Découvertes en salles: The Northman (2022), Crimes of the future (2022), The Batman (2022)

Place maintenant aux sorties en salles de cette année (d’ailleurs relativement pauvre en sorties jusqu’à présent)!

The Northman: Eggers, qui nous a régalé auparavant avec The Witch et surtout The Lighthouse, véritable chef d’oeuvre méconnu lovecraftien à souhait, va-t-il réussir la passe de trois? Avec The Northman, on change un peu de registre pour une quête de vengeance, à mi chemin entre mythologie nordique, fable fantastique et tragédie shakespearienne (la légende scandinave d’Amleth ayant inspiré l’écrivain anglais). Visuellement et au niveau de la mise en scène la patte Eggers est bien présente, les décors irlandais faisant le travail par ailleurs: c’est impressionnant sans être too much et pourtant, les films surfant entre mythologie et fantastique sont beaucoup à pêcher de ce côté là. Ici, pas de huis clos mais bien un périple à ciel ouvert dans un monde sombre et violent. Les acteurs (Skarsgård, Kidman, Taylor-Joy, Dafoe, Hawke, Bang, on a même le plaisir de retrouver Björk dans un petit rôle), dont certains sont des habitués du réalisateur, sont très bons. L’histoire, véritable conte sur le destin, l’amour et la vengeance, tient en haleine tout le long de ses deux heures et quelques, notamment grâce à des petits twists bien placés. Les éléments païens sont traités avec respect et pas juste accessoires, c’est tellement inhabituel que c’est à noter. Le mélange des genres est lui aussi efficace, entre la série Vikings, Conan le Barbare, Valhalla Rising et The Tragedy of Macbeth. Clairement le meilleur film vu cette année en salles jusqu’à présent, malgré quelques faiblesses (univers assez manichéen et finalement peu humanisant). Voilà le genre de films qui mérite un visionnage dans les salles obscures, voilà le genre de cinéma indépendant qu’il est important de soutenir! Robert Eggers confirme donc qu’il est un réal prometteur à suivre de très près (il prépare d’ailleurs un remake du légendaire Nosferatu) dans la catégorie « elevated horror », aux côtés d’Ari Aster et surtout très loin devant les surestimés Jordan Peele, David Robert Mitchell et autres Julia Ducourneau (dont on parlera bientôt du grotesque Titane, parce qu’il est nécessaire de rire de ces insupportables chevaliers blancs en fauteuil roulant).

https://www.imdb.com/title/tt11138512/?ref_=nv_sr_srsg_0

Crimes of the future: Cronenberg au cinéma, c’est toujours un petit évènement, surtout au vu de la bande-annonce qui annonçait (enfin!) un retour au body horror qui l’a rendu célèbre (et qu’il boudait depuis près de 20 ans). Cosmopolis restant pour moi une des expériences cinématographiques la plus ennuyeuse de ma vie de cinéphile et le seul film du canadien vu en salles, autant vous dire que je n’étais pas spécialement serein pour autant. Effectivement, le retour à la new flesh frontale ravira les fans de longue date et particulièrement à ceux ayant apprécié Faux Semblants, Crash et Existenz: c’est sulfureux, provoquant et fascinant à la fois, le monde dépeint est glauque est possible (on soupçonnera même un clin d’oeil taquin au foutage de gueule intégral que sont les performances d’art moderne) et H.R. Giger lui même aurait été fier du résultat! Mais…car il y a un gros mais, passée la première demie heure, l’idée principale est bien mal exploitée et ne suffit pas à intéresser sur la durée. Comme les derniers films du réalisateurs, Crimes of the future (aucun lien particulier avec son second long métrage du même titre) passe vite pour un film mal rythmé, lourd et verbeux, où le spectateur passera son temps à essayer de comprendre le pourquoi du comment (à moins que ça ne soit Cronenberg lui même qui ne sait pas quelle direction prendre), d’autant plus que les thématiques font un peu redite face à ses aînés… Reste les acteurs principaux qui s’en sortent honorablement (on aurait aimé voir Kristen Stewart un peu plus à l’écran) et une réflexion à la fois sur ce que ce triste monde moderne laissera aux générations futures comme celle du canadien sur sa propre oeuvre. Un film bien mitigé donc, avec un soupçon de fan service!

