes: Noomi Rapace est clairement celle qui s’en sort le mieux dans cette trilogie, plus badass et moins « freak » que la Lisbeth Salander jouée par Mara (qui jouait plus sur la complémentarité avec Blomkvist). Quand à Michael Nyqvist (vu ensuite dans John Wick, Europa Report et Mission Impossible 4) qui interprète Mikael Blomkvist, il est clairement moins charismatique que Craig mais gagne sans doute en humanité. Deux salles, deux ambiances, donc!

Millénium 2: La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (2009): Adaptation du second tome de Stieg Larsson, ce second opus se centre sur le personnage de Lisbeth et son passé (pour faire bref et sans trop spoiler Salander se retrouvera accusée de triple meurtre dans une machination mélangeant prostitution, corruption politique et vengeance personnelle), tout en s’inscrivant dans la continuité du premier film. Changement de réal pour celui ci puisque c’est Daniel Alfredson qui prend la caméra. Et autant vous le dire tout de suite, les plus gros défauts de ce film sont un montage peu inspiré et une intrigue nébuleuse mais aussi plus classique que sur le film précédent, qui je pense plaira surtout aux fans de la saga et aux curieux, bref à ceux qui auront accrochés aux personnages de Salander/Blomkvist et à l’atmosphère noire qui s’en dégage. Autres changements: la réalisation au format/grain typiquement téléfilm (car contrairement au premier film, les deux derniers volets sont véritablement des téléfilms) qui colle finalement bien avec l’ambiance générale…et un cadre d’action nettement plus urbain (mais toujours aussi glauque). Comme dans le premier film, chacun des deux protagonistes principaux mène son enquête de son côté, ce qui donne un rythme assez particulier au récit, dépassant cette fois encore les deux heures. Une fois de plus, c’est clairement celui de Lisbeth Salander qu’on retiendra, toujours incarnée par un Noomi Rapace investie et en grande forme! Et disons le clairement, si ce Millénium 2 se laisse regarder, c’est surtout pour sa performance et en apprendre plus sur son personnage, car il est bien en deça de son aîné!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145223.html

Millénium 3: La Reine dans le palais des courants d’air (2010): Dans ce film, suite directe du second et adaptation du troisième roman, c’est Blomkvist que l’on verra la plupart du temps (le temps d’apprécier les qualités du journaliste et de son équipe mais aussi une Salander plus « ordinaire »), Salander étant hospitalisée puis incarcérée le temps de son procès (accusée d’homicide, pour ceux qui ne suivent pas). On apprend au passage que Zalachenko est en vie, que Niedermann est en cavale et qu’un petit groupe secret est bien déterminé pour faire disparaître tous ces témoins gênants (Salander comprise), on assiste aussi au retour du Docteur Teleborian…de quoi nous faire tenir ces deux heures et demie finales, donc! Le côté téléfilm est beaucoup moins dérangeant ici car le rythme est totalement maîtrisé (malgré ses contraites de lieux) et l’intrigue plus limpide (car amorcée avec le second opus), même si elle réserve son lot de twists, de noirceur, de machinations, de vengeances. C’est d’ailleurs toujours Alfredson à la caméra! Au registre des plaintes, un certain côté too much est à noter (le relooking de Salander pendant son procès, le procès puis le démantelement de la Section qui se déroulent sans accrocs majeurs) mais c’est vraiment pour pinailler! Annika Hallin, incarnant l’avocate de Salander, est clairement une plus value dans ce film, même si Lena Endre (Erika Berger) fait toujours admirablement le taf, faisant définitivement de Millénium, une saga de thrillers donnant une part belle aux rôles de femmes fortes (comme le voulait Larsson). Un bon ptit thriller en somme!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145222.html

Découvertes: Primer (2004), Starbuck (2011)

Primer: Certains films vous laissent parfois avec un telle impression d’incompréhension que vous vous demandez s’il frise au final le génie…ou le foutage de gueule. Primer est de ceux là. Primer, c’est l’histoire de deux collègues de travail qui passent tout leur temps libre à travailler sur une machine à remonter le temps…sauf que…bah sauf que rien de plus ne vous sera révélé lors du premier visionnage, volontairement. Les personnages ne sont pas fouillés, les dialogues sont cryptiques tout comme l’enchaînement des scènes, la phase de construction de la machine n’est pas particulièrement prenante, même les histoires de doubles ne provoquent pas de situations particulièrement bouleversantes pour nos héros (façon polie de dire qu’il ne se passe pas grand chose). Résultat: on ne rentre jamais dans le récit. Non, en fait, ce qui sauve les meubles sur ce Primer est la sensation de regarder un véritable OVNI sur la relativité du temps que l’on voudrait à tout prix élucider (comme les protagonistes)…et sa photographie, sobre et belle à la fois. Alors certes, on est en plein cycle hard SF, mais il y a des limites! Le film durant à peine plus d’une heure, je conseillerai quand même de le visionner pour se faire une idée. Au suivant!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=58126.html

A ne visionner qu’après avoir vu le film, bien entendu!

