Rétro James Bond (3/5): Vivre et laisser mourir (1973), L’Homme au pistolet d’or (1974), L’Espion qui m’aimait (1977), Moonraker (1979), Rien que pour vos yeux (1981), Octopussy (1983)

S’il est évident que la période Roger Moore est la plus longue et surtout la plus aléatoire en terme de bons films de la saga James Bond (au point d’en confondre les scénarios et les personnages peu de temps après le visionnage), il serait aussi intéressant de se pencher sur les scénaristes de ces opus parce qu’à mon avis, Roger n’est qu’une des équations du naufrage! En effet, dès L’Espion qui m’aimait, la saga commence une période « sans filet » car les romans principaux de Ian Fleming ont tous été déjà adaptés pour le grand écran. D’où la longue transition douloureuse des 70/80’s…

Vivre et laisser mourir (8/25): Avant dernier film de Guy Hamilton (qui réalisera en tout quatre films de la franchise, les autres concurrents sur le podium étant Terrence Young et Lewis Gilbert avec trois opus chacun, le record étant bien évidemment détenu par John Glen, avec cinq films de la saga) et premier pour Roger Moore, aperçu jusqu’alors dans les séries Le Saint et Amicalement Vôtre qui y incarne un James plus âgé (45 ans au moment du film, contre respectivement 31, 29, 40, 41, 37 pour Connery, Lazenby, Dalton, Brosnan et Craig au moment de leur premier film de la saga), plus léger, flegmatique et porté sur l’humour mais aussi bien moins crédible et attachant à mon goût… Le méchant Kananga est assez anecdotique, rivalisant mal avec ses bras droits Tee Hee et Baron Samedi. On a également droit à une bonne James Bond Girl en la personne de la toute jeune Jane Seymour (la voyante Solitaire). Dépaysant à souhait (Harlem, Louisiane, Jamaïque…on peut y voir un clin d’oeil au Dr.No), abordant la thématique du vaudou sous fond de trafic de dope et surfant donc sur la mode de la blaxploitation, le véritable point faible de ce film est qu’il perd salement en puissance et crédibilité au fil de sa durée. Il n’en reste donc pas grand chose à l’arrivée malgré ses rebondissements, son générique/theme song culte (Paul McCartney bordel!) et on a même droit à des séquences qui paraissent assez grotesques aujourd’hui: la scène d’introduction, la poursuite interminable en hors-bord (où apparait le shérif Pepper), celles avec les alligators,… A noter que Q n’apparaît pas dans le film, que Bond y fume des cigares (contrat avec Montecristo oblige), qu’il s’agit du seul opus où l’on voit le domicile londonien de Bond et que Gloria Hendry y incarne la toute première James Bond Girl noire!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt0070328/?ref_=nv_sr_srsg_0

L’Homme au pistolet d’or (9/25): Moins dépaysant et prenant que Live & let die (l’action se passe majoritairement en Thaïlande), celui ci possède par contre trois gros atouts: le duo de méchants incarnés par Christopher Lee et Hervé Villechaize (mais si, Tattoo dans L’Île Fantastique!) en grande forme (qui portent TOTALEMENT le film sur leurs épaules), ainsi que l’île de Scaramanga et ses décors inspirés. Les James Bond Girls sont assez anecdotiques (on reverra cependant Maud Adams dans un personnage plus intéressant dans Octopussy puis furtivement dans Dangereusement Vôtre), hormis le côté gaffeur de Bonne-Nuit (Britt Ekland) mais qui est mal dosé, comme chez la plupart des personnages féminins de la saga. Enfin question lourdeur absolue, le retour du shérif J.W. Pepper (Clifton James) remporte la palme, sans que ça n’apporte quelque chose au scénario (un caméo aurait mieux valu)! Autrement le générique* et le theme song (Lulu) sont vraiment sympas, la patte 70’s reste appréciable et malgré un scénario beaucoup trop classique/flemmard pour le coup (après la blaxploitation, c’est la bruceploitation à l’honneur ici), on n’en passe pas un si mauvais (de moment)!

*: Petit encart sur le sujet, c’est Maurice Binder qui sera responsable des fameux génériques sur les quatorze premiers films jusqu’à Permis de tuer (sauf Bons baisers de Russie et Goldfinger sur lesquels Robert Brownjohn travailla), Daniel Kleinman fera les suivants (à l’exception de Quantum of Solace réalisé par la société MK12).