https://www.imdb.com/title/tt14549466/?ref_=fn_al_tt_1

The Batman: Autant le reboot sombre de Nolan était raccord avec ses thématiques et ses personnages, autant ici cette énième adaptation est un parfait reflet du cinéma de divertissement actuel: quelque chose de moyen, suffisamment bon pour ne pas avoir envie de zapper, assez médiocre pour l’oublier une fois consommé ! Bruce Wayne y ressemble à un cliché de vieil émo torturé sur le retour (et je te mets Nirvana en fond histoire de bien te le faire comprendre), le personnage de Catwoman ne sert strictement à rien et de toute façon Zoë Kravitz la joue comme un pied, leur « romance » est d’ailleurs totalement invraisemblable. Et ça ce n’est qu’une partie du problème… C’est simple, je crois qu’à part le visuel à tomber de Gotham, il n’y a rien à sauver ici: trop peu de vilains (Colin Farrell y incarne un Pingouin totalement anecdotique), des faiblesses d’écriture énormes, des personnages peu développés et caricaturaux, des incohérences à la pelle, du wokisme parce que c’est à la mode, une OST insupportable,… Que sont allés faire Robert Pattinson, Jeffrey Wright et Paul Dano dans cette galère? Et en même temps, quelle idée de vouloir repartir dans une veine aussi proche de celle de Nolan avec une telle coquille vide (je dois bien avouer qu’au moment d’écrire ces lignes, je n’ai que peu de souvenirs précis de cette histoire simpliste qui se prétend thriller). Enfin quand on voit l’enthousiasme béat avec lequel ce film a été accueilli on se dit que l’infâme MCU et consorts ont encore hélas de très beaux jours devant eux…

https://www.imdb.com/title/tt1877830/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes express et revisionnage: la trilogie Batman de Christopher Nolan (Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises)

Toujours aussi peu de temps à consacrer à ce blog mais ma foi, on s’accroche! Petit plaisir de printemps avec une des (très) rares franchises de super-héros qui me parlent, en attendant la chronique de The Batman (2022) !

Batman Begins (2005): Malgré le casting cinq étoiles (Bale, Neeson, le tiercé gagnant Caine/Freeman/Oldman, Holmes, Hauer, Murphy,…) et un univers aussi lèché visuellement que dramatiquement sombre/épique (merci les décors anglais et la musique d’Hans Zimmer), ce premier opus ne parvient pas à masquer un certain nombre de faiblesses (romance bidon, film globalement pauvre en vilains, perso peu fouillés, facilités scénaristiques, tout ça me rappelle le gros point noir des James Bond) et de petites baisses de rythmes que l’on mettra sur le compte du scénario (co-écrit avec David S. Goyer à qui l’on doit ceux de Blade, Dark City et The Crow: La Cité des Anges, autant dire pas un petit joueur question univers ténébreux) qui s’attache à redéfinir toute la mythologie du Chevalier Noir (notamment ses liens avec Ra’s al Ghul) à partir de ses origines… Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est au moins aussi mémorable que le diptyque de Tim Burton et ça permet d’oublier les horreurs signées Schumacher, ce qui n’est pas rien!

https://www.imdb.com/title/tt0372784/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Dark Knight (2008, revisionnage): Bien qu’il soit sensiblement meilleur dans mes souvenirs, The Dark Knight marque évidemment les esprits pour la prestation mémorable du duo de vilains incarnés par Heath Ledger (dont ce sera hélas le dernier rôle)/Aaron Eckhart (au point d’éclipser totalement notre homme chauve-souris), son scénario bien ficellé et une tonalité nihiliste jamais vu dans un film de super-héros (et si comme moi vous préférez ce ton adulte, jetez vous sur des univers comme ceux de Sin City, The Crow, Robocop, Watchmen, Blade, Constantine, Spawn, The Punisher,…). Par contre, on se demande vraiment comment la fadasse Maggie Gyllenhaal a pu être embauchée sur le projet (elle réussit à faire pire que Holmes, c’est pas rien!)… Clairement l’opus le plus solide et le plus osé du reboot de Nolan (il faut dire qu’ici les personnages sont développés et le montage maîtrisé), alors inutile d’en dire plus!

