Cultes: Millénium, les homme qui n’aimaient pas les femmes (2011), Panic Room (2002)

En préambule, je l’avoue, oui, David Fincher fait partie de mes réal favoris. Son Seven m’a totalement traumatisé quand je l’ai vu ado et fait clairement partie de mon top 5 devant l’éternel. Seulement voilà, à part sur Fight Club, je n’ai jamais tellement retrouvé la folie visuelle et scénaristique qui m’avait accroché dans le second film de l’américain. Je peux même vous l’avouer, je me suis franchement emmerdé devant Zodiac ou Gone Girl. The Social Network, lui, m’a juste gâché mon réveillon 2011 (Lucie, si tu nous lis, je ne te remercie pas) et je crois même avoir fini par m’assoupir devant… Et croyez moi, m’assoupir devant des films, j’ai un certain entraînement pour ça ces dernières années… Comme sur ce Millénium, « aperçu » il y a des annes entre cinq micro siestes par une après midi grise. Mais, les moments où j’ai réussi à garder l’oeil ouvert, j’ai pu tout de même sentir que la noirceur poisseuse qui se dégageait du film me ferait y revenir, tôt ou tard! Il était donc temps de finir la filmo du Monsieur à savoir: Millenium, Panic Room, The Game et L’Etrange histoire de Benjamin Button! C’est parti!

Millenium: Disons le d’entrée, je n’ai pas lu le roman (du même nom) de Stieg Larsson dont est tiré ce film (adaptation du premier roman de sa trilogie, plus précisement) ni vu la série suédoise de 2009 et la trilogie de films qui va avec (avec Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth). On se fera ça à un autre moment, promis, surtout que j’en ai lu beaucoup de bien! Du coup, j’ai cru comprendre que l’adaptation était assez fidèle! Je vous confiance pour vous renseigner sur l’histoire dont je ne parlerai pas ici. Entrons dans le vif du sujet: l’histoire et le personnage de Lisbeth Salander (incarné par la stupéfiante Rooney Mara, déjà vue dans le pas si mauvais remake des Griffes de la nuit, The Social Network justement ou encore l’excellent Her) est clairement le point fort du film. Et s’il paraît un peu cliché au début, on s’y attache sans peine au fil du récit. Au final, c’est elle, la véritable héroïne du film! Le duo journaliste baffoué/hackeuse sociopathe est intéressant car complémentaire et leur rencontre est plutôt bien amenée. L’autre point marquant, c’est son esthétique, les paysages suédois (alternant entre un Stockholm grisâtre et la glauquissime île familiale des Vanger) se mariant parfaitement à la mise en scène de Fincher. Et comme le thriller est pas des plus légers, dépeignant une humanité globalement bien dégueulasse et meurtrie jusqu’au sein de sa propre famille, ça fait des étincelles! Le rythme est lancinant mais maîtrisé, les 2h30 d’enquête passent sans souci (malgré un épilogue pas forcément nécessaire,voire détonnant avec le reste du film, quand il concerne les relations entre Lisbeth et Mikael), grâce à une BO aux petits oignons (signée Trent Reznor et Atticus Ross). Côté casting on retiendra bien sûr la performance de Craig et de Mara mais aussi celle du glaçant Stellan Skarsgård (vu maintes fois chez Lars Von Trier) malgré une gallerie de têtes connues (Robin Wright, Steven Berkoff, Joely Richardson,…). D’ailleurs, Fincher choisit de mettre en avant ses personnages, pour relayer l’intrigue au second plan et c’est une bonne chose, car au final celle ci est assez indigeste. Plus subtil qu’il n’y paraît, efficace, ce Millenium, même s’il fait forcément penser à Zodiac, est un très bon cru qui reste en tête!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178974.html