Note: 1,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0071807/?ref_=nv_sr_srsg_0

L’Espion qui m’aimait (10/25): Souvent considéré comme le seul opus mémorable avec Roger Moore, L’Espion qui m’aimait mérite bien sa réputation. Ses seuls points faibles sont une impression de déjà vu, (certaines séquences et lignes du scénario ressemblant à un mélange entre Au service secret de sa Majesté, Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre)… ainsi qu’un méchant impitoyable mais hélas trop fade et finalement peu présent (Karl Stromberg joué par Curd Jürgens). Autrement c’est tout à fait correct, dépaysant (Egypte, Sardaigne), bien rythmé, inventif, avec une mise en scène au poil (c’est Lewis Gilbert qui revient derrière la caméra), et de beaux décors (la bataille rangée dans le Liparus). Attardons nous un instant sur les personnages: dans cet opus apparaît Jaws, incarné par Richard Kiel, l’un des méchants les plus emblématiques de la saga, tueur géant (mais muet) doté de machoires en acier ainsi que d’une force et résistance surhumaine mais qui aura droit à des touches humoristiques bienvenues; l’agent russe Triple X/Anya Amasova (incarnée par Barbara Bach) s’en sort bien également et a même droit à son propre background (même si maladroitement exploité par la suite). Sans ces deux là, ce film n’aurait certainement pas traversé le temps! Rappelons au passage qu’avec la disparition de Blofeld dans Au Service secret de sa Majesté, le SMERSH (qui a historiquement existé un court temps pendant la Seconde Guerre Mondiale) prend la place de SPECTRE (plutôt présent dans les premiers Connery et le reboot avec Daniel Craig). On aura donc souvent droit à des méchants travaillant de près ou de loin pour les Soviétiques durant les opus des 70/80’s. Pour les mêmes raisons, Walter Gotell incarnera dans ces différents opus le Général Gogol, chef du KGB. Mais revenons en au film! Pour une fois et grâce aux éléments cités plus haut, la magie opère enfin (il était temps), Moore y atteint un certain équilibre dans le jeu et cet opus parvient à se hisser au niveau des premiers Connery! A noter que Caroline Munro (une habituée du genre horrifique) y fait une apparition!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0076752/?ref_=ttls_li_tt

Moonraker (11/25): Au delà du final dans l’espace (seul lieu encore inexploré par Bond) et ses FX bien moches que tout le monde connaît (l’épisode 4 de Star Wars sort deux avant avant…), Moonraker bénéficie surtout d’une jolie palette de personnages: l’excellent méchant flegmatique et machiavélique Hugo Drax (Michael Lonsdale), Jaws qui fait son retour (même si bien moins intéressant que dans l’opus précédent et souvent réduit à un rôle plus comique que menaçant), l’agent infiltré Lois « Holly Goodhead » Chiles (mais putain qui choisit des noms aussi débiles bordel de merde?). Evidemment, le scénario décomplexé peut poser problème et influera directement sur votre appréciation de cet opus. Si la démesure d’une poursuite en gondoles amphibies/motorisées, en hors-bords armés jusqu’aux dents (avec deltaplane intégré), les gadgets à foison et les combats bordéliques « à pied » dans l’espace intersidéral à base de pistolets laser ne vous rebutent pas trop, ça peut passer ! Nous ne sommes pas dans le côté involontairement nanardesque et auto-parodique d’un Octopussy ou d’un Diamonds are forever mais on reconnait que l’exercice et périlleux et que l’on marche parfois sur un fil! C’est toujours Lewis Gilbert à la réal donc la mise en scène est tout à fait correcte (comme dans cette scène de centrifugeuse où on ressent, pour une fois, de la douleur pour l’agent du MI6), c’est globalement beau, dépaysant (Rio, Venise, château de Vaux-le-Vicomte et espace of course) mais la fin manque quand même salement de rebondissements (hormis le dilemne de Jaws). Et comme c’est une coproduction française, on se retrouve avec un cast bien de chez nous: Michael Lonsdale bien sûr mais aussi Corinne Cléry, Blanche Ravalec (la fiancée de Jaws) mais aussi Jean-Pierre Castaldi et Georges Beller!

