Découvertes: Beatrice Cenci (1969), La Baie sanglante (1971)

Beatrice Cenci (connu aussi sous le nom Liens d’amour et de sang): Je dois dire qu’au delà que trouver perturbant de voir Fulci diriger un drame historique réel (le film de Fulci est le cinquième métrage traitant du sujet), il est assez marrant de constater que l’italien dirigeait de bons acteurs dans les années 1960 et 1970…car autant vous le dire, la quadrilogie des zombies ne brille pas vraiment de ce côté là (ni par la qualité de ses scénarios d’ailleurs, l’arrête de la collaboration avec Roberto Gianviti au profit de Dardano Sacchetti n’y est clairement pas étrangère). Adrienne La Russa (qu’on retrouvera dans plusieurs séries par la suite) et Georges Wilson (à la longue carrière) crèvent littéralement l’écran dans ce mélodrame sadique prenant place durant la Renaissance. On retrouvera Tomás Milián (Olimpo), un habitué des westerns spaghetti et des poliziotteschi, dans deux films suivants du réalisateur: La Longue Nuit de l’exorcisme (1972) et Les Quatre de l’Apocalypse (1975). Les ambiances sont plutôt réussies, le rythme est bien dosé et encore une fois les thématiques et les plans nerveux caractéristiques du réal sont présents. En même temps, quoi de mieux qu’une histoire de paricide, dans le contexte de L’Inquisition (qui, petit point culture, n’a été abolie qu’au début du XIXe siècle), mettant en scène un patriarche détestable et une martyre sublime pour mettre en lumière l’hypocrisie de la Bourgeoise de l’époque et l’ambivalence de la religion? Même si l’italien se mettre un peu avare en hémoglobine, une fois n’est pas coutume! Encore une bonne surprise en tout cas!

https://www.imdb.com/title/tt0064073/?ref_=nv_sr_srsg_0

La Baie sanglante: Cette replongée dans la filmo du père Fulci étant aussi l’occasion de combler mon énorme méconnaissance de celle de Bava (un jour, j’arrêterai de me disperser pour torcher enfin ces putains de cycles « hard SF » et « conspiracy thrillers », promis…). Oui, La Baie sanglante est fidèle à sa réputation: inventif, sanglant, brutal, il est en ce sens un digne précurseur du slasher (notamment Vendredi 13: lac, victimes à peine majeures, multiples meurtres à l’arme blanche,…) mais n’oublie jamais d’être un giallo: travail évident sur l’esthétisme (lumières bleues et rouges, éclairages) et la mise en scène (zooms, gros plans, plans séquences, jeu sur les profondeurs de champs), tout y est (sauf l’enquête policière il est vrai)! Le petit plus de ce métrage (tardif dans la carrière de Mario Bava et miné par un budget au rabais) est son traitement de ses personnages: vils, arrivistes, influençables, sans grandeur d’âme…il aurait très bien pu être tourné par Fulci (justement!) tant le nihilisme et le pessimisme vis à vis du genre humain est omniprésent dans ce métrage (même si à mon sens la fin est bien too much)! La Baie, objet de convoitises pour la majorité des personnages, génère ainsi un immense jeu de massacres où tout le monde sera au minimum acteur, témoin ou complice, la folie meurtrière se propageant comme une maladie virale! On compte parmi le casting une bonne poignée d’habitués des gialli: Claudine Auger, Luigi Pistilli (que tout le monde a déjà vu chez Leone), Laura Betti. Le vrai point noir est à chercher du scénario tiré par les cheveux et pas très finaud qui semble uniquement là pour appuyer le propos (Dardano Sacchetti, encore lui) !

https://www.imdb.com/title/tt0067656/?ref_=fn_al_tt_1

Pusiqu’on en parlait il y a peu, un court documentaire sur la culture vidéoclub signé BiTS!

Et puisque c’était aussi le sujet d’un précédent podcast, le PIFFFcast a sorti sa dernière livraison sur le sujet slasher!

