Découverte série: Channel Zero (2016)

Pour les retardataires comme moi, rappelons que Channel Zero est une série d’anthologie d’horreur basé sur différentes creepypastas.

Saison 1 (Candle Cove): Le gros point fort de cette première saison (basée en partie sur la creepypasta Candle Cove), c’est son ambiance, étrange et malsaine mais finalement assez indéfinissable (quelque part entre Dark et Twin Peaks) et ponctuée de bons twists. Le suspense est donc agréablement maintenu tout le long de six épisodes. De l’autre côté, ceux qui attendent un rythme effréné auront sans doute ragequit dès les premiers épisodes et la manie de vouloir toujours tout expliquer devient un peu pénible sur la fin de la saison.

https://www.imdb.com/title/tt4820370/?ref_=nv_sr_srsg_0

Saison 4 (The Dream Door): Malheureusement trop peu d’enjeux sur cette saison passée la moitié des épisodes malgré un boogeyman très efficace… On retrouve les soucis de rythme qui pointaient déjà pendant la saison 1. On notera ici aussi une ambiance assez Twin Pinksesque!

En conclusion (temporaire, n’ayant pas vu les saisons 2 et 3 dans leur totalité), une bonne petite série, originale par bien des aspects mais qui pêche grandement dans son écriture par moments. Rajoutez à cela une production typée téléfilm et il est clair qu’on ne recommandera Channel Zero qu’aux plus curieux d’entre vous!

Découvertes express: La Longue nuit de l’exorcisme (1972), L’Emmurée Vivante (1975)

Retour à la filmographie de notre cher Lucio Fulci avant de lui consacrer un podcast!

La Longue nuit de l’exorcisme: Jouant avec le changement de point de vue (et donc de fausses pistes) autour d’une enquête policière sur la disparition et le meurtre d’enfants, ce giallo intelligent et surprenant qui surfe avec la comédie et le thriller, se distingue par son inventivité et son côté cynique/cru cher au réalisateur (qui en profite au passage pour porter un regard critique sur l’Italie rurale et traditionnelle d’alors). Bien rythmé, renvoyant à plusieurs thématiques récurrentes/métrages du réal (Beatrice Cenci en tête mais que dire du lynchage de Maciara renvoyant directement à l’introduction de The Beyond?), il se débarrasse également de toute logique fantastique superflue (son titre est totalement mensonger) pour un rendu réaliste d’autant plus marquant! Son giallo suivant, L’Emmurée Vivante parachèvera cette volonté de sortir ce sous-genre horrifique de son carcan! Un film personnel et subversif en tout point qui fera parler de lui à l’époque, notamment pour une scène (totalement gratuite) d’érotisme malsain entre l’héroïne (Barbara Bouchet, bien connue des amateurs de gialli) et un enfant! Une bonne surprise malgré un jeu d’acteurs parfois aléatoire (commes les effets spéciaux)!

https://www.imdb.com/title/tt0069019/?ref_=nv_sr_srsg_0

L’Emmurée Vivante: Véritable pépite vintage (on ne serait pas en train de se refaire les James Bond, c’est le genre de métrage qui finirait en film du mois sans forcer) et dernier giallo de ce cher Lucio avant de basculer dans sa période zombies (L’Eventreur de New York étant plutôt un sympathique mélange de slasher et de giallo comme La Baie Sanglante de Bava) qui se concentre totalement sur son scénario et son twist final (génial pour l’époque) au lieu de donner bêtement dans les codes du genre (sexe, violence, jeux de lumières,…). Dans celui ci, les notions de machination, de destin et de tragédie (propres aux gialli et aux thrillers) prennent tout leurs sens (j’ai lu quelque part que Fulci avait été passablement marqué par les travaux d’Antonioni), je ne vous en dirais pas plus! On appréciera au passage l’excellente prestation de Jennifer O’Neill (vue également dans Scanners) et la partition mémorable de Fabio Frizzi! Si vous devez vous faire un seul giallo du Monsieur, c’est celui ci, en gardant à l’esprit que ce n’est pas le plus graphique (même si la mise en scène vaut le coup d’oeil)!

https://www.imdb.com/title/tt0075614/?ref_=nm_flmg_dr_27