https://www.imdb.com/title/tt0468569/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Dark Knight Rises (2012): Episode final qui, une fois de plus, malgré son casting impressionnant (les excellents Hardy et Hathaway qui auraient mérité un meilleur traitement de leurs personnages, Cotillard, Temple, Gordon-Levitt,…) et de bons twists, sombre dans de fâcheuses invraisemblances scénaristiques (inutile de les citer, elles sont légion) qui tendent à contrebalancer le reste… Ca reste plus haletant que Batman Begins mais, à l’image de beaucoup trop de films de Nolan, cela prouve surtout que trop miser sur un concept et le visuel (surtout avec ce Gotham là plus proche de Manhattan que de Chicago) ne suffisent pas pour clouer le spectateur à son siège pendant plus de deux heures! Il n’en reste pas moins que Christopher Nolan achève ici ce qui se fait de mieux dans les sagas de super-héros qui ne confondent pas blockbusters taillés pour les salles et divertissements débiles (coucou le MCU et ses fanboys insupportables!).

https://www.imdb.com/title/tt1345836/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes express: Coherence (2013), Vampires en toute intimité (2014), Massacre à la tronçonneuse (2003)

Coherence: Sorte de Primer sans le côté too much, thriller intimiste et intelligent nappé d’une bonne dose de hard SF, Coherence réussit à insuffler une ambiance paranoïaque et anxiogène avec peu de moyens (budget de 50 000 dollars) mais un synopsis simple et percutant (un groupe d’amis de longue date se retrouve pour un repas alors qu’une comète passant dans le coin est potentiellement à l’origine d’une panne électrique générale). Introduisant la théorie du chat de Schrödinger et donc la présence d’univers parallèles/doubles comme son successeur plus connu, montrant peu de choses mais suggérant beaucoup (on est pas pris inutilement par la main comme dans Tenet donc), ce quasi huis clos dissèque également la question des relations sociales, des microcosmes face à un danger inconnu. Une bien belle découverte sur des sujets quantiques suggérée par Intercut (qui a bien grandi depuis et que je ne vous recommanderai jamais assez)!

https://www.imdb.com/title/tt2866360/?ref_=fn_al_tt_1

Vampires en toute intimité: Mockumentaire très drôle (je n’ai pas le souvenir d’avoir autant reniflé devant un film depuis un bon bout de temps) de/avec Taika Waititi sur un clan de vampires vivant en collocation, Vampires en toute intimité vaut assurément le coup d’oeil. Vraiment bien dosé, si les moments de malaise succulents de The Office, C’est arrivé près de chez vous ou d’un bon vieux Borat des familles, que les équipes de losers magnifiques vous parlent, jetez vous y dessus sans hésiter! A noter que la VF du film (visiblement controversée) est assurée par Astier, Salomone, Testot, Nicolas et Bruno et qu’il existe une série du même nom sur le même univers (dont Waititi est d’ailleurs producteur).

https://www.imdb.com/title/tt3416742/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse (remake/reboot): Remake que je voulais voir depuis longtemps au vu de sa réputation et qui se laisse agréablement regarder, ce cinquième opus de la saga maudite (une de plus!) prend évidemment des libertés avec le modèle originel tout en conservant son côté glauque et poisseux qui faisait tout son sel (même si on est ici dans une frontalité assez assumée façon Aja avec La Colline a des yeux). On évite donc une repompe génante et inutile de la scène du repas (exemple pris au hasard) puisque Marcus Nispel semble avoir compris l’essence même de TCM et prend bien son temps pour installer ses personnages, ses ambiances et surtout son visuel. Cela fait vraiment plaisir, tellement cet amour du détail et du travail bien fait sans tomber dans le fan service reste bien rare dans le cinéma de genre actuel! Leatherface (campé ici par Andrew Bryniarski, qu’on retrouvera dans l’opus suivant trois ans plus tard, préquelle du film ici chroniqué) est très réussi, les acteurs s’en sortent globalement bien et on retrouve avec plaisir quelques tronches plus ou moins connues: Biel, Leerhsen, Lee Ermey, Tucker, Vogel,… On se fera donc le remake de Vendredi 13 du même monsieur avec un certain intérêt maintenant (de toute façon il ne peut pas être plus nullissime que l’original)!

https://www.imdb.com/title/tt0324216/?ref_=nv_sr_srsg_5

Découvertes express: L’Invasion des morts-vivants (1966), The Prophecy (1995)