Note: 2/4

https://www.imdb.com/title/tt0079574/?ref_=ttls_li_tt

Rien que pour vos yeux (12/25): Retour à un film plus sérieux et moins extravagant avec ce douzième film, hélas miné par un méchant fadasse as fuck (le final est d’ailleurs des plus anecdotiques), un côté too much typiquement 80’s qui commence à pointer son nez (et que dire du générique/theme song immondes?) et un scénario planplan malgré une mise en scène/des scènes d’action efficaces (mais qui traînent souvent en longueur). Il faut dire qu’on est déjà au douzième film de la saga (le premier de John Glen) et que tout ou presque a déjà été exploité…et ça commence à salement se sentir! On a quelques clins d’oeil appréciables à l’opus de Lazenby comme le retour de Blofeld le temps d’une séquence d’introduction, une combi de ski d’un bleu sensiblement identique à celle déjà portée par Lazenby himself… Carole Bouquet, véritable beauté froide, n’est pas la meilleure James Bond Girl mais se démarque des autres potiches de cet opus par son désir de vengeance et le fait qu’elle ne cède à Bond que dans les dernières minutes de métrage. Côté décors, on a droit à la Grèce, l’Albanie, l’Espagne et l’Italie alpine, bref des récifs, des montagnes et de la neige. Pour autant le dépaysement n’est pas forcément au rendez-vous, les couleurs restant globalement assez ternes. A noter que Bernard Lee (M) n’apparaît pas dans ce film car il décèdera peu de temps après le début du tournage, c’est Robert Brown qui prendra sa suite dans les quatre prochains films.

Note: 1/4

https://www.imdb.com/title/tt0082398/?ref_=ttls_li_tt

Octopussy (13/25): Alors avec celui ci, on commence vraiment à arriver dans une période sans inspiration car le film est oublié aussi vite qu’il est vu. Du générique au scénario en passant par les personnages et les lieux de l’action, tout sent le recyclage, l’excès et la paresse intellectuelle. Quelques exemples au hasard? 007 se déguise en clown, vogue dans un canoë « alligator », mène des poursuites en voiture sur…des rails, le méchant (Louis Jourdan) réussit à être aussi fade que le Dr No, trempe dans des affaires de contrebande…d’oeufs de Fabergé, les combats sont plats à en crever et la fin où un perroquet interragit avec Tatcher au téléphone nous convainc que Richard Maibaum (scénariste principal de la saga du premier opus jusqu’à Permis de tuer) est clairement en bout du rouleau… L’intrigue malgré ses enjeux se suit péniblement et on a vraiment le sentiment de regarder une série B de mauvaise qualité. On sauvera tout juste Maud Adams dans le rôle-titre qui sort un peu des sempiternelles James Bond Girls…mais clairement, pour des non fans de la saga, ce film est sans intérêt. C’est dommage, le métrage abordait par moments des sujets intéressants (comme le désarmement de l’Ouest face à l’URSS). Jamais plus jamais (remake non officiel d’Opération Tonnerre) sortait cette année là avec Connery dans le rôle de Bond et c’est un miracle que les fans aient finalement préféré Octopussy au box-office…

Note: 0,5/4 (parce que, malgré tout, rien ne peut être aussi douloureux que Spectre)

https://www.imdb.com/title/tt0086034/?ref_=ttls_li_tt

Pour aller plus loin, une vidéo très complète signée Versus: https://www.youtube.com/watch?v=h-F6hr6JmoQ

Découvertes express: Les Moissons du ciel (1978), Messiah of Evil (1973), Bug (2006)

Les Moissons du Ciel: On se lance enfin à la découverte approfondie de Terrence Mallick avec son second métrage qui imposera la patte du réal comme une des plus singulières du Nouvel Hollywood: rythme contemplatif, voix off omniprésente, narration laissant une large part aux images plus qu’au dialogues/scénario. Les plans sont tout bonnement ultimes, de ceux tournés pendant l’heure bleue aux superbes plans d’incendie de fin, en passant par des gros plans et des paysages au rendu quasi documentaire. Les choix musicaux aidant vraiment ces images à voler la vedette aux acteurs (certains sont même devenus des hymnes cinématographiques pour certains). Car oui, on ne va pas se mentir, l’histoire du triangle amoureux, même s’il est mené par des acteurs solides (Richard Gere, Brooke Adams, Sam Shepard) et malgré le côté historique réussie sur l’Amérique rurale, son évolution forcée vers la modernité, est finalement assez vaseux et bien secondaire. Le final, dramatique à souhait, rattrape heureusement cet aspect là. Côté thématiques, on laissera tout ça à votre appréciation: liberté, errance, condition sociale, révolution industrielle, punition divine,… Un film à la beauté imparfaite mais unique, quoi qu’il en soit!

