Découverte littéraire: « L’Echo des suppliciés » (Joël Houssin, 1985)

On finit notre découverte des romans les plus emblématiques de la collection « Gore » avec un des romans réputés les plus riches en dégueulasseries de la collection.

« L’Echo des suppliciés » de Joël Houssin (plus connu du grand public pour sa série littéraire du Dobermann) est un excellent roman qui se lit d’une traite, très rythmé, avec beaucoup de personnages et des sévices « médiévaux » qui sont franchement à la limite du soutenable (pour vous donner un ordre d’idée, « Blood Sex » est franchement gentil à côté). Si on devait comparer ça à quelques films, on est entre Braindead pour le gore à tous les étages, la quadrilogie des zombies de Fulci pour le contexte fantastique et A Serbian Film pour…l’inventivité du reste, façon Sade sous amphètes. Ne choisissez pas ce roman pour le sexe car il est quasi absent du récit. Le cadre de l’action (une station de sports d’hiver) est franchement bien choisie et la fin permet de donner un peu de profondeur à ce choix. Un bouquin en tout cas fidèle à sa réputation!

Les chroniques littéraires suivantes seront consacrées aux magistraux magistral K. Dick et Clive Barker.

Bonus: https://www.avoir-alire.com/gore-dissection-d-une-collection-de-david-didelot

Sélection de podcasts #3

L’équipe de La Bobine Hurlante se réunit pour une seconde émission passionnante consacrée aux films ayant inspiré les slashers (autant dire une niche encore assez méconnue). Au menu: Black Christmas, L’homme léopard et The Town that dreaded sundown!

Laura fait genre consacre sa dernière intervention à La Femme à la fenêtre (sorti plus tôt ce mois ci) qui est une adaptation…et qu’on se fera un plaisir de découvrir bientôt!

Découvertes: Les Diables (1971), Kalidor (1985), Ant Head (2018)

Les Diables: Film culte (adapté d’un récit historique réel d’Aldous Huxley) qui s’avère être une énorme farce au vu du jeu d’acteurs, scénario, montage et BO tellement à la ramasse qu’ils semblent pondus sous acide, façon Jodorowsky ou Gilliam mais sans leur génie (c’est dire si on est dans le grotesque). Alors oui, on saisit bien le propos à charge contre le fanatisme religieux et les abus de pouvoir en général mais honnêtement, c’était pas possible de proposer quelque chose de plus fin, de proposer une critique sans enfiler tous les clichés au point de décrédibiliser totalement les personnages? Le métrage a au moins eu le mérite de m’arracher des rires nerveux devant le n’importe quoi ambiant… J’imagine que c’est déjà énorme! A regarder sans le son éventuellement donc, uniquement pour les costumes/décors et parce que ça fait historiquement partie des débuts de la nunsploitation!

https://www.imdb.com/title/tt0066993/?ref_=nv_sr_srsg_0

Kalidor: La Légende du talisman/Red Sonja: Etant particulièrement fan de l’univers de R. E. Howard et déplorant le manque de films fantasy (tu le sens venir le cycle rempli ras la gueule de Deathstalker et autres Les Barbarians des enfers?), il était temps de visionner ce troisième opus de l’univers du Barbare. Le plus gros souci de Kalidor (ou Red Sonja dans version d’origine) est qu’il reste un film grand public, loin de l’univers cruel et épique de Conan. On ne ressent pas vraiment la prise de risques des personnages et le côté comique nuit à son équilibre. C’est dommage pour l’avant-dernière réalisation de Richard Fleischer, les décors, la BO (Ennio Moriconne) et le synopsis sont pourtant corrects (on ne peut pas en dire autant du seul monstre du film) mais le film ne décolle réellement jamais. Les acteurs s’en tirent honorablement (bon ok, faut supporter les gosses), Brigitte Nielsen en tête, dans un rôle de femme forte étonnant. On notera également la présence de Sandahl Bergman, qui jouait Valeria dans Conan, cette fois ci dans le rôle de la Reine Gedren. Ca se laisse regarder disons!

https://www.imdb.com/title/tt0089893/?ref_=nv_sr_srsg_0

Ant Head: Court métrage de Lynch, sorte de délire expérimental à la Eraserhead qui aurait mérité d’être réduit de moitié, même si c’est toujours sympa de voir que le Monsieur n’a rien perdu de ses velleités malsaines de l’époque! Un métrage qui, comme tout bon cinoche expérimental qui se respecte, est laissé aux interprétations de chacun!

https://www.imdb.com/title/tt9287342/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Peeping Tom (1960), Mandibules (2020), Bloody Bird (1987), Carnival of Souls (1962), The Nest (2013)

