Découverte: Sex Addict (2008)

Oui, Sex Addict/Bad Biology fait depuis longtemps partie de mes interminables listes de films à voir. Alors, simple curiosité ou film qui se tient?

Réalisé par Frank Henenlotter (à qui l’on doit Basket Case, Elmer le remue-méninges et Frankenhooker) et proposant un pitch délirant que n’aurait pas renié les production Troma (soit la rencontre de deux jeunes personnes à la libido exacerbée, une femme aux sept clitoris et un homme au phallus doté de conscience), le film se tient plutôt bien jusqu’à sa conclusion (dès que le réal se décide à montrer frontalement le phallus, au final), franchement poussive et sans grand intérêt (désolé Jelena Jensen!). Pour le reste, ça se suit plutôt bien, ça fourmille de bonnes idées ça et là (en terme de scénario, de mise en scène)… Et surtout, malgré un côté trash (surtout dans les dialogues) et comique, Sex Addict montre une facette plutôt glauque de l’addcition sexuelle (bien mieux que l’ennuyeux Shame, je trouve), même si ça ne le fera pas rester dans les mémoires!

Bref, Sex Addict est une curiosité décomplexée et honnête mais qui, malgré de bonnes idées, s’avère assez dispensable…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=138708.html

Drunk (2020)

Cet article est rédigé au retour de la séance et devant un petit verre de Manzana…pour des soucis de cohérence avec la thématique, bien sûr! Alors, avant de commencer, je l’avoue, de Vinterberg, je n’ai vu que La Chasse qui m’avait bien impressionné à l’époque. Alors, quand j’ai vu que le réal s’associait de nouveau avec Mads Mikkelsen, j’ai dit banco, je veux voir ce film (c’est pas comme si beaucoup de métrages me branchaient en cette période de couvre-feu)! Et…je ne regrette pas!

Si le film aborde la thématique de l’alcool, il n’est pas linéaire pour autant…grâce à une écriture parfaitement maîtrisée et des personnages bien campés par une troupe d’acteurs en grande forme (Mikkelsen, Bo Larsen, Millang, Ranthe, Bonnevie…quasi que des habitués de chez Vinterberg, d’ailleurs) qu’ils soient seuls ou avec une vie de famille, sobres ou éméchés. Les lycéens figurants apportent pas mal de fraîcheur (l’évolution du regard des protagonistes sur eux, passant des « petits cons nonchalants » aux « enfants qu’on aurait aimé avoir/espoirs de lendemains qui chantent » est très intéressant) et contrebalancent avec ces quarantaines en plein bilan, à deux doigts de la crise de nerfs. On rit beaucoup, Vinterberg maîtrise bien le ton, entre réalisme social et comédie plus légère…et puis, et puis le film prend un virage dramatique, de façon inattendue mais naturelle, là aussi avec beaucoup de justesse, sans jamais rentrer dans la pathos gratuit. Car oui, après l’ivresse, il y a toujours les lendemains difficiles, avec parfois des actes qu’on regrette…avant de remettre le couvert! Valentin des Chroniques du cinéphile parlait d’un film écrit sous forme de thèse-antithèse-synthèse, je crois qu’on ne peut pas mieux résumer Drunk alors je vais m’arrêter là…

Drunk est un film qui tour à tour fout la patate, émeut, pousse à la réflexion sur beaucoup de sujets universels. Bref, un échantillon de ce que devrait proposer le cinéma à chaque visionnage!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=275050.html

20 podcasts et youtubeurs cinéma à suivre (sur le genre mais pas que!) 2/2

Bon on la finit cette liste, Michel? Oui Jacqueline, calme toi!

