Découvertes: Torso (1973), Abattoir 5 (1972), Irrémédiable (2020)

Torso: Si Black Christmas est le premier slasher, alors Torso est un de ses plus beaux précurseurs. Tueur cagoulé, gros plans sur l’arme du crime (et sur le gant du tueur, giallo oblige), filles réfugiés dans un endroit isolé, passage sur le trauma du tueur, personnes les plus sexués qui meurent en premier, grosse louche d’érotisme et de voyeurisme, vue subjective, meurtres gores, « final girl », le contrat est rempli! Avec en prime une superbe mise en scène (à moins que ça ne soit les décors) et un twist final pas daubé du tout (la fin est de toute façon un grand moment de torture psychologique)! C’est pas beau la vie?

https://www.imdb.com/title/tt0069920/?ref_=nv_sr_srsg_0

Abattoir 5: Adapté du roman de Kurt Vonnegut (lui même rescapé de Dresde), Abattoir 5 est un film dont la narration déconstruite raconte la vie de Billy Pilgrim, soldat américain rescapé de la Seconde Guerre Mondiale et plus particulièrement des bombardements de Dresde…qui a le pouvoir de voyager dans le temps (dans le passé comme dans l’avenir). Gros point noir, le (trop) bon fond du personnage principal (et l’aspect comique de certaines scènes) est vraiment un frein à la crédibilité de ce film, finalement assez vide et dont le seul véritable intérêt est de développer sur un aspect méconnu de la dernière guerre… Dommage!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27065.html

Irrémédiable: Achevant une trilogie entamée avec Open 24H, El Practicante est l’exemple type du thriller psychologique où tout est cousu de fil blanc et vaut surtout sur la performance de son acteur principal, Mario Casa, plutôt convaincant! La fin, tombant comme un cheveu sur la soupe, finisant d’achever l’impression de gâchis et d’incohérence. Signalons quand même la présence de Déborah François, actrice prometteuse mais clairement pas ici en grande forme…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=278142.html

Découvertes: Underwater (2020), Mondwest (1973)

Underwater: Une overdose de bons sentiments et de déjà vu noyant un scénario qui aurait pu être prometteur, voilà comment résumer ce film, à mi chemin entre Abyss et Alien. Pourtant, ce n’est pas le premier « Alien like » à voir le jour, Life s’en était bien sorti en 2017 dans cette veine là. Oui, il faut bien reconnaître que Kristen Stewart se démène pour sauver ce naufrage en règle mais le film est bien trop frileux et brouillon, les personnages fades/niais/clichés, les FX décevants pour espérer trouver quelque chose de mémorable dans ce survival aquatique. Heureusement, le film est court et ne laisse donc pas trop cogiter. On sauvera éventuellement la photo et les lumières, qui sont plutôt belles quand les FX ne viennent pas tout dégueulasser…il y aurait même eu de quoi faire monter carrément la sauce en utilisant au mieux l’angoisse générée par l’obscurité des fonds marins mais bon… Aucune idée de comment ce film a pu atterrir dans ma liste de hard SF d’ailleurs, évidemment, cela n’en est pas. On reparlera de toute façon de son réal à l’occasion de The Signal (2014), en espérant que celui ci soit correct…