Peeping Tom/Le Voyeur: Film matriciel s’il en est, offrant entre autres des vues subjectives du plus bel effet, on comprend aisément pourquoi et comment Peeping Tom a inspiré des films de psycho-killers tous plus malsains les uns que les autres: gialli, slashers, snuff movies! Souvent comparé à son jumeau Psychose (qui aura l’avantage d’une meilleure mise en scène -encore que- mais surtout d’un réalisateur plus renommé), le film de Michael Powell va pourtant plus loin dans ses thématiques, notamment en rentrant totalement dans la psyché de son antihéros et en l’humanisant via sa relation impossible avec sa voisine Helen Stephens (Anna Massey que l’on retrouvera dans Frenzy), ce qui donne un côté drame shakespearien bienvenue. Obsédé (voire dépendant) par le « pouvoir » des caméras (d’où un côté « méta » sur le cinéma, qu’on retrouvera chez Antonioni, De Palma ou Haneke), s’adonnant à des délires de grandeur, miné par des traumas enfantins, les tueries de Mark Lewis (superbe Karlheinz Böhm) ne peuvent que mal finir mais le métrage réussit à nous tenir en haleine tout d’un long, jusqu’au magnifique climax final. Le film, original, brillant, dense et qui mérite amplement d’être (re)découvert, fera couler beaucoup d’encre à sa sortie et sera distribué quasi clandestinement les premiers temps, précipitant la fin de carrière de son réalisateur. Profondément injuste.

https://www.imdb.com/title/tt0054167/?ref_=fn_al_tt_1

Mandibules: Première séance de 2021 pour votre hôte et l’occasion de voir si Dupieux persévère dans la « normalisation » de son univers, entamée avec Au Poste! et Le Daim (qui sont tout à fait corrects). Hé bien c’est le cas, Mandibules est un film à l’esthétique lèchée (tourné dans le Var, de souvenir), parsemé de quelques fulgurances absurdes mais qui reste bien trop sage pour les amateurs de ses anciens films (dont je suis). Les acteurs s’en sortent bien (il faut dire que Grégoire Ludig et David Marsais sont dans leur élément) mais au vu de certains potentiels (je pense à Bruno Lochet par exemple) et du pitch de départ, il y avait certainement matière à donner une autre ampleur à ce film. Pour être plus précis, on a parfois plus l’impression de regarder un métrage du Palmashow qui traîne en longueur qu’un film de Dupieux. Après, on ne va pas se mentir: retrouver le chemin des salles obscures après plus de six mois est un plaisir, alors on ne va pas trop en tenir rigueur à Dupieux mais on attend de pied ferme Incroyable mais vrai, son prochain métrage prévu pour la fin de l’année, avec Alain Chabat et Léa Drucker.

https://www.imdb.com/title/tt10375106/?ref_=nv_sr_srsg_0

Bloody Bird/Stage Fright: Soavi ayant signé l’excellent Dellamorte Dellamore (chronique à venir d’ailleurs), j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de découvrir ce slasher/giallo de la fin des 80’s. Grand mal m’en a pris parce qu’à part une succession de clichés tellement grotesque que j’ai dû arrêter le visionnage pour vérifier si ce n’était pas une parodie assumée, c’est vraiment l’impression de gâchis qui surnage. Pourtant vu le sujet et l’apparence du tueur, il y avait un certain potentiel… On sauvera juste la BO de Simon Boswell (Phenomena, Demons 2, Santa Sangre et j’en passe). En espérant que Sanctuaire et La Secte ne soient pas du même acabit!

https://www.imdb.com/title/tt0092576/?ref_=fn_al_tt_1

Tu as peur? Hein, dis le que tu as peur! Regarde comme je saute haut!