  • Vidéodrome, la chaîne Youtube de Sam consacrée à l’épouvante/horreur, par thématiques (oui, sur ce sujet uniquement et de qualité, ce qui est finalement assez rare, même si on peut signaler le travail monstrueux d’Azz l’épouvantail depuis des années, mais qui me parle moins)
  • C’est plus que de la SF, un des rares podcasts français sur la science-fiction, animé par Lloyd Chéry, qui traite régulièrement des films, jeux-vidéos et livres de SF avec des invités divers…
  • Le Cinéma est mort: Alors là, on est vraiment dans le podcast pointu et sérieux, mon pote! Ce podcast rennais présent sur les ondes depuis une décennie est réservé aux cinéphiles bien vénères car il explore les contrées du cinéma méconnu ou oublié, au travers de films, réalisateurs et autres! Dans la même veine citons aussi En attendant Godard qui fait parfaitement le taf lui aussi!
  • La Gène occassionnée: régulièrement l’écrivain François Bégaudeau décortique et analyse un film récent. Ca se passe entre autres sur Soundcloud et c’est rafraichissant!
  • Blow Up, une création Arte qui nous rappelle que c’est encore une des dernières chaînes publiques qui utilisent votre redevance de façon un peu qualitative. Plutôt que de vous décrire son contenu (où on retrouve un certain esprit Tracks des familles), je vous invite à y aller jeter un coup d’oeil directement!
  • Pour finir cette liste, citons quatre autres chaînes préférées du Youtube Game: Laura fait genre, youtubeuse spécialisée dans l’horreur/épouvante, Le Ciné-club de Mr Bobine, qui offre des montages vidéos de haute volée sur des sorties anciennes (devenues cultes ou pas), Les Chroniques du cinéphile, qui est grandement valable pour commencer à explorer le cinéma dans son ensemble et enfin La Manie du cinéma qui parle des coulisses du cinéma (une facette méconnue et pourtant essentielle)

Et comme bonus, j’ai envie de citer les chaînes hélas avortées de Cheap Thrills et La Théorie des genres! Mais aussi celle de Romain Houlès, qui vous parle de maquillages et d’effets spéciaux au cinéma, un aspect qu’on aime particulièrement quand on est adepte d’horreur/épouvante! Je suis assez étonné de ne pas avoir trouvé de podcasts sur les thrillers, en revanche (si c’est votre cas, envoyez moi un ptit message, idem sous vous avez un podcast ou créateur sympa à me conseiller, je relayerai avec grand plaisir).

En espérant vous avoir fait découvrir des podcasts ou des chaînes originales, on se retrouve bientôt pour parler de sites et forums spécialisés dans l’horreur!

Index des films traités sur ce blog

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  • Freddy sort de la nuit (1994) > podcast #21
  • French Connection (1971) > podcast #21

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Divers:

  • Courts métrages de David Cronenberg 1
  • Courts métrages de David Lynch: 1 2

Redécouverte: Le Massacre des morts-vivants (1974)

Réalisé par Jorge Grau, réal espagnol passé quasiment sous les radars (et qui a également signé Cérémonie Sanglante sur la comtesse Bathory), ce film, petit joyeu de l’horreur vintage que vous trouverez peut être plus facilement sous les titres Let sleeping corpses lie ou The Living dead at Manchester morgue, a sans doute connu un seconde souffle grâce à l’interview cinématographique de Jus Oborn, guitariste et leader d’Electric Wizard, excellent groupe de stoner doom réputé pour son visuel et thématiques très bis (et qui samplera d’ailleurs une scène du film). En tout cas, c’est par ce biais là que j’ai découvert le métrage, qui offre de bien belles qualités…

Pour ce film figurant parmi les tout premiers films de zombies modernes européens (hispano-italien ici), Grau se paye le luxe de s’offrir un postulat écologique et anti-technologique (là aussi une première): ici les villes modernes réflètent le progrès dans toute sa laideur et ce sont bien des machines à ultra-sons (censées exterminer insectes et autres parasites des récoltes) qui provoquent le réveil des carcasses inhumées. Le couple de héros, hippies citadins parachutés dans la campagne anglaise par la force des choses, traités comme des malpropres par des autorités zèlées et bornées, va être confronté aux créatures et ne compter que sur eux même pour leur propre survie. Un film crépusculaire et contestataire à bien des niveaux donc (rappelons que le film sort dans les dernières années du régime franquiste), avec un vrai propos et une pointe d’humour, n’hésitant pas à prendre son temps pour poser ses ambiances (à l’instar de la lenteur de ses zombies), soigner sa photographie pour sublimer les décors, avant de tout exploser dans un dernier tiers gore et noir à souhait que Romero et Fulci auraient forcément validé (on retrouve d’ailleurs un certain Giannetto De Rossi aux effets spéciaux). Pour finir, inutile de préciser que Le Massacre réussit tout cela malgré son petit budget…comme c’est le cas d’un certain nombre de films d’exploitation de l’époque!

Comme quoi, certains métrages ne méritent vraiment pas le sort qui leur a été réservé… Si avec ça, j’arrive pas à vous vendre le film, je me la coupe et je la mange facecam, ok?

