Critique de Blood Machines (2020)

Etant fan de synthwave et à plus forte raison de darksynth, ce moyen métrage était forcément un passage obligé pour moi. Mais aussi relativement casse gueule pour la team Ickerman vu son ambition de départ

Première séance post confinement pour votre hôte (non, c’était pas Tenet, j’ai menti), masque vissé sur le nez, ne sachant pas trop à quoi m’attendre (n’ayant pas assisté aux « étapes » du projet, depuis son financement particpatif), les conditions optimales n’étaient pas vraiment réunies pour apprécier Blood Machines, autant être clair! Et pourtant…

  • Véritable point fort du métrage, le visuel cyberpunk est spectaculaire sans être kitsch (à la croisée entre un Jodorowski et Metal Hurlant, si je dois me lancer dans des comparaisons), d’autant plus quand on comprend dans le making of qu’il est le résultat de divers effets/techniques et que les décors de base doivent beaucoup à l’ingéniosité des réal qui ont fait avec les moyens du bord!
  • Question scénar, on reste dans la lignée de « Turbo Killer » (les vaisseaux remplaçant ici les voitures) avec des figures féminines mises en avant (j’ai vu que certains commentateurs parlaient de film féministe…ou à l’inverse de « beauferies » prétextes à reluquer des corps dénudés, ce n’est clairement pas mon ressenti), des archétypes typiquement bis (pour répondre justement à la polémique juste avant), de la violence, des vaisseaux qui passent le mur du son, du surnaturel, des lumières fluo dans le pur cliché rétrowave, un brin de symbolisme,… Le film a d’ailleurs été annoncé comme un « cosmic opera ». Tout à fait le genre d’univers auquel on peut s’attendre quand on connaît un peu Carpenter Brut, au final. Ca reste parfois flou, mais honnêtement, je ne trouve pas ça si gênant. Blood Machines est à mon sens plus une expérience sensorielle qu’un pur récit délivrant un message social ou politique (même si, à mon sens, Blood Machines en délivre un, plus subtil). Personnellement, j’en ai un peu ma claque de lire systématiquement des réactions de pisse-froids hystériques…pour une fois que des réal essayent d’expérimenter hors du champ politique et pas de se plier au « cahier des charges » (trop souvent) politiquement correct pour faire plaisir aux crétins du dessus et autres communautés toxiques (qui n’ont visiblement pas bien compris l’intérêt subversif du cinéma de genre ni la finalité liberticide du jeu auquel ils s’adonnent)…
  • Si la crainte de voir un « long » clip de Carpenter Brut pointe le nez au début, ou du moins de voir un visuel qui ne servirait qu’une musique, elle s’efface très vite. Et à vrai dire, j’ai été assez peu attentif à la BO de Carpenter Brut tout au long de ses 50 minutes, tant le reste du film est accrocheur… Qu’on se comprenne bien, dans ma bouche, ça veut dire qu’elle colle parfaitement avec son sujet!
  • Pour ma part totalement inconnus, je trouve que les acteurs s’en sortent plutôt bien…j’ai découvert d’ailleurs à l’occasion de cet article que la plupart avait déjà une petite expérience dans le domaine…
  • Le making-of est clairement un plus à regarder. On y perçoit mieux les idées de départ, l’état d’esprit de l’équipe, l’ambition et la volonté de fer qu’il faut pour se lancer dans ce genre de projets, les grandes thématiques, etc.

Pour moi, Blood Machines est clairement un défi réussi, si jamais ce n’était pas assez clair! Sans être un chef d’oeuvre, c’est un moyen métrage frais (pour peu qu’on ne soit pas saturé par les multiples réf’ aux 80’s qui pullulent ces derniers temps), osé et enthousiasmant!

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=277243.html

Critique de Tenet (2020)

Christopher Nolan étant un de mes réal favoris de ces dernières années, cette première moitié d’année 2020 étant également bien terne pour cause de Covid (dont je retiens surtout The Gentlemen de Guy Ritchie et 1917 de Sam Mendes), je me suis dit qu’il était quand même nécessaire de parler de LA grosse sortie de cette rentrée 2020

Alors, autant vous le dire tout de suite, j’aime beaucoup Inception…mais je trouve qu’il manque quelque chose à ce film pour le rendre parfait. Je n’ai jamais su mettre un mot sur cet élément manquant mais je crois que Tenet m’y a beaucoup aidé. On critique beaucoup Nolan (à raison) sur sa surintellectualisation, sa manie bien à lui de complexifier parfois inutilement des scénarios pourtant simples. Personnellement, je trouve Memento irregardable. Enfin, non, plus exactement, il est extrêmement pénible. Son concept est puissant mais la narration vient rajouter une lourdeur absolument affreuse. Son seul film ayant réellement passé le test pour moi est Interstellar, mais bon, je suis un fan de 2001, Odyssée de l’espace, donc je ne pense pas être objectif sur le sujet. Tout ça pour dire que le Monsieur n’est pas manchot, il sait filmer, il sait trouver de bons concepts qui tiennent en haleine sur la longueur mais bon, c’est plus fort que lui, Christopher en fait des caisses. Oui mais alors quel rapport avec l’élement manquant? J’y viens…