Carnival of Souls/Le Carnaval des Âmes: Mon premier rapport avec Carnival était un vieux doccumentaire sur le cinéma de genre diffusé sur Arte pour Halloween (on devait être dans les années 1990) suivi du film de Herk Harvey (qui joue le « revenant » principal dans ce film) où certaines images sont restées gravées en mémoire (dont certains passages de Phantasm et je ne sais quel opus d’Hellraiser). Mais trop jeune pour ce genre de film tout en ambiances, je n’ai jamais réussi à passer le cap. Jusqu’à aujourd’hui! Et ma foi, c’est plutôt une bonne surprise, à classer dans les films à petit budget, bien rythmé, qui propose de vrais moments de bravoure, à l’instar de Messiah Of Evil (qu’il serait grand temps que je retente). Unique rescapée d’un accident de la route, la protagoniste (incarnée par Candace Hilligoss, qui porte totalement le film sur ses épaules) se met à avoir des visions impliquant un homme à l’aspect livide et un grand bâtiment abandonné, près d’un lac. Le noir & blanc est superbe, certains plans très inspirés et le propos est assez avant gardiste (rôle de femme forte, flou entre réalité et visions, malédiction dont on ne peut se défaire, motifs récurrents,…). Même si le final est prévisible aujourd’hui, le traitement des « revenants », à la lisière entre spectres et zombies modernes (qui, comme dit dans le dernier PIFFFcast, sont plus proches des goules qu’autre chose) est original et donne du sens au scénario. En le regardant, on pense tour à tour à Shining, Eraserhead, La Nuit des morts vivants. Hélas ni Hilligoss ni Harvey (dont c’est le seul long métrage) ne feront une grande carrière par la suite, le film faisant un bide lors de sa sortie, comme beaucoup de films au statut passé culte avec le temps. Un film qui sait proposer de vrais instants de poésie sans jamais cesser d’être inquiétant (on fleurte d’ailleurs avec le thriller psychologique), quoi qu’il en soit!

Pour aller plus loin (eng)!

https://www.imdb.com/title/tt0055830/?ref_=nv_sr_srsg_0

The Nest: Court métrage (en plan séquence) représentatif de l’évolution du réalisateur, The Nest présente un body horror suggéré, verbeux, là où les anciens Cronenberg montraient l’horreur frontalement (sans pour autant négliger leur portée symbolique et leurs réflexions sur les sociétés humaines). L’intérêt de The Nest résidant aussi dans la potentielle inversion des rapports de force entre les deux personnages. Alors oui, ça marche sur une courte durée mais ça donne aussi des trucs très moches, comme Cosmopolis!

https://www.imdb.com/title/tt3831484/?ref_=fn_tt_tt_12

Chronique littéraire: « Bruit crissant du rasoir sur les os » (Corsélien, 1988)

On continue notre exploration de la mythique collection « Gore » avec le numéro 61 signé par un autre auteur mythique: Pascal « Corsélien » Marignac (qui comme Nécrorian signera une poignée d’autres romans pour la collection de Fleuve Noir).

Encore une fois le récit est très bon (pour la faire courte, un médecin de campagne se retrouve au coeur d’une série de meurtres à connotation religieuse), le suspense monte crescendo et se permet même quelques retournements de situation bienvenus sur le climax final. Le style est excellent, caustique, non dénué d’humour, avec un phrasé parfois assez « oral ». L’aspect glauque est bien présent, bien plus que le sexe en tout cas, avec un résultat assez proche du giallo (pour l’aspect « jeu de pistes »)! Ce livre remportera d’ailleurs un prix à Avoriaz en 1988. Non assurément, je préfère la patte de Corsélien que celle de Nécrorian, plus générique.

En bonus deux petites listes de Sens Critique sur le sujet: https://www.senscritique.com/liste/Les_romans_les_plus_hardgores_de_la_collection_Gore/1226689

https://www.senscritique.com/liste/Les_romans_parus_dans_la_collection_Gore_Fleuve_Noir_Vaugira/976494#page-1/

En rappellant que certaines collections plus récentes, notamment Trash et Karnage, se sont posées légitimement comme héritières de la collection « Gore »…

Sélection de podcasts #2

Le dernier Final Cut consacré à David Lynch, réal cher à votre hôte. Marvin reçoit cette fois ci Luc le Gonidec pour en parler (podcasteur chez Retour vers le Turfu, Shitlist et Le Début de la Fin que vous retrouverez ici)!

Bon, ok, c’est pas tout frais mais les camarades québécois Maxime et Mathieu de 35mm de podcast ont décortiqué Darren Aronofsky il y a peu, ça mérite bien un coup de projecteur, non? Surtout que ces fripons ont aussi consacré une émission au renouveau de l’horreur à leurs débuts, j’ai nommé Robert Eggers!

Quoi voir dès le 19 mai?

Les cinémas réouvrant le 19 mai et quelques films étant déjà sortis sur Netflix (comme La Femme à la fenêtre ou Synchronic), on passe en revue les quelques films les plus attendus que l’on pourra voir dès le moi de mai ou juin!

Mandibules de Quentin Dupieux. Après Le Daim et un Au Poste! plus accessibles mais toujours aussi barrés, on a hâte de découvrir ce nouvel opus du barbu…en attendant Incroyable mais vrai, le prochain, qui sortira en fin d’année!

Conjuring 3 de Michael Chaves (sortie le 9 juin). Parce que le second opus nous avait mis une sacrée claque après des spin-off franchement dispensables!