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226894.html

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2015/11/26/le-massacre-des-morts-vivants-de-jorge-grau/ http://mondocine.net/le-massacre-des-morts-vivants-critique/ https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/2098-massacre-des-morts-vivants-le

Revisionnage: Lost Highway (1997)

David Lynch faisant partie du cercle (très) fermé des réalisateurs qui m’ont inspiré, n’ayant quasi aucun souvenir de ce film vu à l’époque sur une VHS défectueuse, il était grand temps de se replonger dans Lost Highway…

Alors, aucun souvenir, le mot est quand même faible, disons que j’avais encore en tête une atmosphère bien poisseuse hérité des films noirs (ce qu’est Lost Highway, avec son visuel moderne et vintage à la fois, son scénario « cliché » à base d’amour impossible, de femme fatale, avec une touche Twin Peaks en plus, forcément), une BO aux petits oignons (entre autres Billy Corgan, David Bowie, Marilyn Manson, Brian Eno, Rammstein, Lou Reed, This Mortal Coil, excusez du peu), et un film assez accessible dans la filmographie de Lynch (tout en conservant certaines de ses thématiques fétiches). Mais alors, honnêtement, vu ce que j’ai découvert avec ce second visionnage, je peux dire que j’étais juste passé à côté du scénario. Bon il faut dire aussi que j’ai eu la sale manie de découvrir la filmo de Lynch dans le désordre, ça n’aide pas des masses pour se faire une idée d’un réal… Sale jeune que j’étais!

Alors pour faire simple et parce que je n’ai pas trop envie de trop vous spoiler le film, Lost Highway commence comme une histoire d’homicide étrange qui va en croiser une autre…jusqu’à la révélation finale, qui achèvera la boucle narrative. Il est bien évidemment ici question de désir, de jalousie mais aussi et surtout de doubles, de troubles d’identité, de narration alternative tout en restant relativement compréhensible, ce qui n’est pas le cas de tous les films de Lynch (ce qui, à mon avis, lui a pas mal desservi). Disons que l’étrangeté y est bien dosée et les clins d’oeil entre les deux histoires suffisament nombreux, ce qui fait de Lost Highway une bonne porte d’entrée vers l’univers lynchéen avant le chef d’oeuvre qu’est Mulholland Drive (avec lequel ce film partage beaucoup de points communs). C’est à mon sens le véritable tour de force de ce film! Autrement, les rôles principaux sont bien campés (Pullman, Blake, Loggia, putain, quelle classe!), il y a une floppée d’acteurs connus dans les seconds, Patricia Arquette, elle, crève littéralement l’écran. Le film est bien rythmé, bien filmé et tient en haleine le spectateur sur plus de 2 heures. Que demander de plus?

J’ai pris beaucoup de plaisir à revoir ce classique, en tout cas…et j’espère que cela sera aussi le cas pour vous!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=15682.html

20 podcasts et youtubeurs cinéma à suivre (sur le genre mais pas que!) 1/2

Maintenant que le premier podcast est sorti et si je vous parlais un peu de mes « créateurs » de prédilection? Car parler de ses influences/références, c’est aussi une façon de se présenter, n’est ce pas? (liens en gras)

  • Les incontournables Karim Debbache et Le Fossoyeur de films. D’un côté, le créateur de Crossed et de Chroma, entouré de ses acolytes Gilles Stella et Jérémy Morvan, de l’autre François Theurel et sa pelle porte-bonheur. Ces deux créateurs français ont eu le mérite de se poser en précurseurs de la chose sur la plateforme Youtube et donc rapidement surnager un Youtube game cinéma devenu bien vite putaclic et indigeste (mais on en reparlera, il y a tant à dire sur ces escrocs plébiscités). L’un a commencé en traitant principalement des films adaptés de franchises vidéo-ludiques, l’autre en se centrant sur le cinéma de genre, tout en developpant leur propre fiction en parallèle, pour arriver à une qualité d’analyse formidable (les dernières vidéos où François et ses potes remontent des films « à la manière » de tel ou tel réal, par exemple, chapeau!), le mot est faible!

(1) Animé par l’excellent Thomas Deseur et son équipe, ce podcasts analyse chaque mois un genre cinématographique autour de quelques chroniques. Un très bon compromis entre humour et discussion cinéma!

(2) Certainement le podcast le plus brillant en termes d’analyse de scénarios, je ne vous dirai que ça!