Le podcast #8 est sorti! (contre toute attente)

Nouveau format court aujourd’hui avec le « film du mois », notre futur rendez-vous mensuel (voire bimensuel si des bonnes surprises sont au menu)! Retour donc sur six mois de podcasts, de chroniques et de visionnages de films, à raison d’un film marquant par mois. Et ce coup ci, il y en a pour tous les goûts, vous verrez!

Films évoqués (je vous mets directement les filmographies pour éviter de noyer la description): Drunk (2020) de Thomas VinterbergEbola Syndrome (1996) d’Herman YauMondwest (1973) de Michael CrichtonAlice (1988) de Jan SvankmajerTorso (1973) de Sergio MartinoBuffet Froid (1979) de Bertrand Blier

Quelques liens sympas que je vous ai déniché:

En savoir plus sur le Dogme95

La vidéo du Coin du Bis (chaîne que je vous recommande pour la énième fois car lui aussi déterre des pépites totalement méconnues) sur la catégorie III

Petite analyse de Mondwest

Présentation plus complète de Jan Svankmajer

Critique de Torso par les non moins excellents Psychovision

En attendant de vous avouer mon étrange fascination pour Rubber, écoutons plutôt Quentin Dupieux nous parler de ses films français favoris


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Ce podcast est diffusé sur iTunesSpotify et Deezer… mais aussi PodbeanGoogle Podcasts et beaucoup d’autres!
Fond sonore: « Wonder » par Lakey Inspired
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Genre #8: Rétrospective films du mois (octobre 2020 – mars 2021) Genre!

Nouveau format court aujourd'hui avec le "film du mois", notre futur rendez-vous mensuel (voire bimensuel si des bonnes surprises sont au menu)! Retour donc sur six mois de podcasts, de chroniques et de visionnages de films, à raison d'un film marquant par mois. Et ce coup ci, il y en a pour tous les goûts, vous verrez! Films évoqués (je vous mets directement les filmographies pour éviter de noyer la description): Drunk (2020) de Thomas Vinterberg, Ebola Syndrome (1996) d'Herman Yau, Mondwest (1973) de Michael Crichton, Alice (1988) de Jan Svankmajer, Torso (1973) de Sergio Martino, Buffet Froid (1979) de Bertrand Blier Quelques liens sympas que je vous ai déniché: En savoir plus sur le Dogme95 La vidéo du Coin du Bis (chaîne que je vous recommande pour la énième fois car lui aussi déterre des pépites totalement méconnues) sur la catégorie III Petite analyse de Mondwest Présentation plus complète de Jan Svankmajer Critique de Torso par les non moins excellents Psychovision En attendant de vous avouer mon étrange fascination pour Rubber, écoutons plutôt Quentin Dupieux nous parler de ses films français favoris Retrouvez tous les articles et analyses sur https://genrepodcast.frRetrouvez moi aussi sur Twitter et Captain WatchPour me soutenir: https://utip.io/genrepodcastCe podcast est diffusé sur iTunes, Spotify et Deezer… mais aussi Podbean, Google Podcasts et beaucoup d'autres!Fond sonore: "Wonder" par Lakey Inspiredhttps://soundcloud.com/lakeyinspired
  1. Genre #8: Rétrospective films du mois (octobre 2020 – mars 2021)
  2. Genre #7: Souvenirs de vidéoclub & Top 70's Thrillers (bonus de printemps)
  3. Genre #6: Comment rythmer un thriller ?
  4. Genre #5: Slasher, un cliché malgré lui ?
  5. Genre #4: Top 10 Sixties (bonus de fêtes)

Découvertes: Le Temps du massacre (1966), Le Venin de la peur (1971)

