Découvertes: Le Locataire (1976), Massacre à la tronçonneuse 2 (1986), Invisible Man (2020)

Le Locataire: Adaptation du roman de Roland Topor (Le Locataire chimérique, dont on retrouve aisément le ton cynique et kafkaïen dans le métrage) clotûrant la trilogie sur les appartements maudits (après Répulsion et Rosemary’s Baby), Le Locataire est encore une fois un exemple de la maîtrise du polonais dans ses thématiques de prédilection (ambiance malsaine et cauchemardesque, pression sociale/complot, maladies psychiques diverses -notamment la paranoïa et la schizophrénie-, autant dire que Lynch et Cronenberg ne sont pas très loin), l’appartement du héros, reflet de la psyché de Mr Trelkovsky, jouant encore une fois son rôle de catalyseur avant l’explosion finale, à savoir le dédoublement. Ce huis clos total rondement mené par un beau casting (Adjani mais surtout une ribambelle de trognes que n’aurait pas renié un Jeunet période Delicatessen) est toutefois non dénué d’humour (les plus observateurs auront repéré la présence de trois figures du Splendid dans les seconds rôles). Grâce à un scénario bien ficelé (sujet à de multiples interprétations, allant bien au delà du rapport à l’autre), une bande son et une mise en scène au poil (absolument géniale dans les moments de panique du protagoniste), le métrage offre un bon potentiel de revisionnage et a dû être un sacré OVNI au moment de sa sortie!

Pour justement aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?v=N7T-0IRLaZU

https://www.imdb.com/title/tt0074811/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse 2: Je plaide non coupable! Ayant découvert il y a peu l’excellent podcast Fucked Up Movies (des humoristes Urbain et Dedo) qui en parlait, je me suis dit que c’était peut être une bonne idée de découvrir cette suite. Une emballement que j’ai vite regretté! Si Tobe Hooper repasse derrière la caméra pour proposer une suite plus proche de l’opus qu’il aurait aimé réaliser en 1974 avec des moyens conséquents (à savoir une comédie noire avec des personnages plus fouillés), ce métrage ne vaut finalement que pour les personnages totalement délirants incarnés par Denis Hopper et Bill Moseley, le reste étant d’une médiocrité assez sévère (la scène du repas du premier film est reprise intégralement sans rien y apporter de nouveau, par exemple). L’humour y est lourdingue (déjà que l’humour ricain, de base…) et plombe le peu d’atmosphère horrifique déjà présente, la cohérence du scénario est catastrophique, l’héroïne (Caroline Williams) et le père des dégénérés (Jim Siedow, rescapé de l’opus de ’74) cabotinent à mort, les victimes se compte sur les doigts d’une main amputée, la tentative d’humaniser Leatherface et de proposer une action se déroulant hors du cadre de la ferme des rednecks ne marchent qu’à moitié… Bref, le bilan est salé! J’ai presque eu l’impression de regarder l’infâme troisième opus (Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3), pourtant un excellent nanar des familles, tellement le résultat est exubérant et loin de ce que l’on est en droit d’espérer en regardant un film de la saga Texas Chainsaw Massacre! On sauvera à la rigueur les décors (au passage, c’est Savini aux maquillages et FX) dans la dernière partie du film même si le côté dépouillé du premier opus était tout aussi efficace. Fallait pas toucher à un film aussi culte! Mais bon, c’est pas comme si Hooper avait visiblement pondu un seul bon film depuis…

https://www.imdb.com/title/tt0092076/?ref_=nv_sr_srsg_6

Le seul passage horrifique du film, c’est dire…

Invisible Man: Dans le registre des thrillers moyens aux idées originales, je demande Invisible Man! Leigh Whannell (connu pour ses scénarios dans les différentes sagas de James Wan) signe là un thriller psychologique (plus que véritablement horrifique) prenant, même si plutôt contemplatif mais avec de bons rebondissements (parfois un peu too much, j’en conviens) et dont le pitch de départ (une femme se retrouve harcelé par son ex-mari toxique, prétendument mort, qui a trouvé le moyen de devenir invisible) offre de belles occasions de renouveller et de jouer avec les codes du genre! L’ambiance paranoïaque est véritablement réussie (l’invisibilité comme métaphore un poil grossière des conséquences de violences physiques/psychiques, chantage et harcèlement), portée par une Elisabeth Moss (Mad Men, The Handmaid’s Tale) inspirée et une mise en scène/visuel solide fincherien à souhait (à l’instar de l’appartement carcéral du « couple », prouesse de dépouillement et d’architecture). Et surtout, le concept de départ est respecté tout au long du métrage, ne perd pas de sa force sur la longueur et n’est pas un simple prétexte pour nous offrir un énième film à suspense interchangeable. A noter que le nom du mari « Adrian Griffin » est évidemment un clin d’oeil au personnage de l’Homme invisible écrit par H.G. Wells (dont ce film est une adaptation originale).