(3) Le podcast du Paris International Fantastic Film Festival (qu’on ne présente plus, il me semble). Deux fois par mois, Véronique, Xavier, Cyril, Laurent et Talal parlent de l’actualité du film d’épouvante/horreur et analysent une thématique spécifique. Pointu et brillant!

Non, Michel, mon propos, c’est justement l’inverse
  • Alt 236 alias Quentin Boëton. Même s’il n’est pas focalisé sur la sphère cinéma en particulier mais plutôt tout ce qui touche aux arts visuels, ce youtubeur touche à tout nous fait découvrir des univers graphiques alternatifs totalement fascinants (citons pèle mèle H.R. Giger, la saga Hellraiser, les jeux Dark Souls, l’univers de Jodorowski, les peintures de Zdzisław Beksiński,…). A noter qu’il a signé un ouvrage sur le manga Berserk, sorti chez l’excellente maison Third Editions et qu’il a également composé la musique de ses propres vidéos… Un véritable bourreau de travail!
  • Anal Génocide Oui alors, ok, le pseudo n’est pas sexy mais ce youtubeur qui mèle excellentes analyses cinématographiques et destruction en règle de faquins divers du Youtube Game (c’est à ma connaissance un des rares à oser s’exprimer fréquemment sur le sujet) mérite à mon sens plus de reconnaissance, ne serait ce que pour ses connaissances sur la Nouvelle Vague, encore trop peu connue!
  • C’est d’ailleurs par son biais que j’ai découvert Intercut, un autre excellent créateur montant que je vous conseille et qui fait la part belle aux films méconnus!
  • Versus, une chaîne Youtube qui compare deux films qui de prime abord ont peu en commun. Accrochez vous car le résultat est souvent bluffant!
  • Final Cut, une de mes dernières découvertes! Tous les mois, Marvin reçoit un invité pour parler et analyser la filmographie d’un réalisateur! Frais et passionnant!

Voilà, c’est tout pour le moment, on se retrouve bientôt pour achever cette liste de créateurs inspirants qui prouvent que oui, heureusement, il y a encore de la place pour de vrais passionnés du cinéma sur le web, loin des codes des interchangeables youteubés facecam, qui confondent systématiquement divertissements crétinisants, pop culture et cinéma. Et que non, tu n’es pas obligé de parler d’adaptations Marvel, de séries à la mode ou de films à gros budget pour avoir une reconnaissance.

Cycle #2 et #3: La hard SF & les films de complots

Non, parce que bon, camper pendant plusieurs mois sur une seule thématique, en fait, c’est chiant (autant pour vous que pour moi), on va repenser la chose! Puisque « Genre! » parle aussi de SF et de thrillers, on va aussi se lancer parallèlement dans deux autres cycles jusqu’au printemps: un sur la hard SF, l’autre sur les « conspiracy thrillers » (thrillers basés sur la thématique du complot). Les thématiques vont donc se croiser, dans les podcasts et les articles, pour éviter une certaine monotonie et tenter de faire le tour de la question! Et comme il y a pas mal de classiques que je n’ai pas vu dans ces deux catégories, la rétrospective risque d’être fort intéressante! A bientôt!

Cycle hard SF: nous comblerons les lacunes en classiques avec Marooned, Le Mystère Andromède, Silent Running, 2010 L’Année du premier contact, Phase IV, Abattoir 5, mais également des films plus récents comme Primer, The Man from Earth, Europa Report, on analysera évidemment les oeuvres maitresses que sont 2001 Odyssée de l’espace, Interstellar et Moon,…

Cycle complots: là aussi beaucoup de classiques avec JFK, Ennemi d’état, Capricorn one, Les Hommes du président, Complots (bah oui!), Marathon man, Les Trois jours du Condor, Les Pleins pouvoirs, Conversation secrète, Le Fugitif, Klute, La Firme mais aussi du plus récent avec Snake Eyes, Raisons d’état, El Reino, on se permettra un ptit encart Hitchcock (bah oui quand même) et on se posera la question de l’influence et l’héritage qu’a laissé la série X-Files dans les films et séries modernes! On risque de déborder sur les « thrillers politiques » mais c’est le jeu, ma pauv’ dame!