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Mondwest: Je l’ai sous-entendu dans mon article « bilan 2020 », j’aime beaucoup la série Westworld, inspirée justement de ce Mondwest qui n’a pas à pâlir devant sa descendance. En effet, ce film pousse la réflexion technologique et le réalisme si loin que je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un des meilleurs films de SF que j’ai vu jusqu’à présent. A tel point que je me suis demandé si ce n’était pas une adaptation de roman. J’ai appris du même coup que le réal, Michael Crichton était justement écrivain de formation (il signera plus tard le roman Jurassic Park dont les similitudes avec Mondwest ne manquent pas). Mondwest est son premier film! Le postulat de la série est déjà posé ici: un parc d’attractions propose trois époques révolues aux « touristes »: l’époque romaine, l’époque médiévale ou celle de la conquète de l’Ouest (le seul conservé dans la série), dans lesquelles des robots à apparence humaine permettent de donner libre cours à toutes leurs envies. Je vous le donne en mille, les vacances de nos protagonistes (ici James Brollin et Richard Benjamin) ne vont pas se passer comme prévues, avec une rébellion des robots à la clé, menée par un Yul Brynner impeccable (ces noms ne vous disent peut être rien mais si je vous dis Amityville et Les Sept Mercenaires, vous devriez remettre). Bien sûr la réflexion philosophique (analyse des rapports de force homme/machine, qu’est ce qu’être humain ?, les robots peuvent ils avoir une conscience ?)…qui d’ailleurs s’avère être paradoxalement la faiblesse de la série (lui conférant un aspect verbeux assez vomitif par moments) n’est pas développée ici mais les prémisses sont là, en germe. Mondwest s’oriente donc plus vers le thriller technologique option action/western (même si on verra quand même les deux autres « mondes »), au début bercé d’un second degré appréciable…mais qui basculera vite dans une noirceur inédite pour l’époque. On voit également toute la partie logistique du parc et encore une fois l’aspect réaliste est franchement poussé (jusqu’aux vues pixelisées du robot Yul Brynner…Terminator avant l’heure). Le tout étant bien rythmé, porté par de bons acteurs et doté d’un scénario solide! A noter qu’il existe une suite: Les Rescapés du futur (1976) dans lequel on retrouvera Brynner puis une série Beyond Westworld (1980). Un film ambitieux, intelligent, avant gardiste…à voir d’urgence…et qui inspira bon nombres de films de SF après lui!

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2020: films, séries, quel bilan?

Bon, on arrive à fin novembre, alors il serait peut être temps de faire le bilan films et séries de cette rocambolesque année 2020, qui aura pas mal perturbé nos habitudes de cinéphiles confirmés (cliquez sur les titres pour accéder aux trailers).

Pour commencer, 2020, c’est surtout The Lighthouse (oui, ok c’est sorti fin 2019 mais j’ai vu ça en 2020) de Robert Eggers qui vient détrôner directement dans ma petite DVDthèque The Call of Cthulhu (de la HP Lovecraft Historical Society, sorti en 2005) en terme d’excellent film d’épouvante à l’ancienne (amis d’expressionisme allemand, bonsoir!) largement inspiré par le maître de Providence. Et même si vous n’êtes pas un habitué de cet univers, il demeure un excellent huis clos fantastique et maladif mené par deux acteurs incroyables: Willem Dafoe et Robert Pattinson (qui ne cesse d’être honteusement boudé au fil des ans, le syndrôme Twilight, sans doute). Mais on reviendra très certainement sur ce film l’an prochain, donc patience! Eggers confirme en tout cas son statut de réal d’horreur/épouvante à suivre de près, après un The Witch solide (qu’il faudrait que je revois, d’ailleurs)… Bien plus enthousiasmant en tout cas que les films concepts chiantissimes de David Robert Mitchell ou encore l’ultra surestimé Jordan Peele (ça, c’est juste pour me faire des amis)…

Viennent ensuite les outsiders Drunk de Thomas Vinterberg (déjà chroniqué ici), The Gentlemen de Guy Ritchie et 1917 de Sam Mendes. Le second est une comédie d’action des très haute volée, au pitch intelligent , bien rythmée et évidemment bourrée d’humour grinçant qui fait mouche (et pourtant la comédie n’est pas un style que j’affectionne particulièrement). Le casting est au poil (Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Hugh Grant, Colin Farrel) et campe des personnages savoureux. Le retour de Guy Ritchie tant attendu? Quand à 1917, l’utilisation faite des plans séquences dans un contexte de guerre (notons que la Grande Guerre a été finalement peu portée à l’écran depuis les années 1970) donne des moments de tension magnifiques, qui manquaient finalement à un Dunquerke (pour rester dans les films de guerre récents), esthétiquement parfait mais souffrant de sacrés soucis de rythme! On pourra évidemment regretter un côté hollywoodien avéré (trop propre visuellement, pas assez réaliste), reproche attendu quand on s’attaque à un tel sujet mais l’efficacité et l’émotion sont tout de même au rendez vous le temps de cette mission périlleuse, ce qui est loin d’être le cas de tous les films de guerre sortis ces dernières années!

Les grandes déceptions de l’année sont évidemment, les reports l’an prochain de Dune, Conjuring 3 et Kaamelott, dont je me délectais à l’avance. Si je peux me démerder pour voir assez vite le dernier Noé (Lux Aeterna) ou le dernier Dupieux (Mandibules) par contre, ça serait cool car je suis très client de ces deux réal! Oui, il faut bien le reconnaître, c’est pas fou comme bilan mais 2020 n’a clairement pas été une année « normale », ni même une année où j’ai pu réellement me poser pour découvrir autant de films que voulu (malgré les confinements, votre hôte est bien occupé). Et comme les cinémas étaient fermés la plupart du temps, ça n’a fait que s’accentuer!