Panic Room: Là par contre, ce n’est pas la même sauce. Film au scénario plus convenu (il s’agit d’un film de commande), brillant uniquement par ses audaces de mises en scène (sa jolie photo, ses impressionnants effets numériques inspirant certainement un Enter the void, au passage), Panic Room est ce qu’on appelle un film mineur dans la carrière de Fincher. La faute à un casting moyen (Jodie Foster et Jared Leto ne sont franchement pas convaincants, voire irritants pour le dernier), à des personnages de malfrats tellement grotesques qu’ils désamorcent toute tension que le spectateur est censé ressentir (pourquoi d’ailleurs avoir choisi de leur donner autant d’importance?) et celle des victimes sauvent à peine les meubles (Stewart jouant mieux que Foster, même avec trente ans de moins). Et puis, au moment où on est prêt à laisser tomber, arrive une seconde partie où le métrage abandonne tout second degré pour basculer dans le thriller pur, plus sobre, plus noir, plus convaincant. Malheureusement, le mal est fait et même les multiples rebondissements, couplés à le talent de Forest Whitaker (incarnant ici le seul personnage intéressant du récit), n’y feront rien (à l’image de cette interminable scène avec la police où le non sens est de mise) : Panic Room est un film dispensable et se résume définitivement à son concept de base: un huis clos dans une immense maison citadiene de trois étages, doté d’une « pièce de survie ». La belle jambe!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29202.html

2020: films, séries, quel bilan?

Bon, on arrive à fin novembre, alors il serait peut être temps de faire le bilan films et séries de cette rocambolesque année 2020, qui aura pas mal perturbé nos habitudes de cinéphiles confirmés (cliquez sur les titres pour accéder aux trailers).

Pour commencer, 2020, c’est surtout The Lighthouse (oui, ok c’est sorti fin 2019 mais j’ai vu ça en 2020) de Robert Eggers qui vient détrôner directement dans ma petite DVDthèque The Call of Cthulhu (de la HP Lovecraft Historical Society, sorti en 2005) en terme d’excellent film d’épouvante à l’ancienne (amis d’expressionisme allemand, bonsoir!) largement inspiré par le maître de Providence. Et même si vous n’êtes pas un habitué de cet univers, il demeure un excellent huis clos fantastique et maladif mené par deux acteurs incroyables: Willem Dafoe et Robert Pattinson (qui ne cesse d’être honteusement boudé au fil des ans, le syndrôme Twilight, sans doute). Mais on reviendra très certainement sur ce film l’an prochain, donc patience! Eggers confirme en tout cas son statut de réal d’horreur/épouvante à suivre de près, après un The Witch solide (qu’il faudrait que je revois, d’ailleurs)… Bien plus enthousiasmant en tout cas que les films concepts chiantissimes de David Robert Mitchell ou encore l’ultra surestimé Jordan Peele (ça, c’est juste pour me faire des amis)…

Viennent ensuite les outsiders Drunk de Thomas Vinterberg (déjà chroniqué ici), The Gentlemen de Guy Ritchie et 1917 de Sam Mendes. Le second est une comédie d’action des très haute volée, au pitch intelligent , bien rythmée et évidemment bourrée d’humour grinçant qui fait mouche (et pourtant la comédie n’est pas un style que j’affectionne particulièrement). Le casting est au poil (Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Hugh Grant, Colin Farrel) et campe des personnages savoureux. Le retour de Guy Ritchie tant attendu? Quand à 1917, l’utilisation faite des plans séquences dans un contexte de guerre (notons que la Grande Guerre a été finalement peu portée à l’écran depuis les années 1970) donne des moments de tension magnifiques, qui manquaient finalement à un Dunquerke (pour rester dans les films de guerre récents), esthétiquement parfait mais souffrant de sacrés soucis de rythme! On pourra évidemment regretter un côté hollywoodien avéré (trop propre visuellement, pas assez réaliste), reproche attendu quand on s’attaque à un tel sujet mais l’efficacité et l’émotion sont tout de même au rendez vous le temps de cette mission périlleuse, ce qui est loin d’être le cas de tous les films de guerre sortis ces dernières années!