https://www.imdb.com/title/tt0077405/?ref_=nv_sr_srsg_0

Messiah of Evil: Entamé il y a des années, il était temps de ré-essayer celui ci! Il faut dire que le rythme du métrage rebute pas mal le spectateur non aguerri! Et finalement, on découvre un film avant gardiste et unique en bien des points! Côté points forts, l’ambiance cauchemardesque/lovecraftienne à souhait (façon Le Cauchemar d’Innsmouth), la variation moderne sur la thématique zombie (ou plutôt goule/vampire) des années avant Zombie/Down Of The Dead et évidemment les décors inquiétants comme jamais/jeux de lumière (Mario Bava n’est jamais loin). Côté plombs dans l’aile: le rythme sous laxatif donc, les personnages aux réactions lunaires (en particulier le trouple) et l’OST quelquefois à la ramasse. Un film fatalement inégal certes mais qui reste une véritable expérience, tout en suggestions, avec des passages hallucinés, bref de l’épouvante vintage dans le sens noble du terme!

https://www.imdb.com/title/tt0071396/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bug: Totalement saucé par The French Connection, je me suis avalé un autre film de Friedkin dans la foulée. Récent, tant qu’à faire. Bien mal m’en a pris car ce Bug, même s’il présente des idées intéressantes (notamment ce cadre rural crade à souhait, son côté huis clos et un quasi body-horror somme toute très simple mais efficace), est excessif en tout. Dans son traitement de la conspiration, dans le surjeu constant de la folie/paranoïa, dans son scénario tiré par les cheveux, dans ses personnage caricaturaux aux comporetements improbables,… C’est simple, si ce film était sorti maintenant, on pourrait tout à fait croire qu’il s’agit de l’oeuvre de pro-vax (ou autres crétins de compétition) sur la situation actuelle, confondant les pires spécimens conspirationnistes 5G/qui votent RN/obsédés par les reptiliens/qui les empêchent de retrouver laviedavant en tuant volontairement des vieux (ou autre lieu commun médiatique) avec ceux qui se posent légitimement des questions sur le monde de plus en plus infâme qui les entourent… Ce manque total de nuance sort évidemment le spectateur du film! Bref, un film globalement ridicule et malaisant…

https://www.imdb.com/title/tt0470705/?ref_=nv_sr_srsg_6

Découvertes: Les Yeux sans visage (1960), La Proie d’une ombre (2020), Ne vous retournez pas (1973)

Les Yeux sans visage: Classique incontournable de l’épouvante/fantastique vintage, le métrage de Franju a passablement vieilli, malgré sa sobriété et son esthétisme certains. Mais s’il reste empreint d’un certain classicisme pour nos yeux modernes et blasés, ce métrage aura eu une influence avérée (Halloween pour n’en citer qu’un ou encore l’excellent La Piel que habito comme hommage le plus évident) sur le cinéma de genre au point de motiver certains remakes plus ou moins opportunistes (Jess Franco nous entends tu?) et a dû terrifier un bon nombre de spectateurs à l’époque (les scènes sanglantes ne nous sont pas épargnées et sont relativement efficaces/réalistes, en poussant un peu, on peut même y voir les prémisses du body-horror), notamment avec cette relation père-fille malsaine à souhait (et que dire de sa secrétaire?) et une fin assez inattendue, d’une poésie rare! Le Monstre a décidement bien des visages!

https://www.imdb.com/title/tt0053459/?ref_=fn_al_tt_1

La Proie d’une ombre: Et dire que j’ai failli voir celui ci en salles… Thriller fantastique/psychologique terriblement vendeur de par sa bande-annonce énigmatique (qui annonçait carrément de l’épouvante/horreur…qui ne sera qu’un prétexte à une histoire dramatique) mais qui se révèle un vrai supplice à regarder: verbeux, lent, volontairement flou au point d’en devenir imbuvable, semblant hésiter entre les genres cinématographiques et tellement ennuyeux que même les rares révélations tombent systématiquement à plat. C’est simple, j’ai cru à plusieurs reprises me retrouver devant une série B Netflix! J’imagine que l’auteur de ce méfait (David Bruckner, pourtant réalisateur de The Signal, V/H/S, Le Rituel) a beaucoup trop regardé A Ghost Story (pas encore vu de mon côté) vu la proximité des thématiques (deuil, isolement, etc.) mais malgré ses prétentions livre au final un film où il ne se passe littérament rien d’impactant pour l’héroïne (Rebecca Hall, qui s’en sort bien mais dont le personnage génère juste un désintérêt poli) pendant près de deux heures (un comble pour un thriller)… Il aurait finalement mieux valu traiter la chose de manière plus classique!