PS: Je vois que beaucoup de critiques ont vu dans cette oeuvre une énième charge contre le patriarcat blanc (cette horreur sans nom qui a permis l’élaboration de sociétés modernes dans lesquelles certaines femmes parfaitement médiocres, désoeuvrés et désaxées peuvent venir chialer nuit et jour depuis leur canapé confortable sur les vilains mâles hétéros blancs dotés d’esprit critique -dont je suis- et au passage embarquer d’autres femmes dans leur délire afin de pourrir l’ambiance générale), on va se calmer c’est pas le débile Promising Young Woman acclamé par toute la gôche Twitter non plus (les féministes modernes, comme toutes les autres minorités toxiques subventionnées, n’étant pas tellement réputées ni pour leur bonne foi, ni la pertinence et la finesse d’argumentation, je mets au défi n’importe quel homme normalement constitué de regarder le trailer de cette bouse sans avoir envie de gerber tellement la propagande y est obscène). On a l’époque (et les SJW) qu’on mérite, après tout! Mais faudrait pas que le vent tourne quand même, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes que votre acharnement commence à fatiguer salement…

https://www.imdb.com/title/tt1051906/?ref_=nm_ov_bio_lk4

Découvertes: Robowar (1988), Un espion ordinaire (2020), A Map to the stars (2014)

Robowar: On retente un métrage de l’infâme Bruno Mattei (crédité une nouvelle fois comme Vincent Dawn) avec ce Robowar des familles. Si celui ci s’avère à première vue plus regardable et mieux réalisé que Virus Cannibale (il faut le dire vite), on s’aperçoit bien vite qu’il ne s’agit que d’une synthèse putassière et improbable de Predator, Commando et Terminator (pas vraiment le genre de films passés inaperçus dans les 80’s) avec…les moyens du bord et les acteurs qui vont avec (mention spéciale au sosie de Chuck Norris). Et si les réal italiens de l’époque savaient agrémenter leur manque d’originalité par quelques spécialités du crû ou quelques trouvailles, Mattei, lui, se contente une nouvelle fois du strict minimum, allant jusqu’à totalement foirer le look de sa « créature » (et je parle pas de sa voix synthétique) ou reprendre des scènes plan pour plan (on aprle quand même du roi des stock-shots). Alors oui, c’est relativement bien rythmé pour qui ne connaîtrait pas les films cités plus haut, sans doute hilarant pour les fans de nanars carabinés mais d’une platitude catastrophique pour les autres. Encore une fois, la vie est bien trop courte pour s’infliger ce genre de série Z sans intérêt. Je ne suis décidement pas le public, comme dirait l’autre.

https://www.imdb.com/title/tt0096000/?ref_=nv_sr_srsg_0

T’as peur hein? Dis le que t’as peur, enculé!

Un espion ordinaire: Rentrons directement dans le vif du sujet: l’énorme défaut de ce film est d’avoir privilégié son visuel/ambiances (réussies) aux personnages/scénario. Nous sommes pourtant devant un film d’espionnage, au moment où le monde était suspendu entre deux super-puissances mondiales se menaçant par frappe nucléaire interposée et putain, à aucun moment je n’ai senti les héros en danger et je me suis même demandé à la moitié du film si le scénariste était capable d’écrire le moindre rebondissement avant la fin tellement les mécanismes semblaient gros et éculés. Le second degré permanent plombe un peu plus la crédibilité des personnages et la profondeur dramatique forcément au rabais. Les multiples scènes « familiales » ne servent pas le propos et entâchent même l’intrigue. Alors oui, les acteurs principaux (Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze) portent le film mais c’est trop peu à se mettre sous la dent. On suppose que le réal (Dominic Cooke, un habitué du théâtre) voulait casser un peu les codes mais au final, on aurait préféré moins audacieux et plus crédible… En résumé, un film « vintage » inspiré d’histoire vraie mais synthétique à souhait et (au passage) réécrivant largement l’Histoire des fois que le public serait un peu trop con pour se perdre dans quelques nuances…