False Positive de John Lee (sortie le 18 juin). Le pitch alléchant (Rosemary’s Baby revisité) et produit par A24, forcément, on achète!

Alors oui c’est peu mais vu ce qui arrive dans la seconde partie de l’année (Halloween Kills, Dune, Old, Kaamelott, Matrix 4, Last Night in Soho, The Green Knight, Malignant, The Deep House et bien d’autres!), on va rester patients!

Sélection de podcasts #1

Parce qu’après tout, quitte à vous conseiller des podcasts de temps en temps, autant se faire un petite sélection de temps à autre!

Le dernier PIFFFcast se repenche sur la thématique zombies et les superbes films que sont Messiah Of Evil, Le Mort Vivant (déjà chroniqué ici), L’Emprise des Ténèbres, Dellamorte Dellamore et The Battery, loin des vus et revus classiques!

La première émission de La Bobine Hurlante, podcast consacré au cinéma de genre/bis par le trio Thierry de Pinsun, Léo Iurillo et Jess Lordi (si les premiers noms vous disent quelque chose, c’est normal puisqu’on les retrouve dans divers podcasts et blogs notamment Certains l’aiment à chaud et On se fait un ciné ?, Fucking Cinéphiles), qui revient sur trois films de Tobe Hooper (réal à mon sens surestimé mais aussi assez méconnu): Lifeforce, Poltergeist et Mortuary! Podcast à suivre les amis!

La toute dernière du Coin du Bis, qui nous régale avec un format court présentant le complètement barré Kuso où l’on retrouve David Firth (Salad Fingers et bien d’autres choses) et Cool 3D World (on sent le gars qui s’est perdu sur Youtube un peu trop souvent ou bien?)

A la semaine prochaine!

Semaine spéciale « L’Envers du Culte »! (7/7) Podcast #16

Pour ce dernier épisode de cette semaine spéciale, on s’attarde sur Le Loup-Garou de Londres/An American Werewolf in London de John Landis (1981) et notamment ses effets spéciaux sublimes signés Rich Baker!

Pour aller plus loin, un podcast de Splitscreen et un autre du collègue Romain Houlès!

Sans oublier la traditionnelle analyse du film par l’excellent Mr Bobine!

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Fond sonore: « Detox » (Karl Casey @ White Bat Audio)

Genre #19: The Low Road – Kaamelott, une exception française ? Genre!

Nouveau format court (encore?) sur le vif consacré à une poignée de séries et qui permet une rentrée tout en douceur, on revient aujourd'hui brièvement sur certaines raisons du succès de Kaamelott, la série d'Alexandre Astier (incarnant évidemment le rôle d'Arthur Pendragon dans celle ci) débutée en 2005 et qui a eu enfin droit à une transition cinématographique cet été! Evoqués dans l'émission: Kaamelott (2005), Kaamelott Premier Volet (2021), Excalibur (1981, largement adapté des écrits de Thomas Malory), Caméra Café (2001) Pour aller plus loin: 1 2 Les articles et analyses reviennent bientôt sur https://genrepodcast.frPlus de Twitter ou de Utip, vu le peu que ça sert. Par contre pas impossible que je mette ces podcasts sur Youtube un jour, on verra…Ce podcast est diffusé sur iTunes,Spotify et Deezer
  1. Genre #19: The Low Road – Kaamelott, une exception française ?
  2. Genre #18: Film du mois de mai 2021 – Toutes les couleurs du vice (1972)
  3. Genre #17: Film du mois d'avril 2021 – Suspiria (2018)
  4. Genre #16: L'Envers du culte – Le Loup-Garou de Londres/ An American Werewolf in London (1981)
  5. Genre #15: L'Envers du culte – La Dernière Maison sur la Gauche (1972)

Découvertes: Virus Cannibale (1980), Les Nuits de Dracula (1970), Chromosome 3 (1979)

Bonjour, nous interrompons temporairement cette longue liste de relais de podcasts produits en quantité industrielle pour vous signalez qu’au delà d’être un podcast qui se perd dans 10 000 formats, Genre ! est avant tout un blog de critiques de de films (bis ou pas) vus…entre deux podcasts, justement! :p