(en gras les articles déjà publiés)

Redécouverte: La saga des Templiers (1971-1975) d’Amando de Ossorio

Réalisateur hélas totalement méconnu du grand public et parfois même par celui du cinéma d’exploitation, l’espagnol Amando de Ossorio (1918-2001) a entre autres signé une sympathique saga sur les morts-vivants dans les années 1970. Pour le reste de sa filmographie, on a l’impression d’être chez Jess Franco (avec qui il se partagera d’ailleurs les mêmes acteurs): « films de vampires, traitant le sujet de la possession, quelques comédies, westerns et films érotiques ». Quoiqu’il en soit, dès 1969, Ossorio se consacre surtout à la thématique horrifique. Quatre films sont donc consacrés à la figure de l’horreur qui nous intéresse cet automne, plus connus sous l’appellation « la Tétralogie des Templiers »: La Révolte des morts-vivants/Tombs of the Blind Dead (1971), Le Retour des morts-vivants/Return of the Blind Dead (1973), Le Monde des morts-vivants/The Ghost Galleon (1974) et enfin La Chevauchée des morts-vivants/Night of the Seagulls (1975).

Tout d’abord, notez que le « Templier » est bien éloigné du zombie classique: ici on a affaire à un squelette portant l’appart du chevalier templier, aveugle, exerçant sur les hommes un fort potentiel de terreur, se déplaçant lentement et chevauchant parfois un cheval mort squelettique. Son péché mignon? Il se nourrit de sang humain et à un léger penchant pour les jeunes femmes dévêtues! C’est d’ailleurs bien sur ce seul point qu’une comparaison restera possible!

Si de mémoire le troisième opus est franchement affreux (disons le clairement, la principale différence entre les trois premiers films est l’environnement où l’action prend place: un village en ruines dans le premier, un village parfaitement habité dans le second, un bâteau fantôme dans le troisième), le quatrième possède une ambiance mémorable, coincée entre celles gothiques de la Hammer (donzelles dénudées incluses) et celles plus mystiques de Lovecraft.

Car oui, c’est bien dans leur maison en bord de mer que le couple de héros va se retrouver agressé par les Templiers, revenant tous les sept ans réclamer au village sept vierges à offrir en sacrifice à un obscur dieu aquatique (ça ne vous rappelle rien?). Et encore oui, contrairemement à ses aînés, La Chevauchée est, dans sa majeure partie, un huit-clos horrifique! D’ailleurs disons le, je suis clairement à contre-courant sur le sujet, puisque beaucoup boudent cet opus, pourtant plein de jolies trouvailles. Enfin, quand je vois que le deuxième film (sorte de remake du premier…qui n’apporte rien au bousin) est mieux noté que le premier (où les impressionnants Templiers sortant de leur tombe rappelleront immédiatement L’Enfer des zombies de Fulci, sans parler des décors glauques à souhait, pour n’en citer que deux points forts), on peut se questionner sur la pertinence de certains avis (voire même si ces gens l’ont regardé avant de le critiquer, si j’en crois les rares avis en français que j’ai pu trouver ça et là)… Cet opus final venant finalement conclure la saga sur une note positive, au lien de définitivement l’enfoncer. Cette tétralogie souffrant au final bien plus d’avoir voulu se maintenir coûte que coûte sur la durée (au détriment de l’originalité du premier film, donc) que d’une baisse d’inspiration et un manque de savoir-faire de son créateur.

Je m’arrêterai là pour ne pas trop en dire et donc vous gâcher le plaisir de la découverte, mais si vous n’êtes pas réfractaire au cinéma d’exploitation (donc, on le rappelle pour les cancres qui n’écoutent rien au fond: aux acteurs moyens, au budget à la ramasse qui se ressent dans les effets spéciaux et la logique du scénario, aux thématiques volontairement outracières, notamment en matière de sexe et violence), allez découvrir d’urgence le premier et surtout dernier opus (La Révolte des morts-vivants et La Chevauchée des morts-vivants donc) et vous m’en direz des nouvelles! Je vous invite d’ailleurs fortement à (re)découvrir le cinéma bis espagnol, moins connu que celui de Bava, Fulci et Argento mais qui pourtant mérite amplement le détour! On en reparle de toute façon très vite avec un certain Jorge Grau!

https://www.imdb.com/title/tt0067500/?ref_=nm_flmg_wr_1 / https://www.imdb.com/title/tt0073461/?ref_=nv_sr_srsg_0

http://www.horreur.com/?q=nid-1712/amando-de-ossorio

http://bis.cinemaland.net/html/movies/blind-dead4.htm

http://www.toxiccrypt.fr/?p=3135

http://www.chaosreign.fr/la-revolte-des-morts-vivants-amando-de-ossorio-1971/

https://savoirsenprisme.files.wordpress.com/2014/04/6-levagueresse.pdf

http://www.sueursfroides.fr/critique/la-revolte-des-morts-vivants-454

Découvertes: Les Raisins de la mort (1978), Le Retour des morts-vivants (1985), La Nuit des morts-vivants (1990)