https://www.imdb.com/title/tt8368512/?ref_=fn_al_tt_1

Maps to the stars: Cosmopolis (dont Maps n’est franchement pas très éloigné thématiquement) étant sans l’ombre d’un doute ma pire expérience en salles (vous savez ce genre de films où vous vous demandez ce qui vous retient de partir en plein milieu), j’ai bien traîné pour découvrir le dernier Cronenberg en date! Et…ma foi, celui ci est assez intéressant! Bien sûr, c’est à des années lumières du Cronenberg d’antan et de sa body horror frontale mais Maps poursuit finalement l’évolution logique de son cinéma depuis M.Butterfly/Crash. L’ « horreur » cérébrale c’est bien aussi, de temps en temps! Ce film c’est évidemment une chronique du microcosme hollywoodien et de ceux qui le font vivre, avec le lot de saloperies qui vont avec: névroses, traumas, excès, mesquineries, relations d’intérêt,… Son jumeau Cosmopolis proposait, à sa…façon, un regard acéré sur nos sociétés modernes, dont l’humanité semble de plus en plus absente quand elle n’est pas purement broyée. Ici c’est le cocon familial qui trinque sévère! A ce petit jeu là, le casting s’en sort bien (Moore et Wasikowska en tête). Le centre du récit, lui, est constitué de deux histoires qui s’entrecroisent au travers d’un truculent personnage jusqu’à la tragédie finale où on arrivera à y voir un peu plus clair. Et c’est particulièrement sur cet aspect que le canadien se montre le plus intéressant: dans le jeu de pistes, les sous-entendus, les répercussions temporelles, le symbolisme,… Le tout teinté de fantastique et d’humour absurde à la Lynch (période Mulholland Drive, forcément). Mieux rythmé, moins verbeux que son prédécesseur, Maps peut dérouter mais il ne laisse pas le spectateur en chemin. Si la mise en scène est devenue propre, c’est n’est qu’en apparence et c’est pour mieux mettre à nu les monstres du quotidien. Point d’individu qui mute et menace la société (encore que) mais une société en mutation qui finit par créer ses propres freaks, qui par manque d’alternative, finissent fatalement par se vampiriser entre eux. Je sais que le métrage a rebuté pas mal de monde lors de sa sortie (pour les raisons citées plus haut mais aussi pour certains FX immondes et une énumération de clichés) mais ça se regarde largement, même si on a bien évidemment conscience qu’on aura pas droit à grand chose de novateur!

https://www.imdb.com/title/tt2172584/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Conjuring 3: Sous l’emprise du Diable (2021), Baby Blood (1990), Fire (2015), Six men getting sick (1967), The Adventures of Alan R. (2020), The Mystery of the seeing hand (2020), The Pig Walks (2002)

Conjuring 3: Alors autant le second opus m’avait mis une mandale magistrale (gestion de la tension surtout), autant celui ci est le moins mémorable de la série (hors spin-off, on est pas maso non plus), la faute surtout à un montage aux fraises et une direction plus « thriller » pas forcément pertinente. Résultat: la tension est aux abonnés absente (un comble quand on connait cette manie actuelle insupportable de foutre des jumpscares et des musiques au volume max partout). J’ai même clairement mis du temps à rentrer dans le film. Il faut dire que Wan n’est plus derrière la caméra ce coup ci. Autrement le visuel et le jeu d’acteur (Wilson et Farmiga surtout) se tiennent mais voilà, le mal est déjà fait!

https://www.imdb.com/title/tt7069210/?ref_=fn_al_tt_1

Baby Blood: J’ai beaucoup entendu parler de ce film français au statut culte (un des premiers films de genre de l’Hexagone, avec un côté gore assumé). Mais j’ai vite déchanté devant un métrage long à démarrer et qui s’avère finalement…un gros nanar lourdingue dans (hélas) la plus pure tradition française de genre… La faute au côté (volontairement) outrancier et caricatural des personnages, des répliques, des situations qui sortent totalement le spectateur du film, l’inventivité de certaines scènes n’évitant pas le naufrage. Alors autant sur certains films, ça peut donner du cachet (bonjour Lloyd Kaufman), autant là ça rend juste le métrage insupportable, même si c’est toujours curieux de croiser Lafesse, Chabat et Gallotte dans le même film d’horreur!

https://www.imdb.com/title/tt0096871/?ref_=fn_al_tt_1

On termine avec une petite sélection de cinq courts métrages de Lynch. Si The Pig Walks, The Adventures of Alan R. et Six men getting sick (le tout premier métrage du Monsieur, qui annonçait déjà la couleur) jouent la carte des montages minimalismes creepy (mais efficaces), Fire et The Mystery of the seeing hand se permettent d’aller un poil plus loin dans les trouvailles visuelles. Le premier est une sorte de conte obscur peint et filmé en N&B sur une musique de Marek Zebrowski. Le second un montage onirique très proche des ambiances de la série des jeux mobiles Rusty Lake (que je recommande grandement et qui s’inspirent eux même beaucoup de Twin Peaks). Alors, je vous rassure, je sors de ces courts métrages aussi intrigué que perplexe sur leur signification mais ma foi, c’est ce qui reste fascinant chez Lynch!

Fire (Pozar)

Découvertes: Méandre (2020), L’Heure du Loup (1968), Mosquito (1994)

Méandre: Au lieu d’aller voir Adieu les cons, ma curiosité m’a poussé à aller voir le film de Mathieu Duri qui fait pas mal parler de lui en ce moment. Il faut dire aussi que Méandre regorge de bonnes idées! Si le pitch minimaliste et le huit clos non consenti font immédiatement penser à Cube/Saw (le film sera finalement plus proche du premier), l’ambiance survival claustro (réussie) à The Descent, le métrage ne se repose pas sur la réputation de ses aînés mais offre de vraies performances. Celle de Gaia Weiss bien sûr, d’une mise en scène/rythme/univers réussis (malgré des moyens limités) et surtout un sous-texte psychologique bienvenu et pas si commun dans le cinéma de genre (le dépassement comme métaphore du deuil). Quelques clins d’oeil aux films de genre sont évidemment de la partie (Alien, Phantasm). Une bien jolie suprise!