https://www.imdb.com/title/tt9731534/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ne vous retournez pas: Puisqu’on parle de film sur le deuil, voyant revenir plusieurs fois ce drame (teinté de thriller et de fantastique) dans diverses listes et tops, la curiosité a été plus forte que tout! Au final, l’incompréhension est grande car le métrage accuse clairement le poids des nombreuses décennies, en plus de souffrir d’un gros souci de rythme. Narrant l’histoire d’un couple passablement fragilisé par la mort accidentelle de leur fille (opposant une femme assez crédule à un homme plutôt sceptique mais assailli de prémonitions) et mené par de redoutables acteurs (Julie Christie et Donald Sutherland), il se révèle finalement assez prévisible dans l’ensemble (seule la fin relève un peu le niveau) même si le suspense est admirablement entretenu. On aura en revanche rarement vu une Venise aussi glauque, autant par la descente aux enfers de ce couple que par la présence d’un tueur qui rôde dans les alentours. Le véritable tour de force de Ne vous retournez pas réside surtout dans cette impression croissante de superpositions de réalité et de fantasmes, de visions et de doutes, rendant le quotidien de ce John Baxter aussi parano que le spectateur lui même! Pas très loin d’un De Palma ou d’un Polanski tout compte fait!

https://www.imdb.com/title/tt0069995/?ref_=nv_sr_srsg_0

Films de l’été 2021: Freddy sort de la nuit (1994), The French Connection (1971), Top Secret! (1984), Deranged (1974)

Parce que c’est décidemment une manie ici d’être en retard sur tout et qu’on va privilégier les cycles thématiques pour les prochains podcasts, les films de l’été 2021 se feront sous la forme texte! Le tout sans trop spoiler s’il vous plaît!

Film du mois de juin: Freddy sort de la nuit

Dernier opus de la saga Les Griffes de la nuit (on oubliera le remake passable de 2010), Freddy sort de la nuit/Wes Craven’s New Nightmare est un sympathique métrage méta sur le slasher, son boggeyman, le rapport entre le créateur et son oeuvre,… Niveau frissons c’est franchement radin c’est sûr mais le retour d’une partie du casting de l’oeuvre originale (Englund, Langekamp, Saxon) et des acteurs majeurs de la saga chez New Line (Craven, Shaye, Risher) jouant leur propre rôle (les films dans les films/casser le quatrième mur étant un peu le dada de Craven à l’époque, comme avec Scream 3) apportent à ce film une fraîcheur inédite! Même si l’on peut regretter que ce côté méta ne soit pas suffisamment exploité jusqu’au bout! Autres défauts: Miko Hughes (Dylan) est juste insupportable et le rythme ne laisse pas vraiment le spectateur respirer! Jouant avec les strates de réalité (un bon moyen de rendre le spectateur parano), inventif et visuellement réussi, cet opus, même s’il est bancal sur plusieurs points, conclue honorablement la saga dix ans après le premier film (et un paquet de navets) en nous faisant une vraie proposition cette fois ci! On en attendait pas moins de Craven…qui signera Scream dans la foulée ! Comme quoi, quoi qu’on pense de cet opus, il aura eu une certaine utilité!

https://www.imdb.com/title/tt0111686/?ref_=nv_sr_srsg_0

Une petite critique par Tortillapolis!

Film du mois de juillet: The French Connexion

N’ayant finalement vu que L’Exorciste (que je ne porte pas dans mon coeur) de Mr Friedkin, il était grand temps de voir le mythique French Connection! Mise en scène ingénieuse et nerveuse héritée du documentaire (particulièrement efficace dans les scènes de poursuites), ambiances new-yorkaises crades à souhait (dope à tous les coins de rue, flics en roue libre totale, bâtiments désaffectés,…), policiers désabusés magistralement interprétés par Gene Hackman et Roy Scheider, enquête aux allures de descente aux enfers…on comprend facilement pourquoi le film a fait date! Le tout évidemment inspiré du réseau du même nom mais aussi du roman de Robin Moore! Sachant que je porte un culte à Taxi Driver pour un univers tout aussi poisseux, quelle claque j’ai pris! Alors, allez voir ou revoir ce chef d’oeuvre nom de Dieu!

https://www.imdb.com/title/tt0067116/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin, making of du film & interviewes!

Film d’août: Top Secret!