Les grandes déceptions de l’année sont évidemment, les reports l’an prochain de Dune, Conjuring 3 et Kaamelott, dont je me délectais à l’avance. Si je peux me démerder pour voir assez vite le dernier Noé (Lux Aeterna) ou le dernier Dupieux (Mandibules) par contre, ça serait cool car je suis très client de ces deux réal! Oui, il faut bien le reconnaître, c’est pas fou comme bilan mais 2020 n’a clairement pas été une année « normale », ni même une année où j’ai pu réellement me poser pour découvrir autant de films que voulu (malgré les confinements, votre hôte est bien occupé). Et comme les cinémas étaient fermés la plupart du temps, ça n’a fait que s’accentuer!

C’est même encore pire côté séries puisque la seule que j’ai continué à suivre cette année était The Boys (2019), plus par flemme de chercher autre chose (c’est pas comme si j’avais tout Twin Peaks, X-Files, Rome, Dark et Vikings à me refaire, Westworld et Berserk à finir, Mindhunter à découvrir et j’en passe). De toute façon, je ne suis pas très branché séries, l’exercice étant trop chronophage à mon goût et le choix trop fourni ces dernières décennies… The Boys donc, diffusé sur Amazon Prime, issu d’un comics de Garth Ennis, se laisse agréablement suivre, sans être un chef d’oeuvre (les ficelles sont parfois un peu grosses, les rebondissements prévisibles et on accuse des baisses de rythme tout au long des deux saisons actuelles). L’ironie avec laquelle est traitée le monde des super-héros (une thématique qui me gonfle puissamment, vous l’aurez bien compris, tellement elle est omniprésente ces dernières décennies) que combat notre troupe de losers bien humains, apporte pas mal de fraîcheur (même si visiblement le comics originel est bien plus trash). Certains personnages s’en sortent mieux que d’autres, le Protecteur en tête. Un cru acceptable quoi qu’il en soit, les soirs sans inspiration.

Outre The Boys, la première saison de la série d’anthologie Manhunt: Unabomber (2017) relatant la traque (s’étalant sur vingt ans) de Theodore « Unabomber » Kaczynski est LA bonne surprise de l’année. Même si la partie sur Jim Fitzgerald est majoritairement fictionnelle (il a joué un rôle mineur dans l’enquête et n’a jamais rencontré Unabomber), le portrait fait du célèbre terroriste technophobe est très ressemblant, pour m’être déjà penché sur son Manifeste par le passé (qui reste, vingt après sa publication, plus cohérent que 97% des niaiseries politiquement correctes des insupportables gauchistes de ce pays, ces prétendus anticapitalistes d’opérette) et l’enquête, aussi minutieuse qu’haletante, se révèle passionnante. Le ton et l’esthétique rappelleront évidemment Zodiac ou la série Mindhunter. Rajoutez à cela des personnages fouillés, terriblement humains (dans leurs moments de grâce comme dans leurs doutes les plus profonds), jamais manichéens et vous aurez une mini-série qui fait clairement partie de la crème des séries policières. Pour info, la deuxième saison (non visionnée) est centrée autour de l’affaire Richard Jewell (à laquelle Clint Eastwood a consacré un film…assez moyen cette année).

Autre claque en date: The Witcher (2019), qui, même sans connaître la saga littéraire originelle d’Andrzej Sapkowski et les opus vidéoludiques à l’époque, m’a bluffé en proposant un univers d’heroic-fantasy cohérent et assez conforme à ma représentation de la chose, le tout porté par des acteurs convaincants et malgré un budget limité! La série se permettant même de monter en intensité au fil des épisodes! On attend la suite avec impatience en tout cas!

Côté dégringolade, la cinquième saison de Black Mirror (2011) est venu confirmer l’agonie interminable d’une des meilleures séries SF depuis son rachat par Netflix (encore que la 3e saison offrait son lot de bons moments). C’est simple, je n’ai même pas osé entamer l’épisode final avec Miley Cyrus tellement le sentiment de trahison sous des litres de guimauve (un comble quand on se présente comme étant une des rares anthologies dystopiques du monde des séries) était présent… Quand je dis, que les séries, c’est comme les blagues, bien souvent les plus courtes sont les meilleures!