https://www.imdb.com/title/tt5752192/?ref_=fn_al_tt_1

L’Heure du Loup: Depuis le temps, il fallait quand même bien découvrir Bergman! Surtout que vu son univers, ça avait beaucoup de chances de me parler! Et effectivement, ce fut une très belle découverte. Déjà, le N&B est magnifique, l’ambiance à mi chemin entre drame et fantastique que ne renierait pas des Lars Von Trier (Antichrist surtout), Cronenberg voire Lynch (pour (pour les dédoublements de personnalités et les bizarreries qui s’ensuivent). Les acteurs principaux Max Von Sydow et Liv Ullmann (qui collaboreront plusieurs fois avec le réalisateur) sont totalement habités par leur rôle. Enfin, c’est surtout un film qui laisse court à l’interprétation du spectateur, ce qui est toujours appréciable. L’Heure du Loup est il un film sur l’angoisse de la paternité, sur les fantasmes/la tentation adultère, sur la dévotion extrême d’une femme menant à l’isolement social ? Les occupants du château sont ils seulement réels ou seulement dans l’imagination/souvenirs du peintre torturé? Libre à vous d’y adhérer ou pas. Ce qui est sûr, c’est qu’on replongera avec grand plaisir dans cet univers sobre, réaliste (très peu de musique dans celui ci…le Dogme95 n’a finalement rien inventé) mais fascinant d’étrangetés avant-gardistes… avec Le Septième Sceau, La Source et Persona!

https://www.imdb.com/title/tt0063759/?ref_=fn_al_tt_1

Mosquito: On ouvre la boîte de Pandore des nanars avec ce Mosquito des enfers! Mais j’ai un alibi, traînant un peu sur Twitch, je suis tombé il y a quelques temps sur La Grotte Chaude et Video_3000 qui proposent plusieurs fois chaque semaine des soirées films de genre, souvent méconnus ou nanardesques (signalons aussi les plus sérieux Les Intergalactiques qui eux sont plus orientés SF). Ce Mosquito en fait partie et propose un pitch très classique (ni moins qu’un Ticks fauché version moustiques XXL), mais avec des tirades fantastiques (le directeur du camping qui se prend pour Sarkozy à la Courneuve), des gens qui jouent (très) mal (mention spéciale à la campeuse nue qui réussit à…hurler mal), des FX approximatifs,… Ca aligne bien évidemment tous les clichés du genre: violence gratuite, sexe, blagues douteuses. Mais surtout c’est bien rythmé et il y a Gunnar « Leatherface » Hansen en caricature redneck et Ron Asheton des Stooges (oui!) en sheriff local alors pourquoi se priver d’un tel potentiel?

https://www.imdb.com/title/tt0113858/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Peeping Tom (1960), Mandibules (2020), Bloody Bird (1987), Carnival of Souls (1962), The Nest (2013)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera chez Antonioni, De Palma ou Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (superbe Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout d’un long, jusqu’au magnifique climax final. Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur. Profondément injuste.

https://www.imdb.com/title/tt0054167/?ref_=fn_al_tt_1

Mandibules: Première séance de 2021 pour votre hôte et l’occasion de voir si Dupieux persévère dans la « normalisation » de son univers, entamée avec Au Poste! et Le Daim (qui sont tout à fait corrects). Hé bien c’est le cas, Mandibules est un film à l’esthétique lèchée (tourné dans le Var, de souvenir), parsemé de quelques fulgurances absurdes mais qui reste bien trop sage pour les amateurs de ses anciens films (dont je suis). Les acteurs s’en sortent bien (il faut dire que Grégoire Ludig et David Marsais sont dans leur élément) mais au vu de certains potentiels (je pense à Bruno Lochet par exemple) et du pitch de départ, il y avait certainement matière à donner une autre ampleur à ce film. Pour être plus précis, on a parfois plus l’impression de regarder un métrage du Palmashow qui traîne en longueur qu’un film de Dupieux. Après, on ne va pas se mentir: retrouver le chemin des salles obscures après plus de six mois est un plaisir, alors on ne va pas trop en tenir rigueur à Dupieux mais on attend de pied ferme Incroyable mais vrai, son prochain métrage prévu pour la fin de l’année, avec Alain Chabat et Léa Drucker.

https://www.imdb.com/title/tt10375106/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bloody Bird/Stage Fright: Soavi ayant signé l’excellent Dellamorte Dellamore (chronique à venir d’ailleurs), j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de découvrir ce slasher/giallo de la fin des 80’s. Grand mal m’en a pris parce qu’à part une succession de clichés tellement grotesque que j’ai dû arrêter le visionnage pour vérifier si ce n’était pas une parodie assumée, c’est vraiment l’impression de gâchis qui surnage. Pourtant vu le sujet et l’apparence du tueur, il y avait un certain potentiel… On sauvera juste la BO de Simon Boswell (Phenomena, Demons 2, Santa Sangre et j’en passe). En espérant que Sanctuaire et La Secte ne soient pas du même acabit!

https://www.imdb.com/title/tt0092576/?ref_=fn_al_tt_1

Tu as peur? Hein, dis le que tu as peur! Regarde comme je saute haut!