Virus Cannibale: On entre (enfin) dans le territoire du Z avéré avec ce film emblématique de Bruno « Vincent Dawn » Mattei (que beaucoup connaissent sans doute grâce à Nanarland mais qui reste surtout un incontournable du cinéma d’exploitation européen, à côté des Franco, D’Amato, Rollin, Fulci et autres Lenzi), sorte de patchwork de film d’action, d’exploitation cannibale et d’énième variation de films de zombies, soit tout ce qui faisait vendre à l’époque. Ce film donne salement l’impression de ne pas savoir où il va et même si l’ambiance moite typique des deux derniers sous genres « à l’italienne » est bien présent, le côté « au rabais » des maquillages, des costumes, du script (un summum d’incohérence), des acteurs (même les gosses réussissent à jouer mal) et même de la mise en scène (même si c’est bien elle qui s’en sort le mieux en définitive, il faut dire que Mattei a une longue carrière de monteur derrière lui) rend le tout vraiment indigeste pour aller jusqu’au bout, même pour un amateur d’exploitation européenne! Effet évidemment amplifié par les emprunts à gauche à droite (des morceaux des Goblins aux stock shots pas du tout raccords avec le lieu de l’action). Personnellement, j’ai toujours distingué les bons nanars (involontaires le plus souvent) et les mauvais. Et je déteste la sensation de perdre mon temps devant un film, même si le nawak est présent. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je range ce métrage… On tentera quand même Les Rats de Manhattan ou un ptit Shocking Dark des familles à l’avenir (vu la filmo foisonnante du Monsieur, on a l’embarras du choix) mais j’ai comme un doute, quand on sait à quel point certains ont pondu des chefs d’oeuvres bis avec un peu de bonne volonté…

Bonus: Mattei, on préfère quand c’est David Didelot qui en parle (Vidéotopsie)!

https://www.imdb.com/title/tt0082559/?ref_=nv_sr_srsg_0

On est vraiment sur de l’actor studio, Monique!

Les Nuits de Dracula/Nachts, wenn Dracula erwacht: Comme dit dans le dernier podcast, il était quand même temps d’entamer la découverte de la filmo de Jess Franco (173 films qui s’étendent de 1959 à 2013, quand même, respect!), en tant qu’amateur d’exploit européenne qui se respecte! Et bien…à part être un des rares films de vampires à respecter le récit originel de Bram Stoker (Londres étant tout de même remplacé par Budapest), ce métrage est décidement trop mal rythmé et dénué de tension (j’omets volontairement le jeu d’acteurs et les animaux en toc vu que c’est le jeu avec l’exploit’). La présence d’un Christopher Lee moustachu rajeunissant à vue d’oeil et d’un inquiétant Klaus Kinski mutique (apparaissant ici contre son gré) n’y feront rien, ce qui est dommage, car son style épuré, baroque et certains plans extérieurs n’étaient pas si inintéressants! L’érotisme est peu présent, ce qui est quand même un comble pour un film de Franco! On retentera tout de même avec Succubus ou L’Horrible Dr Orloff! Signalons que 1970 correspond à l’année de disparition de sa muse Soledad Miranda (qui joue ici le rôle de Lucy Westenra), le début du lent déclin qualitatif de son cinéma mais également qu’on retrouve un certain Bruno Mattei au montage!

https://www.imdb.com/title/tt0065569/?ref_=fn_al_tt_1

Chromosome 3/The Brood: Rare vieux classique du canadien que je n’avais pas encore vu (enfin, plus exactement retenté), The Brood s’avère un excellent Cronenberg, drame horrifique teinté d’un fond social très intéressant quasi cathartique (le réalisateur venait alors de divorcer de sa première épouse, membre d’une secte refusant la psychiatrie et se voit contrait de lui arracher leur fille) et continue la piste de sa fascination pour l’horreur corporelle déjà bien entamé avec Rage deux ans avant. L’ambiance glauque caractéristique des premiers Cronenberg est bien présente malgré le budget (1,5 millions), certains plans font déjà mouche et le fond ouvre déjà à beaucoup d’interprétations: le « créateur » dépassé par les pouvoirs de sa « créature », les familles séparées se livrant des guerres ouvertes via l’infuence/le discours qu’ils infligent à leurs enfants, les liens entre psyché et corps, la mémoire génétique, etc. Seules véritables ombres au tableau: certains seconds rôles assez moyens (Cindy Hinds en tête) et un script un peu répétitif à la longue. le début d’une belle période faste pour Cronenberg, qui nous régalera pendant presque vingt ans jusqu’à ce Existenz en demie teinte… Commencera alors une seconde période pour le réalisateur, plus verbeuse et analytique mais hélas assurément moins passionnante!

https://www.imdb.com/title/tt0078908/?ref_=nv_sr_srsg_0

Puisqu’on parlait de slashers il y a peu, signalons tout de même la série de vidéos de Close Up sur le sujet ainsi que l’anthologie dispo chez les amis de Mad Movies!