L’Invasion des morts-vivants/The Plague of the Zombies: Ouvrant une voie royale pour un certain Georges Romero, ce film vaut surtout le coup d’oeil pour son utilisation moderne de la figure du zombie, désormais pourrissant à souhait, sortant directement de sa tombe! Reprenant tout le décorum vaudou/Haïti (alors en vogue dans les films de zombies d’époque) mais n’oubliant pas le cahier des charges Hammer pour autant: scènes extérieures nombreuses, décors réussis (réutilisés pour deux Dracula et La Femme Reptile), personnages bien campés (mention spéciale à John Carson) et assez de petites originalités pour rendre le visionnage agréable! On ne va pas tarder à entamer officiellement un cycle Hammer Films, d’ailleurs, tellement je manque de références pour les films de cette époque. A noter que c’est l’unique film du studio qui traîte de cette thématique!

https://www.imdb.com/title/tt0060841/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Prophecy: Dans le genre films de série B ayant bénéficié d’un certain « culte » (franchise de cinq films l’air de rien) se révélant tellement verbeux à souhait qu’on les regarde distraitement avec un oeil rivé sur l’horloge, The Prophecy se pose en maître! Même s’il faut avouer que Christopher Walken en roue libre dans le rôle de l’archange Gabriel (sans oublier Mortensen dans celui de Lucifer) peut vendre du rêve, le sous-texte religieux est absolument abominable de lourdeurs (minant totalement l’histoire qui aurait pu jouer sa carte de l’originalité)! Sans parler du manque de rythme! Preuve de plus que le fantastique pur n’est décidemment pas ma came…

https://www.imdb.com/title/tt0114194/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes express: Manhunter (1986), Les Vierges de Satan (1968)

Manhunter/Le Sixième Sens: Première adaptation de Dragon Rouge de Thomas Harris, ce troisième film de Michael Mann ne démérite pas à côté du mythique Le Silence des Agneaux, grâce à un casting (William Petersen, Tom Noonan, Brian Cox), une mise en scène, des lumières et une BO aux petits oignons (le final sur In a gadda da vida, putain!). Subtile (le manichéisme n’est pas vraiment la tasse de thé de Mann et c’est tant mieux) et poisseuse à souhait, cette enquête opposant un profiler jusqu’au boutiste et une paire de serial killers machiavéliques (Cox campera un Hannibal Lecktor qu’on verra finalement peu mais qui marquera par son détachement quasi inhumain) vous tiendra en haleine tout au long de ses deux heures! Moins dans la surenchère visuelle que la trilogie qui suivra (Le Silence, Hannibal, Dragon Rouge) certes, mais au moins tout aussi fascinant!

https://www.imdb.com/title/tt0091474/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin: une des dernières émissions de 35mm de podcast consacré à Michael Mann

Les Vierges de Satan/The Devil Rides Out: Film pourtant assez bien côté de la Hammer, The Devil Rides Out se révèle finalement très verbeux et ennuyeux à souhait, aspects que même Christopher Lee (cette fois ci dans le rôle du protagoniste expérimenté) et Charles Gray ne réussiront pas à sauver. Sérieusement kitsch, présentant peu d’éléments fantastiques (ce qui n’est pas un mal quand on traîte d’un sujet aussi casse gueule que les sectes satanistes mais tout de même), le format film à suspense ne prend clairement pas au point que j’ai coupé avant la fin! Quand on sait que Matheson est au scénario et Fisher à la réal, la déception est grande!

https://www.imdb.com/title/tt0062885/?ref_=nv_sr_srsg_0

Vous reprendrez bien un peu de sévices? (Saga Hellraiser 1-5)

Et si on se faisait un bout de saga culte (et…désastreuse, comme toutes les franchises horrifiques) pour fêter le retour des parutions sur ce blog, mmh?