Question redécouvertes « vintage », je retiens surtout The Strangers (2016) et Akira (1988) à l’occasion de sa sortie en 4K, qui m’ont mis chacun une grosse mandale…même si je prends de de plus en plus mon pied à aller voir des thrillers coréens (The Chaser m’avait déjà bien marqué et Parasite est clairement pour moi un des thrillers les plus subtils jamais réalisés) et des animes « adultes » soigneusement sélectionnés (malgré mon désamour certain pour tout ce qui se rapproche des univers enfantins/adolescents). Dans les revisionnages, Vidéodrome (1983) est venu confirmer qu’il s’agissait sans doute de mon Cronenberg favori (malgré la concurrence rude de La Mouche, Dead Zone ou A History of violence). Le reste, vous le connaissez déjà…si vous suivez régulièrement ce blog!

Rendez vous l’an prochain avec j’espère un contexte moins orwellien…et un bilan bien plus fourni!

Petit changement à propos des cycles!

De la même manière qu’on va continuer à mixer les genres sur ce blog et dans les podcasts, on va aussi réduire de moitié le nombre de films au programme de chaque cycle (soit une dizaine à chaque fois), déjà parce que ça n’apporte pas grand chose de qualitatif au niveau des analyses, ça m’évitera de me disperser dans des filmos diverses et variées pour compenser la « lassitude », ça facilitera la rotation des cycles, ce qui est quand même plus intéressant pour les auditeurs/lecteurs et puis…ça libèrera quelques soirées de mon côté, hein, soyons honnête ah ah! On teste, on teste, mais on va bien arriver à la trouver cette formule idéale!

J’en profite aussi pour vous signaler que le podcast approche gentiment mais sûrement des 10 000 vues tout support de diffusion confondues et je vous remercie pour ce genre de nouvelles qui fait extrêment plaisir, motive à bloc pour un podcast qui n’a même pas deux mois! Restez attentif et n’hésitez pas à commenter/liker (c’est important pour le référencement) dès que vous le pourrez car le troisième épisode ne saurait tarder!

Découverte: The Dunwich Horror (1970)

Bon, autant vous teaser direct, et d’ailleurs vous l’aurez peut être deviné en voyant les articles sur le saga Re-Animator sur ce blog, un cycle « Lovecraft au cinéma » est prévu pour l’an prochain. Déjà parce que j’aime beaucoup les livres et l’univers du Monsieur mais aussi parce que ça va me permettre de parler de pas mal de films et de réalisateurs qui me tiennent foncièrement à coeur…

Rare adaptation « directe » de H.P. Lovecraft au cinéma donc (de la nouvelle du même nom), cette vieillerie 70’s fait aussi partie des premiers films de genre qui vont s’inspirer de Lovecraft tout court, après des décennies axées sur Edgar Allan Poe et autres. Le réalisateur, Daniel Haller, ayant aussi sorti Le Messager du Diable/Die, Monster, Die! (adaptation de The Color out of space) en 1965. Seulement voilà, en plus de tordre la nouvelle pour en faire un truc moderne mais banal et kitsch au possible (il n’a jamais été question de Wilbur usant de charmes pour parvenir à ses fins, de sacrifice de vierge naïve, d’invocations de Grands Anciens ou quoi que ce soit du genre dans l’écrit de Lovecraft), ce film est d’un ennui assez terrible, faute de rythme (on sent que l’histoire a été étirée au maximum pour réussir à en sortir un film…bah oui, la nouvelle fait moins de cent pages) et scénario cliché au possible (un sorcier qui cache d’obscurs secrets dans son manoir et kidnappe une blondasse inintéressante pour faire revenir une entité maléfique, son amie et un vieux professeur qui vont tout faire pour l’arrêter, je vous fais un dessin?) et la musique cucul répétitive au possible n’arrange rien (à l’image de la pseudo romance entre Wilbur et Nancy). Oui, les décors sont beaux, suivre l’antagoniste (Dean Stockwell, connu en France pour sa participation dans Code Quantum) comme si c’était le héros principal est osé, les effets spéciaux « psyché » façon Hammer fauchée (c’est Corman qui produit) sont pas si mal chiadés et le final, malgré une résolution ridiculeusement facile, reste bien dans l’esprit de l’écrivain de Providence (le potentiel d’effroi des entités sur les humains, leur côté incontrôlable) mais globalement ce sont les baillements qui gagnent car honnêtement on se fout complètement de savoir ce qui peut arriver à notre héroïne passive et autres personnages tout aussi fades… Ayant vu le film en VO, j’ai dû relire un résumé de l’oeuvre pour voir que la trame principale a été plus ou moins respectée (Dunwich, Arkham, le Necronomicon, la jumélité, le nom des personnages, Yog-Sothoth…) tellement le cadre de l’action est à côté de la plaque, je trouve que ça synthétise bien mon ressenti!