Les Raisins de la mort: Premier film de Jean Rollin pour votre hôte (hé oui!…d’ailleurs vous le sentez le cycle à venir?) et si je ne me trompe pas c’est aussi la première apparition de notre Brigitte Lahaie nationale dans la filmographie de Rollin (et son premier rôle dans le cinéma traditionnel tout court). Hé bien… pour une première c’est mi figue mi raisin, mes amis! Le scénario trop classique (même si le postulat de départ et le cadre rural sont bien appréciables), le rythme bancal et surtout le mauvais jeu d’acteurs (à ce niveau là c’est même un cas d’école tellement tout le monde joue mal) plombent clairement le métrage (un des premiers films français sur cette thématique). Et ni le gore et l’érotisme gratuits, ni les superbes paysages (Larzac), ni l’ambiance particulière (à mi chemin entre la désolation de ses villages en pierre abandonnés et un certain surréalisme que ne renierait pas un certain cinéma bis italien), ni le côté nanardesque dû aux maquillages fauchés ne viendra faire rebasculer la balance. C’est même avec impatience que j’ai regardé ma montre avant cette fin pour le moins surprenante… Rollin souhaitait visiblement proposer quelque chose de novateur avec ce film (n’appréciant ni le gore ni les films de zombies), c’est un faux départ, hélas!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=18863.html

Le Retour des morts-vivants: De la série lancée par Dan O’Bannon (cinq films à ce jour), je n’avais vu que le troisième réalisé par Brian Yuzna en 1993. Hormis le minois de Melinda Clarke, j’ai un souvenir d’un film bis plutôt fun et plaisant à regarder! Il était donc temps de voir ce premier film de 1985! Honnêtement, j’ai passé un très bon moment, entre les très bonnes idées du scénario, la bande originale aux petits oignons (entre autres les Cramps, Roky Erickson, les Damned,…), des personnages 80’s hauts en couleurs comme l’embaumeur Ernie Kaltenbrunner (la bande de punks aurait mérité cependant un meilleur traitement, malgré Linnea Quigley qui donne tout ah ah), une fin cynique à souhait…bref du très bon bis comme on l’aime, qui a bien traversé les décennies et qui ne franchit pas la ligne du nanar !

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=74798.html

La Nuit des morts-vivants: Le saviez vous? « À la suite d’une erreur d’enregistrement de droit d’auteur, le film original de 1968 est entré dans le domaine public. L’équipe du tournage n’ayant pas gagné d’argent, Romero décida de tourner un remake pour combler ce manque à gagner, en essayant de garder la même équipe. »

En plus d’être un film référentiel, le premier film de Romero a tout pour me plaire: huit-clos, personnages un minimum fouillés, une sacrée ambiance en grande partie dûe au format utilisé, un bon twist de fin,… Autant dire que le remake de Tom Savini, cet homme à tout faire et collaborateur proche de tonton Georges, relève un sacré défi, même avec tonton himself au scénar! Et ma foi, ils s’en tirent bien, les cons! Car au delà de tout le respect et l’amour pour son aîné qui se ressentent à chaque seconde (même si à mon avis, ce genre de choses tient surtout à la compréhension de l’oeuvre), Savini se permet dans ce remake colorisé des variations bien senties sur des ressorts secondaires du scénario (en les modernisant parfois) et le caractère des personnages (incarnés par une jolie brochette de gueules connues du genre: Todd, Towles, Moseley): on a donc droit à un Ben moins sûr de lui et un Barbara beaucoup plus badass…même si pour le coup, on pouvait difficilement faire pire que l’original (Harry Cooper, lui, est toujours aussi détestable, rassurez vous). Les acteurs se débrouillent bien, l’ambiance est aussi austère que dans le film de 1968 et les maquillages sont au poil (notons une quasi absence de gore)! Je reste cependant sur ma faim concernant la tension peu présente au long des scènes (le remake se penchant plus sur la confrontation Ben/Harry que celle entre le groupe et les créatures) et le dénouement, cynique à souhait (tout droit sortie du Zombie de Romero) mais sans doute dispensable! Une très belle surprise en tout cas, que je n’aurais sans doute jamais vu sans ce cycle!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32995.html