C’est même encore pire côté séries puisque la seule que j’ai continué à suivre cette année était The Boys (2019), plus par flemme de chercher autre chose (c’est pas comme si j’avais tout Twin Peaks, X-Files, Rome, Dark et Vikings à me refaire, Westworld et Berserk à finir, Mindhunter à découvrir et j’en passe). De toute façon, je ne suis pas très branché séries, l’exercice étant trop chronophage à mon goût et le choix trop fourni ces dernières décennies… The Boys donc, diffusé sur Amazon Prime, issu d’un comics de Garth Ennis, se laisse agréablement suivre, sans être un chef d’oeuvre (les ficelles sont parfois un peu grosses, les rebondissements prévisibles et on accuse des baisses de rythme tout au long des deux saisons actuelles). L’ironie avec laquelle est traitée le monde des super-héros (une thématique qui me gonfle puissamment, vous l’aurez bien compris, tellement elle est omniprésente ces dernières décennies) que combat notre troupe de losers bien humains, apporte pas mal de fraîcheur (même si visiblement le comics originel est bien plus trash). Certains personnages s’en sortent mieux que d’autres, le Protecteur en tête. Un cru acceptable quoi qu’il en soit, les soirs sans inspiration.

Outre The Boys, la première saison de la série d’anthologie Manhunt: Unabomber (2017) relatant la traque (s’étalant sur vingt ans) de Theodore « Unabomber » Kaczynski est LA bonne surprise de l’année. Même si la partie sur Jim Fitzgerald est majoritairement fictionnelle (il a joué un rôle mineur dans l’enquête et n’a jamais rencontré Unabomber), le portrait fait du célèbre terroriste technophobe est très ressemblant, pour m’être déjà penché sur son Manifeste par le passé (qui reste, vingt après sa publication, plus cohérent que 97% des niaiseries politiquement correctes des insupportables gauchistes de ce pays, ces prétendus anticapitalistes d’opérette) et l’enquête, aussi minutieuse qu’haletante, se révèle passionnante. Le ton et l’esthétique rappelleront évidemment Zodiac ou la série Mindhunter. Rajoutez à cela des personnages fouillés, terriblement humains (dans leurs moments de grâce comme dans leurs doutes les plus profonds), jamais manichéens et vous aurez une mini-série qui fait clairement partie de la crème des séries policières. Pour info, la deuxième saison (non visionnée) est centrée autour de l’affaire Richard Jewell (à laquelle Clint Eastwood a consacré un film…assez moyen cette année).

Autre claque en date: The Witcher (2019), qui, même sans connaître la saga littéraire originelle d’Andrzej Sapkowski et les opus vidéoludiques à l’époque, m’a bluffé en proposant un univers d’heroic-fantasy cohérent et assez conforme à ma représentation de la chose, le tout porté par des acteurs convaincants et malgré un budget limité! La série se permettant même de monter en intensité au fil des épisodes! On attend la suite avec impatience en tout cas!

Côté dégringolade, la cinquième saison de Black Mirror (2011) est venu confirmer l’agonie interminable d’une des meilleures séries SF depuis son rachat par Netflix (encore que la 3e saison offrait son lot de bons moments). C’est simple, je n’ai même pas osé entamer l’épisode final avec Miley Cyrus tellement le sentiment de trahison sous des litres de guimauve (un comble quand on se présente comme étant une des rares anthologies dystopiques du monde des séries) était présent… Quand je dis, que les séries, c’est comme les blagues, bien souvent les plus courtes sont les meilleures!

Question redécouvertes « vintage », je retiens surtout The Strangers (2016) et Akira (1988) à l’occasion de sa sortie en 4K, qui m’ont mis chacun une grosse mandale…même si je prends de de plus en plus mon pied à aller voir des thrillers coréens (The Chaser m’avait déjà bien marqué et Parasite est clairement pour moi un des thrillers les plus subtils jamais réalisés) et des animes « adultes » soigneusement sélectionnés (malgré mon désamour certain pour tout ce qui se rapproche des univers enfantins/adolescents). Dans les revisionnages, Vidéodrome (1983) est venu confirmer qu’il s’agissait sans doute de mon Cronenberg favori (malgré la concurrence rude de La Mouche, Dead Zone ou A History of violence). Le reste, vous le connaissez déjà…si vous suivez régulièrement ce blog!