Carnival of Souls/Le Carnaval des Âmes: Mon premier rapport avec Carnival était un vieux doccumentaire sur le cinéma de genre diffusé sur Arte pour Halloween (on devait être dans les années 1990) suivi du film de Herk Harvey (qui joue le « revenant » principal dans ce film) où certaines images sont restées gravées en mémoire (dont certains passages de Phantasm et je ne sais quel opus d’Hellraiser). Mais trop jeune pour ce genre de film tout en ambiances, je n’ai jamais réussi à passer le cap. Jusqu’à aujourd’hui! Et ma foi, c’est plutôt une bonne surprise, à classer dans les films à petit budget, bien rythmé, qui propose de vrais moments de bravoure, à l’instar de Messiah Of Evil (qu’il serait grand temps que je retente). Unique rescapée d’un accident de la route, la protagoniste (incarnée par Candace Hilligoss, qui porte totalement le film sur ses épaules) se met à avoir des visions impliquant un homme à l’aspect livide et un grand bâtiment abandonné, près d’un lac. Le noir & blanc est superbe, certains plans très inspirés et le propos est assez avant gardiste (rôle de femme forte, flou entre réalité et visions, malédiction dont on ne peut se défaire, motifs récurrents,…). Même si le final est prévisible aujourd’hui, le traitement des « revenants », à la lisière entre spectres et zombies modernes (qui, comme dit dans le dernier PIFFFcast, sont plus proches des goules qu’autre chose) est original et donne du sens au scénario. En le regardant, on pense tour à tour à Shining, Eraserhead, La Nuit des morts vivants. Hélas ni Hilligoss ni Harvey (dont c’est le seul long métrage) ne feront une grande carrière par la suite, le film faisant un bide lors de sa sortie, comme beaucoup de films au statut passé culte avec le temps. Un film qui sait proposer de vrais instants de poésie sans jamais cesser d’être inquiétant (on fleurte d’ailleurs avec le thriller psychologique), quoi qu’il en soit!

Pour aller plus loin (eng)!

https://www.imdb.com/title/tt0055830/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Nest: Court métrage (en plan séquence) représentatif de l’évolution du réalisateur, The Nest présente un body horror suggéré, verbeux, là où les anciens Cronenberg montraient l’horreur frontalement (sans pour autant négliger leur portée symbolique et leurs réflexions sur les sociétés humaines). L’intérêt de The Nest résidant aussi dans la potentielle inversion des rapports de force entre les deux personnages. Alors oui, ça marche sur une courte durée mais ça donne aussi des trucs très moches, comme Cosmopolis!

https://www.imdb.com/title/tt3831484/?ref_=fn_tt_tt_12

Découvertes: Torso (1973), Abattoir 5 (1972), Irrémédiable (2020)

Torso: Si Black Christmas est le premier slasher, alors Torso est un de ses plus beaux précurseurs. Tueur cagoulé, gros plans sur l’arme du crime (et sur le gant du tueur, giallo oblige), filles réfugiés dans un endroit isolé, passage sur le trauma du tueur, personnes les plus sexués qui meurent en premier, grosse louche d’érotisme et de voyeurisme, vue subjective, meurtres gores, « final girl », le contrat est rempli! Avec en prime une superbe mise en scène (à moins que ça ne soit les décors) et un twist final pas daubé du tout (la fin est de toute façon un grand moment de torture psychologique)! C’est pas beau la vie?

https://www.imdb.com/title/tt0069920/?ref_=nv_sr_srsg_0

Abattoir 5: Adapté du roman de Kurt Vonnegut (lui même rescapé de Dresde), Abattoir 5 est un film dont la narration déconstruite raconte la vie de Billy Pilgrim, soldat américain rescapé de la Seconde Guerre Mondiale et plus particulièrement des bombardements de Dresde…qui a le pouvoir de voyager dans le temps (dans le passé comme dans l’avenir). Gros point noir, le (trop) bon fond du personnage principal (et l’aspect comique de certaines scènes) est vraiment un frein à la crédibilité de ce film, finalement assez vide et dont le seul véritable intérêt est de développer sur un aspect méconnu de la dernière guerre… Dommage!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27065.html

Irrémédiable: Achevant une trilogie entamée avec Open 24H, El Practicante est l’exemple type du thriller psychologique où tout est cousu de fil blanc et vaut surtout sur la performance de son acteur principal, Mario Casa, plutôt convaincant! La fin, tombant comme un cheveu sur la soupe, finisant d’achever l’impression de gâchis et d’incohérence. Signalons quand même la présence de Déborah François, actrice prometteuse mais clairement pas ici en grande forme…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=278142.html

Découvertes: Underwater (2020), Mondwest (1973)