Autant je peux être exigeant en humour ricain, autant dès qu’il y a de l’absurde, je suis carrément client. Mais pour autant, peu de films me restent en tête dans ce créneau… C’est désormais chose faite avec ce métrage (honteusement méconnu) des Zucker-Abrahams-Zucker, sorti après Y a-t-il un pilote dans l’avion ? et la série Police Squad, bien rythmé, inventif à souhait et très drôle (sans être lourd) avec le tout jeune Val Kilmer dans le rôle principal, parodiant les films d’espionnage (sur fond de Seconde Guerre Mondiale) autant que les comédies musicales des sixties (c’est Kilmer qui interprète réellement les chansons). Côté caméos on est servi: Peter Cushing, Omar Sharif et Michael Gough sont de la partie! Je vous laisse la totale découverte pour le reste!

https://www.imdb.com/title/tt0088286/?ref_=nv_sr_srsg_0

On remercie Le Fossoyeur pour la découverte!

Film de septembre: Deranged

Si 1974 reste en tête comme étant l’année de sortie de Massacre à la tronçonneuse, un autre film moins connu fait fort dans le glauque et l’immoral, tout autant inspiré par les méfaits d’Ed Gein! Totalement porté par l’interprétation magistrale et complexe de Roberts Blossom (proche d’un Joe Spinell dans Maniac, on rentre ici réellement dans la tête d’Ezra Cobb), Deranged va largement plus loin dans le malsain à mon goût (même si non exempt de traits d’humour) mais souffre hélas des défauts d’une production typée téléfilm, du « marketing » des seventies (le côté documentaire est juste lourd) et de facilités scénaristiques (la fin relativement improbable)… Si vous aimez les rapports mère-fils « fusionnels » à la Psychose et les repas de famille « sereins » à la Texas Chainsaw, ne cherchez plus, c’est ce film qu’il vous faut!

https://www.imdb.com/title/tt0071408/?ref_=nv_sr_srsg_0

Pour aller plus loin, chronique par Horreur Critique (abonnez vous à sa chaîne, boudiou!)

Old Horror Week: Halloween 3 (1982), The Slumber Party Massacre (1982) (4/4)

Parce qu’Halloween est fini depuis longtemps, il est grand temps d’achever cette old horror week, les amis!

Halloween 3 (Le Sang du Sorcier): Vous connaissez certainement le contexte, Halloween 3 a constitué une tentative de faire de la saga une anthologie autour de la fête d’Halloween/Samhain, Carpenter refusant de réaliser une suite mais voulant garder une oeil sur son bébé en tant que producteur. Les fans, déçus de ne pas y retrouver Michael Myers et du gore à gogo bouderont le film et on repartira sur des bases plus classiques dès le quatrième opus. Depuis sa sortie, le métrage a heureusement trouvé son lot de défenseurs. Ayant découvert ce métrage tout jeune, j’avoue que pour moi aussi, l’incompréhension fut grande de ne pas apercevoir The Shape de tout le métrage… Il était donc temps de le redécouvrir car son ambiance poisseuse (finalement assez proche de l’univers de Big John) me hantait toujours!

Et j’ai eu du nez: Le Sang du Sorcier se révèle un bon film bis plein de qualités comme on les aime! Réalisé par Tommy Lee Wallace (ami de longue date de Carpenter et habitué du genre horrifique), à mi chemin entre Mondwest, Invasion Los Angeles, Twin Peaks et Soleil Vert (oui, rien que ça), ce troisième opus raconte l’enquête d’un médecin (Tom Atkins, vu dans Fog, New York 1997, Maniac Cop,…) sur un mystérieux assassinat qui le conduira à découvrir dans une petite ville à priori sans histoire une machination de bien plus grande envergure, conspiration dont l’échéance est fixée…le soir même d’Halloween! Bien rythmé, avec une mise en scène correcte, mélangeant habilement les genres (thriller, SF et épouvante…ça ne vous rappelle rien?) et doté de FX parfois proches du body horror (même si forcément datés), ce troisième opus se laisse suivre sans mal pour peu qu’on rentre dans cette histoire ma foi un peu classique en apparence (peut être le vrai point faible de ce film, avec une certaine avarice en scènes chocs et une romance inutile mais tellement récurrente à l’époque) et qu’on abandonne l’idée de voir un slasher. On appréciera aussi le nouveau thème musical (Carpenter himself), les liens plus évidents entre Halloween et ses racines celtes (même si on évite pas les sempiternels clichés merdiques sur le paganisme), la réflexion sur la propagande médiatique et le consumérisme, le sacrifice décomplexé de gamins ou encore une fin…mmh idéale? Une critique et un fatalisme chers à Carpenter, je vous disais! Bref, avec autant de bonnes idées, on ne peut donc que saluer cette tentative (parfois une peu bancale, c’est vrai) de renouveller un peu la saga qui avait déjà fait le tour de sa propre histoire en deux films (rappelons que Myers meurt à la fin du second opus. Même si l’histoire en a décidé autrement!