Disons le d’emblée, le gros souci de Tenet, c’est d’avoir de bonnes idées mais de ne pas avoir su rendre les intégrer dans un ensemble limpide, cohérent, crédible. Un sérieux manque de liant, en somme, comme si le réalisateur partait en roue libre et décidait de filmer des scènes à l’envers pour son propre plaisir, sans se soucier de la réception de son film! Avec le recul, Inception souffre des mêmes incohérences mais son concept était suffisamment novateur pour les masquer. Après donc un Dunkerque sympathique mais que je trouve franchement peu mémorable, Tenet se vautre donc sur beaucoup d’aspects…

  • Les personnages souffrent de beaucoup de défauts, certains sont clichés voir inutiles (mention spéciale à Kat campée pourtant par Elizabeth Debicki, je n’avais pas vu depuis longtemps de personnages féminins tenant autant sur une dynamique de passivité/victimisation) et du coup fatalement, on se fout pas mal de leurs dilemmes et ce qui peut leur arriver! Ce sont les seconds rôles qui s’en sortent le mieux, comme celui joué par Pattinson. Un comble!
  • La manie que prend Nolan tout au long du film à expliquer aux spectateurs son propre concept de temporalité est juste insupportable sur la dernière demie heure (quitte à remontrer des scènes à l’endroit/envers au cas où), voire totalement débile. On a compris ton délire Christopher, on est pas totalement con!
  • Personnellement, je n’ai toujours pas compris à quoi servait la scène (pourtant impressionnante) de l’intro dans le théâtre (si vous l’avez, un petit MP est de rigueur). Et cette désagréable impression de contempler des scènes parfaitement inutiles pour la compréhension du récit revient plusieurs fois tout au long du film!
  • Un net souci de rythme, une bonne demie heure de film est en trop pour moi…ce qui commence à faire beaucoup, cumulé aux autres défauts du film…
  • Même si Nolan semble jouer à chat perché avec son « paradoxe du grand père » (on t’a vu venir, filou), je suis certain que si on veut relever de grosses incohérences scénaristiques/conceptuelles, on le peut aisément avec un seul revisionnage!

Malgré tout ça, Tenet n’est pas fondamentalement un mauvais film, il est juste à voir comme un film d’action/espionage aux scènes spectaculaires, esthétiquement très belles, sans se questionner sur la cohérence de ses concepts. Sur le plan narratif et de pure « science fiction », il est sans doute le pire film de Nolan depuis un bail, une synthèse de ses défauts que même le plus hardcore des fans aura du mal à défendre. S’inspirer du « carré Sator » était décidement risqué, même pour un spécialiste des thématiques temporelles…

https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=251315.html

Quarante autres podcasts et youtubeurs cinéma à suivre (sur le genre mais pas que!)

Cette fois ci, on est allé dans les tréfonds des catalogues Ausha et Podcloud pour vous dénicher des perles puisqu’il apparaît très clairement que les podcasts sur le cinéma au sens large (séries compris) pullulent ces dernières années mais qu’ils semblent en majorité plus ou moins interchangeables, même en dehors de Youtube, la faute à des formats, tons et thématiques peu travaillés et trop généralistes!

On commence avec Retour vers le Turfu, qui analyse un film chaque mois et en profite pour traiter de son contexte culturel d’apparition : box office, musique, jeux vidéos, actualité!

Les Gardiens du cinéma pour certains formats intéressants (notamment les entrevues de Sylvain avec des youtubeurs qu’on apprécie sur Genre: Anal Génocide, Laura fait genre, Valentin de LCDC,…

En science fiction pure et dure: SF Theory, Suck my K.Dick, Mana et Plasma et Les Intergalactiques, parce qu’encore une fois, les podcasts de SF en français sont vraiment trop rares!

Les podcasts de Nanarland, parce que quand même, quand on se frotte à l’exploitation, c’est quand même la base!

Le Coin du Bis, dont j’ai déjà parlé moultes fois et qui sort d’une longue pause! L’exploitation dans le sens noble du terme!

Domittor, dans la lignée de la Manie du cinéma, sur des aspects méconnus du cinéma!

Capture Mag, qui analyse les filmo de divers réalisateurs (mais pas que). A noter que Capture Mag, c’est aussi un site plein de belles choses, notamment d’autres formats de podcasts: Steroids, Sale temps pour un film,…

Année Lumière, qui décortique chaque année sous le prisme cinématographique, de 1895 à nos jours!