Rendez vous l’an prochain avec j’espère un contexte moins orwellien…et un bilan bien plus fourni!

Drunk (2020)

Cet article est rédigé au retour de la séance et devant un petit verre de Manzana…pour des soucis de cohérence avec la thématique, bien sûr! Alors, avant de commencer, je l’avoue, de Vinterberg, je n’ai vu que La Chasse qui m’avait bien impressionné à l’époque. Alors, quand j’ai vu que le réal s’associait de nouveau avec Mads Mikkelsen, j’ai dit banco, je veux voir ce film (c’est pas comme si beaucoup de métrages me branchaient en cette période de couvre-feu)! Et…je ne regrette pas!

Si le film aborde la thématique de l’alcool, il n’est pas linéaire pour autant…grâce à une écriture parfaitement maîtrisée et des personnages bien campés par une troupe d’acteurs en grande forme (Mikkelsen, Bo Larsen, Millang, Ranthe, Bonnevie…quasi que des habitués de chez Vinterberg, d’ailleurs) qu’ils soient seuls ou avec une vie de famille, sobres ou éméchés. Les lycéens figurants apportent pas mal de fraîcheur (l’évolution du regard des protagonistes sur eux, passant des « petits cons nonchalants » aux « enfants qu’on aurait aimé avoir/espoirs de lendemains qui chantent » est très intéressant) et contrebalancent avec ces quarantaines en plein bilan, à deux doigts de la crise de nerfs. On rit beaucoup, Vinterberg maîtrise bien le ton, entre réalisme social et comédie plus légère…et puis, et puis le film prend un virage dramatique, de façon inattendue mais naturelle, là aussi avec beaucoup de justesse, sans jamais rentrer dans la pathos gratuit. Car oui, après l’ivresse, il y a toujours les lendemains difficiles, avec parfois des actes qu’on regrette…avant de remettre le couvert! Valentin des Chroniques du cinéphile parlait d’un film écrit sous forme de thèse-antithèse-synthèse, je crois qu’on ne peut pas mieux résumer Drunk alors je vais m’arrêter là…

Drunk est un film qui tour à tour fout la patate, émeut, pousse à la réflexion sur beaucoup de sujets universels. Bref, un échantillon de ce que devrait proposer le cinéma à chaque visionnage!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=275050.html

Cycle #2 et #3: La hard SF & les films de complots

Non, parce que bon, camper pendant plusieurs mois sur une seule thématique, en fait, c’est chiant (autant pour vous que pour moi), on va repenser la chose! Puisque « Genre! » parle aussi de SF et de thrillers, on va aussi se lancer parallèlement dans deux autres cycles jusqu’au printemps: un sur la hard SF, l’autre sur les « conspiracy thrillers » (thrillers basés sur la thématique du complot). Les thématiques vont donc se croiser, dans les podcasts et les articles, pour éviter une certaine monotonie et tenter de faire le tour de la question! Et comme il y a pas mal de classiques que je n’ai pas vu dans ces deux catégories, la rétrospective risque d’être fort intéressante! A bientôt!

Cycle hard SF: nous comblerons les lacunes en classiques avec Marooned, Le Mystère Andromède, Silent Running, 2010 L’Année du premier contact, Phase IV, Abattoir 5, mais également des films plus récents comme Primer, The Man from Earth, Europa Report, on analysera évidemment les oeuvres maitresses que sont 2001 Odyssée de l’espace, Interstellar et Moon,…

Cycle complots: là aussi beaucoup de classiques avec JFK, Ennemi d’état, Capricorn one, Les Hommes du président, Complots (bah oui!), Marathon man, Les Trois jours du Condor, Les Pleins pouvoirs, Conversation secrète, Le Fugitif, Klute, La Firme mais aussi du plus récent avec Snake Eyes, Raisons d’état, El Reino, on se permettra un ptit encart Hitchcock (bah oui quand même) et on se posera la question de l’influence et l’héritage qu’a laissé la série X-Files dans les films et séries modernes! On risque de déborder sur les « thrillers politiques » mais c’est le jeu, ma pauv’ dame!