Pour aller plus loin, une vidéo du Fossoyeur: https://www.youtube.com/watch?v=zibK5Ll10LA

https://www.imdb.com/title/tt0085636/?ref_=nm_knf_i1

Fête Sanglante/The Slumber Party Massacre: Ca faisait longtemps que je n’étais pas tombé sur un film d’horreur où rien n’allait à ce point là. Bon en même temps, avec un titre comme « Massacre à la soirée pyjama », il ne fallait pas en attendre trop non plus! C’est simple TSPM (premier du nom, la saga compte en tout trois « séries », dont celle des Sorority House, les deux Cheerleaders Massacre plus le remake tout frais du premier, ça va vous suivez?), présenté comme une parodie de slasher (produite par Roger Corman) a finalement tout d’un nanar: les personnages sont débiles et insipides, le tueur a le charisme d’une moule avariée (c’est globalement le cas de tout le monde là dedans), on connait son identité dès le départ, la tension est inexistante dans la plupart des scènes de meurtres,… Alors si, la seule originalité tient dans le fait que le tueur massacre à la foreuse. Ca va? Vous allez vous en remettre? C’est bien de vouloir jouer avec les codes du slasher (bon d’accord, le coup du voisin qui explose des escargots à la machette m’a arraché un fou rire nerveux) mais il faudrait au préalable créer un minimum de contexte pour qu’on puisse rentrer dans le film et non pas empiler des scènes à la va-vite, car c’est vraiment l’impression que donne ce film, qui réussit à être plus mauvais que le premier Vendredi 13 (faut le faire!)… TSPM est finalement un énième prétexte pour reluquer des poitrines en toute impunité (en terme de nudité, on est largement servi…quand on sait que ce ne sont que des femmes à la réal des Slumber Party, l’insupportable obsession metoo a de quoi faire rire) et des ados couillons à souhait se faire charcuter à l’arrache par Joe le Balayeur. Et on s’étonnera que l’horreur/épouvante soit un genre méprisé cantonné à un public de niche après ça… On tentera peut être d’autres films de la saga car celui ci n’est visiblement pas le meilleur! En attendant, je vais aller me laver les yeux avec de la javel! Ah oui, la responsable de cette infâmie a écrit Beethoven, pour info…

https://www.imdb.com/title/tt0084695/?ref_=fn_al_tt_1

« Si on donne une perceuse sans fil de 15 kilos à Jean-Mi c’est pas trop foutage de gueule? On s’en fout, le public veut des nichoooons! » (extrait du brainstorming pré-prod)

Bilan donc de cette Old Horror Week 2021: on retiendra évidemment l’excellent Le Blob (véritable surprise) et les sous-estimés Réincarnations et Halloween 3! A la prochaine pour une Old Thriller Week ou un Old Sci-Fi Week! 😉

Rétro James Bond (2/5): Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (1965), On ne vit que deux fois (1967), Au service secret de sa Majesté (1969), Les Diamants sont éternels (1971), Skyfall (2012)

Goldfinger (3/25): Clairement un des meilleurs opus de la saga, bien rythmé, avec un scénario solide et une palette de personnages mémorables/bien écrits, un theme song enfin mémorable (Shirley Bassey!) et j’en passe. Chronique plus complète dans un prochain podcast dédié aux meilleurs films de la saga!

Note: 4/4

https://www.imdb.com/title/tt0058150/?ref_=nv_sr_srsg_0

Opération Tonnerre (4/25): A l’instar de son prédecesseur, Thunderball est marquant à plus d’un titre: un méchant (Adolfo Celi) et des James Bond Girls mémorables (Claudine Auger, Molly Peters,…), de bons rebondissements, des séquences aquatiques d’anthologie, clairement un des opus les plus prenants de la saga, moins connu que son aîné mais tout aussi excellent. Là encore, chronique plus complète dans un prochain podcast dédié aux meilleurs films de la saga!

Note: 4/4

https://www.imdb.com/title/tt0059800/?ref_=nv_sr_srsg_0

On ne vit que deux fois (5/25): Pour le dire vite, On ne vit que deux fois souffre surtout de l’apparition trop tardive (la première!) de Blofeld, interprété ici par le divin Donald Pleasance, autrement c’est du quasi tout bon: séquences mémorables comme le duel d’hélicoptères, les poursuites en voiture avec Aki au volant ou la fausse mort de Bond en introduction. Les cadres choisis sont dépaysants (Japon…et on fait l’effort de nous présenter quelques unes de ses traditions, vols spatiaux, base du SPECTRE tapie dans un volcan), avec des plans aériens magnifiques à la clé, le contexte de la Guerre Froide refait son apparition, le scénario est plutôt bon et prenant,… Bref un opus qui loupe le podium de peu!