En tout cas, si vous voulez vous faire une adaptation moderne correcte du gazier (en l’occurence L’Affaire Charles Dexter Ward), foncez sur The Resurrected de Dan O’Bannon (1991) et oubliez vite cette…chose!

https://www.imdb.com/title/tt0065669/?ref_=nv_sr_srsg_0

Découvertes: Society (1989), Ebola Syndrome (1996)

Society: Premier et très certainement un des rares films « potables » de Brian Yuzna, Society porte en définitive le sinistre bilan de Re-Animator 2 des années à l’avance, à savoir des FX réussis (signés Joji Tani alias « Screaming Mad George », qu’on retrouvera dans une bonne poignée de films de genre par la suite…dont Re-Animator 2), dans la droite lignée du body horror cronenbergien (même si l’inspiration serait de Dali) mais un scénario qui ne semble pas trop où aller, voire n’ose pas aller assez loin (comme cette fin, bâclée à bien des égards). Pourtant entre paranoïa floue (laisser planer le doute sur la moitié du film est décidemment une bonne idée) et pression sociale dans un environnement luxueux (Beverly Hills) voire plus précisement métaphore sur la lutte des classes et passage à l’âge d’adulte, il y avait pourtant de quoi faire un bon film… Pour preuve, on pense à Carpenter période Invasion Los Angeles, Lynch période Twin Peaks/Blue Velvet, Cronenberg dans sa période faste, voire même Polanski avec Rosemary’s baby mais telles des figures tutélaires indépassables, Society n’ose jamais de coup d’éclat lui permettant de rester lui aussi dans les mémoires. Alors on suit péniblement, jusqu’à l’explosion finale, grotesque orgie de chair (« parce que merde, je me suis pas tapé 95 minutes pour que dalle! »), malgré la réalisation « téléfilm », une progression lente et un acting moyen digne de teen movie… Quel gâchis!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=173177.html