Underwater: Une overdose de bons sentiments et de déjà vu noyant un scénario qui aurait pu être prometteur, voilà comment résumer ce film, à mi chemin entre Abyss et Alien. Pourtant, ce n’est pas le premier « Alien like » à voir le jour, Life s’en était bien sorti en 2017 dans cette veine là. Oui, il faut bien reconnaître que Kristen Stewart se démène pour sauver ce naufrage en règle mais le film est bien trop frileux et brouillon, les personnages fades/niais/clichés, les FX décevants pour espérer trouver quelque chose de mémorable dans ce survival aquatique. Heureusement, le film est court et ne laisse donc pas trop cogiter. On sauvera éventuellement la photo et les lumières, qui sont plutôt belles quand les FX ne viennent pas tout dégueulasser…il y aurait même eu de quoi faire monter carrément la sauce en utilisant au mieux l’angoisse générée par l’obscurité des fonds marins mais bon… Aucune idée de comment ce film a pu atterrir dans ma liste de hard SF d’ailleurs, évidemment, cela n’en est pas. On reparlera de toute façon de son réal à l’occasion de The Signal (2014), en espérant que celui ci soit correct…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=254155.html

Mondwest: Je l’ai sous-entendu dans mon article « bilan 2020 », j’aime beaucoup la série Westworld, inspirée justement de ce Mondwest qui n’a pas à pâlir devant sa descendance. En effet, ce film pousse la réflexion technologique et le réalisme si loin que je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un des meilleurs films de SF que j’ai vu jusqu’à présent. A tel point que je me suis demandé si ce n’était pas une adaptation de roman. J’ai appris du même coup que le réal, Michael Crichton était justement écrivain de formation (il signera plus tard le roman Jurassic Park dont les similitudes avec Mondwest ne manquent pas). Mondwest est son premier film! Le postulat de la série est déjà posé ici: un parc d’attractions propose trois époques révolues aux « touristes »: l’époque romaine, l’époque médiévale ou celle de la conquète de l’Ouest (le seul conservé dans la série), dans lesquelles des robots à apparence humaine permettent de donner libre cours à toutes leurs envies. Je vous le donne en mille, les vacances de nos protagonistes (ici James Brollin et Richard Benjamin) ne vont pas se passer comme prévues, avec une rébellion des robots à la clé, menée par un Yul Brynner impeccable (ces noms ne vous disent peut être rien mais si je vous dis Amityville et Les Sept Mercenaires, vous devriez remettre). Bien sûr la réflexion philosophique (analyse des rapports de force homme/machine, qu’est ce qu’être humain ?, les robots peuvent ils avoir une conscience ?)…qui d’ailleurs s’avère être paradoxalement la faiblesse de la série (lui conférant un aspect verbeux assez vomitif par moments) n’est pas développée ici mais les prémisses sont là, en germe. Mondwest s’oriente donc plus vers le thriller technologique option action/western (même si on verra quand même les deux autres « mondes »), au début bercé d’un second degré appréciable…mais qui basculera vite dans une noirceur inédite pour l’époque. On voit également toute la partie logistique du parc et encore une fois l’aspect réaliste est franchement poussé (jusqu’aux vues pixelisées du robot Yul Brynner…Terminator avant l’heure). Le tout étant bien rythmé, porté par de bons acteurs et doté d’un scénario solide! A noter qu’il existe une suite: Les Rescapés du futur (1976) dans lequel on retrouvera Brynner puis une série Beyond Westworld (1980). Un film ambitieux, intelligent, avant gardiste…à voir d’urgence…et qui inspira bon nombres de films de SF après lui!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=56130.html

2020: films, séries, quel bilan?

Bon, on arrive à fin novembre, alors il serait peut être temps de faire le bilan films et séries de cette rocambolesque année 2020, qui aura pas mal perturbé nos habitudes de cinéphiles confirmés (cliquez sur les titres pour accéder aux trailers).

Pour commencer, 2020, c’est surtout The Lighthouse (oui, ok c’est sorti fin 2019 mais j’ai vu ça en 2020) de Robert Eggers qui vient détrôner directement dans ma petite DVDthèque The Call of Cthulhu (de la HP Lovecraft Historical Society, sorti en 2005) en terme d’excellent film d’épouvante à l’ancienne (amis d’expressionisme allemand, bonsoir!) largement inspiré par le maître de Providence. Et même si vous n’êtes pas un habitué de cet univers, il demeure un excellent huis clos fantastique et maladif mené par deux acteurs incroyables: Willem Dafoe et Robert Pattinson (qui ne cesse d’être honteusement boudé au fil des ans, le syndrôme Twilight, sans doute). Mais on reviendra très certainement sur ce film l’an prochain, donc patience! Eggers confirme en tout cas son statut de réal d’horreur/épouvante à suivre de près, après un The Witch solide (qu’il faudrait que je revois, d’ailleurs)… Bien plus enthousiasmant en tout cas que les films concepts chiantissimes de David Robert Mitchell ou encore l’ultra surestimé Jordan Peele (ça, c’est juste pour me faire des amis)…