Revisionnages:

Hellraiser, Le Pacte (1987): Vous connaissez sans doute l’histoire, inutile de revenir dessus: dans les 80’s, Clive Barker obtient l’opportunité de réaliser l’adaptation d’une de ses propres nouvelles: The Hellbound Heart, publiée un an plus tôt. Il faut dire aussi que Stephen King lui même avait l’écrivain anglais à la bonne! Et putain, c’est clairement une réussite sur tous les plans: visuel, inventivité, mise en scène…et même en terme de scénario. Ce qui marque lors du premier visionnage, c’est évidemment une vision totalement novatrice et moderne dans sa façon d’aborder l’horreur au cinéma, comment l’Enfer lui même peut s’immiscer dans notre quotidien. Abordant avec brio le duo si casse-gueule sexe/horreur, le métrage réussit le pari de rendre l’univers sado-masochiste et morbide des Cénobites si fascinant. Evidemment les effets spéciaux de Bob Keen y sont pour beaucoup mais pour une première réalisation, Barker s’en sort honorablement et propose un métrage qui va même plus loin que ses thématiques principales. Doug Bradley y campe un Pinhead glaçant, rôle qu’il reprendra dans les sept prochains films de la saga (où son personnage deviendra un prétexte à des suites de plus en plus improbables). Après ce revisionnage, il est clair que le métrage a bien vieilli, reste toujours aussi corrosif, malsain et dérangeant. Non dénué d’humour, il nous propose un quasi huis clos qui prend le temps de développer ses personnages, notamment féminins (mention spéciale à Clare Higgins qui se démarque clairement du lot), ce qui lui permet de gommer sans mal ses quelques incohérences. Un classique incontournable auquel on a déjà consacré un podcast, rappelez vous!

On rappelle aussi que le grand Alt236 y a consacré une vidéo entière!

https://www.imdb.com/title/tt0093177/?ref_=nv_sr_srsg_0

Hellraiser 2 , Hellbound (1988): Suite direct du premier film, dans lequel on retrouve avec joie Ashley « Kirsty » Laurence, Clare « Julia » Higgins, Sean » Frank » Chapman (dans un rôle mineur) et bien sûr Doug « Pinhead » Bradley, Hellbound est surtout connue pour être l’opus le plus acceptable de la floppée…de navets que va générer le succès du Pacte… « Les Ecorchés » a en effet le mérite de nous proposer une vision originale et réussie du monde des Cénobites (très inspirée des travaux de M.C. Escher)…ainsi que de leur dieu Léviathan! L’action dans un hôpital psychiatrique où personne ne prend Kirsty au sérieux fera immédiatement penser à Dream Warriors, le troisième opus des Griffes de la Nuit (et accessoirement l’un des plus solides), la transformation de Channard suinte les influences body horror de Cronenberg! Un métrage dans la continuité pure du premier, qui vient étoffer la mythologie cauchemardo-religieuse de la saga donc mais qui essaye aussi par moments de prendre une direction différente. Mais…et c’est là où le bât blesse, une suite assez décevante après revisionnage, au vu de sa conclusion expédiée, de sa structure narrative plus classique (et assez incohérente par moments) qui sent pas mal la repompe paresseuse à divers égards (le « retour » de Julia, les différents flashbacks lourdingues,…)! Pour preuve, je n’avais quasi aucun souvenir de ce film et il est certain que le niveau de kitsch est bien plus présent que chez son aîné… Vous êtes avertis!

https://www.imdb.com/title/tt0095294/?ref_=nv_sr_srsg_5

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Découvertes

Hellraiser 3, Hell on Earth (1992): Troisième opus et….c’est déjà le début de la fin. On a à faire ici à un métrage d’horreur tombant dans tous les travers des 80/90’s: personnages clichés et mal joués (autant dire inintéressants), cénobites plus ridicules que malsains, Pinhead trouve le moyen de parvenir dans notre monde et se prend pour Freddy Krueger (parce que…pourquoi pas?)…faisant du même coup basculer le métrage dans le slasher de bas étage,… On sauvera bien volontiers l’aspect inventif et décomplexé, une certaine continuité avec le deuxième film, la volonté de donner un background à Pinhead mais c’est hélas bien peu pour pouvoir vous recommander ce film, qui semble totalement abandonné au bon vouloir des producteurs, détruisant du même coup toute la subtilité de l’univers (pas vraiment manichéen) créé par Barker…

https://www.imdb.com/title/tt0104409/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 4, Bloodline (1996): On continue sans perdre de temps avec cette suite construite sur trois échelles de temps différentes…mais qui n’aura finalement d’intérêt que pour sa première partie (les origines du premier cube créé au XVIIIe siècle) et le personnage d’Angélique (Valentina Vargas). Autrement ça reste un joli foutoir (voire un plagiat pour la partie dans l’espace, coucou Terminator, Alien, Event Horizon, Jason X,…) assez ennuyant à regarder. Vu le contexte de réalisation du film, c’était prévisible mais bon… Notez que c’est le dernier opus a être sorti en salles et a faire l’effort de continuer tant bien que mal la mythologie entamée dès le premier opus (Barker ne s’impliquera d’ailleurs plus dans les prochaines suites, préférant se consacrer aux comics du même univers).