Ebola Syndrome: Première incursion dans le territoire de la catégorie III (je vois conseille sur le sujet la dernière vidéo signée Le Coin du bis, très bonne chaîne par ailleurs et le PIFFcast pour découvrir la chose en détails). Film culte d’Herman Yau, sorti à la fin de l’âge d’or de la cat III, Ebola Syndrome est juste totalement fou, immoralement gratuit et inventif! C’est bien simple, à chaque fois qu’on passe avoir atteint un stade dans la dégueulasserie, le métrage va plus loin, comme dans un Takashi Miike. L’histoire: un meurtrier part se mettre au vert en Afrique du Sud. Travaillant comme boniche dans un restaurant, il contracte Ebola et décide de se venger du monde entier parce que le monsieur a une vision de la justice toute personnelle! On a rarement vu une ordure aussi pure à l’écran! On pourrait évidemment parler d’Anthony Wong, acteur phare des cat III et d’autres têtes connues du cinéma local (Shing Fui-On, Vincent Wan Yeung-ming), de la vision sinistre des femmes (celle de l’humanité, ici, n’est pas plus belle), de l’intelligence d’avoir su saisir l’actualité avec cette histoire de virus (même si on était en mesure d’attendre une fin plus grandiose), du côté très exploit’ de la cat III (surjeu, personnages caricaturaux, effets fauchés quoique peu gores dans celui ci, mise en scène à la ramasse, musique qui s’emballe pour rien,…) qui fait que je ne conseillerai pas ce genre de films à tout le monde, du pitch qui fera forcément penser à The Untold story (du même réal), du rythme dingue, de cette touche d’humour omniprésente qu’on peut retrouver dans le cinéma coréen moderne et qui aide bien pour faire passer cette pillule anar à l’extrême. Ou terminer sur le besoin d’extérioriser des peurs et frustrations qu’on imagine nombreuses chez les réal honk kongais de l’époque (rétrocession chinoise de 1997) pour oser sortir des films aussi barrés et subversifs! Hong Kong n’est défintivement pas que le cinéma de John Woo ou Tsui Hark, les amis…et il se pourrait qu’un cycle catégorie III voit le jour!

https://www.imdb.com/title/tt0116163/?ref_=fn_al_tt_1

Découvertes: Le Fugitif (1993), Snake Eyes (1998)

Le Fugitif: Alors, ma foi, pas grand chose à dire sur ce film mêlant assez habilement thriller et action, adapté d’une série des sixties (dont le concept sera repris dans les 2000 puis 2020), hormis la performance de ses deux acteurs principaux Harrison Ford/Tommy Lee Jones et un rythme général assez bien mené le long de ses deux heures dans un Chicago bien gris, tant la tension n’a pas fonctionné sur moi. Est ce le scénario cliché (un médecin accusé scandaleusement à tort du meutre de sa femme faute de preuves…et donc condamné à mort pour homicide, un marshal zèlé qui mène ses troupes à la baguette entre deux donuts arrosés de café, SPOILER un ami qui se révèle être un traître, la découverte d’un complot de grande ampleur aux 2/3 du film et j’en passe SPOILER), les marshals constamment à la traîne sur un fugitif décidemment trop malin pour eux que ça en devient un gimmick ridicule, le film même qui a mal vieilli, la mise en scène finalement peu mémorable, le côté parfois poussif du scénario qui pousse même le vice à clôre le film sur une fin ultra convenue, le film qui se casse la gueule question crédibilité passée la première heure ou…tout ça à la fois? Je ne saurais trop dire. Et là, c’est à ce moment de votre chronique que vous vous demandez « mékeskilafédotr cet Andrew Davis au fait? » « …ah ouais des films de seconde zone avec Norris, Seagall et Schwarzy… » « je peux publier ma critique la conscience tranquille du coup ». Au moins, on passe pas trop un sale moment (toujours conclure sur du positif).

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8257.html

Snake Eyes: Sympathique thriller de Brian de Palma que j’avais oublié dans sa filmo, Snake Eyes est campé par deux acteurs solides, Nicolas Cage et Gary Sinise (qui a tout de même signé dans de bons films avant d’être un acteur de série). L’histoire tourne autour d’une enquête par deux vieilles connaissances après l’asssassinat d’un secrétaire d’état en plein match de boxe. Ce huit-clos propose pas mal de jolies choses: l’opposition entre le flic local et le colonel carrièriste, de jolis plans ingénieux (plan séquence d’intro, puis façon point de vue ou encore en contre plongée), un plot twist au milieu du film qui permet à la fois de dérouler l’intrigue et de l’expliquer sans trop de lourdeurs via quelques flashbacks bien sentis. C’est plutôt bien rythmé et les thématiques phares du réal sont bien là! Son plus gros défaut est qu’il n’évite pas les écueils du genre: ses personnages principaux en font trop (surtout Sinise…il faut dire que Cage, c’est un peu sa marque de fabrique et on l’aime pour ça ah ah), la fin est clichée à souhait et le côté verbeux/humoristique peut lasser au bout d’un moment. Sans ça et avec un budget plus conséquent, le film aurait pu être un vrai petit bijou!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=19439.html