(en gras les articles déjà publiés)

Cycle #1: Films de zombies

Pour inaugurer ce podcast et ce blog, j’ai choisi, sans trop d’originalité je l’avoue, de commencer par la figure emblématique actuelle du zombie. Je vous explique brièvement le concept: tous les deux mois, on part sur un cycle thématique dont parleront à la fois les articles de ce blog et les émissions à venir, l’occasion de (re)découvrir classiques et films favoris et surtout de partager ça avec vous!

Au menu donc de ce mois d’octobre et novembre 2020, on comblera des lacunes question classiques avec Le Jour des morts vivants, Vaudou, Dead of night, Le Retour des morts vivants, La Nuit des morts vivants (le remake de Savini), Les Raisins de la mort, en passant par Black Sheep et quelques autres comédies horrifiques, on parlera des chefs d’oeuvre/réalisateurs méconnus que sont Dellamorte Dellamore, Le Massacre des morts vivants, I Zombie, Amando de Ossorio, Lucio Fulci,… (en gras les articles déjà publiés)

Bref, on a du pain sur la planche, les amis et on risque très certainement de déborder de la deadline! A très bientôt!

Critique de Blood Machines (2020)

Etant fan de synthwave et à plus forte raison de darksynth, ce moyen métrage était forcément un passage obligé pour moi. Mais aussi relativement casse gueule pour la team Ickerman vu son ambition de départ

Première séance post confinement pour votre hôte (non, c’était pas Tenet, j’ai menti), masque vissé sur le nez, ne sachant pas trop à quoi m’attendre (n’ayant pas assisté aux « étapes » du projet, depuis son financement particpatif), les conditions optimales n’étaient pas vraiment réunies pour apprécier Blood Machines, autant être clair! Et pourtant…

  • Véritable point fort du métrage, le visuel cyberpunk est spectaculaire sans être kitsch (à la croisée entre un Jodorowski et Metal Hurlant, si je dois me lancer dans des comparaisons), d’autant plus quand on comprend dans le making of qu’il est le résultat de divers effets/techniques et que les décors de base doivent beaucoup à l’ingéniosité des réal qui ont fait avec les moyens du bord!
  • Question scénar, on reste dans la lignée de « Turbo Killer » (les vaisseaux remplaçant ici les voitures) avec des figures féminines mises en avant (j’ai vu que certains commentateurs parlaient de film féministe…ou à l’inverse de « beauferies » prétextes à reluquer des corps dénudés, ce n’est clairement pas mon ressenti), des archétypes typiquement bis (pour répondre justement à la polémique juste avant), de la violence, des vaisseaux qui passent le mur du son, du surnaturel, des lumières fluo dans le pur cliché rétrowave, un brin de symbolisme,… Le film a d’ailleurs été annoncé comme un « cosmic opera ». Tout à fait le genre d’univers auquel on peut s’attendre quand on connaît un peu Carpenter Brut, au final. Ca reste parfois flou, mais honnêtement, je ne trouve pas ça si gênant. Blood Machines est à mon sens plus une expérience sensorielle qu’un pur récit délivrant un message social ou politique (même si, à mon sens, Blood Machines en délivre un, plus subtil). Personnellement, j’en ai un peu ma claque de lire systématiquement des réactions de pisse-froids hystériques…pour une fois que des réal essayent d’expérimenter hors du champ politique et pas de se plier au « cahier des charges » (trop souvent) politiquement correct pour faire plaisir aux crétins du dessus et autres communautés toxiques (qui n’ont visiblement pas bien compris l’intérêt subversif du cinéma de genre ni la finalité liberticide du jeu auquel ils s’adonnent)…
  • Si la crainte de voir un « long » clip de Carpenter Brut pointe le nez au début, ou du moins de voir un visuel qui ne servirait qu’une musique, elle s’efface très vite. Et à vrai dire, j’ai été assez peu attentif à la BO de Carpenter Brut tout au long de ses 50 minutes, tant le reste du film est accrocheur… Qu’on se comprenne bien, dans ma bouche, ça veut dire qu’elle colle parfaitement avec son sujet!
  • Pour ma part totalement inconnus, je trouve que les acteurs s’en sortent plutôt bien…j’ai découvert d’ailleurs à l’occasion de cet article que la plupart avait déjà une petite expérience dans le domaine…
  • Le making-of est clairement un plus à regarder. On y perçoit mieux les idées de départ, l’état d’esprit de l’équipe, l’ambition et la volonté de fer qu’il faut pour se lancer dans ce genre de projets, les grandes thématiques, etc.

