Découvertes: Le Locataire (1976), Massacre à la tronçonneuse 2 (1986), Invisible Man (2020)

Le Locataire: Adaptation du roman de Roland Topor (Le Locataire chimérique, dont on retrouve aisément le ton cynique et kafkaïen dans le métrage) clotûrant la trilogie sur les appartements maudits (après Répulsion et Rosemary’s Baby), Le Locataire est encore une fois un exemple de la maîtrise du polonais dans ses thématiques de prédilection (ambiance malsaine et cauchemardesque, pression sociale/complot, maladies psychiques diverses -notamment la paranoïa et la schizophrénie-, autant dire que Lynch et Cronenberg ne sont pas très loin), l’appartement du héros, reflet de la psyché de Mr Trelkovsky, jouant encore une fois son rôle de catalyseur avant l’explosion finale, à savoir le dédoublement. Ce huis clos total rondement mené par un beau casting (Adjani mais surtout une ribambelle de trognes que n’aurait pas renié un Jeunet période Delicatessen) est toutefois non dénué d’humour (les plus observateurs auront repéré la présence de trois figures du Splendid dans les seconds rôles). Grâce à un scénario bien ficelé (sujet à de multiples interprétations, allant bien au delà du rapport à l’autre), une bande son et une mise en scène au poil (absolument géniale dans les moments de panique du protagoniste), le métrage offre un bon potentiel de revisionnage et a dû être un sacré OVNI au moment de sa sortie!

Pour justement aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?v=N7T-0IRLaZU

https://www.imdb.com/title/tt0074811/?ref_=nv_sr_srsg_0

Massacre à la tronçonneuse 2: Je plaide non coupable! Ayant découvert il y a peu l’excellent podcast Fucked Up Movies (des humoristes Urbain et Dedo) qui en parlait, je me suis dit que c’était peut être une bonne idée de découvrir cette suite. Une emballement que j’ai vite regretté! Si Tobe Hooper repasse derrière la caméra pour proposer une suite plus proche de l’opus qu’il aurait aimé réaliser en 1974 avec des moyens conséquents (à savoir une comédie noire avec des personnages plus fouillés), ce métrage ne vaut finalement que pour les personnages totalement délirants incarnés par Denis Hopper et Bill Moseley, le reste étant d’une médiocrité assez sévère (la scène du repas du premier film est reprise intégralement sans rien y apporter de nouveau, par exemple). L’humour y est lourdingue (déjà que l’humour ricain, de base…) et plombe le peu d’atmosphère horrifique déjà présente, la cohérence du scénario est catastrophique, l’héroïne (Caroline Williams) et le père des dégénérés (Jim Siedow, rescapé de l’opus de ’74) cabotinent à mort, les victimes se compte sur les doigts d’une main amputée, la tentative d’humaniser Leatherface et de proposer une action se déroulant hors du cadre de la ferme des rednecks ne marchent qu’à moitié… Bref, le bilan est salé! J’ai presque eu l’impression de regarder l’infâme troisième opus (Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3), pourtant un excellent nanar des familles, tellement le résultat est exubérant et loin de ce que l’on est en droit d’espérer en regardant un film de la saga Texas Chainsaw Massacre! On sauvera à la rigueur les décors (au passage, c’est Savini aux maquillages et FX) dans la dernière partie du film même si le côté dépouillé du premier opus était tout aussi efficace. Fallait pas toucher à un film aussi culte! Mais bon, c’est pas comme si Hooper avait visiblement pondu un seul bon film depuis…

https://www.imdb.com/title/tt0092076/?ref_=nv_sr_srsg_6

Le seul passage horrifique du film, c’est dire…

Invisible Man: Dans le registre des thrillers moyens aux idées originales, je demande Invisible Man! Leigh Whannell (connu pour ses scénarios dans les différentes sagas de James Wan) signe là un thriller psychologique (plus que véritablement horrifique) prenant, même si plutôt contemplatif mais avec de bons rebondissements (parfois un peu too much, j’en conviens) et dont le pitch de départ (une femme se retrouve harcelé par son ex-mari toxique, prétendument mort, qui a trouvé le moyen de devenir invisible) offre de belles occasions de renouveller et de jouer avec les codes du genre! L’ambiance paranoïaque est véritablement réussie (l’invisibilité comme métaphore un poil grossière des conséquences de violences physiques/psychiques, chantage et harcèlement), portée par une Elisabeth Moss (Mad Men, The Handmaid’s Tale) inspirée et une mise en scène/visuel solide fincherien à souhait (à l’instar de l’appartement carcéral du « couple », prouesse de dépouillement et d’architecture). Et surtout, le concept de départ est respecté tout au long du métrage, ne perd pas de sa force sur la longueur et n’est pas un simple prétexte pour nous offrir un énième film à suspense interchangeable. A noter que le nom du mari « Adrian Griffin » est évidemment un clin d’oeil au personnage de l’Homme invisible écrit par H.G. Wells (dont ce film est une adaptation originale).

PS: Je vois que beaucoup de critiques ont vu dans cette oeuvre une énième charge contre le patriarcat blanc (cette horreur sans nom qui a permis l’élaboration de sociétés modernes dans lesquelles certaines femmes parfaitement médiocres, désoeuvrés et désaxées peuvent venir chialer nuit et jour depuis leur canapé confortable sur les vilains mâles hétéros blancs dotés d’esprit critique -dont je suis- et au passage embarquer d’autres femmes dans leur délire afin de pourrir l’ambiance générale), on va se calmer c’est pas le débile Promising Young Woman acclamé par toute la gôche Twitter non plus (les féministes modernes, comme toutes les autres minorités toxiques subventionnées, n’étant pas tellement réputées ni pour leur bonne foi, ni la pertinence et la finesse d’argumentation, je mets au défi n’importe quel homme normalement constitué de regarder le trailer de cette bouse sans avoir envie de gerber tellement la propagande y est obscène). On a l’époque (et les SJW) qu’on mérite, après tout! Mais faudrait pas que le vent tourne quand même, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes que votre acharnement commence à fatiguer salement…

https://www.imdb.com/title/tt1051906/?ref_=nm_ov_bio_lk4

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