Découverte: La saga Re-Animator (1/2)

Je l’avoue ma connaissance de la filmo du tandem lovecraftien en diable Stuart Gordon/Brian Yuzna n’est clairement pas brillante: un ptit Retour des morts-vivants 3 il y a un bail, une VHS louée du Dentiste encore plus lointaine, un Castle Freak et un Fortress honnêtes et surtout From Beyond qui reste MON préféré de Stuart Gordon (qui nous a quitté cette année, oui, je viens juste de voir l’info…). Mais je confesse avoir déjà commencé à regarder il y a plusieurs années Dolls, Dagon et Re-Animator mais sans pousser jusqu’au bout, vu que je n’étais pas dans les meilleurs conditions. Il est temps de réparer la chose, surtout en tant que bon adepte des écrits de Lovecraft!

Re-Animator (1985): Alors honnêtement, après ce premier visonnage complet, je comprends mieux pourquoi le statut de ce film a traversé les années. Mélange de gore outrancier et de comédie décomplexée avec ce qu’il faut de sexe, références à Lovecraft, ambiance film à sketches (peu de scènes extérieures, l’essentiel du film alternant entre la maison de Dan Cain et la morgue), zombies alternant entre folie végétative et ultraviolence, ce premier volet a vraiment de quoi rassasier tout amateur de films de genre. Le film n’a d’ailleurs pas tant vieilli que ça, malgré quelques FX parfois dégueulasses (mais globalement réussis). Principaux points forts, Jeffrey Combs et David Gale sont complètement habités par leurs personnages et on sent que tout ce petit monde a pris beaucoup de plaisir à tourner ce film. L’escalade dans la folie des deux protagonistes ne permettant plus de retour en arrière m’a beaucoup fait penser à une sorte de Simetierre dégénéré, mais également par une atmosphère morbide à souhait et omniprésente (qui contrebalance bien les multiples aspects bis du film). Intéressant aussi le sort réservé au personnage de Dan Cain: moins obsédé par la mort que son compère, gardant un minimum de morale, il finit par devenir tout aussi jusqu’au boutiste qu’Herbert West (sorte de Docteur Frankenstein moderne), à force de le côtoyer, notamment dans une fin lovecraftienne à souhait! Tout cela est bien servi par la BO « hitchcockienne » de Richard Band (un habitué des films du duo, frère du fameux Charles Band qui financera une partie du film) et un rythme parfait. Principale faiblesse pour moi: on sent que l’étalage des scènes chocs a été largment plus important que le développement des personnages, en résulte un côté caricatural (frôlant de près le nanardesque) qui justement m’avait tenu loin du film jusqu’à présent… Ceci dit, il faut bien reconnaître que Re-Animator est une petite merveille d’inventivité, de gore et de fun typiquement 80’s! Pour le premier film de Stuart Gordon, avec un budget réduit (1 million de dollars), c’est amplement respectable!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=44595.html