Jean-Baptise Thoret de Ciné70s car j’ai toujours admiré les intervenants qui venaient présenter les films en avant scéance!

Les chroniques SF d’Ana D. Oui, ok, Ana ne fait plus de chroniques depuis plusieurs années mais quand je tombe sur des chaînes sérieuses d’horreur, de SF ou de thrillers (c’est faux, aucun francophone ne parle de thrillers…il faut croire, aussi dingue que ça puisse paraître), je relaye, surtout quand c’est fourni!

Adapte moi si tu peux, parce que les adaptations font parfois (souvent?) de très bons films!

Un film pour ce soir, parce que ouais, c’est bien aussi les formats très courts!

35 mm de podcast, le podcast québecois qui revient sur des réalisateurs en particulier

HKast, le podcast sur le cinéma hong-kongais (la cinéma d’action et la catégorie III qu’ils sont biens) mais pas que par le camarade Marvin Montes (de Final Cut)

Culture Prohibée, le podcast des Films de la Gorgone (association de l’Oise), où ça cause d’exploit’ sévère! Gros coup de coeur!

VHS & Canapé, qui se concentre sur les oeuvres vintages, méconnues ou parfois à mauvaise réputation!

Contrechamp, où les animateurs se font mutuellement découvrir un film (généralement méconnu)

Ciné On The Phone, le podcast cinéma à distance, parce qu’on a pas trop le choix après tout. Avec pas mal de films anciens et méconnus dans chaque émission en prime (dommage que les titres d’émissions ne soient pas renommés par contre)!

La Bande Son, le podcast spécialisé dans les bandes originales de films!

Vanishing Point, podcast conçu comme un roadtrip itinérant, prénant bien évidemment un film comme point de départ (ce qui est marrant, parce que j’avais ce concept en germe il y a des années)!

La Grande Hanterie qui parle de littérature d’épouvante/fantastique et de cinéma de genre

La chaîne de Cat The Cat qui a sauvé de l’oubli quelques introductions du Quartier Interdit par Jean-Pierre Dionnet (diffusé de 1998 à 2002 sur Canal +, souvenez vous!)

Freaks On (qui est avant tout une plateforme de streaming spécialisée horreur comme Shadowz) pour ses lives « Buffet Froid » avec des pointures comme Azz, Le Coin du Bis, et Judith de Demoiselles d’Horreur,… A voir si les rediffusions seront disponibles à l’avenir!

Zone 52, le podcast. Zone 52 étant au départ un fanzine sur la culture alternative (au sens large) avant d’être une émission et une maison d’éditions (dont la fameuse collection Karnage…dont on reparlera bientôt sur ce blog, dans un article consacré à la littérature gore), c’est logique qu’on la retrouve dans cette sélection!

Lynchsplaining, parce qu’ici on aime tout ce qui touche à l’univers fascinant de David Lynch!

Les tauliers de No Ciné, qui bien qu’ils aient relativement ralenti la candence suite au drama (mérité) de leur traitement de Joker (2019), restent plaisants à écouter! Et vu tout ce qu’ils ont produit, vous trouverez certainement votre bonheur!

On Set Coffee, un nouveau venu, dans la lignée de Parlons Péloches, qui analyse un genre cinématographique à chaque émission. Cette thématique est aussi le fil conducteur de Calme toi, c’est qu’un film, où il est parfois question d’un réalisateur, d’une série ou d’une série de films!

Cinéphiles de notre temps, qui compilent des entrevues avec divers acteurs du monde du cinéma (des cinéphiles aux réalisateurs, en passant par divers techniciens, programmateurs, exploitants,…). C’est aussi le cas de Viens, on fait des films !

Le Clap, qui est lui spécialisé dans l’analyse comparative de films! Citons aussi Fatal Horror, qui analyse avec brio quelques péloches d’horreur (connues ou moins connues)!

Une petite nouvelle, Hellwina Jekkyl, qui parle régulièrement de films et de littérature d’épouvante avec un ton très clair et smooth qui me rappelle Laura fait genre!

Le Séance de Minuit pour ses critiques mais surtout ses entrevues passionnantes (celle avec David Didelot par exemple, dont je recommande vivement les vidéos de son feu-fanzine Vidéotopsie, d’ailleurs je ne résiste pas à mettre un peu de rab’ sur le Monsieur!)

Et pour finir Vidéo Terreur, le podcast québécois qui analyse le cinéma d’épouvante/horreur dans ses différents sous-genres! Au Québec toujours, signalons Horreur FM et HorreurCritique qui font du très bon taf dans la même veine depuis des années!

Si avec ça vous ne savez toujours pas quoi regarder…

Pas impossible qu’on se refasse un dernier article sur le sujet d’ici la fin de l’année (pourquoi pas sur des podcasteurs et youtubeurs anglophones), histoire de terminer la liste!