Starbuck: Ca faisait un moment que j’avais cette comédie québécoise sur ma liste…et ma foi, bien m’en a pris! Partant d’un postulat de base loufoque (un quarantenaire à la dèche apprend que sa compagne attend un enfant de lui…mais qu’il est également le père biologique de 533 enfants via dons de sperme), portée par un Patrick Huard résolument attachant, cette comédie dramatique fait mouche, entre galerie de personnages hauts en couleurs et réflexions sur la parentalité/ce qu’est être adulte. Sans être la comédie de la décennie, un film qui fait du bien, doté d’une grande humanité et beaucoup plus profonde qu’elle le laisse entrevoir!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=182935.html

Cultes: Millénium, les homme qui n’aimaient pas les femmes (2011), Panic Room (2002)

En préambule, je l’avoue, oui, David Fincher fait partie de mes réal favoris. Son Seven m’a totalement traumatisé quand je l’ai vu ado et fait clairement partie de mon top 5 devant l’éternel. Seulement voilà, à part sur Fight Club, je n’ai jamais tellement retrouvé la folie visuelle et scénaristique qui m’avait accroché dans le second film de l’américain. Je peux même vous l’avouer, je me suis franchement emmerdé devant Zodiac ou Gone Girl. The Social Network, lui, m’a juste gâché mon réveillon 2011 (Lucie, si tu nous lis, je ne te remercie pas) et je crois même avoir fini par m’assoupir devant… Et croyez moi, m’assoupir devant des films, j’ai un certain entraînement pour ça ces dernières années… Comme sur ce Millénium, « aperçu » il y a des annes entre cinq micro siestes par une après midi grise. Mais, les moments où j’ai réussi à garder l’oeil ouvert, j’ai pu tout de même sentir que la noirceur poisseuse qui se dégageait du film me ferait y revenir, tôt ou tard! Il était donc temps de finir la filmo du Monsieur à savoir: Millenium, Panic Room, The Game et L’Etrange histoire de Benjamin Button! C’est parti!

Millenium: Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de sa trilogie, plus précisement) ni vu la série suédoise de 2009 et la trilogie de films qui va avec (avec Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth). On se fera ça à un autre moment, promis, surtout que j’en ai lu beaucoup de bien! Du coup, j’ai cru comprendre que l’adaptation était assez fidèle! Je vous confiance pour vous renseigner sur l’histoire dont je ne parlerai pas ici. Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le pas si mauvais remake des Griffes de la nuit, The Social Network justement ou encore l’excellent Her) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme le thriller est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse et meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire,voire détonnant avec le reste du film, quand il concerne les relations entre Lisbeth et Mikael), grâce à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci est assez indigeste. Plus subtil qu’il n’y paraît, efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178974.html

Panic Room: Là par contre, ce n’est pas la même sauce. Film au scénario plus convenu (il s’agit d’un film de commande), brillant uniquement par ses audaces de mises en scène (sa jolie photo, ses impressionnants effets numériques inspirant certainement un Enter the void, au passage), Panic Room est ce qu’on appelle un film mineur dans la carrière de Fincher. La faute à un casting moyen (Jodie Foster et Jared Leto ne sont franchement pas convaincants, voire irritants pour le dernier), à des personnages de malfrats tellement grotesques qu’ils désamorcent toute tension que le spectateur est censé ressentir (pourquoi d’ailleurs avoir choisi de leur donner autant d’importance?) et celle des victimes sauvent à peine les meubles (Stewart jouant mieux que Foster, même avec trente ans de moins). Et puis, au moment où on est prêt à laisser tomber, arrive une seconde partie où le métrage abandonne tout second degré pour basculer dans le thriller pur, plus sobre, plus noir, plus convaincant. Malheureusement, le mal est fait et même les multiples rebondissements, couplés à le talent de Forest Whitaker (incarnant ici le seul personnage intéressant du récit), n’y feront rien (à l’image de cette interminable scène avec la police où le non sens est de mise) : Panic Room est un film dispensable et se résume définitivement à son concept de base: un huis clos dans une immense maison citadiene de trois étages, doté d’une « pièce de survie ». La belle jambe!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29202.html

Découverte: Sex Addict (2008)

Oui, Sex Addict/Bad Biology fait depuis longtemps partie de mes interminables listes de films à voir. Alors, simple curiosité ou film qui se tient?

Réalisé par Frank Henenlotter (à qui l’on doit Basket Case, Elmer le remue-méninges et Frankenhooker) et proposant un pitch délirant que n’aurait pas renié les production Troma (soit la rencontre de deux jeunes personnes à la libido exacerbée, une femme aux sept clitoris et un homme au phallus doté de conscience), le film se tient plutôt bien jusqu’à sa conclusion (dès que le réal se décide à montrer frontalement le phallus, au final), franchement poussive et sans grand intérêt (désolé Jelena Jensen!). Pour le reste, ça se suit plutôt bien, ça fourmille de bonnes idées ça et là (en terme de scénario, de mise en scène)… Et surtout, malgré un côté trash (surtout dans les dialogues) et comique, Sex Addict montre une facette plutôt glauque de l’addcition sexuelle (bien mieux que l’ennuyeux Shame, je trouve), même si ça ne le fera pas rester dans les mémoires!

Bref, Sex Addict est une curiosité décomplexée et honnête mais qui, malgré de bonnes idées, s’avère assez dispensable…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=138708.html