Inutile de faire planer le suspense plus longtemps: oui, pour finir notre cycle zombies, je vous prépare un podcast sur le grand Lucio Fulci, réalisateur cher à mon coeur. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’italien a été productif au cours de sa longue carrière (1953-1991) et a touché à pas mal de styles: western, gialli, épouvante, fantastique, drame historique, policier, fantasy, comédie et j’en passe! Afin que le podcast ne soit pas aussi interminable que celui sur les slashers, on va donc découvrir ensemble ses films les plus majeurs, pour la plupart sortis entre le milieu des années 1960 et la fin des années 1970, un peu avant la quadrilogie des zombies qui nous intéresse donc (L’Enfer des zombies, Frayeurs, L’Au Delà, La Maison près du cimetière, même si le dernier louche plus du côté du slasher morbide). Sans trop fouiller le contexte de production de ces films mais ne serait ce que pour dégager des thématiques communes ou des gimmicks de mise en scène du romain barbu !

Le Temps du massacre: Et ça commence bien car il se trouve que je suis un grand amateur de western spaghetti (cycle à venir, j’annonce) et que…ma foi, Le Temps du massacre s’est sort vraiment très bien! Parce qu’entre nous, si Sergio Leone était vraiment le haut du panier, il y a beaucoup à boire et à manger dans cette niche (déjà touchée par le phénomène de l’ « exploitation » dans les 60’s), même chez Corbucci et Sollima! Il faut dire que si le scénario est assez convenu (un défaut récurrent dans ce style), les personnages sont un minimum fouillées (les héros comme les antagonistes), le rythme est au poil et les décors sont sublimes! On retrouve bien évidemment des acteurs habitués de la chose (Nero bien sûr mais aussi Hilton, Addobbati, Felleghy, Borgese, Runachagua,…) dont un Nino Castelnuovo (Les Parapluies de Cherbourg, Rocco et ses frères) dans un rôle de salaud absolument mémorable mais également des thématiques qui vont devenir chères au réal: la cruauté, la mort, le doute, le tout teinté d’un fatalisme typique! Car oui, le film porte bien son nom: du sang, des massacres, il y en a à la pelle! La mise en scène est déjà experte (Luci en est déjà à son 17e film), multipliant les types de plans et de techniques. La fin, elle, est absolument dantesque. La jolie musique est signée Lallo Gori, habitué du genre, des poliziotteschi et des thrillers. Le Temps du massacre vient donc rejoindre Colorado dans ma liste des seconds couteaux solides du western italien!

Pour aller plus loin, lire la critique de Psychovision (site que je vous recommande vivement): https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/757-temps-du-massacre-le

https://www.imdb.com/title/tt0061074/?ref_=nv_sr_srsg_0

Le Venin de la peur: Formant le quintet des giallis les plus connus du réalisateur avec Perversion Story (1969), La Longue nuit de l’exorcisme (1972), L’Emmurée vivante (1977) et L’Eventreur de New York (1982), Le Venin de la peur brille plus par quelques séquences (les hallucinations oniriques de Carol, sa poursuite par le hippie) que par son rythme, relativement en retrait (les scènes d’enquête proprement dites plombent pas mal le métrage). L’ambiance est à mi chemin entre Polanski, Hitchcock et De Palma, soit une bonne dose de paranoïa, d’érotisme, de doubles vies et de gore (Fulci échappera de peu à la prison pour sa scène de vivisection jugée réelle)! Les thématiques macabres et nihilistes sont bien présentes (on est en 1971 et la génération hippie en prend déjà pour son grade…la bourgeoisie aussi) et le jeu d’acteurs est solide. La mise en scène est excellente en revanche (dont ces fameux zooms et ces très gros plans sur les regards, typiques de l’italien) et son twist de fin vaut amplement le détour (méritant amplement un second visionnage, je ne vous en dis pas plus). Dans tous les cas, ce second giallo a le mérite de s’éloigner des canons du genre avec classe. A noter que c’est le légendaire Morricone à la musique.

Pour aller plus loin, autre superbe chronique de Psychovision: https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/805-venin-de-la-peur-le

https://www.imdb.com/title/tt0067361/?ref_=nv_sr_srsg_