Pour moi, Blood Machines est clairement un défi réussi, si jamais ce n’était pas assez clair! Sans être un chef d’oeuvre, c’est un moyen métrage frais (pour peu qu’on ne soit pas saturé par les multiples réf’ aux 80’s qui pullulent ces derniers temps), osé et enthousiasmant!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=277243.html

Critique de Tenet (2020)

Christopher Nolan étant un de mes réal favoris de ces dernières années, cette première moitié d’année 2020 étant également bien terne pour cause de Covid (dont je retiens surtout The Gentlemen de Guy Ritchie et 1917 de Sam Mendes), je me suis dit qu’il était quand même nécessaire de parler de LA grosse sortie de cette rentrée 2020

Alors, autant vous le dire tout de suite, j’aime beaucoup Inception…mais je trouve qu’il manque quelque chose à ce film pour le rendre parfait. Je n’ai jamais su mettre un mot sur cet élément manquant mais je crois que Tenet m’y a beaucoup aidé. On critique beaucoup Nolan (à raison) sur sa surintellectualisation, sa manie bien à lui de complexifier parfois inutilement des scénarios pourtant simples. Personnellement, je trouve Memento irregardable. Enfin, non, plus exactement, il est extrêmement pénible. Son concept est puissant mais la narration vient rajouter une lourdeur absolument affreuse. Son seul film ayant réellement passé le test pour moi est Interstellar, mais bon, je suis un fan de 2001, Odyssée de l’espace, donc je ne pense pas être objectif sur le sujet. Tout ça pour dire que le Monsieur n’est pas manchot, il sait filmer, il sait trouver de bons concepts qui tiennent en haleine sur la longueur mais bon, c’est plus fort que lui, Christopher en fait des caisses. Oui mais alors quel rapport avec l’élement manquant? J’y viens…

Disons le d’emblée, le gros souci de Tenet, c’est d’avoir de bonnes idées mais de ne pas avoir su rendre les intégrer dans un ensemble limpide, cohérent, crédible. Un sérieux manque de liant, en somme, comme si le réalisateur partait en roue libre et décidait de filmer des scènes à l’envers pour son propre plaisir, sans se soucier de la réception de son film! Avec le recul, Inception souffre des mêmes incohérences mais son concept était suffisamment novateur pour les masquer. Après donc un Dunkerque sympathique mais que je trouve franchement peu mémorable, Tenet se vautre donc sur beaucoup d’aspects…

  • Les personnages souffrent de beaucoup de défauts, certains sont clichés voir inutiles (mention spéciale à Kat campée pourtant par Elizabeth Debicki, je n’avais pas vu depuis longtemps de personnages féminins tenant autant sur une dynamique de passivité/victimisation) et du coup fatalement, on se fout pas mal de leurs dilemmes et ce qui peut leur arriver! Ce sont les seconds rôles qui s’en sortent le mieux, comme celui joué par Pattinson. Un comble!
  • La manie que prend Nolan tout au long du film à expliquer aux spectateurs son propre concept de temporalité est juste insupportable sur la dernière demie heure (quitte à remontrer des scènes à l’endroit/envers au cas où), voire totalement débile. On a compris ton délire Christopher, on est pas totalement con!
  • Personnellement, je n’ai toujours pas compris à quoi servait la scène (pourtant impressionnante) de l’intro dans le théâtre (si vous l’avez, un petit MP est de rigueur). Et cette désagréable impression de contempler des scènes parfaitement inutiles pour la compréhension du récit revient plusieurs fois tout au long du film!
  • Un net souci de rythme, une bonne demie heure de film est en trop pour moi…ce qui commence à faire beaucoup, cumulé aux autres défauts du film…
  • Même si Nolan semble jouer à chat perché avec son « paradoxe du grand père » (on t’a vu venir, filou), je suis certain que si on veut relever de grosses incohérences scénaristiques/conceptuelles, on le peut aisément avec un seul revisionnage!

Malgré tout ça, Tenet n’est pas fondamentalement un mauvais film, il est juste à voir comme un film d’action/espionage aux scènes spectaculaires, esthétiquement très belles, sans se questionner sur la cohérence de ses concepts. Sur le plan narratif et de pure « science fiction », il est sans doute le pire film de Nolan depuis un bail, une synthèse de ses défauts que même le plus hardcore des fans aura du mal à défendre. S’inspirer du « carré Sator » était décidement risqué, même pour un spécialiste des thématiques temporelles…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=251315.html