Viennent ensuite les outsiders Drunk de Thomas Vinterberg (déjà chroniqué ici), The Gentlemen de Guy Ritchie et 1917 de Sam Mendes. Le second est une comédie d’action des très haute volée, au pitch intelligent , bien rythmée et évidemment bourrée d’humour grinçant qui fait mouche (et pourtant la comédie n’est pas un style que j’affectionne particulièrement). Le casting est au poil (Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Hugh Grant, Colin Farrel) et campe des personnages savoureux. Le retour de Guy Ritchie tant attendu? Quand à 1917, l’utilisation faite des plans séquences dans un contexte de guerre (notons que la Grande Guerre a été finalement peu portée à l’écran depuis les années 1970) donne des moments de tension magnifiques, qui manquaient finalement à un Dunquerke (pour rester dans les films de guerre récents), esthétiquement parfait mais souffrant de sacrés soucis de rythme! On pourra évidemment regretter un côté hollywoodien avéré (trop propre visuellement, pas assez réaliste), reproche attendu quand on s’attaque à un tel sujet mais l’efficacité et l’émotion sont tout de même au rendez vous le temps de cette mission périlleuse, ce qui est loin d’être le cas de tous les films de guerre sortis ces dernières années!

Les grandes déceptions de l’année sont évidemment, les reports l’an prochain de Dune, Conjuring 3 et Kaamelott, dont je me délectais à l’avance. Si je peux me démerder pour voir assez vite le dernier Noé (Lux Aeterna) ou le dernier Dupieux (Mandibules) par contre, ça serait cool car je suis très client de ces deux réal! Oui, il faut bien le reconnaître, c’est pas fou comme bilan mais 2020 n’a clairement pas été une année « normale », ni même une année où j’ai pu réellement me poser pour découvrir autant de films que voulu (malgré les confinements, votre hôte est bien occupé). Et comme les cinémas étaient fermés la plupart du temps, ça n’a fait que s’accentuer!

C’est même encore pire côté séries puisque la seule que j’ai continué à suivre cette année était The Boys (2019), plus par flemme de chercher autre chose (c’est pas comme si j’avais tout Twin Peaks, X-Files, Rome, Dark et Vikings à me refaire, Westworld et Berserk à finir, Mindhunter à découvrir et j’en passe). De toute façon, je ne suis pas très branché séries, l’exercice étant trop chronophage à mon goût et le choix trop fourni ces dernières décennies… The Boys donc, diffusé sur Amazon Prime, issu d’un comics de Garth Ennis, se laisse agréablement suivre, sans être un chef d’oeuvre (les ficelles sont parfois un peu grosses, les rebondissements prévisibles et on accuse des baisses de rythme tout au long des deux saisons actuelles). L’ironie avec laquelle est traitée le monde des super-héros (une thématique qui me gonfle puissamment, vous l’aurez bien compris, tellement elle est omniprésente ces dernières décennies) que combat notre troupe de losers bien humains, apporte pas mal de fraîcheur (même si visiblement le comics originel est bien plus trash). Certains personnages s’en sortent mieux que d’autres, le Protecteur en tête. Un cru acceptable quoi qu’il en soit, les soirs sans inspiration.

Outre The Boys, la première saison de la série d’anthologie Manhunt: Unabomber (2017) relatant la traque (s’étalant sur vingt ans) de Theodore « Unabomber » Kaczynski est LA bonne surprise de l’année. Même si la partie sur Jim Fitzgerald est majoritairement fictionnelle (il a joué un rôle mineur dans l’enquête et n’a jamais rencontré Unabomber), le portrait fait du célèbre terroriste technophobe est très ressemblant, pour m’être déjà penché sur son Manifeste par le passé (qui reste, vingt après sa publication, plus cohérent que 97% des niaiseries politiquement correctes des insupportables gauchistes de ce pays, ces prétendus anticapitalistes d’opérette) et l’enquête, aussi minutieuse qu’haletante, se révèle passionnante. Le ton et l’esthétique rappelleront évidemment Zodiac ou la série Mindhunter. Rajoutez à cela des personnages fouillés, terriblement humains (dans leurs moments de grâce comme dans leurs doutes les plus profonds), jamais manichéens et vous aurez une mini-série qui fait clairement partie de la crème des séries policières. Pour info, la deuxième saison (non visionnée) est centrée autour de l’affaire Richard Jewell (à laquelle Clint Eastwood a consacré un film…assez moyen cette année).

Autre claque en date: The Witcher (2019), qui, même sans connaître la saga littéraire originelle d’Andrzej Sapkowski et les opus vidéoludiques à l’époque, m’a bluffé en proposant un univers d’heroic-fantasy cohérent et assez conforme à ma représentation de la chose, le tout porté par des acteurs convaincants et malgré un budget limité! La série se permettant même de monter en intensité au fil des épisodes! On attend la suite avec impatience en tout cas!

Côté dégringolade, la cinquième saison de Black Mirror (2011) est venu confirmer l’agonie interminable d’une des meilleures séries SF depuis son rachat par Netflix (encore que la 3e saison offrait son lot de bons moments). C’est simple, je n’ai même pas osé entamer l’épisode final avec Miley Cyrus tellement le sentiment de trahison sous des litres de guimauve (un comble quand on se présente comme étant une des rares anthologies dystopiques du monde des séries) était présent… Quand je dis, que les séries, c’est comme les blagues, bien souvent les plus courtes sont les meilleures!