Re-Animator 2, La Fiancée de Re-Animator (1990): Pour ce deuxième volet, c’est Brian Yuzna qui prend les manettes de la réal et s’entoure une fois de plus du trio Combs/Habbot/Gale (exit donc Barbara Crampton au profit de Fabiana Udenio, trop fade à mon goût). West et Cain ont donc survécu, obtenu leur diplôme de médecine et continuent leurs expériences sur les limites de la mort (en récupérant des cadavres dans le même hôpital que le premier volet par contre… plus c’est gros, plus ça passe, n’est ce pas?)… seulement voilà, le Docteur Hill (ou plutôt ce qu’il en reste) attend sagement sa vengeance car oui, le sérum possède également un pouvoir de conservation des corps! Si le film fait amplement référence à La Fiancée de Frankenstein, Herbert West se prenant littéralement pour Dieu dans celui ci, ce deuxième volet ne vaut que pour son design de créatures (plus réussies que les précédentes…mais aussi moins gores). Le reste est franchement peu mémorable: une fin expéditive, un scénario trop convenu et mal rythmé (placer West et Cain au coeur d’une réelle enquête policière qui les contraindrait à devoir revoir leurs plans en fonction des évènements aurait été bien meilleur, par exemple), à moins que ça ne soit la mise en scène de Yuzna, moins ambitieuse et folle que celle de Gordon… Pour être clair, disons que Re-Animator 2, sans être horrible à regarder, n’apporte pas grand chose à l’original et manque même cruellement de personnalité. Autrement, la musique est toujours signée Richard Band, l’humour noir du premier est bien présent et certains gimmicks refont surface (le massage cardiaque râté entre autres) mais l’impression de gâchis et d’opportunisme surnage, d’autant plus que l’effet de surprise est retombé! A ne voir qu’enchaîné au premier donc, sous peine d’être très déçu!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=6148.html

On continue dans quelques temps avec le troisième volet de la saga…et la nouvelle originelle (non lue jusqu’à présent), tant qu’à faire!

Le podcast #2 est sorti!

Pour ce second podcast et à l’occasion de notre premier cycle SF, intéressons nous aujourd’hui à la méconnue hard science-fiction, ses films majeurs, ses caractéristiques, tout en se demandant si sa rigueur scientifique typique ne constitue pas quelque peu un repoussoir pour les spectateurs…l’occasion de reparler aussi de l’insupportable Youtube game et sa vision médiocre du cinéma!

20 films représentatifs de la hard SF: Destination Lune (1950), 2001 Odyssée de l’espace (1968), Marooned (1969), Le Mystère Andromède (1971), Silent Running (1972), Solaris (1972), 2010 l’Année du premier contact (1984), Contact (1997), Bienvenue à Gattaca (1997), Primer (2004), Les Fils de l’Homme (2006), The Man from Earth (2007), Moon (2009), Her (2013), Europa Report (2013), Gravity (2013), Interstellar (2014), Ex Machina (2014), Seul sur Mars (2015), Premier Contact (2016)

Auteurs de hard SF: Stephen Baxter, Arthur C. Clarke , Isaac Asimov, Robert A. Heinlein , Greg Bear, Peter Watts, Liu Cixin, Kim Stanley Robinson, Neal Stephenson, Hal Clement, James Blish, Poul Anderson, Larry Niven, Michael Crichton

Pour aller plus loin: https://fr.wikipedia.org/wiki/Genres_de_science-fiction
https://www.humanafterhal.com/quels-sont-les-differents-genres-de-la-science-fiction/
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/science-fiction-plus-cest-hard-plus-cest-bon
https://www.pifff.fr/news-272-pifffcast-98-hard-sf-l-empire-des-sciences-fr
http://www.celluloidz.com/2014/11/la-hard-science-en-10-films/
https://www.senscritique.com/liste/La_Hard_Science_au_cinema/819136/page-2#page-1/
https://www.imdb.com/list/ls066209068/?sort=user_rating,desc&st_dt=&mode=detail&page=2

Les faquins de Youtube (manquerait plus que papy Durandal et mamie In The Panda pour la photo de famille ultime): https://imgur.com/nFq1JTD
20 créateurs de qualité pour changer du putride Youtube game cinéma: https://genrepodcast.fr/2020/10/14/20-podcasts-et-youtubeurs-cinema-a-suivre-sur-le-genre-mais-pas-que-1-2/
https://genrepodcast.fr/2020/10/27/20-podcasts-et-youtubeurs-a-suivre-sur-le-genre-mais-pas-que-2-2/

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Fond sonore: « Decaying orbit & radiation counting » (Wired Ant)
Musique d’outro: « Commencement » (GosT)