https://www.imdb.com/title/tt0116514/?ref_=tt_sims_tt_i_2

Hellraiser 5, Inferno (2000): Enfin une suite qui a quelque chose d’original à proposer! Bon, d’accord, c’est extrêmement maladroit (à l’image d’une certaine scène WTF avec des cowboys karatékas), l’acteur principal (Craig Sheffer) est à la ramasse comme jamais et la mise en scène reste plutôt standard. Mais merde, on est vraiment proche du sublime L’Echelle de Jacob (le talent d’écriture en moins puisque Peter Atkins, scénariste sur la saga depuis Hellbound a choisi de claquer la porte) question horreur psychologique et univers poisseux, les Cénobites se rapprochent enfin des originels, après deux films plus que moyens, c’est pas rien tout ça! Hélas la trame principale de cette enquête demeure trop éloignée de la mythologie originelle pour valider définitivement l’ensemble, comme Pinhead qui apparait finalement bien peu à l’écran!

https://www.imdb.com/title/tt0229440/?ref_=tt_sims_tt_i_3

Alors inutile de dire qu’il vaut mieux grandement éviter les films suivants vu la qualité des scénarios et du jeu d’acteurs de derniers films chroniqués plus haut, même si le dixième épisode (Judgement, sorti en 2018) a visiblement son lot de défenseurs… Les meilleurs franchises d’horreur sont définitivement les plus courtes!

En vous recommandant les précieuses vidéos de Ratelrock sur le sujet (qui a aussi fait un excellent travail sur Massacre à la tronçonneuse): https://www.youtube.com/watch?v=QyzaRNRUVeg&list=PL7MHX26OItb9sOg6Z3adgjMtNoAe7Gxo5

Découvertes express: L’Âge d’or (1930), Under the skin (2013)

L’Âge d’or: Elu premier vrai film de merde de ce blog (c’est pas rien), ce premier film de Luis Buñuel prouve que la force du surréalisme… ne survit pas sur de longs métrages. Un Chien andalou passait, mais là c’est juste un alignement des scènes cryptiques, sans véritable lien entre elles, vides de sens, sans intérêt, bêtement provocatrices (en vérité aussi sulfureuses que des fils à papa antifa…ou des féministes modernes, comme ça pas de jaloux), ne suffit pas à faire une oeuvre. Quitte à proposer un ovni, Buñuel aurait pu proposer quelque chose de métaphorique, d’esthétique, de vaguement expérimental (comme le sublime Vampyr de Dreyer), de foncièrement rebelle mais non, quitte à être nul, il l’est jusqu’au bout… Du foutage de gueule, pur et simple, assez représentatif de ce que l’on essaye de faire passer pour de l’art de nos jours… Mais qu’on se rassure, on trouve toujours des cons pour apprécier vu ce que j’ai pu lire sur le Web!

https://www.imdb.com/title/tt0021577/?ref_=fn_al_tt_1

Under the skin: Une jolie coquille…vide, cette adaptation du livre de Michel Faber est à l’image du personnage interprété par Johansson: tellement énigmatique qu’elle en devient rengaine et sans intérêt. Nocturnal Animals faisait déjà fort dans le genre, mais il y avait au moins un scénario. Si la claque esthétique est certaine, je pense sincèrement qu’il n’y a pas grand chose à comprendre dans ce film, où là aussi, la masturbation intellectuelle (avec évidemment un sale arrière goût de féminisme primaire en sus, ouh comme c’est original) a l’air d’être plus important que le reste…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187462.html

Découverte: Sex Addict (2008)

Oui, Sex Addict/Bad Biology fait depuis longtemps partie de mes interminables listes de films à voir. Alors, simple curiosité ou film qui se tient?