Question redécouvertes « vintage », je retiens surtout The Strangers (2016) et Akira (1988) à l’occasion de sa sortie en 4K, qui m’ont mis chacun une grosse mandale…même si je prends de de plus en plus mon pied à aller voir des thrillers coréens (The Chaser m’avait déjà bien marqué et Parasite est clairement pour moi un des thrillers les plus subtils jamais réalisés) et des animes « adultes » soigneusement sélectionnés (malgré mon désamour certain pour tout ce qui se rapproche des univers enfantins/adolescents). Dans les revisionnages, Vidéodrome (1983) est venu confirmer qu’il s’agissait sans doute de mon Cronenberg favori (malgré la concurrence rude de La Mouche, Dead Zone ou A History of violence). Le reste, vous le connaissez déjà…si vous suivez régulièrement ce blog!

Rendez vous l’an prochain avec j’espère un contexte moins orwellien…et un bilan bien plus fourni!

Drunk (2020)

Cet article est rédigé au retour de la séance et devant un petit verre de Manzana…pour des soucis de cohérence avec la thématique, bien sûr! Alors, avant de commencer, je l’avoue, de Vinterberg, je n’ai vu que La Chasse qui m’avait bien impressionné à l’époque. Alors, quand j’ai vu que le réal s’associait de nouveau avec Mads Mikkelsen, j’ai dit banco, je veux voir ce film (c’est pas comme si beaucoup de métrages me branchaient en cette période de couvre-feu)! Et…je ne regrette pas!

Si le film aborde la thématique de l’alcool, il n’est pas linéaire pour autant…grâce à une écriture parfaitement maîtrisée et des personnages bien campés par une troupe d’acteurs en grande forme (Mikkelsen, Bo Larsen, Millang, Ranthe, Bonnevie…quasi que des habitués de chez Vinterberg, d’ailleurs) qu’ils soient seuls ou avec une vie de famille, sobres ou éméchés. Les lycéens figurants apportent pas mal de fraîcheur (l’évolution du regard des protagonistes sur eux, passant des « petits cons nonchalants » aux « enfants qu’on aurait aimé avoir/espoirs de lendemains qui chantent » est très intéressant) et contrebalancent avec ces quarantaines en plein bilan, à deux doigts de la crise de nerfs. On rit beaucoup, Vinterberg maîtrise bien le ton, entre réalisme social et comédie plus légère…et puis, et puis le film prend un virage dramatique, de façon inattendue mais naturelle, là aussi avec beaucoup de justesse, sans jamais rentrer dans la pathos gratuit. Car oui, après l’ivresse, il y a toujours les lendemains difficiles, avec parfois des actes qu’on regrette…avant de remettre le couvert! Valentin des Chroniques du cinéphile parlait d’un film écrit sous forme de thèse-antithèse-synthèse, je crois qu’on ne peut pas mieux résumer Drunk alors je vais m’arrêter là…

Drunk est un film qui tour à tour fout la patate, émeut, pousse à la réflexion sur beaucoup de sujets universels. Bref, un échantillon de ce que devrait proposer le cinéma à chaque visionnage!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=275050.html

Cycle #2 et #3: La hard SF & les films de complots

Non, parce que bon, camper pendant plusieurs mois sur une seule thématique, en fait, c’est chiant (autant pour vous que pour moi), on va repenser la chose! Puisque « Genre! » parle aussi de SF et de thrillers, on va aussi se lancer parallèlement dans deux autres cycles jusqu’au printemps: un sur la hard SF, l’autre sur les « conspiracy thrillers » (thrillers basés sur la thématique du complot). Les thématiques vont donc se croiser, dans les podcasts et les articles, pour éviter une certaine monotonie et tenter de faire le tour de la question! Et comme il y a pas mal de classiques que je n’ai pas vu dans ces deux catégories, la rétrospective risque d’être fort intéressante! A bientôt!

Cycle hard SF: nous comblerons les lacunes en classiques avec Marooned, Le Mystère Andromède, Silent Running, 2010 L’Année du premier contact, Phase IV, Abattoir 5, mais également des films plus récents comme Primer, The Man from Earth, Europa Report, on analysera évidemment les oeuvres maitresses que sont 2001 Odyssée de l’espace, Interstellar et Moon,…

Cycle complots: là aussi beaucoup de classiques avec JFK, Ennemi d’état, Capricorn one, Les Hommes du président, Complots (bah oui!), Marathon man, Les Trois jours du Condor, Les Pleins pouvoirs, Conversation secrète, Le Fugitif, Klute, La Firme mais aussi du plus récent avec Snake Eyes, Raisons d’état, El Reino, on se permettra un ptit encart Hitchcock (bah oui quand même) et on se posera la question de l’influence et l’héritage qu’a laissé la série X-Files dans les films et séries modernes! On risque de déborder sur les « thrillers politiques » mais c’est le jeu, ma pauv’ dame!

(en gras les articles déjà publiés)