Note: 3,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0062512/?ref_=nv_sr_srsg_0

Au service secret de sa Majesté (6/25): Commencons avec le point le plus litigieux du film: Georges Lazenby dans le rôle principal. Personnellement, je trouve qu’il s’en sort bien dans ce sixième opus, plus athlétique (quel combat d’intro, mes amis), tout aussi mordant…mais passer après Sean Connery, dont la carrière est indissociable de la saga James Bond était un suicide assuré! D’autant plus que l’acteur australien ne signera qu’un film de cette même saga… On notera surtout (et enfin) l’évolution du personnage qui semble s’assagir, devenir plus humain et finit par tomber amoureux puis se marier à la fin de cet opus (fait unique dans la saga). Cet opus est donc clairement à part pour toutes ces raisons (pas de theme song mais un joli hommage à Connery dans le générique d’ailleurs)! Suivant cette tendance, on a un métrage plutôt tranquille dans sa première partie et qui monte en puissance vers un twist final cynique à souhait. Diana Rigg est réellement pétillante (n’étant pas objectif car j’ai longtemps regardé Chapeau Melon et Bottes de cuir parmi d’autres vieilleries) et éclipse clairement les autres James Bond Girls de cet opus. Telly Savalas fait, lui, un parfait Blofeld! Les décors suisses et les premières tensions entre Bond et M apportent un peu de vent frais! Le scénario solide et une bonne bande-son (John Barry signe peut être là une de ses meilleures compo) faisant le reste! Et puis, un film avec un duel final en bobsleigh ne peut pas être un mauvais film! Un opus clairement correct donc!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt0064757/?ref_=nv_sr_srsg_0

Les Diamants sont éternels (7/25): Il va m’être difficile de parler de cet opus sans y accoller le terme nanar, tellement on sent ici que la saga commence à tourner en rond (au point de se parodier, sciemment ou pas) et que les éléments problématiques sont légion. Pourtant tout était réuni pour faire un film honnête, y compris le retour de Connery (Lazenby ne souhaitant pas renouveler l’expérience) et d’Hamilton derrière la caméra, ainsi que du personnage d’Ernst Stavro Blofeld… Le gros point noir, c’est avant tout un scénario peu passionnant et même difficile à suivre pour pas grand chose. Les gadgets (les effets spéciaux étant moches à souhait, au passage), péripéties et James Bond Girls (Jill St John, Lana Wood) ne venant rééquilibrer en rien ce manque. Pire, Sean Connery a l’air de se contenter du minimum syndical! Et je ne parle pas du comique troupier lourd et vite insupportable du binôme Wint/Kidd qui interroge pas mal sur la direction réelle que voulait prendre le film… Paradoxalement, c’est ce même aspect comique (involontaire?) et quelques éléménts (séquence pré-générique, générique et theme song de Shirley Bassey, Charles Gray en Blofeld…déjà vu dans On ne vit que deux fois) qui le sauvent du zéro pointé de justesse!

Note: 0,5/4

https://www.imdb.com/title/tt0066995/?ref_=nv_sr_srsg_0

Skyfall (23/25): Soit disant l’un des meilleurs opus de la saga, je lui trouve pour ma part plusieurs défauts majeurs qui lui font louper le podium: le lore sur les origines de Bond est superflu et inintéressant, le scénario n’est pas fluide du tout (ce qui rend l’histoire compliquée à suivre), le pathos final est clairement inutile, les scènes de séduction sont de plus en plus improbables (c’est un vieux gimmick de la saga, ok, mais il faudrait un peu évoluer) et je ne parle même pas de celles « troubles » avec Moneypenny qui prouvent qu’à tout vouloir réinventer… il y a plus à perdre qu’à gagner. On préfèrera retenir de Skyfall Javier Bardem en méchant cynique à souhait (à l’instar de certaines décisions du MI6), de belles séquences d’action, les superbes paysages écossais, un Bond vieillissant, un rythme bien dosé, la photographie au poil, le talentueux Ralph Fiennes en nouveau M et bien évidemment le theme song d’Adele… Un opus en demie teinte qui doit pas mal sa réputation grâce à la mise en scène de Sam Mendes, au final!

Note: 3/4

https://www.imdb.com/title/tt1074638/?ref_=nv_sr_srsg_0