Réalisé par Frank Henenlotter (à qui l’on doit Basket Case, Elmer le remue-méninges et Frankenhooker) et proposant un pitch délirant que n’aurait pas renié les production Troma (soit la rencontre de deux jeunes personnes à la libido exacerbée, une femme aux sept clitoris et un homme au phallus doté de conscience), le film se tient plutôt bien jusqu’à sa conclusion (dès que le réal se décide à montrer frontalement le phallus, au final), franchement poussive et sans grand intérêt (désolé Jelena Jensen!). Pour le reste, ça se suit plutôt bien, ça fourmille de bonnes idées ça et là (en terme de scénario, de mise en scène)… Et surtout, malgré un côté trash (surtout dans les dialogues) et comique, Sex Addict montre une facette plutôt glauque de l’addcition sexuelle (bien mieux que l’ennuyeux Shame, je trouve), même si ça ne le fera pas rester dans les mémoires!

Bref, Sex Addict est une curiosité décomplexée et honnête mais qui, malgré de bonnes idées, s’avère assez dispensable…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=138708.html

Ca dort là dedans?

Bon, deux mois après avoir totalement disparu de la circulation et des réseaux sociaux, il serait quand même temps de vous donner quelques news et explications…

Vous vous en doutez sûrement et je l’avais annoncé à maintes reprises en 2021: le temps et la motivation me manquent cruellement. Les vues en chute libre des podcasts dès le printemps 2021 sans réelles raisons, le bide lors du « passage » sur Youtube (bon, hormis quelques vidéos, magie d’un algorythme de plus en plus incompréhensible), un hiver avare en visionnages auront eu définitivement raison de ce peu de motivation. Et actuellement le nez en plein dans une reconversion professionnelle, j’aime autant vous dire que les loisirs ne sont plus une priorité de mon côté.

Bref, et vous vous y attendez, j’ai pris la décision d’arrêter les podcasts jusqu’à nouvel ordre. Ayant perdu beaucoup trop de temps dans des projets chronophages ces dernières années, partez même du principe qu’il n’y en aura plus. Les anciens restent néanmoins disponibles sur Youtube (l’hébergement sur Podcloud ayant été résilié, inutile de les chercher sur d’autres plateformes). Je publierai dans les prochaines semaines le podcast anniversaire d’octobre/novembre, plus pour la symbolique qu’autre chose mais la thématique devrait vous intéresser!

On va donc se reconcentrer sur la partie blog, en axant cette fois les publications uniquement sur les bonnes surprises et les pépites, connues ou moins connues, que je souhaite vous faire (re)découvrir…après tout c’était la volonté initiale des podcasts! Plus de remplissage, plus de nanars volontaires! Vu que ce blog n’est pas si mal référencé, je vous avoue que ça me chagrinerait un peu de devoir le supprimer!

On va donc finir les cycles thématiques en cours et en lancer d’autres. Quelques cycles spéciaux ça et là (il serait temps de finir les James Bond d’ailleurs, non?) et bien évidemment quelques grosses sorties annuelles parce que l’underground, c’est mieux quand c’est ponctuel! Evidemment pour la régularité, ça sera plutôt aléatoire, au vu de mes contraintes actuelles mais je ferai comme je peux.

A bientôt!

Découverte série: Channel Zero (2016)

Pour les retardataires comme moi, rappelons que Channel Zero est une série d’anthologie d’horreur basé sur différentes creepypastas.

Saison 1 (Candle Cove): Le gros point fort de cette première saison (basée en partie sur la creepypasta Candle Cove), c’est son ambiance, étrange et malsaine mais finalement assez indéfinissable (quelque part entre Dark et Twin Peaks) et ponctuée de bons twists. Le suspense est donc agréablement maintenu tout le long de six épisodes. De l’autre côté, ceux qui attendent un rythme effréné auront sans doute ragequit dès les premiers épisodes et la manie de vouloir toujours tout expliquer devient un peu pénible sur la fin de la saison.

https://www.imdb.com/title/tt4820370/?ref_=nv_sr_srsg_0

Saison 4 (The Dream Door): Malheureusement trop peu d’enjeux sur cette saison passée la moitié des épisodes malgré un boogeyman très efficace… On retrouve les soucis de rythme qui pointaient déjà pendant la saison 1. On notera ici aussi une ambiance assez Twin Pinksesque!

En conclusion (temporaire, n’ayant pas vu les saisons 2 et 3 dans leur totalité), une bonne petite série, originale par bien des aspects mais qui pêche grandement dans son écriture par moments. Rajoutez à cela une production typée téléfilm et il est clair qu’on ne recommandera Channel Zero qu’aux plus curieux d’entre vous!